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05 juillet 2009

Le milieu de l'édition n'est pas hostile (quand on a fait Sciences-Po): parole de Guilllaume Robert!

Guillaume robert Voilà ce que m'écrit Guillaume Robert (éditeur chez Flammarion, que j'ai Podwrathé il y a quelques temps):

Le milieu de l'édition n'est pas toujours hostile

C’est une jolie histoire d’édition que j’ai envie de te raconter. Eh oui, cela arrive parfois… Il y a un peu plus de deux ans, j’étais juré dans un concours de nouvelles à Science-Po. Un concours que tu dois connaître j'imagine. Comme il est d’usage dans ce genre d’exercice, j’ai reçu une cinquantaine de nouvelles, dont une majorité, il faut bien le dire, était sans grand intérêt. Et là un petit miracle se produit. Une nouvelle sort du lot et enthousiasme l’intégralité du jury. Cette nouvelle est celle d'un étudiant, Pierre Stasse , que je demande très vite à rencontrer. Le garçon a vingt ans et des poussières, écrit des nouvelles et semble sur le point de terminer un roman. Quelques mois plus tard, le premier roman arrive, plein de qualités, de promesses, mais aussi plein des petits défauts qui font les premiers textes. Ensemble, nous le retravaillons pendant plus d’un an, car le manuscrit en vaut vraiment la peine. Mais hélas nous ne trouvons pas la solution. Et là un deuxième miracle se produit. Au lieu de se décourager, au lieu d’aller voir un autre éditeur, Pierre Stasse écrit un second roman. Un second roman que j’aime immédiatement et sans condition. Un second roman, à la fois drôle et émouvant. Un second roman qui sortira à la prochaine rentrée littéraire et qui sera donc son premier, "Les Restes de Jean-Jacques".

Résumons: Pierre Stasse a participé à un concours de nouvelles organisé par Sciences-Po. Guillaume Robert, qui a lui même fait Sciences-Po, a repéré le jeune homme et a fini par le publier. Le même Guillaume Robert m'a ensuite contactée, sachant que j'ai fait Sciences-Po. Et Guillaume Robert est également l'éditeur de Florian Zeller qui est passé par la rue Saint Guillaume, et copain avec Frédéric Beigbeder qui . . . Bref, je pourrais multiplier les exemples de cette Sciences-Po connexion.

Mais à part ça, tout le monde a sa chance dans le milieu non hostile de l'édition. Et Guillaume Robert m'a même promis une interview avec le jeune Pierre Stasse (à condition que je sois gentille et que je dise du bien de son livre...)

"Les Restes de Jean Jacques" sortira à la rentrée, et j'aurais l'occasion d'en reparler...

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03 juillet 2009

Achetez le nouveau Jaenada, le pauvre n'a pas de "succès en librairie"!

Big Brother2 Ah, ça fait du bien de revenir par ici le temps de poster une petite info qui m'a bien fait rire.

Le Monde s'associe à un nouveau prix remis par des étudiants de Grandes Ecoles: "L'ambition de ce nouveau prix est de découvrir un nouvel auteur en récompensant un roman paru en 2009, écrit en français par un auteur qui n'aurait pas encore été révélé par les critiques littéraires ou le succès en librairie, et qui n'a pas encore eu de prix."

Et parmi la sélection, on retrouve . . . notre ami Philippe Jaenada, avec son mythique "Plage de Manaccora, 16h30". Comme chacun le sait, Philippe Jaenana connaît tous les journalistes de Paris, et a eu droit à une couverture médiatique ahurissante: articles dans Le Monde, Lire, La Croix, et j'en passe.

Je dois donc en déduire qu'il a été sélectionné pour son manque de "succès en librairie". En clair, il ne suffit pas aux journalistes du Monde de nous asphyxier avec les bouses de leurs amis, il faut en plus qu'ils se plaignent des lecteurs. "Mince, on passe leur temps à leur répéter d'acheter le dernier Jaenada, et ces abrutis refusent d'obéir! Allez, on va créer un nouveau prix littéraire, histoire de leur faire comprendre ce qui est bon pour eux..."

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30 juin 2009

Blog en vacances

Je pars en France aujourd'hui, ce qui veut dire que ce blog va être laissé à l'abandon quelques jours. Mais j'ai quelques infos croustillantes à partager avec vous dès mon retour. A bientôt!

28 juin 2009

Deux mois de vacances pour écrire un roman: rêve ou cauchemar?

écriture au soleil "Tatiana prend une pause Facebook et revient en septembre, pour écrire son nouveau roman !", voilà le message que les "friends" de Tatiana de Rosnay ont reçu hier.

Ma première réaction: Ah le bol! Elle peut se permettre de prendre deux mois sans travailler, pour se consacrer à son roman.

Mais après réflexion, je ne suis pas sûre que j'apprécierais cette liberté. Un des mes grands problèmes, c'est qu'il faut constamment que je me force à écrire. En ce moment, je planifie des plages horaires de 1h, histoire d'avancer sur la nouvelle en anglais que j'écris.

