Ma Photo

Myspace

Mon ancien blog

Revues littéraires

stats


22 mai 2008

Delanoë et l'audace

Le «sarkozysme, ce bonapartisme modéré par la désinvolture, est profondément antilibéral», affirme Bertrand Delanoë qui aux dernières nouvelles avait encore sa carte au PS.

Le maire de Paris prend des petits airs de Madelin (période "j'aime les joints, j'aime la liberté") quand il affirme: la gauche doit adopter «une doctrine de la liberté et de la justice dans une société imparfaite et non une doctrine de la lutte des classes qui nous promet une société égalitaire et parfaite».

Tout cela me donnerait presque envie de rentrer à Paris. D'un autre côté, la conversion blairiste de Delanoë m'a tout l'air d'un positionnement politique. Des belles paroles, bien éloignées de la réalité.

En ça, "De l'audace" a sa place dans le paysage éditorial français. Employer le mot "audace" n'engage à rien. C'est tout aussi contingent que d'écrire 200 pages sur son nombril. Quand les mots retrouveront leur sens, et que les écrivains français se mettront à parler vraiment du réel, notre littérature connaîtra peut-être un renouveau. Hopefully.

19 mai 2008

Hay Festival 2008

Chaque année, le "tout Londres" littéraire se déplace à Hay-on-Wye, un petit village du pays de Galles.

C'est l'occasion de retrouver tous les auteurs qui comptent, dans une ambiance très bobo.

Le Hay Festival s'ouvre donc le 22 mai, et je vais sûrement y aller (si j'arrive à obtenir un billet de train à prix raisonnable, ce qui est loin d'être gagné...)

Pour consulter le programme du Hay festival, c'est ICI. Et si les festivals littéraires britanniques vous intéressent, vous en trouverez une liste complète LA.

18 mai 2008

"Double fault", Lionel Shriver

"Il faut qu'on parle de Kevin" vient de sortir en poche. Si vous ne connaissez pas encore Lionel Shriver, c'est le moment ou jamais...

En ce moment, je suis en train de lire "Double fault" (le 6ème roman de Shriver, écrit juste avant "Kevin").

"Double fault" a pour cadre l'univers du tennis professionnel. Willy, une joueuse de 23, est prête à tout pour percer dans le "top 10". Sa vie est solitaire, jusqu'au jour où elle rencontre Eric, un diplômé de Princeton décidé à devenir joueur de tennis pro. Leur mariage se transforme peu à peu en une compétition acharnée. Jusqu'au jour où Willy fait une chute et se blesse...

Lionel Shriver excelle dans les scènes familiales oppressantes: la rencontre entre Willy et les parents d'Eric, bourgeois new-yorkais obsédés par la réussite de leur fils, est particulièrement réussie.

Mon ami Chrouptz, qui a lu "Double fault" avant moi, l'a trouvé un peu trop "chick lit". Mais chacun sait que les hommes ne savent pas apprécier la littérature sensible.

OK, Willy tombe amoureuse d'Eric au premier regard. OK, son corps d'athlète ne la laisse pas insensible. Mais c'est ce qui fait l'originalité de "Double Fault": un roman d'amour qui parle aussi de thèmes durs et dérangeants...

16 mai 2008

L'Atelier de Wrath N°3: Comment écrire des dialogues?

Writer2 Quand j'ai commencé à écrire, les dialogues me posaient pas mal de problèmes. J'avais un peu l'impression de rédiger une rédaction de collégien:

"Je ne suis pas d'accord avec toi", dit Prune.

"Tu n'as pas le choix", répondit sa soeur.

1) Ecrire "comme on parle"

La grande erreur du débutant, c'est de rédiger les dialogues comme le reste de la narration: avec des phrases bien ordonnées (sujet-verbe-complément), une construction gramaticale correcte, etc...

Or quand on parle, on saute certains mots (le "ne" de la négation), on déforme les syllabes ("chais pas" au lieu de "je ne sais pas"), on se répète, on hésite...

Bref, pour écrire des dialogues qui sonnent vrais, il faut écouter ses personnages parler: ont-il un accent particulier? des tics de langage? sont-ils gênés, intimidés, d'où les hésitations et les phrases pas claires?

Avec de l'entrainement, vous verrez que chacun de vos personnages se met à développer une voix autonome:

"Franchement, non, je suis pas sûre... Enfin, toi, c'est toi, et moi c'est moi", dit Prune en regardant ses ongles. Le bord formait une sorte de dentelle sanglante.

"Tu crois vraiment que t'as le choix? A ta place, ça ferait longtemps que je me serais bougée les fesses!"

2) Réfléchir au point de vue.

A moins que votre narrateur connaisse tout sur les personnages (point de vue omniscient), il faut réfléchir à qui entend le dialogue. Le plus facile est d'observer la scène à travers les yeux d'un personnage.

