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18 décembre 2007

Commentaires

cassiopée

Les points négatifs pour commencer : je trouve qu'on a du mal à imaginer la fin ds la réalité, on a un peu l'impression que ça vient pour vite conclure le texte. J'ai aussi trouvé que la vision du cirque pas si fantastique que ça. (Mais je comprends que l'image des tigres lacérant tout le monde, ça plaise à Wrath). J'ai l'impression qu'à 5 ou 6 ans un enfant est facilement impressionné, même par un cirque médiocre. C'est + tard qu'on devient blasé :-). Mais globalement, je trouve que c'est un très bon texte, et que la relation narrateur-Vanessa est très bien décrite, que Marco écrit très bien. Sinon Wrath, pourquoi vouloir décrire l'appartement ds une nouvelle aussi courte, qu'est-ce que ça apporterait? Il faudrait que tu arrêtes de tenter de recycler les rqs que tu as eues ds ton cours de CW. On a un peu l'impression que tu sors des rqs préfabriquées :-).

Loïs de Murphy

Je trouve cette nouvelle bien écrite. 2000 mots sont trop courts pour décrire un appartement et en quoi est-ce indispensable ? A six ans je me faisais à peu près les mêmes remarques sur les animaux sauvages encagés donc c'est tout à fait plausible, de même que la jeune femme qui part quand le garçon lui rappelle qu'elle n'a pas forcément le contrôle, qu'elle ne doit pas se fier aux apparences. Combien de couples croient établir et tenir pour acquis des rôles prédéfinis qui sont factices ou finissent par changer ? Quant à la forme, Marc Séfaris a du talent, qu'il persévère...

galadrielle

Moi j'ai aimé l'écriture de la nouvelle, mais j'avais envie d'en savoir plus sur la relation entre le narrateur et Vanessa : il me semble que la façon dont elle est présentée dans le texte ne la singularise pas assez. Ce que je veux dire, c'est que pour justifier, amener cette fin brutale, il faudrait peut être qu'on en sache plus, qu'on comprenne pourquoi cette relation peut basculer comme ça... en l'état actuel, je trouve la fin pas très crédible. Mais j'aime bien l'idée : la prise de conscience du narrateur de ce qu'il désire au fond. Et j'aime aussi le passage sur le gosse qui imagine le dresseur lacéré par la bête (moi aussi j'imaginais ça quand j'allais au cirque, petite! On a envie de vrais drames et pas de trucs factices.)

Michel P Meyer

Première lecture: pas mal, le début comme la fin, qui sont tout de même les endroits les plus importants d'une histoire. Je crois que Marco est effectivement à l'étroit dans 2000 mots, j'aurais aimé en lire davantage sur cette idée d'encagement ou de domestication que ressent le narrateur. L'amour qu'il ressent pour Vanessa est bien décrit, mais le format de la nouvelle empêche de creuser l'ambivalence de la question de l'amour pour le narrateur ...
Je poursuivrais plus tard ...

Michel Meyer

2ième lecture: ça fonctionne toujours pas mal, peut-être la nouvelle aurait gagnée à être un peu "externalisée", cad observée hors de la tête du narrateur, histoire d'objectiver un peu la scène avec Vanessa.
Je ne suis pas très amateur de nouvelles "à chute", mais celle-ci contient heureusement d'autres enjeux que celui de la chute. Et au contraire la chute ajoute un bémol à l'optimisme de l'histoire, qui sans cela, serait un tantinet trop heureuse à mon goût. Peut-être la nouvelle est-elle un peu faible sur le plan du développement dramatique, le narrateur aurait pu se retrouver dans une posture nettement plus pénible en se voyant sous l'emprise amoureuse de Vanessa tout en désirant être un tigre sauvage de Sibérie, mais c'est peut-être juste mon goût pour les histoires tendues qui s'exprime.

Gonzague

Je trouve très étrange que vous proposiez un texte en en faisant vous-même la critique. N'est-ce pas un biais structurel grave à l'objectivité des autres lecteurs ? Votre critique mériterait de paraître plus tard, après une ou deux semaines, et en commentaire, comme tout le monde. Ne pensez-vous pas ?

Jo Ann v.

La nouvelle a pour moi trois parties. Le cirque, la comparaison et l'actualité (Cantat). Je ne me suis pas sentie à l'aise avec l'arrivée de Cantat dans l'histoire, on dirait juste un moyen rapide de montrer la comparaison entre tigre/dresseur et la relation homme/femme. Mais c'est vrai que si c'était un peu plus long, peut être que ça ferait plus de sens à mon point de vue de lectrice.
Et on ne comprend pas tout de suite pourquoi Vanessa s'en va si froidement. Il y a une ellipse à explorer.
Sinon, j'aime bien le rythme et l'écriture :-)

