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28 mai 2007

Arno Couturier et les éditions Amalthée

Ecrire de la poésie aujourd'hui a de quoi vous rendre suicidaire (si vous ne l'étiez pas déjà au départ...) Il est difficile d'expliquer pourquoi un genre autrefois si prestigieux a pu tomber dans l'indifférence ou la célébration étatique crétine façon "printemps des poètes".

Pourtant, comme dit Michel Houellebecq, la poésie correspond à un besoin fondamental, besoin d'émotion à l'état brut, besoin d'évoquer la souffrance et les désilusions.

Il y a donc encore quelques courageux pour continuer à écrire de la poésie, et Arno Couturier fait partie de ceux là. Son recueil "Les douceurs amères" a été écrit lorsqu'il avait 18 ans, et évoque le lycée et l'ennui.

Extrait:  Ce poids sur mon coeur

Me fait mal et me chagrine

M'oppresse et me ruine

J'ai peur qu'il ne reste à jamais

Je me sens plonger

Dans les profondeurs

Sombres et glaciales

D'une dépression banale

Certains poèmes sont émouvants, d'autres sentent la rebellion adolescente version "Bush est méchant" ("Regarde ces ânes bâtés d'Américains/ Regarde l'intégrisme et la montée de la haine").

Mais dans l'ensemble, je trouve ce recueil plutôt réussi. Je me suis surprise à repenser à l'atmosphère oppressante du lycée: "L'organisation du territoire des Etats-Unis/ Ne m'évoque rien, mis à part l'ennui"

Ce qui est dommage, c'est qu'Arno Couturier n'ait pas d'abord publié ses poèmes dans une revue honnête (comme la Revue des Ressources), plutôt que de se précipiter chez les Editions Amalthée.

Cet éditeur n'hésite pas à demander une "contribution", soit disant pour assurer la promotion de l'ouvrage publié. D'après Arno Couturier, il s'agirait de 200 euros. Mais d'autres témoignages évoquent des sommes plus importantes (voir ICI et LA).

De façon générale, je ne ferai jamais confiance à une maison qui demande à l'auteur de verser de l'argent pour être publié. Pas vous ?

[Autre chose: si vous voulez que je chronique votre ouvrage dans ma rubrique "Ecrivains/ Editeurs en marge", envoyez-moi un email ]

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Voici les sites qui parlent de Arno Couturier et les éditions Amalthée:

Commentaires

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Bonjour wrath,

À propos de "la Revue des Ressources" J'ai l'impression qu'ils ne tiennent pas leurs paroles : "réponse sous quatre semaines pour les textes transmis". (Je leur ai envoyé trois textes courts -25/03/2007 -) Ce qui fait que je n'ai pas du tout envie de leur en envoyer d’autres.
Après avoir publié plusieurs recueils de poèmes et consacré une grande partie de mon temps à en écrire, ( J’ai encore deux recueils qui restent à publier) j'ai cessé d'écrire de la poésie pour différentes raisons. Pour ceux et celles qui aiment entendre de la poésie voici trois liens.
Sinon, à propos d’édition, et cela devrait être un principe pour quelqu'un qui écrit et qui souhaite être publié ; il ne doit jamais donner un sou de sa poche.

http://www.philippebray.net/icietla.htm
http://www.philippebray.net/lamourestmort.htm
http://www.philippebray.net/tuassaigneavif.htm

Le nom meme d'amalthee, pour une maison qui demande aux auteurs de payer, me semble quand meme tres, tres ironique...

De même l'autre maison d'édition à compte d'auteur des frères Normant s'appelle Bénévent. Or, le prince de Bénévent n'était autre que Talleyrand, l'un des plus sinistres personnages de l'histoire de France. « De la merde dans un bas de soie », selon le mot de Napoléon.

Lers frères Normant sont cultivés, ont de l'esprit et savent plumer les pigeons. On doit se régaler, à dîner chez eux.

