Mépris des livres
"Véronique avait connu trop de discothèques et d'amants; un tel mode de vie appauvrit l'être humain, lui infligeant des dommages parfois graves et toujours irréversibles", écrit Houellebecq dans "Extension du domaine de la lutte".
Remplacez "discothèques et amants" par "cocktails et soirées littéraires", et vous arrivez à une vérité bien connue: le milieu littéraire parisien n'aime pas lire (ou, pour le formuler autrement: "la plupart des éditeurs ne lisent pas vraiment, pas profondément")
Peut-être qu'étant jeunes, les personnalités de Saint Germain des Prés (et autres wanna-be) se plongeaient avec plaisir dans un vieux roman de Flaubert ou de Mauriac. Mais après quelques années de copinage, de ragots et de corruption, les dommages deviennent irréversibles: les livres n'inspirent plus qu'indifférence et mépris.
Ce blog en est la meilleure preuve: chaque fois que je parle d'un écrivain (ex: Ariel Kenig), les commentaires n'ont rien à voir avec le livre en question. Idem pour le Podwrath de Thomas Clément: personne ne parle des "Enfants du plastique". Enfin, ma dernière nouvelle Alive n'moving a reçu jusqu'à présent 2 commentaires (pour 250 visiteurs uniques par jour sur ce blog...)
Alors, vous expliquez ça comment?
Je ne saurai expliquer cela, par la simple raison que, moi-même, je ne lis pas, ou vraiment très très peu, malheureusement...
Rédigé par: SchyzoBoy | 17 novembre 2006 at 22:35
Mais quand parles-tu de littérature ? Jamais, comme tous ceux qui ont des blogs littéraires : ils ne parlent pas de littérature ni n'en font : ils parlent d'eux, de leurs difficultés, de leurs grandes théories sur le monde et parfois, en passant, de littérature. En grosse partie parce que le médium ne s'y prête pas - mais ça n'excuse rien.
J'aimerais bien que tu nous parles du livre de Thomas Clément, que tu dises ce que tu en penses du point de vue stylistique, du point de vue narratif et du point de vue psychologique. Malheureusement, tu as préféré parler de stratégies éditoriales, de résultats commerciaux, de copinage (encore et toujours), etc.
Par ailleurs, lire Thomas Clément ne m'intéresse pas, tout comme Ariel Kening, Max Monnehay, Marc Lévy et la ribambelle d'oeuvres rapides et faciles qui n'ont de littéraire que le rayon de la FNAC où elles sont entreposées en attendant le pilon. La littérature, c'est bien plus que ça, c'est une façon de découvrir le monde et ceux qui le peuplent à travers le prisme d'une esthétique et d'une vision singulières. Le reste, tous ces publiés insignifiants dont tu parles, c'est juste une perte de temps pour les wanna be qui espèrent ainsi sentir dans quelle direction souffle le vent et, comme de coutume, lâcher quelques piques au passage.
Je veux bien parler de littérature, mais pas tout seul.
Rédigé par: Gadrel | 18 novembre 2006 at 00:17
et ça?
http://xannadu.canalblog.com/archives/2006/11/10/3129938.html#comments
L'as tu lu? Peut etre que nous avons déjà parlé de TC ailleurs...
Et d'autres part j'ai laissé un com hier sur ta nouvelle qui attend une réponse.
Et toi? Lis tu ton blog??? t'interresses tu a ceux qui viennent te voir???
amicalement
yann
Rédigé par: yann | 18 novembre 2006 at 10:48
pour ma part.
je n'ai pas lue les enfants du plastiques, et découvre juste T Clement. donc, ton podcast me la fais découvrir, c'est déjà une première étape direction une potentielle nouvelle lectrice.
pour d'autres nouvelles, c'est simple, j'ai d'autres lectures à faire pour le moment.
lire prends du temps, et les gens sont occupés. un peu de patience donc. ne cherche pas à forcer les gens à lire tes trucs, c'est plus racolleur qu'aure chose.
Rédigé par: manue | 18 novembre 2006 at 11:28
Je vous trouve durs avec elle. Plutot que de faire les moralistes, si on parlait litté? Mais tu fais quoi d'autre cher Gadrel? En plus, tu classes bien vite dans la "sous litté" ce que tu n'as pas lu : Thomas Clément et autres méritent surement qu'on les lise, quoiqu'on pense d'eux. Tu te figures la litté et l'écrivain avec beaucoup d'emphase stérile. La littérature, c'est avant tout les textes, pas les Oeuvres blablabla...la connotation idéologique, laisse la aux intellectuels. Ce sera ma petite suggestion.
Ne vous laissez pas faire Mademoiselle Jaillant, ils critiquent votre authenticité car elle est neuve, et si on leur demande ce qu'ils pensent de Rastignac, ils jouissent sans comprendre pkoi. Balzac et vous-meme méritez d'autres lecteurs que ces pénibles moralistes. Vous avez mon soutien à moi, je vous ai lu, avec grand plaisir. Vous avez un style : ne laissez personne vous l'enlever.