Marco

Merci à tous pour vos réactions!! Je vous trouve bien indulgents (peut être que les "méchants" se manifesteront après, je l'espère en tout cas:) et vos critiques me parlent.
Juste un mot sur ce que j'ai essayé de faire passer: c'est en fait moins l'histoire d'une rupture que l'évocation d'un homme qui se sent trop amoureux, en tout cas plus amoureux que ne l'est sa copine, et qui n'arrive plus à "gérer" cet attachement disproportionné (d'où l'unique voix narrative, du début à la fin). Fragilisé (comme le sont souvent les hommes trop amoureux), le narrateur se raccroche à ce qu'il peut, il cherche à rationaliser les sentiments qui le dépassent et l'asymétrie de son couple. Alors il se prend pour un des tigres de son enfance, puis s'identifie (partiellement) à Cantat; il se persuade qu'il a deux modèles possibles: les tigres de cirque soumis et Cantat le tigre qui met à mort sa dresseuse. Evidemment, il a tout faux. Vanessa, figure féminine à peine esquissée (pour rendre son côté insaisissable, mais peut être est-ce une erreur de ma part) n'est pas du tout dans cette logique dominant/dominée: elle, c'est une joueuse (d'où l'image finale de l'acrobate), et elle découvre qu'ils sont des étrangers l'un pour l'autre (leurs "rôles prédéfinis" ne collent pas, comme dit Loïs).
Reste que mon texte restitue imparfaitement tout ça, en effet. Les 3 fils (bien vu, Jo Ann) ne sont pas liés de façon assez fluide, mon style manque de vigueur (oui, Michel), et la chute, comme vous le soulignez Galadrielle et Cassiopée, n'est sans doute pas assez "préparée". En fait, j'ai voulu ne pas trop en dire, me la jouer subtil, et pouf! ça manque de netteté et de réelle tension.
Vos remarques me permettront d'avancer, merci à vous.

wrath

@Gonzague: je pense que les lecteurs sont capables de se faire une opinion par eux-mêmes, indépendamment de ma critique.

@Marco: si tu veux que Vanessa soit un personnage "insaisissable" et mystérieux, il faut le justifier dans le texte. Sinon, on ne peut pas le deviner...

Daniel Fattore

@Gonzague: assez d'accord avec vous. Même si chacun est capable de se faire son opinion, un avis préalable peut créer un préjugé, de façon inconsciente. Cela, même si l'on se dit qu'on en fait abstraction - comme le soutient la maîtresse de céans. L'esprit humain, masculin ou féminin, est assez compliqué...

Sans doute un spécialiste sera-t-il en mesure de trancher. Moi, je retourne au texte de Marco.

Daniel Fattore

Bon, d'abord sur le texte. Le titre m'a paru long, pour être franc - mais je me suis ensuite laissé embarquer par l'histoire des tigres. J'apprécie "ce que le gamin a compris", et la manière de le présenter: au fond, tout cela n'est qu'un simulacre. On peut aller jusqu'à dire que ces tigres sont la métaphore de l'humain, conditionné pour ne pas étranger son patron même si c'est le dernier des connards. Combien de fois s'est-on dit, dans la vie, qu'on voudrait bien...?

- On revient à l'affaire des tigres, peut-être un peu longtemps après (à l'échelle de la nouvelle), dans un contexte moins émerveillé, plus terre-à-terre. Mais voilà que "celui qui a tout compris" se retrouve dans la position de l'animal soumis. Où a-t-il mis son intelligence d'enfant? La phrase "Dans quelle cage m'étais-je laissé enfermer?" prend du coup une résonance particulièrement forte. Joli coup, bien vu.

Troisième partie: aveu de modestie. Le personnage principal devient attachant parce que, définitivement, il est humain (alors qu'un gosse qui veut voir un dompteur se faire déchiqueter, c'est normal, mais en définitive, qu'est-ce que c'est cruel! Insoutenââââble, diraient les saintes-nitouches). Jolies allitérations sur le V de Vanessa.

A partir de là, que penser du message de Vanessa en fin de texte? Pas forcément parachuté comme chute: au fond (c'est un point de vue), toutes les femmes rêvent de fréquenter un tigre de Sibérie, mais pas trop quand même, mais quand même un peu. On constate que manifestement, le narrateur ne l'est pas assez... même s'il en parle (mais plus on en parle, moins on le fait, hein?!) - provoquant le départ de Madame, au moment même où le narrateur se dit qu'au fond, il n'est qu'un être... normal.

Cela nous renvoie à l'une des questions essentielles du mariage: au fond, on peut le définir comme le rapprochement d'hommes ordinaires rêvant de femmes extraordinaires, et de femmes ordinaires rêvant d'hommes extraordinaires. Comme les gens ordinaires sont les plus nombreux, forcément, c'est un peu le pétchi.

