Recherche et roman
Pour mon premier roman, l'essentiel de ma recherche consistait à me documenter sur les "school shootings". Je ne le voyais absolument pas comme une contrainte: Columbine reste ma grande passion...
Mais pour mon second roman, les choses se compliquent un peu. Un de mes personnages est atteint de la maladie d'Huntington, une maladie rare et dégénérative. Les symptômes peuvent apparaître à tout âge, et seulement 10% des cas concernent des enfants et adolescents.
En fait, j'ai commencé à m'intéresser au thème des maladies dégénératives avec "Dignitas", ma seconde nouvelle. Pour la recherche, je m'étais contentée d'Internet.
Pour mon second roman, j'essaie de faire les choses en grand et de multiplier les sources d'information. C'est pourquoi je viens de rencontrer la responsable de Juvenile Huntington's Disease association. Elle m'a beaucoup appris sur les aspects médicaux et sociaux de la maladie.
Prochaine étape: entrer en contact avec des familles affectées. C'est la partie la plus difficile, car la plupart n'ont aucune envie de répondre aux questions d'un étranger indiscret.
Mais bon, chacun sait que je suis un modèle de compassion et de discrétion...

Et de ce que j'ai vu, c'est d'autant plus difficile car c'est une maladie "visible". Quand je traite de traumatismes, çaparaît plus simple car c'est psychologiques... Mais lorsqu'on est confronté à des enfants qui portent les traces physiques d'agressions graves, c'est plus dur... Comment regarder, comment poser les questions, est-ce qu'on peut sourire?
Courage!
BTW: il y aurait une chance de lire des extraits des deux romans?
Rédigé par: Jo Ann v. | 25 mai 2007 at 11:41
Bonjour,
Je ne trouve pas le podcast d'Alain Soral? Quelqu'un sait-il où il se trouve?
Rédigé par: Stef | 25 mai 2007 at 18:49
Ca va viendre!
Rédigé par: Daniel Fattore | 25 mai 2007 at 23:24
Tu te renseignes sur internet sur tes sujets pour tes gentils petits romans et, franchement, tu ne vois pas comment tu pourrais mieux faire. quelle mignone ! Ces editeurs sont des mechants de ne pas s interesser a tes gentilles histoires avec des maladies dedans sur lesquelles tu t es un peu documentee. ils sont mechants, mechants, mechants.
si j ai bien suivi, tu es une etudiante entretenue par tes parents, qui ameliore son niveau d anglais en passant quelques mois a l etranger.
le sujet de ton premier livre portait sur une tuerie dans un lycee. personne n a voulu de ton roman. tu ne t es pas dit : je ne connais rien a ce sujet, je n ai RIEN a raconter autour de situations qui ne me concernent pas, rien ne m inspire dans cette tuerie parce que je suis trop une bonne petite fille et je vais choisir un autre sujet, que je vais traiter mieux qu une autre. non, tu t es dit : les editeurs sont tres mechants. mechants, mechants, mechants : ils n editent pas tous les livres ecrits, alors que ca prend du temps, de taper autant de mots sur des pages. ils sont mechants, mechants, mechants. quel systeme pourri !
a present, tu recommences. un roman sur la maladie, toi qui ne sait rien du milieu medical, de la douleur, de la honte, de la progression de la maladie, la remission. Tu ne connait RIEN a ce que tu vas raconter et n as sans doute RIEN a dire a ce sujet.
Encore une fois, ca sera le probleme du mechant mechant mechant systeme degueulasse pourri et ultraliberal de l edition, qui empeche une jeune riche de traiter les sujets qu elle veut (cad : ceux que d4 autres ont traite avec succes). C est infame, l edition, ils disent qu un roman n est pas une redaction de francais pour le college, quel systeme pourri ou ces mechants capitalistes ne veulent pas investir sur n importe qui ! editeurs pourris qui veulent gagner de l argent au lieu de donner leur chance a tous les debutants ! capitalistes pourris ils devraient avoir honte !
pour ton deuxieme roman, MOI, je voudrais que tu racontes ce que ca fait de vouloir etre quelque chose mais de ne pas y arriver, comment c est de n avoir une vie que sur internet, en prenant plein d identites, comment tu te mens, tu mens aux autres sur toi, tu te fais honte, comment tu voudrais reussir pour avoir enfin l impression d exister, pourquoi tu te trouves aussi mediocre, pourquoi tu t evites tout le temps, pourquoi t es aussi conne alors que t es meme pas une veritable conne. PARLE DE TOI, ca a l air de te faire tellement mal d etre toi. parle de ca dans un roman, donne toi une chance d ecrire autre chose que de la merde insipide.
j aime lire ton blog mais tu donnes trop envie de te mettre des coups au cul.
