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Revues littéraires

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16 juillet 2007

Commentaires

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Boudy

bravo wrath: c'est une belle salve!

Pour ma part, je savais déjà pourquoi mon éditeur n'avait pas (encore)d'articles dans le monde (notamment) alors qu'il a sorti ces dernières années d'excellents titres : "Palissandre" (A.Parola), "Le chemin au bord de la mer" (A.Friedmann) ou encore plus récemment "L'avion-musique" pour citer un bouquin de moi, sans fausse modestie.

Sans compter les renvois d'ascenseur dûs à la publicité. Je prends un encart dans ton canard (l'éditeur) donc tu me chroniques (le journal): monnaie courante...

pour ce qui est des service-presse sachez que les journalistes des rédactions revendent vos livres neufs à des libraires spécialisées dans ce domaine: d'où le fait qu'ils soient aussi vite en vente sur internet (sur des sites d'occasion) alors que votre livre est à peine sorti...

c'est un système, ce sont des combines, la petitesse de cette économie, les connivences: c'est humain... rien de grave en définitive.
celui qui se tient à son ouvrage de littérature sortira de toutes façons un jour ou l'autre... avec ou sans critique de josyane savigneau...
ces gens ont cela de paradoxal qu'ils sont les plus haut placés (dans la puissance du "faire connaître notamment...)mais en même temps ils n'ont aucune importance, vraiment aucune au regard de ce qu'est une entreprise d'écriture.

Ils en souffrent d'ailleurs et l'arme bien souvent est le mépris, le cynisme parfois, l'humour dans le meilleur des cas.

Allez..il ne faut pas trop leur en vouloir, ce ne sont pas non plus des malfaiteurs, ils ne vivent pas de la transformations de l'héroïne: leur objet est tout de même la littérature !

et puis
comité de lecture, "grand lecteur", critique..., la position n'est pas facile:

rappelons-nous avec humour ce grand moment de cinéma:

"travaille bien ton violon alphonse..." dit antoine doinel à son fils "... sinon tu seras critique"

Bien amicalement
Stéphane Boudy

PhJ.

Tiens, pour une fois, je vous emboîte gaiement le pas, Wrath. Autant pour l'édition (la publication, je veux dire), vous caricaturez beaucoup (le copinage que vous dénoncez ne concerne qu'un faible pourcentage des livres publiés), autant pour la critique, alors là, ce que vous dîtes avec le Canard est on ne peut plus juste. C'est 50% de renvois d'ascenseurs et 45% de copinage. Mais c'est bien. Quand vous ne pourrez plus râler parce que vous n'êtes pas publiée (quand vous serez publiée, donc), vous vous sentirez un peu désemparée, et heureusement, vous pourrez fulminer, à juste titre cette fois, contre la presse. Il ne vous restera plus alors qu'une seule solution : vous faire des amis (vrais ou faux, comme vous voudrez).

stephane

"Copinage? Qui a parlé de copinage?"

Ca y est, je suis convaincu ! Il y a des preuves que le copinage joue un rôle dans la critique littéraire, c'est donc qu'on peut réduire la critique littéraire à du copinage.

Allelujah !

Hoplite

Bon article : bien documenté et bien illustré.
Tu vas encore te faire des copains (et des copines...) dans le milieu...;-)

Plus sérieusement : je me demande si le pouvoir des critiques littéraires n'est pas surestimé.

Les lecteurs réguliers (comme nous) les consultent rarement pour se faire un avis. Et les lecteurs occasionnels se fient plutôt au fameux bouche à oreille (buzz).

Et dans tous les cas, les critiques me semblent décrédibilisés auprès du grand public à cause de leur habitude à vanter des bouses qui écoeurent les lecteurs.

En gros, critique littéraire, c'est un peu un job en déclin : demain (et dès aujourd'hui) les vrais prescripteurs ou influenceurs se trouveront sur les blogs (comme le tien).

Mais bon, avoir un bon article dans un magazine ou un journal est toujours très appréciable...

Cordialement !