Un bon dialogue pourra alors lu de plusieurs façon: le personnage a-t-il bien interprété ce qu'il a vu ou entendu? Dans le cas contraire, vous avez affaire à un narrateur peu digne de confiance (unreliable narrator), ce qui laisse une marge d'interprétation au lecteur.

3) La question des "dit que" et "répond que"

Trop de "dit machinchose" et "répond trucmuche" alourdit le récit. Mais trop peu le rend incompréhensible. Il faut trouver un juste milieu...

En général, je supprime pas mal de "dit" et "répond" quand je corrige mon premier jet. Mais là, je suppose qu'il n'y a pas UNE méthode!

Allez, je vous laisse avec des devoirs. Relisez le début de Plateforme de Houellebecq (chapitre 2, la scène où le narrateur se fait interroger par un gendarme). C'est un bon exemple de dialogue, plein de sous-entendus et d'hésitations.

Mais les meilleurs dialoguistes restent à mon sens les Anglo-Saxons. Tom Wolfe est un maître en la matière, de même que Bret Easton Ellis. L'influence du screenwriting, probablement...

(Pour lire les autres posts de "L'Atelier de Wrath", c'est ICI)

Festival du premier roman, Chambéry

Affiche_festival_2008 Le festival du premier roman se tient à Chambéry jusqu'au 18 mai. Le programme m'a l'air plutôt alléchant, avec ses échanges européens et sa volonté d'impliquer les lecteurs.

Ce qui me plaît moins, c'est la sur-représentation d'auteurs "100% milieu parisien". On se demande pourquoi les organisateurs ont sélectionné Jeanne Labrune (réalisatrice de 58 ans, publiée chez Grasset) ou Alexandra Julhiet (dont le roman "Rockstar" a eu droit à 3 pages de pub dans Livres-hebdo).

MàJ: aux dernières nouvelles, Alexandra Julhiet ne figure plus dans la liste des auteurs sélectionnés.

Puisqu'il s'agit d'un festival du premier roman, pourquoi ne pas donner une chance à des auteurs vraiment inconnus? Il est grand temps que les festivals et autres prix littéraires se tournent vers une littérature nouvelle. A bas le milieu incestueux de Saint-Germain-des-prés, place à la nouvelle génération !

15 mai 2008

Volte-face des éditions Volpilière

Launderedmoney Souvenez-vous de l'arnaque des concours de nouvelles à 20 €. Eh bien, figurez-vous qu'Elisabeth Robert et les éditions Volpilière ont fait volte-face: les droits d'inscription sont maintenant fixés à 10 €. Ce qui montre que la voix des wannabes est entendue!

Quelques questions cependant:

_Qu'en est-il des apprentis-écrivains qui ont déjà envoyé 20 € ? Rien n'est précisé sur le site des éditions Volpilière. Un effort de transparence ne serait pas de trop...

_D'après le règlement: "Les auteurs publiés toucheront 3% de droits d'auteur sur le prix HT de vente de l'ouvrage. Un contrat à compte d'éditeur sera établi."

Or les auteurs obtiennent généralement 10% de droit d'auteur (voir ICI). Je suppose que les participants aux concours de nouvelles n'en attendent pas gloire et argent. N'empêche, 3%, c'est vraiment maigre...

14 mai 2008

Jodi Picoult et les romans de gare

Joditulips En France, on lit de la littérature "sérieuse" et on crache sur les "romans de gare". Eh bien, figurez-vous qu'aux Etats-Unis, c'est la même chose. Les auteurs de commercial fiction sont regardés de haut (ce qui plutôt étonnant dans un pays où le succès se mesure au salaire...)

Ainsi Jodi Picoult, auteure du bestseller "My sister's keeper", a fait les frais de ce snobisme littéraire:

"Early on I had to choose whether to go towards literary or commercial fiction. Literary fiction gets you the accolades and awards but no marketing budget, a small print run, and no one can find your books in a bookstore. Commercial fiction has marketing, advertising, larger print runs, and you are reaching people which, ultimately, was what I wanted to do. If I happened to slip them a well-written book at the same time then, so be it." (The Independent, 11/05)

Bien sûr, Jodi Picoult, qui est diplômée de Princeton et d'Harvard, aurait pu écrire des romans sérieux (literary fiction). Mais en choisissant la fiction commerciale, elle a réalisé son but: conquérir un large public, trouver une audience.

Et finalement, j'ai toujours eu le même objectif.

La reconnaissance du milieu littéraire, les prix, les sourires, les soirées, tout cela ne m'intéresse pas. Au fond, j'ai l'idée qu'un écrivain n'est rien sans son public. Reste à savoir comment conquérir une audience, quand l'accès à la publication est réservé aux happy few...