Rédigé par: Harriett | 26 mai 2007 at 11:26
Chouette, le forum devient BDSM ! Merci Harriett !
Rédigé par: Fulmi | 26 mai 2007 at 13:51
Whaou, Harriett ! Je ne dirai qu’un mot (bon d’accord, je vais tricher, c’est quatre mots, sans les parenthèses) : bravo (en français), bravi (en hommage à Rome) et well done (ça s’impose).
Ton dernier paragraphe en particulier est limpide. Ah ! Ma Lise-Marie d’amour, qu’il serait admirable (mais hypothétique tant pour cela il te faudrait faire preuve d’une "humilité lumineuse qui t’exclurait de fait du cercle de la médiocrité") que tu entendes ce qu’il te dit. Une fois encore ici, par delà la méchanceté apparente du propos, c’est un vrai bon conseil que tu te grandirais à suivre.
Un auteur, comme tout artiste, c’est celui qui, ne parlant que de soi avec la plus grande des sincérité, en allant absolument au bout de son monde, arrive malgré cela à parler aux autres. Point barre. Le drame, c’est que manifestement (et je voudrais tant, pour toi et rien que pour toi – écoute ma sollicitude – que tu saches l’entendre) tu veux, certes "sincèrement", te projeter dans les habits de l’écrivain, tu veux sincèrement écrire "American psycho", seulement voilà, lorsque Bret Easton Ellis l’a écrit, il ne voulait pas "sincèrement" écrire le roman d’un autre qu’il admirait (ou écrire un best-seller, ou obtenir le titre d’écrivain – c’est très français, ça, tu sais, écrivain vu comme un titre ?), non, il voulait "simplement" sortir de lui le plus complètement, le plus sincèrement, sans guillemets, possible les choses qu’il avait dans le ventre. C’est très très très différent. Je ne sais pas si tu peux comprendre cela.
Ce que, moi, en revanche, je peux comprendre (et je ne suis manifestement pas du tout le seul ici), c’est à quel point tu te mens (en te croyant en plus beaucoup plus "maligne" que les autres, ce qui ne fait qu’augmenter ton ridicule), à quel point est grande dans ton esprit la confusion entre les deux (l’apparente et la vraie sincérité), et, si je te comprends si bien (avec un rien d’empathie pas même excessivement surjouée), c’est que, moi aussi, quand j’ai commencé, je voulais "sincèrement" être Gogol Ier, et j’écrivais, par exemple, "Bite, poil, couilles" (Si, si, c’est une de mes chansons de l’époque.) J’avais alors 17 ans, presque dix de moins que toi. Depuis, j’ai grandi, dans tous les sens du terme. Si tu es incapable de comprendre cela et d’en tirer les conséquences à ton grand âge, alors je te le dis du haut du mien, plus vénérable encore : tu n’arriveras jamais à rien et ce même si tu t’entêtes à noircir chaque jour des pages et des pages, si tu t’entêtes à jouer à l’écrivain plutôt que de l’être.
Je vais t’apprendre quelque chose (et peut-être aussi à plein de gens qui passent par ici) : la plupart des personnes imaginent que travailler dans nos beaux métiers, ça consiste avant tout à passer du temps à "faire des exercices", comme à l’école, avec toujours cette analogie du concertiste qui fait huit heures par jour des gammes. Quelle bêtise ! Travailler, ça veut dire essentiellement, avant tout, être capable d’introspection et d’autocritique, avec un équilibre instable entre une très grande confiance en soi et une plus grande encore cruauté à son égard (Digression : appelons ça l’humilité, qui n’a rien à voir avec la modestie comme le confond chacun. Ça s’apparente même à l’ambition, là encore, qui n’a rien de rien à voir avec l’arrivisme – n’est-ce pas, mademoiselle ?) Oh ! Pas juste superficielle, l’autocritique, hein ? pas genre, il faut que j’arrête d’abuser des virgules ou que je me sépare de tel ou tel autre tic (ce qui est bien sûr un travail à faire, aussi…). Non, il faut trouver en soi, tout au fond, la réponse à ces questions : où est mon unicité ? par delà la projection "dans la peau de l’artiste" que je me fais de moi-même, qu’est-ce qui appartient exclusivement à moi et qu’est-ce qui est du domaine de cette projection, de ce fantasme, bref, par-delà l’écume, qui suis-je ? et conséquemment, qu’est-ce qui, en moi, rend le fait que j’écrive indispensable, ou au moins utile, au monde ? (parce que, sinon, il y a déjà tant de médiocres qui sont responsables de la déforestation de l’Amazonie, qu’il est inutile qu’on coupe quelques arbres supplémentaires pour sortir un livre indifférent). Et puis, alors, dans un deuxième temps, tu peux t’attaquer à la suite, la dimension technique (mais qui n’a de sens que si elle est postérieure au questionnement de sincérité) : comment transmettre aux autres cette unicité ? comment ne pas trahir par la forme la sincérité que j’ai identifiée en moi ? (pratiquement : comment écrire un bouquin pour "que ça le fasse" ?).
