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16 janvier 2008

Commentaires

stef

Pas facile à lire, en effet...
Et si j'ai bien compris, le héros c'est en fait simplement déconnecté à la "matrice" collective qui imposait aux êtres humains une vision programmée du monde (ciel aux couleurs étranges etc.) Un pygmalien est donc simplement un humain "individu", non relié au réseau collectif.

Enfin, je me trompe peut-être ;-)

nicole

La première nouvelle, désolée mais je ne peux pas me prononcer: je déteste la SF.
Pour le deuxième texte, j'ai trouvé le début trop long, mais la suite m'a bcp intéressée. J'aime cette description du milieu impitoyable des téléopérateurs. Vous pourriez en faire un roman, en décrivant le personnage principal dans sa vie privée, en ajoutant des dialogues qu'il tiendrait avec sa famille, ses amis. Bref la description est excellente mais il faudrait ajouter du romanesque...
Courage pour la suite. je me débats moi même avec un roman, je sais ce que c'est que de travailler dans l'ombre, sans autre encouragements que ceux des quelques amis en qui on a confiance.

Chproutz

Rien capte non plus. Et pourtant, j'en ai lu beaucoup, de Science-Fiction, etant plus jeune.
On dirait vraiment du Dantec, qui en l'occurrence ecrit de la mauvaise SF (mais de bon polars).

Voila mon avis sur la question: Pour creer un univers avec son vocabulaire, ses references propres, tel que c'est l'idee ici, une nouvelle c'est trop court. Il faut au moins un roman. Le meilleur exemple qui me vient a l'esprit est Dune, de Herbert.
Pour ce qui est de la nouvelle de S-F, mon prefere reste Asimov, qui utilise presque exclusivement les dialogues pour faire comprendre la situation de crise, puis la resoudre.

Marco

euh... ben moi j'ai l'impression d'avoir compris l'ensemble (les termes techniques "énigmatiques" ne sont franchement pas si nombreux que ça et forment l'arrière-plan nécessaire pour éviter l'abstraction), et j'ai plutôt bien apprécié ce renouvellement d'un thème SF classique: l'effrayante mutation des humains...sauf que là, c'est une mutation à rebours: le "héros" en perdition retrouve peut être en fait son humanité individualiste...(les "ennemis" Pygmaliens sont en fait plus humains que les défenseurs de la "nouvelle" humanité, complètement conditionnés). C'est très concret, Dantec est carrément plus métaphysique, sauf erreur de ma part.
Mais faut dire que si je vois ça, c'est jsute parce que moi aussi il m'arrive de me déconnecter du Cortex Central (ce qui est peut être dangereux finalement:)

Raminagrobis

Bonjour,

Le meilleur texte de la série II jusqu'à présent. Un peu confus dans l'intrigue, mais l'idée centrale d'une société future où le retour sur soi n'existe plus, est un risque, est bien imaginée et bien exposée.

Michel P Meyer

Merci à tous pour vos commentaires, qui feront sans aucun doute avancer le Schmilblik.

@ Wrath, l'homo-consensus dissidente: je suis très flatté d'être respecté par une lectrive aussi exigeante, malgré le fait que la SF ne soit pas " your cup of tea". Moi-même, j'ai longtemps dénigré le genre et ne m'y suis intéressé que très récemment, à travers les 2-3 classiques de service: Huxley, Orwell, K Dick (que j'adore littéralement) et aussi Houellebecq avec son dernier opus. J'ai une appréciation très mitigée de Dantec, cette espèce de styliste obèse, capable de pondre simultanément des bouses et des perles.
Tu noteras au passage que j'ai vraiment essayé de traiter la thématique que tu proposais.
Accessoirement je te félicite pour l'initiative de la Revue sans Soirée, une expérience extrêmement constructive et enrichissante. Longue vie à ta revue.

@ stef: oui, je suppose que c'est une lecture possible, en tout cas assez proche de ce que j'ai pu vouloir dire.