Au fond, j'ai besoin de contraintes, comme Frederic Manning, un auteur des années 1930 un peu oublié aujourd'hui. Pour écrire son récit de guerre "Her Privates We", son éditeur Peter Davies l'a enfermé dans un studio londonien pendant quelques mois. La préface du livre est d'ailleurs dédiée à l'éditeur: For Peter Davies, who made me write it.

Donc si j'avais deux mois pour écrire tout un roman (avec rien d'autre à faire), je me mettrais à stresser sévèrement. Quoi, tu n'as écrit que 57 pages sur les 300 prévues? Et résultat, je tomberais dans une neurasthénie improductive.

Bref, pour bien écrire, mieux vaut que j'ai un emploi du temps très serré, avec plein de travail, plein de sorties, et un planning d'écriture. J'ai mis longtemps à le comprendre, mais le job d'écrivain à temps complet, ce n'est vraiment pas pour moi. L'isolement n'est pas forcément propice à l'écriture, pas vrai?

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25 juin 2009

Editions Léo Scheer: les chiffres qui font mal

Self_deception Suite à la proposition de Léo Scheer de publier mon premier roman, je me suis mise à rechercher un maximum d'infos sur cette maison. Pour résumer, un best-seller chez Léo Scheer, c'est 200-300 exemplaires. J'exagère à peine: voilà quelques chiffres glanés sur Edistat.com:

  • "Rater mieux", Barberine (Géraldine Barbe), collection Manuscrit: 345 exemplaires vendus depuis octobre 2008.
  • "Un monde parfait", Mano: 179 exemplaires écoulés depuis janvier 2009 (chiffres d'autant plus médiocres que ce roman est vraiment bon...)
  • "Danse avec ma mère", Béatrice Shalit: 92 exemplaires depuis mars 2009 (pas étonnant que Shalit ait été se plaindre dans les colonnes du Monde)
  • "Adore", Dahlia, collection Manuscrit: 56 exemplaires depuis le 18 mai 2009

Reste à comprendre comment Léo Scheer fait pour ne pas mettre la clé sous la porte: fortune personnelle? aides publiques? Ce qui est sûr, c'est que le public ne se presse pas pour lire la production de LS...

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Faïza Guène, une fille ordinaire, (trop?) ordinaire

Faiza Guene_Institut francais Il n'y avait pas grand monde ce soir-là pour entendre Faïza Guène. Son deuxième roman, "Du rêve pour les oufs", vient pourtant d'être traduit en anglais: pas mal, pour une fille de 24 ans! La première a prendre le micro est la traductrice, une Anglaise un peu rondouillarde qui passera ensuite sa soirée à rigoler. Car Faïza a beaucoup d'humour! Elle peut même faire des blagues en arabe et les traduire en français! Pour traduire "Du rêve pour les oufs", l'Anglaise s'est faite aider par une spécialiste en argot français/ anglais. La spécialiste en question - superbe Black, ancienne Miss-je-ne-sais-quoi, très glamour dans sa robe africaine - s'est révélée une lectrice remarquable. Dans sa bouche, le texte anglais pulsait vraiment.

A tel point qu'en comparaison, la lecture de Faïza faisait vraiment timide et un peu bancale. Car Faïza l'a dit et l'a répété: elle écrit sur des personnages ordinaires, elle en a marre de ce mythe de l'écrivain inspiré, elle se voit juste comme une fille de banlieue, pas comme un porte-parole. Mais cinq minutes plus tard, elle nous sort un grand discours sur l'horreur du massacre des manifestants algériens à Paris, en 1961. Pas à une contradiction près...

A une dame qui lui demande "comment écrivez-vous?", Faïza répond: "Il faut juste que je sois bien, pas triste . . . faut pas que j'ai des trucs pleins la tête, quoi!" Même son accent ne fait pas racaille, juste provincial monté socialement un peu trop vite.

Lorsque je lui ai demandé quelle était sa relation avec son éditrice (après ses propos très critiques sur le milieu de l'édition dans le Guardian), elle m'a répondu: "Avec mon éditrice, on s'entend super bien. J'ai eu pleins de propositions pour aller voir ailleurs, mais pas moyen, je lui suis fidèle!"

J'aurais bien aimé creuser un peu la question, histoire de dépasser la langue de bois. Mais Faïza m'a franchement dit qu'elle n'avait pas le temps pour un Podwrath. J'ai quand même obtenu son adresse email, donc j'espère qu'elle va répondre à mes questions. Histoire de vérifier si cette image de fille ordinaire, si ordinaire, est bien conforme à la réalité...

PS: pour le lecteur qui voulait savoir si Faïza compte dédicacer son prochain roman à Marseille, eh bien, la réponse est probablement négative. "On ne m'invite jamais à Marseille", m'a-t-elle répondu...

24 juin 2009

Léo Scheer crève d'envie de publier "Crevez tous, useless cunts" (Ouh Ouh! Du calme!)