A bientot?
Respectueusement,
Michael Flame
Rédigé par: Michael Flame | 18 novembre 2006 at 20:37
Cher Michel,
à vous lire, l'homme de paille a encore de beaux jours devant lui (ie : vous ne répondez à aucun argument réel : vous créez un interlocuteur fictif auquel vous prêtez des propos folkloriques et/ou idiots, puis vous répondez à ces propos que vous venez d'inventer ad hoc avec force slogans vides et emphatiques. Mais dans les faits, vous ne répondez à rien ni à personne).
Sinon, tous les écrivains ne sont pas également respectables. Je ne vois pas pourquoi qui que ce soit "mérite" d'être lu, l'écrivain lambda n'est pas une petite chose merveilleuse, adorable et rare dont les efforts éventuels imposent à chacun le silence et l'admiration.
Si cela vous plaît de perdre les heures comptées que vous avez devant vous pour lire Thomas Clément plutôt qu'Ovide, Dostoïevski ou tant d'autres, c'est regrettable. Mais qu'en plus vous en tiriez un sentiment de supériorité morale que vous étalez ici avec beaucoup de complaisance et encore plus d'affectation, c'est carrément idiot.
@ wrath : je ne t'inclus pas dans les écrivains dispensables, sinon je ne serais plus là depuis longtemps. Mais je n'ai pas été emballé par ta dernière nouvelle, et d'un autre côté je n'ai pas envie de me lancer dans une grande critique car j'ai l'impression que c'est un jeu très vain dès qu'on a dépassé le stade des fautes de grammaire et d'orthographe. Quel sens cela aurait-il de te dire d'écrire comme moi ? Or, une critique entre écrivains, ce n'est jamais que ça.
Rédigé par: Gadrel | 18 novembre 2006 at 21:27
Mon Dieu...je ne prétends pas que les auteurs actuels sont tous mieux qu'Ovide. Ni l'inverse. Je dis juste qu'il vaut mieux lire Thomas Clément et Gadrel que rien du tout.
Respectueusement,
MF
Rédigé par: Michael Flame | 18 novembre 2006 at 22:01
flame : lire le da vinci code plutôt que rien du tout ?
Rédigé par: TheEraser | 18 novembre 2006 at 23:07
Plusieurs choses
- d'abord, je te trouve dure avec les éditeurs, tout de même, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. Qu'est ce qui te dit qu'ils n'aiment plus les livres, suputations gratuites. Tu te fais souffrir inutilement, masochisme ? De toute façon, ton livre doit être édité, non?
- ensuite, Thomas Clément, ben moi non plus j'ai pas lu son livre, il y a malheureusement un sacré bout de temps que je n'ai pas lu un livre. Je suis débordée en ce moment et je perds trop de temps sur les blogs
- ensuite tes nouvelles, j'ai lu wrath hier, (j'ai mis un bout de temps à trouver le lien, lire cette nouvelle se mérite!) j'ai bien aimé, mais j'ai pas vu d'endroit où on pouvais mettre des coms, j'en mettrai à l'occasion. Allez, arrête de te maltraiter, la vie est belle !
Rédigé par: mère edith | 18 novembre 2006 at 23:16
Je crois également que le manque de temps et le désir de lire les ouvrages qui nous intéressent et d'éviter les autres font que l'on ne pourra pas forcemment commenter tout article:
- Marc Lévy: Je n'aime pas. j'ai lu son premier livre et me suis juré de ne jamais en réouvrir un autre.
- Thomas Clément: Ce blog m'a fait découvrir cet auteur dont l'oeuvre apparaît intéressante et si je ne le lis pas tout de suite, tu as planté une petite graine qui jaillira peut-être à un moment ou à un autre... N'est ce pas l'essentiel?
Enfin, je suis consterné par le commentaire définissant ce qu'est ou pas la littérature... Je n'aurais jamais lu un livre de ma vie dans ce cas. Je préfère l'oublier et puis ouvrir un bouquin insignifiant acheté à la FNAC et prendre plaisir à le lire.
Rédigé par: chris | 19 novembre 2006 at 12:18
Je viens de terminer " Le feu follet " de Drieu La Rochelle. Je n'ai jamais lu, je crois, plus mauvais roman. Je comprends mieux désormais certaines choses te concernant.
Rédigé par: vic | 19 novembre 2006 at 14:50
Euh, je sais que je vais encore passer pour un pinailleur, mais le manque de reactions et de comments me fait penser qu'ils ne savent pas ecrire, pas qu'ils ne sachent pas lire :)
quoi que...
