Je suis de passage à Montréal pour le travail. Et comme toujours quand j’arrive dans une ville que je ne connais pas, je demande où est la librairie la plus proche. “En anglais ou en français?”, me dit le type à la réception de l’hôtel. Bah, en français (question livres anglais, j’ai ce qu’il faut à Vancouver).
La première chose qu’on remarque, c’est les piles de livres “rentrée littéraire”: Frédéric Beigbeder, Justine Lévy, et même le dernier Stephen Clarke intitulé “Français je vous Haime”. Mais pourquoi diable les Québécois se fatiguent-ils à lire des livres destiné au marché français parisien?
En cherchant bien, j’ai quand même trouvé une table “Québec/ Canada”. Pas grand chose d’excitant. Beaucoup de sagas pour mémé se passant dans les grandes plaines canadiennes. Il y a quand même quelques livres intéressants publiés par Boréal.
Mais de ce que j’en ai vu, les auteurs québécois préfèrent se faire éditer dans des maisons parisiennes. L’exemple typique: Nelly Arcan, très hype depuis son suicide. Ses livres, publiés chez Seuil et en poche, se trouvent partout. Les couvertures montrent différents bouts féminins (culotte en dentelle, poitrine serrée par un corset). En revanche, le contenu a l’air indigent. Voilà un extrait de Putain (2001), trouvé sur le site du Seuil: “J'ai alors décidé d'écrire ce que j'avais tu si fort, dire enfin ce qui se cachait derrière l'exigence de séduire qui ne voulait pas me lâcher et qui m'a jetée dans l'excès de la prostitution, exigence d'être ce qui est attendu par l'autre, et si le besoin de plaire l'emporte toujours lorsque j'écris, c'est qu'il faut bien revêtir de mots ce qui se tient là derrière, et que quelques mots suffisent pour être lus par les autres, pour n'être pas les bons mots.”
Bref, je n’ai rien trouvé de très excitant. Quoiqu’en dise Maurice Dantec, j’ai bien peur que le renouveau de la littérature française ne vienne pas du Nouveau Monde…
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