Corbeau-renard Léo Scheer s'est empressé d'aller annoncer la publication de mon premier roman ("Crevez tous, useless cunts") dans sa maison. Ouh ouh! Du calme, je n'ai encore rien signé. Regardons calmement les pour et les contre d'une publication chez LS:

Les pour:

  • Une diffusion supérieure à celle que peut m'apporter mon blog: et qui dit diffusion dit accès à des lecteurs. Et c'est ce que j'ai toujours voulu pour mon premier roman.
  • Et surtout, mon premier roman serait publié AVANT mon second. Et pour moi, c'est important. CTUC est un roman que j'ai écrit à 23 ans, un roman cru et un peu maladroit, mais un roman qui correspond à une période de ma vie. Je n'ai donc aucune envie 1) de le ranger dans un tiroir 2) de le publier dans vingt ans.
  • Une publication papier me permettrait de démarcher plus efficacement des agents anglo-saxons. C'est toujours mieux d'avoir une publication, même en français, que rien du tout.

Les contre:

  • Léo Scheer ne veut pas publier mon texte en tant que tel (il ne l'a même pas lu). En éditeur rusé, il veut faire un bon coup marketing et publier la marque Wrath (comme l'a tout à fait vu un de ses commentateurs, cf commentaire n°74)
  • Publier chez Léo Scheer, c'est donc légitimer un système où le texte est secondaire et où l'image est dominante. Et où un wannabe qui habite en province et ne connaît personne n'a aucune chance de s'en sortir.
  • Dernière chose: je n'ai aucune envie de publier mon texte sur son site. Mon propre blog a suffisamment de lecteurs pour m'assurer une audience, si je veux mettre un texte online.

Bref, je vais voir ce que ce brave Léo Scheer a à me proposer, en terme de diffusion et de pub. Si son contrat ne m'apporte pas plus que ce que pourrait m'apporter mon blog, je ne vois pas pourquoi je signerais. Après tout, acheter ma présence dans sa collection Manuscrits lui apporterait un quasi-monopole sur le "marché" des wannabes. Léo Scheer veut vous faire croire que le talent littéraire a encore de l'importance (ce qui, bien sûr, est une farce). Bref, publiée ou pas publiée, je ne suis pas prête de renoncer à marteler cette évidence: si vous voulez être publié, consacrez votre temps à votre réseau et non à l'écriture...

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23 juin 2009

Marc Lévy, "Le Premier Jour": un grand roman d'aventures, avec des éléphants, des volcans et des bateaux!

"C'est un roman d'aventures . . . C'est un roman où on passe d'un pays à un autre: il y a des volcans, il y a des avions, il y a des éléphants, il y a des bateaux, il y a des tempêtes, il y a des situations extrêmement vertigineuses, il y a bien sûr une histoire d'amour, il y a tout ça. Il y a des dangers, il y a des poursuites..."

Ah, j'adore! Marc Lévy est quand même un génie de la vente: présenter une intrigue de façon aussi ridicule, et pourtant aussi alléchante (façon catalogue de recettes bestsellers), il faut le faire! Bien sûr, je vais m'empresser d'acheter "Le Premier Jour", sorti le 25 juin.

Merci à Fluctuat pour l'info

21 juin 2009

L'été, une période "wannabe-friendly"

Lecture_soleil L'été est une période "wannabe-friendly". Moins de travail, moins de pression, donc plus de temps pour l'écriture. Enfin, ça, c'est la théorie. En pratique, il est extrêmement difficile de se motiver pour écrire, même quand on n'a pas grand chose à faire.

Mes conseils pour écrire:

a) Se répéter, comme Douglas Kennedy, qu'il suffit d'écrire 1000 mots par jour, six jours par semaine, pour produire un roman au bout d'un an. Se fixer un objectif, même modeste, permet d'avoir l'esprit tranquille une fois le travail accompli.

b) Faire lire son travail régulièrement: à quelqu'un de sa famille, à un ami, ou - encore mieux - à un autre wannabe. Avoir un avis sur son travail rend le processus de l'écriture moins solitaire. Mais attention à ne pas se laisser décourager par des critiques maladroites.

Si vous êtes tenté d'envoyer votre manuscrit à un éditeur cet été, réfléchissez à deux fois. Entre le 25 juillet et le 15 août, la plupart des maisons d'édition sont fermées ou fonctionnent à un rythme très ralenti. Il est donc probable que votre manuscrit envoyé en début d'été atterrisse en septembre dans les mains d'une stagiaire surbookée. Mieux vaut attendre novembre ou décembre, après la grande foire des prix littéraires, pour espérer accrocher un éditeur...

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19 juin 2009

Faïza Guène à Londres

Mardi prochain, je vais voir Faïza Guène à l'Institut français. Pour ceux qui ne connaissent pas Faïza, allez faire un tour ICI et LA. Et n'hésitez pas à m'envoyer un email si vous voulez que je lui pose une question spécifique: wrath_lmj [at] yahoo.fr

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