Marco

@ Wrath: ok, ok! on a une vision de Vanessa superficielle également parce que le narrarteur a pour elle, il le dit, un attachement très physique. Mais bon, sur 200 pages, elle aurait plus d'épaisseur que sur 2 :)
@ Daniel: merci pour tes analyses, je n'allais pas si loin!

mister pat

J'ai trouvé ce texte intelligent, sensible, avec en bonus cette pointe de provocation - comparer Cantat à un tigre noble soumis à une femme, c'est à deux doigts du politiquement incorrect - qui fait mon plaisir de lecteur de fictions.
On ne croit qu'à moitié à la chute, mais bon, c'est un peu l'exercice qui veut ça... Franchement, ca ne me gene pas. C'est le genre de texte qui frappe juste

Michel P Meyer

3ième lecture: oui j'aime bien, il y a un plaisir structurel à la lecture de cette nouvelle, et je suis - comme D Fattore -, sensible aux belles allitérations sur le prénom Vanessa, qui est le prénom de ma compagne. Mais, en regard de la faiblesse dramatique du récit (si tenté qu'il puisse y en avoir une), je me pose une question: comment le narrateur, après avoir établi son aversion pour le cirque, s'est-il amouraché de sa dresseuse de compagne ? ce qui revient à creuser la nature de l'amour qui lie le narrateur à sa compagne. Certes il y a le plaisir sexuel, mais il n'y a pas que ça (où alors il faut davantage développer sa sexualité). Cette autre raison constitue, à mon avis, le pivot dramatique qui sous-tend la nouvelle, sans être cependant exposé. Et cette non-exposition ampute certainement l'histoire de l'un de ses ses organes les plus vitaux.

Marco

@ Mister Pat: merci beaucoup!
@ Michel: le narrateur est probablement comme beaucoup d'hommes un peu faibles, il recherche en les fuyant les femmes "fortes", d'où sa sympathie douloureuse pour les tigres de cirque. Mais c'est éventuellement plus simple: il se persuade tout seul qu'il est étouffé et cherche (inconsciemment) le clash, parce qu'il sent que Vanessa, de plus en plus distante, lui échappe (et ça c'est plus dur à admettre). Bon, en fait je ne sais pas trop :)
En tout cas, je me demande ce que tu diras après ta 8° lecture... Non, sérieusement, merci pour ton attention au texte!

Michel P Meyer

543ième lecture: OK, mais cette explication ne figure pas dans ta nouvelle. Évidemment on ne peut pas tout dire avec 2000 mots, et sûrement il faut en laisser à l'appréciation du lecteur, mais il faut aussi lui mettre à disposition les éléments avec lesquels il pourra saisir, dans l'histoire, une ligne dramatique qui lui rappellera dramatiquement la sienne.

Marco

Bien d'accord, Michel. Mon défaut "naturel" quand j'écris est d'en dire trop, de tout mettre à plat, de ne laisser aucune marge de liberté au lecteur. Alors là, j'ai tenté le contraire, en ayant moi-même une idée assez floue de l'affaire, pour être sûr de ne pas être trop lourd. Bon. Il faudra que je trouve le juste milieu.

max léon

Une vision assez enfantine de la vie, du couple, du sexe même. Bizarre, donc, mais pas spécialement désagréable : on peut le prendre sous l'angle psychanalytique et trouver ça touchant. Pas grand-chose à dire sur l'écriture : ni bon, ni mauvais, ça se laisse lire sans enthousiasmer. Si l'auteur à moins de 25 ans, c'est plutôt encourageant.

max léon

Ah oui, comme quoi, des fois, un détail peut tout changer : je pense que le texte aurait été bcp plus intéressant si le couple avait été composé de deux hommes. De plus, ça aurait bien complété l'homosexualité latente dans le récit du cirque. Bref : ça aurait été malin.

Marco

@ Max: ok, admettons que j'ai 16 ans. C'est très encourageant?

max leon

Oui.

Marco

(merde, j'ai plus du double)

Chproutz

RHAAAAA! Mais pourquoi ce retournement de situation a la fin??????

J'avais pourtant vraiment accroche jusque la, il y a a peut pres tout ce que j'aime: une belle citation de Baudelaire en ouverture, l'episode des tigres, vraiment credible et bien decrit (depuis quelques jours je suis obsede par l'histoire de Siegfried and Roy, quelle coincidence!), et la transition fluide vers le personnage actuel. Tout ca etait vraiment bon (sans parler de Cantat, que je venere...).

Alors, pourquoi ce retournement final, improbable et venant de nulle part?

(je n'ai pas encore lu les coms, je reviens...)

Chproutz

Bon, j'arrive un peu apres la bataille...
Plutot d'accord avec Cassioppee (une fois n'est pas coutume...), la description de l'appart n'est pas necessaire, en tout cas pour un texte si court.

En revanche la fin je persiste et signe: C'est quand meme pas courant que sa copine fasse semblant de prendre une douche mais en fait se barre, si? Donc une telle fin n'est possible que si il y a des elements dans la personalite de Vanessa qui l'appelle. Ici V n'est pas un personnage, donc elle doit se comporter comme l'individu lambda pour qu'on y croie.
Vraiment dommage, ca gache l'impression finale d'un texte que j'avais, par ailleurs, vraiment aime.

Hop j'efface les deux dernier paragraphes et je sauvegarde le fichier... J'espere que l'auteur ne m'en voudra pas!

Marco

lol, non, je ne t'en veux pas, c'est déjà flatteur de savoir que tu sauvegardes les 2/3 :)

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