@ Nicole : merci pour vos encouragements. Je suis précisemment en train d'écrire un roman autour de la télé-opération et patauge péniblement dans le romanesque ... merci pour vos recommandations ... :)

@Chproutz : Essayez de relire cette nouvelle après une biture au tequila sunrise, ça donnera peut-être de meilleurs résultats. Dantec, c'est vraiment un cas problématique: perles et bouses ...
Vous avez peut-être raison, peut-être un roman est-il plus adapté au genre de la SF, où il est tout de même nécessaire de poser un décor assez conséquent. Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié les nouvelles de K Dick, je repense à une histoire de mutant humanoïde doré doué de précognition , qui a récemment été adapté au cinéma. Et Brian Aldiss aussi avec ses Supertoys, série de nouvelles sur lesquel Kubrick travaillait et qui a finalement été réalisé par Spielberg.

@ Marco : que dire ... tu es un lecteur idéal, il ne me semblait pas non plus avoir tellement exagéré sur la terminologie SF. Il y a effectivement cette idée que les Pygmaliens pourraient être des Homo Consensus, déconnectés du Cortex Central, ou alors des hommes qui se détacheraient d'un système régulateur tout de même très coercitif. Et puis il y avait l'idée de la guerre comme mode de vie, comme état normal; là non plus, ce n'est finalement pas tellement éloigné de notre condition réelle, enfin c'est une allégorie.

@ Raminagrobis : Merci. Votre interprétation me laisse entrevoir des perspectives que je ne me formulais pas clairement.

FStapps

Hello everyone,

Des trois, celle-ci est ma préférée. Le fait que je sois féru de SF n’y est sans doute pas étranger.

La prise de conscience de l’individu au sein d’une société qui ne la tolère justement pas est, bien évidemment, une thématique forte de la SF. En gros, depuis les écrivains russes dans les années 1920 revenus du socialisme jusqu’aux années 60. Ensuite, ça se retrouve au cinéma (le cinéma SF ayant tendance à avoir 10 à 15 ans de retard sur la littérature SF). D’ailleurs ta nouvelle m’a un peu fait penser à THX1138, le premier film de Lucas.

Par ailleurs, pas d’accord pour dire que la SF s’accorde mieux au genre du roman. Au contraire. Je vais pas être pédant et citer de noms d’auteurs que je conseille à tous, parce que la liste est sans fin.

Oh et puis si, tiens, les 3 premiers qui me passent par la tête :
JG Ballard, Bradbury, William Gibson. Et K Dick, bien sûr.

Chproutz

@Michel: Pour la Tequila, moi j'aimerai bien, mais je lis ca au boulot en attendant que mes bacteries se multiplient, et ca pourrait poser des problemes...

Par ailleurs c'est vrai que la nouvelle en SF ca peut etre tres bon, mais comme je le repete ca ne peut pas etre dans la construction d'un univers complet, avec son vocabulaire specifique etc... tout simplement car une nouvelle est trop court pour integrer toutes ces references de facon comprehensible.

Par contre, bravo pour le Perles et Bouses, je crois bien que c'est la meilleure description de Dantec que j'aie lu.

galadrielle

Je n'ai pas tout compris... je serais encline à dire comme Chproutz que la nouvelle est un peu trop courte pour que décrire un univers : le lecteur est légèrement perdu... ou bien il faudrait lire plusieurs fois. Cependant, j'ai vraiment apprécié l'écriture, simple et fluide, précise, et je trouve le dialogue du début très bon. Je lisais pas mal de SF avant, surtout P.K Dick, certains Robert Silverberg comme l'homme dans le labyrinthe, il me semble que votre nouvelle rejoint ce genre de SF centrée sur la psychologie plutôt que sur la technologie, c'est en cela que je la trouve séduisante.

Michel P Meyer

@ FStapps : Merci. Je me souviens d'avoir vu des bouts de THX1138, mais ce jour-là, je n'étais pas très concentré, et je ne m'en souviens plus du tout, excepté une scène dans un salon très aéré, genre "open space".