10 mai 2008

Lire un roman entier en anglais

Avant de m'installer à Londres, je crois n'avoir jamais lu de roman complet en anglais. Ah si, ça me revient: à Sciences-Po, j'avais dû me taper un "detective novel" de Raymond Chandler.

L'envie de découvrir la littérature anglophone ne m'est venue que plus tard, une fois avoir acquis le vocabulaire familier et argotique (ce qu'on ne vous apprend pas quand vous faites vos études en France...)

Donc si la fiction anglo-saxonne vous tente, que vous avez un bon niveau d'anglais sans être bilingue pour autant, voilà ce que je conseille:

Commencez par un best-seller de qualité. Vocabulaire facile à comprendre et structure des phrases plutôt basique: vous devriez vous en sortir !

Par exemple, "In the dark" de Deborah Moggach. L'intrigue se situe durant la Première Guerre mondiale: Eithne Clay, qui tient une pension décrépite, apprend la mort de son mari au front. Sa situation matérielle s'empire, jusqu'à ce que le boucher du quartier, Neville Turk, s'intéresse à son sort...

Je l'ai lu dans le cadre de mon "défi Orange Prize". En temps normal, j'hésiterais à ouvrir ce genre de roman. Mais "In the dark" s'est avéré une divine surprise...

09 mai 2008

Les nègres, des écrivains comme les autres?

Au moment de la sortie des Bienveillantes, tout le milieu ne parlait que des "agents littéraires". Maintenant, la mode est au nègre (ou "ghoswriter", terme plus politiquement correct).

La sortie de"Roman nègre" (Dan Frank) aux éditions Grasset, a entraîné une grande curiosité: article du Figaro, et post de la Lettrine, notamment.

Dan Frank a notamment été nègre pour Zidane (désigné par Z dans le roman). Je vous conseille d'écouter son interview ICI.

Ce qui est marrant, c'est que Dan Frank se considère comme un romancier, un vrai. Par exemple, la découverte du milieu du football l'a complètement fasciné. D'où l'idée de parler du foot dans un roman signé de son nom.

Comme quoi, être nègre peut être un bon plan pour faire des recherches, accumuler de la documentation. Bref, rentrer au coeur de son sujet...

08 mai 2008

L'Atelier de Wrath: Recherches, documentation, intrigue

Clouds_and_sky_at_the_bnf_koalie La semaine dernière, j'ai parlé de la construction de personnages. Mais un roman ou une nouvelle ne peuvent pas tenir uniquement sur des personnages, même bien construits.

Vous n'êtes pas là pour confesser vos petites misères, mais pour donner envie au lecteur de tourner les pages. Et l'intrigue est le seul moyen d'animer votre récit.

Revenons rapidement sur les personnages. Un bon personnage aura certes des traits de personnalité communs avec vous, ce qui assure un "effet de réel". Mais ne vous contentez pas de la facilité: pour enrichir vos personnages, et donc votre intrigue, faites des recherches.

Documentation, recherches et réalisme

Il faut imaginer que vous êtes un professionnel de l'écriture: est-ce qu'un chercheur écrirait un papier sans avoir lu un maximum sur son sujet? Est-ce qu'un journaliste pondrait un article sans s'être déplacé sur le terrain, et avoir conduit quelques interviews ?

En tant qu'écrivain, vous devez être le plus exact possible. Et pour atteindre un niveau satisfaisant de réalisme, il faut vous documenter sur votre sujet, vous déplacer, rencontrer quelques personnes qui pourront vous renseigner.

Si un de vos amis est avocat, pourquoi ne pas demander à visiter son cabinet? Emportez un petit carnet, et prenez un maximum de notes: décoration aux murs, emplacement des bureaux, vêtements de la secrétaire,...

Pour mon second roman, j'ai rencontré la responsable de l'association Huntington à Londres. Elle m'a donné de la documentation et a gentiment répondu à mes questions.

Rythme de travail

Mais attention à ne pas vous laisser piéger dans des recherches qui n'en finissent pas. Fixez-vous dès le départ une date limite.

Et ensuite, reprenez l'écriture, en essayant d'être le plus régulier possible. Personnellement, j'essaie d'écrire 1h (quand j'ai travaillé la journée), ou 3-4h par jour (dans le cas contraire). Et quand je vois que ça n'avance pas, je me fixe un nombre minimum de 1 000 mots.

Un écrivain, ce n'est pas quelqu'un qui attend l'inspiration, c'est quelqu'un qui écrit. Et si vous êtes parfois découragé, dites-vous que l'essentiel est d'essayer (dixit le grand Houellebecq...)

Source de l'image: Koalie, Flickr

PODWRATH: interviews d'écrivains et éditeurs

S'abonner aux PODWRATH

Boutons publicitaires