C'est assez amusant de citer le dictateur Napoléon pour critiquer Talleyrand. Un peu comme si l'on citait Staline pour connaître Trotsky.

Dès qu'on parle de libéralisme (Bénévent/Amalthée dans ce cas), les choses deviennent très amusantes.

Pauvre empereur, finir insulté de la sorte…

Je me demande si Gardel est Français, en effet, je croyais que Napoléon était aimé des Français, mais peut-être, aime-t-il le dictateur en question. Quoi qu'il en soit, Napoléon, avait quand même en lui, dans son tempérament, quelques côtés attachants.

En tout cas, il avait plus de tempérament que Louis seize de la branche des Bourbons.

Un petit commentaire pour apporter quelques précisions au sujet des Editions Amalthée.

J'ai reçu comme tout le monde, leur contrat de voleurs comme évoqué dans plusieurs forums, je les appellé tout de suite en leur expliquant que c'était hors de question d'être publié dans ces conditions, que c'était purement du vol et que les frais demandés étaient cachés sous de faux de fausses charges (réalisation de la maquette, saisie du texte, ect).

Ils m'ont alors envoyé un autre contrat ou il fallait sur une durée de 3 mois faire une prévente du livre, afin d'assurer la vente minimum de 200 exemplaires (et non 200 euros).

Le livre s'est bien vendu pour la poésie, puisque le premier tirage de 300 exemplaires est épuisé et qu'ils viennent d'en publier 200 à nouveau. Je n'ai pas perdu un centime.

Il est clair que les Editions Amalthée ne respirent pas la transparence et l'honneteté, mais je ne suis de nature assez impatiente et j'avais envie de tourner une page et publiant ce recueil et partir sur d'autres projets.

Au final, la qualitée du livre est très correcte, les pages bien imprimées, j'ai pu etre libre de faire la couverture moi même ce qui est un avantage quand on voit les couvertures standards qu'ils font pour la plupart des livres.

Il ne faut pas rêver, ce n'est pas avec eux qu'on va vendre des milliers de livres, et encore moins de la poésie mais les droits d'auteurs sont beaucoups plus élevés qu'ailleurs (25%), donc si on ne tombes pas de le panneau de leur arnaque dès le départ, on arrive à quelque chose de convenable.

Il faut prendre cela comme un jeu, dans le sens ou cela te permet d'avoir un ISBN sans trop galéré, d'être référencé dans les Fnac, Amazon et compagnie, après c'est de la débrouille pour la promo. Mais ça marche plutôt pas mal.

J'habite Lyon, je fais moi même le tour des librairies, c'est sans prétention, mais ca marche bien et c'est une bonne première expérience.

Je connais également des personnes personnes qui ont été publiés chez certaines maisons plus renommées et qui avait des contrats tout aussi délicats, avec aucun droits d'auteurs sur les 300 premiers exemplaires et par exemple 4% sur les autres.

C'est vrai qu'elle est sympa, la couv'...

D'accord avec Arno. on peut très bien considérer que le compte d'auteur est un tremplin (comme le font les artistes musicaux qui s'autoproduisent pour mieux se faire connaître)ou bien la fin d'un projet qu'il fallait de toute façon produire. Evidemment qu'être publié chez Gallimard est préférable mais si les éditeurs refuse l'accès à un rêve,je ne vois pas pourquoi un principe absurde en ferait de même. Comme si tout ça, l'édition, l'écriture, et compagnie, était vraiment sérieux... Après, c'est à chacun de savoir s'il écrit pour s'amuser, profiter de la vie, ou bien pour être payé, reconnu et admiré...

Napoléon, à propos du 18 brumaire : "Lorsque je me mis à la tête des affaires, la France se trouvait dans le même état que Rome, lorsqu’on déclarait qu’un dictateur était nécessaire pour sauver la République."