Rédigé par: Negrito | 19 novembre 2006 at 15:21
Et vous, vous lisez quoi ? Moi, j'ai lu le TC - pas mal, mais pas de quoi en parler pendant des heures non plus, et dans les 3 dernières semaines, j'ai lu Kénig, Quintreau, Mc Cauley, Coe et Vilain. Je suis écrivain, manuscrit arrivé par la poste... Ce n'est pas sur votre blog qu'on trouve des réactions à la littérature, mais sur les blogs de lecteurs, comme Cuné, Clarabel et d'autres. Ces blogs sont passionnants. Probablement parce qu'elles ne se mêlent pas de mélanger leurs lectures et une tonne d'a priori sur un pseudo milieu éditorial plus fantasmé qu'autre chose. Bien sûr que les éditeurs lisent. Et puis arrêtez avec les "cocktails littéraires" - ça aussi, c'est du fantasme - il y en a,certes, mais on n'est pas à Hollywood. Si vous trouvez que tous ces gens sont des useless cunts, pourquoi tenez-vous tant à les rejoindre ?
Rédigé par: olivier | 19 novembre 2006 at 17:00
@Schyzoboy: bah, tu as lu ma dernière nouvelle, ce n'est déjà pas mal :)
@Gadrel: je n'ai rien contre les livres rapides et faciles, au contraire. Je ne vois pas pourquoi on devrait se forcer à lire un livre (genre pavé de 900 pages primé au Goncourt...)
@yann: ah, la mauvaise fois...Je réponds (pratiquement) toujours aux commentaires qui me sont laissés. Il suffit de parcourir ce blog pour s'en apercevoir!
@manu: je ne force personne à lire.
@michael: enfin un lecteur de goût ;)
@mère edith: les com sur mes nouvelles sont à mettre dans la partie "votre avis sur mes nouvelles". Logique!
@chris: pour quelles raisons n'aimes-tu pas Marc Lévy?
@negrito: le comble! il faut que j'écrive un post là-dessus:)
@olivier: personne ne vous force à lire mon blog plutôt que les autres "blogs passionnants"...
Rédigé par: wrath | 20 novembre 2006 at 00:16
Les critiques ont-ils toujours vu ce dont ils parlent? J'ai eu quelques doutes en lisant la critique de Babel dans Libération après avoir vu le film. Les jeunes filles jouant au "basket" m'étonnent un peu. Il m'avait pourtant semblé voir un match de volleyball. Etourderie de la journaliste?
"Babel nous maintient aux aguets. Chaque plan donne le sentiment qu'il y a toujours quelque chose à voir, à comprendre, à entendre, qu'on ne saisit pas intégralement, mais qu'on pourrait attraper, si l'on était encore plus attentif et si l'émotion ne nous débordait pas de tous côtés. Tel un rêve, alors qu'on est sur le point de saisir la clé de l'énigme, les personnages s'effacent pour laisser place à d'autres, situés aux antipodes, dans un raccord en mouvement. Un groupe de jeunes filles japonaises en très gros plan apparaît. Elles jouent au basket. Elles sont hyperexpressives. Et sourdes muettes."
Rédigé par: Aurélien | 20 novembre 2006 at 10:14
Ah... si tu trouves normal de mettre trois jours à répondre à un com je pense que tu n'as pas compris grand chose a la culture blog...
Mais bon hein je dois etre de mauvaise foi... Et toi surement une feignasse alors.
yann
Rédigé par: yann | 20 novembre 2006 at 12:07
Je trouve ça complètement gratuit et inutile.
Rédigé par: Jo Ann | 20 novembre 2006 at 12:36
Je suis un lecteur assez éclectique (en terme de "littérature FNAC").
A l'époque de la sortie de si c'était vrai, je l'avais acheté en kiosque relais car je trouvais intéressant le titre et le résumé de la quatrième de couverture.
L'histoire tient en peu de lignes: un homme achète un appartement et voit "un fantôme" : se pourrait-il qu'il soit fou ou que le "fantôme" soit réellement une personne existante dans le comas, évidemment. Et si c'était vrai? Une course contre la montre s'engage alors pour empêcher la donzelle de se faire débrancher et éviter de se faire interner.
L'idée me semblait pas mal, mais j'ai été déçu par le traitement que j'ai trouvé très plat, pour lequel il manquait quelque chose: on n'apprend rien sur les raisons de l'état immatériel de la donzelle (pas d'explication du "monde", même fantastique), ce qui implique de faire reporter l'intérêt de ce genre d'histoire sur:
I- une ambiance
1/la progression du questionnement du héros (suis-je fou?);
2/la progression de l'enquête (qui est ce fantôme?)
3/ la progression de "l'histoire d'amour".
II- des scènes d'actions:
Il faut sauver la fille et échapper aux hommes en blanc.
Dans mon souvenir, l'auteur est passé très rapidement sur le I.1&2 pour se concentrer sur le 3. Quand aux scènes "d'actions"...bof.
Bref, une forte impression de perdre son temps avec cette lecture.
Je ne pense pas que cela puisse t'amener des pistes pour ton interview
Rédigé par: chris | 25 novembre 2006 at 20:22