L'un des intérêts de la science-fiction est de pouvoir bâtir un univers sur des postulats légèrement différents de ceux qui régissent le "monde réel", et ainsi explorer des probabilités. Chez K Dick, il y a ce roman : "Time slip on Mars", qui ne va certainement pas tarder à être adapté au cinéma. Dans ce roman, des colons terriens sur Mars, pour lutter contre la dépression et la morosité, ingèrent une drogue et investissent des poupées synthétiques pour prendre plaisir à la vie. Dans ce monde merveilleux, il peuvent vivre idéalement, sans être gêné par les conséquences dans leur vie réelle, quoique ... cela ressemble beaucoup à "Second Life" sur internet.

@ Galadrielle : Merci. Je ne vais pas forcément persévérer dans ce genre, pour l'instant j'essaie d'explorer les multiples dimensions de la littérature. Connaissez-vous ce formidable roman de PK Dick, Radio Libre Albemuth ? C'est de la science fiction, puisque que Dick est un "écrivain de SF", mais en réalité, ce roman dépasse largement le cadre de la SF, et évoque puissamment notre réalité. Et puis il y a tout ces titres géniaux qu'il a inventé: "Flow my tears, the policeman said " ou encore "the man whose theeth were all exactely alike". Je tiens PK Dick pour un écrivain majeur du XXe siècle, tous genres confondus.

FStapps

Oui, entièrement d’accord. K Dick est un auteur majeur, certainement pas reconnu à sa juste valeur en France.
Un autre écrivain (de SF) dont les titres m’amusent beaucoup : Harlan Ellison.
« I Have No Mouth And I Must Scream » et « Repent Harlequin, Said The Ticktockman » sont d’ailleurs des chefs d’œuvre de « short story » SF. Donc des chefs d’œuvre tout court. En googlant, vous devriez pouvoir trouver la première.

Sur la question de la nouvelle vs le roman, je persiste à penser que la longueur n’a rien à voir avec la cohérence de l’univers imaginé par l’auteur ou l’adhésion du lecteur. Combien de romans-fleuves me sont tombés des mains, avec des pages et des pages et des pages et des pages de descriptions ennuyeuses, de vulgarisation scientifique mal digérée et vite recrachée, d’us et coutumes étranges qui ne font même pas rêver un gros dormeur.

Une des beautés de K Dick est qu’il n’y a justement aucune tentative d’amadouer le lecteur et de lui mâcher le travail : on entre de plain-pied dedans et on adhère ou pas. Aucune introduction, aucune explication. Si je me souviens bien, Le maître du haut-château, son magnum opus, démarre avec une fusée nazie atterrissant sur Mars…

Essayez en tout cas de choper la première nouvelle d’Ellison (elle a sûrement été traduite), c’est vraiment une bombe.

Michel P Meyer

Merci pour le tuyau FStapps !

Thomas

Bravo Michel pour cette nouvelle qui, sous des aspects
"guerre futuriste" revus et corrigés à foison, réussi à faire passer une idée difficile : l'automutation. Et non pas l'automutilation... Bonne initiative de Revue sans Soirée auquel j'aurais pu remettre ma dernière nouvelle Spincity. Problème de date. Quant à l'autre nouvelle, je la trouve aussi intéressante, dans un autre style. Il y a des trouvailles, une liberté de ton qui me plaît. Les poésies intercalées sont bien tournées. Un seul défaut, le détail. Trop de détails alourdissent, et parfois, ça manque de distance. Mais cela n'engage que moi.
:)

krepix

Suis pas fan de cette nouvelle. L'effort est louable mais l'intrigue est tiède pour un amateur averti de SF.
Enfin, pas de quoi me faire basculer, j'en suis le premier désolé. Et puis "les Pygmaliens s'étaient accroissés récemment". Là, j'ai carrement pas pu.

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