Sinon, dois-je rappeler le rétablissement de l'esclavage ? Un type attachant, philippe ? Utilise ta tête de temps en temps.

Gadrel,

Je ne parlais pas de Napoléon sur le plan politique, mais de certains aspects de son caractère et de sa personnalité, personne ne peut être totalement obscure et je n'ai jamais fait l'éloge du bonhomme.

Gadrel, il est tjs préférable de ne pas trop parler de ce qu'on ne connaît pas bien pour éviter d'être trés imprécis, voire un peu bête. Napoléon, enmpereur, a aboli l'esclavage, par la suite. Dans les 2 cas, c'était des décisions économiques et politiques, rien à voir avec quelconques considérations morales foireuses. Par ailleurs, la dictature romaine était un fait politique comme un autre, hors là encore de toute considération morale à deux sous.
Bref, tu devrais sérieusement te replonger dans nietzsche.

Il l'a aboli en revenant de sa petite île, je suppose pour des raisons publicitaires, mais il l'a d'abord rétabli. Quant à évacuer la morale de la question de l'esclavage, c'est vraiment formidable.

Concernant la dictature romaine, il est évident que s'il s'en réclamait alors que le droit français ne le proposait pas, c'est qu'il visait à légitimer un état de fait, c-à-d qu'il était un dictateur.

Quel livre de Nietzsche me conseilles-tu de relire à ce sujet ?

L'abolition de l'esclavage, ça date de la révolution Française, mais la pratique a continué... jusqu'à ce qu'elle soit abolie dans les faits plus tard. Le monde économique, avec son commerce, se fout de la morale, sinon, il n'y aurait jamais eu d'esclavage.
Encore aujourd'hui les “Nike” la marque de sport qui les kids portent à leurs pieds sont fabriqués en partie par des mineurs en Indonésie ( qui est a un régime politique dictatorial qui a tué 200 000 personnes : presque qu’un génocide...) à l’extrême limite de la légalité. Son PDG actuel, Phil Knight, ne s’en émeut pas, il a juré et craché de faire de son entreprise, la première au monde, dans son domaine.

C'est bien, tu connais ta leçon. Sauf que l'esclavage est tout sauf économiquement productif (il suffit de voir les résultats des ex-pays communistes) car les gens ne sont pas motivés (un peu comme avec les impôts, qui sont un esclavage à temps partiel).

Concernant Nike, si je me souviens bien ils ont arrêté d'employer des enfants il y a dix ans (et ceux-ci étaient payés, ce qui ne ressort pas de ton laïus). Ce que tu dis date donc beaucoup.

Sur le fond, les chiffres confirment que depuis 1980 le travail infantile n'a pas connu de croissance, malgré ce que les médias répètent jour et nuit. Au contraire, un rapport* de l'Organisation internationale du Travail indique que le nombre effectif d'enfants qui travaillent à travers le monde a encore chuté de 11% entre 2000 et 2004, en passant de 246 millions à 218 millions. Qui plus est, le nombre d'enfants et de jeunes, âgés de 5 à 17 ans, astreints à des travaux dangereux a diminué de 26%, pour atteindre 126 millions en 2004 contre 171 millions lors de la précédente estimation. Cette baisse est encore plus accentuée parmi les enfants les plus jeunes : elle atteint 33% dans la tranche d'âge 5-14 ans. L'Organisation internationale du Travail ajoute dans son rapport qu'à l'allure actuelle du déclin, le travail des enfants dans ses pires formes pourrait être éliminé en 10 ans. En effet, les enfants ne sont généralement pas poussés à aller travailler si leurs parents disposent de suffisamment de ressources pour entretenir leur famille. De fait, le mieux qui puisse arriver aux parents d'un mineur qui travaille mais qu'ils voudraient plutôt voir aller à l'école c'est d'être embauchés par une entreprise multinationale, car, comme le rappelait The Economist, dans le Tiers-monde, ces entreprises paient jusqu'au double des entreprises locales.

