Lionel Shriver
C'est plus fort que moi: dès qu'un bouquin ou un film parle de "school shootings", je saute dessus. Pas étonnant, puisque mon premier roman est inspiré de la tragédie de Columbine...
Après plusieurs déceptions ("Elephant" de Gus Van Sant et "Zero day" de Ben Coccio), la lecture de "We need to talk about Kevin" de Lionel Shriver a été une divine surprise.
L'histoire est racontée du point de la mère de Kevin, un adolescent qui a massacré 9 de ses camarades de lycée. Elle tente de remonter aux origines du drame: comment Kevin a-t-il pu accumuler tant de haine ? L'a-t-elle suffisamment aimé ? Petit à petit se dessine le portrait d'une femme qui ne voulait pas devenir mère, et qui pourtant s'est adaptée à ce rôle du mieux qu'elle pouvait.
Mais le principal intérêt du livre vient du personnage de Kevin. Dès sa naissance, il prend plaisir à tyranniser son entourage. Sa cruauté devient par moment écoeurante, même s'il parvient à garder l'image du "regular kid". Pourtant, on sent que Kevin n'est pas l'incarnation du mal, qu'il y a quelque chose de cassé au fond de lui...
Je conseille ce livre à tous ceux qui aiment la VRAIE fiction, avec du suspense et des rebondissements. "We need to talk about Kevin" a reçu le Orange Prize, un des prix britanniques les plus prestigieux. Eh oui, de ce côté de la Manche, on ne couronne pas des pavés illisibles pseudo-élitistes...
Pour info, le Orange Prize est décerné chaque année à une femme qui écrit en Grande-Bretagne. Derrière le pseudonyme masculin de Lionel Shriver se cache une Américaine qui partage son temps entre New York et Londres. Après avoir écrit "We need to talk...", elle et son mari ont finalement décidé de ne jamais avoir d'enfants. Pas étonnant...
Il faut qu'on parle de Kevin, de Lionel Shriver traduit de l'anglais (États-Unis) par Françoise Cartano Belfond, 480 p., 22 € .
Si tu kiffes ce genre de livres, procure-toi le très bon "Projet X" de Jim Shepard publié chez Liana Levi.
Il vous en prie.
Rédigé par: Philippe | le 30 décembre 2006 à 19:14
Dans le même genre (apparemment), faut absolument lire Fever, de Leslie Kaplan.
Bonne année à toutes et tous!
Résolument,
MF
Rédigé par: Michael Flame | le 05 janvier 2007 à 09:54
"Après avoir écrit "We need to talk...", elle et son mari ont finalement décidé de ne jamais avoir d'enfants. Pas étonnant..."
Pas étonnant en effet quand on développe sur près de 500 pages une vision aussi idiote. "Dès sa naissance, il prend plaisir à tyranniser son entourage. Sa cruauté devient par moment écoeurante"... c'est tellement pratique d'imaginer que le penchant pour la saloperie est inscrit dans les gènes. Pouf ! Voilà que les déterminations sociales n'ont plus aucune importance. Madame Lionel Shriver et son mari sont de bons nihilistes. Applaudissons les bien fort.
On comprend mieux ce qui a pu vous déplaire dans Elephant quand on voit l'admiration que vous portez à une thèse aussi radicalement crétine.
Rédigé par: stephane | le 27 juillet 2007 à 11:06
Mais peut-être est-ce votre lecture de la thèse qui est idiote. On sait votre amour du raccourcis, du prêt à penser et de la caricature.
Ne condamnons pas l'auteur trop vite.
Rédigé par: stephane | le 27 juillet 2007 à 12:32