Je ne suis pas bien certain que tu sois capable de comprendre tout ça, et plus encore d’en tenir compte. Sois néanmoins certaine que je ne te dis ça, jeune fille, comme aux enfants, "que pour ton bien". Libre à toi de ne pas le croire.
Je te laisse réfléchir à ça. Si tu en es capable bien sûr.
L'IndispensablE – www.crevez-tous.com
Rédigé par: Vaquette | 26 mai 2007 at 14:09
Une remarque, Maquette : la totalité de la consommation mondiale de papier est compensée par la repousse, soit 5 % de la superficie actuelle des forêts (Bailey 1995).
Sur le fond, c'est en effet une bonne idée de se documenter, cela nous change des inénarrables romans vides et psychanalysants qui font l'essentiel de la production française, mais il ne faut pas s'imaginer qu'il suffit d'écrire sur des sujets glauques, étranges, rares ou surprenants pour rendre son œuvre intéressante. La littérature n'a heureusement pas été contaminée par l'"art" contemporain, où le concept, l'absurde et le nihilisme règnent en maître, et dissimulent l'absence de sens, de beauté et d'excellence. Est-ce que cette maladie apportera quelque chose à tes personnages, est-ce que tu parviendras à dépasser la superficialité qui ressortira inévitablement de tes entretiens avec des inconnus, etc. ? Le cliché est l’ennemi mortel de l’écrivain, qu’il affecte la langue, la dramaturgie ou les personnages.
Rédigé par: Gadrel | 26 mai 2007 at 14:47
Ah! Ah! Gamelle & Claquette font un duo ce soir à l'Olympia!
Rédigé par: Maitre PUNTILA | 26 mai 2007 at 16:15
MDR
Rédigé par: Gadrel | 26 mai 2007 at 17:50
C'est avec un réel intérêt que j ai découvert ce blog. Pour avoir travaillé pendant cinq ans dans le milieu de l'édition (et sans jamais n avoir pu me faire publier malgré mes quelques petites relations !), je constate malheureusmeent que tu t'es auto détruite en villipendant à tout va éditeurs et compagnie. La critique c'est bien. Mais quand il s'agit de déverser un fiel permanent qui relève très souvent d'une tactique permettant d'exorciser des démons et la soif inassouvie d etre reconnue, je dois te dire que hélas tu as complèteemnt ruiné tes chances. les quelques personnes que je cotoie dans ce milieu m'ont parlé de ce site et de ce qu ils ont qualifié d'insupportable harcèlement et de pitoyable minauderie d arriviste. alors, crois en ton talent mais change de stratégie.
Rédigé par: Djerem | 26 mai 2007 at 22:47
@Djerem: détrompe-toi, mon cher, je sais très bien que j'ai "ruiné mes chances" d'être éditée (pour une stratégie d'arriviste, on a fait mieux...)
Je remarque encore une fois qu'une publication ne dépend en aucun cas du texte littéraire, mais du fait de penser juste et de trouver tout le monde sympa.
Et après, c'est moi qu'on accuse de renvoyer une mauvaise image du milieu...
Rédigé par: wrath | 27 mai 2007 at 00:44
Pour ce qui est de la doccumentation, le probleme est surtout qu'un bon livre (ou film) peut etre ruine par un detail incoherent en plein millieu, c'est tres desagreable.
Pour autant je suis d'accord qu'ecrire un livre sur une lesbienne serial-killer n'est pas forcement une bonne idee. Le probleme est que souvent les ecrivains jeunes ont l'idee que c'est un sujet facile car ca va donner de la substance au texte. Alors qu'un bon texte sur un personnage deviant a ce point demande, a mon avis, beaucoup de maitrise.
Rédigé par: Chproutz | 27 mai 2007 at 18:23
Exactement. Les gens ne lisent pas des livres pour découvrir des professions ou des hobbies étranges : cela ils peuvent le faire en regardant Delarue. S'ils lisent des livres, c'est pour d'autres raisons, qu'il convient de découvrir. Et en effet, lorsqu'on débute on accumule les détails parce qu'on est effrayé à l'idée de perdre l'attention du lecteur, mais on le noie. Il faut aller à l'essentiel (les personnages, dans ce qu'ils ont d'universel).
Rédigé par: Gadrel | 27 mai 2007 at 22:48
Après la tuerie, une maladie dégénérative! Lise, fais attention, tu vas te retrouver cataloguée "Auteur chiant"...
Rédigé par: la chanterie | 31 mai 2007 at 19:33