Deux exemples pour illustrer ce phénomène. D'un côté, au Vietnam, 2,2 millions d'enfants cessèrent de travailler entre 1993 et 1998 pour aller à l'école. Et cela grâce à la libéralisation du commerce et à la globalisation économique. De l'autre, Nike et Reebok abandonnèrent le Pakistan après qu'en 1995 les zélateurs de l'antiglobalisation reprochèrent à ces entreprises d'employer des mineurs d'âge. L'effet domino déclenché par le départ de ces multinationales fut ravageur et provoqua une diminution du salaire moyen de 20%, et des milliers de Pakistanais se retrouvèrent sans travail, envoyant souvent leurs enfants travailler dans les champs ou même se prostituer. Merci les gauchistes.

*http://www.ilo.org/public/french/standards/relm/ilc/ilc95/pdf/rep-i-b.pdf?bcsi_scan_1EBA20D14A40E346=0&bcsi_scan_filename=rep-i-b.pdf

Ouais, les enfants travaillent aussi pour des raisons économiques. S'ils travaillent moins, c'est qu'économiquement le pays va un peu mieux avec leurs parents, et que les droits de l'homme ont progressé et c’est une bonne chose mais il y a encore de très gros progrès à faire. Une Main-d'œuvre pas cher est toujours intéressante pour la production d’une entreprise. Les esclaves étaient motivés par les mensonges que les blancs (les Européens principalement mais pas seulement) leur faisaient miroiter. ( Les Amérindiens, les natifs en Amérique en savent quelque chose, puisqu’ils ont été également des esclaves. Ils leur faisaient signer des papiers qu’ils ne comprenaient pas, puisqu’ils ne parlaient pas la même langue. Pour eux, La parole était orale, sacrée et il ne fallait surtout pas la trahir. Elle était plus importante que l’écrit.
Tout entreprise se doit de motiver son personnel, sinon, ça fonctionne pas. Si l'esclavagisme ancien économique et qui était basé également sur un racisme est aboli, l'esclavagisme moderne continu et n’est pas encore tout à fait aboli sans qu'il soit question, ( dans la plupart des cas dans le monde) de couleurs de peau. L’esclavagisme, c’est un rapport économique dans un rapport au droit des humains, traduit en droit international que des pays se sont engagés à signer, dans une charte des droits de l’homme. Certains pays ont signé d’autres pas. Maintenant, ce qui est signé sur le papier ne se traduit pas toujours dans les faits.
Le communisme au pouvoir aujourd’hui, c’est principalement la Chine et la Chine arrive à produire d’excellents produits avec une main-d'œuvre pas cher qu’elle doit savoir motiver, je suppose, pour qu’ils puissent s’exporter et que les consommateurs à faibles revenus des pays développés et sous développés puissent se les payer.
Le marché de consommateurs des pauvres devient plus important que le marché des consommateurs des riches, et s'agrandit avec le temps qui passe. La cible n'est pas la même.

Bonjour,
J'ai bien lu vos messages et je dois avouer que pour ma part cela n'est guère réjouissants, car j'ai signé un contrat de publication avec eux et j'attend maintenant le retour des premières épreuves.
je ne me fais aucune illusion sur les ventes et la promos que j'effectuerai seul. (j'ai bien compris que ce n'est pas grace à eux que je pourrais rêver...)
Mon livre s'appelera "à l'horizon d'hier" et si vous souhaitez le découvrir un peu je vous invite sur le site :

http://sylvainlambert77.over-blog.com

J'espère néanmoins un bon bouche à oreille régional et sur la toile,

A bientôt

Salut Sylvain,

Très franchement, n'espère rien d'eux, et surtout pas qu'il t'assure une promotion efficace. C'est à toi de jouer ;)

merci de ta franchise Arno
et je suivrai ton conseil en espérant que cela se combine bien .

A très Bientôt

http://sylvainlambert77.over-blog.com

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