Vigor

Je vois que tout le monde est d'accord pour une fois sur ce blog, c'est mademoiselle Wrath qui va être contente. Malheureux! Vous allez entretenir, par cet assentiment coupable, son syndrome paranoïaque : "j'ai raison contre les monde entier". On n'est pas couché.
Non, ce qui est plus intéressant, c'est la réflexion de PhJ : dans l'hypothèse (peu probable? très improbable? impossible en France? peut-être chez nos amis rosbeef après 10 ans de creative writing et autant de public relation?) où la vilaine Wrath serait publiée, que resterait-il de ce ton d'imprécateur après, allez, deux-trois papiers indulgents? Que resterait-il de la colère divine? Je pose la question et je vous renvoie à (peut-être) dans quelques années. Nous verrons alors si la mémoire de l'auteur est sélective.
Autre réflexion de Hoplite. Attention, là il y a confusion! Ce n'est pas parce que le métier de critique est décrédibilisé par la corruption et les intérêts bien compris d'un certain de nombre de critiques encore "influents" (quoique...)que POUR AUTANT les bloggueurs seront les prescripteurs influents de demain. Un peu de modestie, amis bloggueurs! Parce qu'il y a quand même une donnée fondamentale qui semble vous avoir échappé, Hoplite (notez que ça présage déjà du rôle que prétendent se donner les bloggueurs de tous poils, un rôle et un poids extraordinairement présomptueux!), c'est que la critique littéraire, à la base c'est un métier, un savoir-faire, un professionnalisme, avec, sinon une formation, au moins une énorme base de savoir et d'analyse en littérature, un recul au minimum historique, sans parler d'une passion qui tient de la (bonne) névrose (celle qui construit). Dans sa version érudite et non-people (mais est-il encore possible aujourd'hui, dans quelque domaine que ce soit, d'être non-people?)la critique devrait avoir une utilité modeste mais non négligeable dans l'édification des masses (expression à prendre au propre, au sale ou avec humour, c'est selon) qui se piquent "d'aimer la littérature". Il ne s'agirait bien entendu pas pas non plus d'un hobby vénal pour briller en ville encore que ce soit cette face émergée de l'iceberg qui brille le plus. Mais ce n'est pas non plus en ouvrant un blog dès demain en s'écriant "le dernier Martin Glover, chanmé, y déchire sa race!" qu'on peut s'introniser critique littéraire sur le net. Et pourtant le déluge de blogs, de critiques à la hache et autres impressions d'amateurs avait déjà fait son oeuvre sur le net, et qui osera contredire que dans l'immense majorité des cas, c'est consternant et , PROBLEME, c'est encore plus mauvais que les critiques incriminées! C'est un peu le problème, avec le net, les masses, la poutre et l'oeil du voisin. Dès qu'elles sont un peu édifiées, les masses ont très envie de prendre la place du prescripteur en place. Un peu comme cet ouvrier qui râle ouvertement contre les bourgeois mais qui rêve, secrètement dans sa turne, d'en être un.
C'est aussi le syndrome de l'élève qui veut dépasser le maître. A part que là, il n'y a aucun enseignement, ce serait plutôt l'école buissonnière perpétuelle. C'est marrant deux minutes l'école des cancres, les chemins de traverse, tout ça tout ça, mais question critique littéraire, voyez-vous, ça manque un peu de matière : ce n'est pas POINTU.
Question littérature, édition et critique du 21ème siécle donc, non seulement on n'est pas couché, mais on n'est pas près d'être rendu! Seule solution pour celui qui, QUAND MEME, produit la lumière autour de laquelle les papillons de nuit tournent : fermer sa porte à double tour pour les appels inopportuns, fermer les volets pour couper court au bruit de la rumeur, fermer l'ordinateur pour annuler la tentation du buzz. Et écrire. Tout le reste n'étant pas, loin s'en faut, littérature.

stephane

"dans l'hypothèse où la vilaine Wrath serait publiée, que resterait-il de ce ton d'imprécateur après, allez, deux-trois papiers indulgents? Que resterait-il de la colère divine?"


C'est la question que je me tue à poser bien que connaissant déjà la réponse, qui tient en 4 lettres : RIEN (sauf si ce ton et cette colère deviennent son fond de commerce, ce qu'ils sont en réalité déjà.)

Il n'est pas nécessaire d'être fin psychologue pour comprendre le fond des revendications de mademoiselle Jaillant. Tout comme on devine facilement de quel genre de milieu elle vient, et c'est pour cela qu'elle refuse systématiquement de répondre aux quelques questions qu'on peut lui poser à ce sujet. Prendrait-elle la peine d'y répondre et l'on verrait sa tartufferie complètement mise à nue.

wrath

@Boudy: Exact. Josyane Savigneau a quand même un grand talent comique: cf la fin de l'article avec l'éloge discret de Sollers et la citation de Stendhal: "l'essentiel est de fuir les sots et de nous maintenir en joie". J'espère que Pierre Jourde n'a pas raté ça :)

@Hoplite: oui, je doute que la critique littéraire fasse vendre. Comme quoi, le copinage est un système complètement préjudiciable aux (quelques) vrais écrivains...

@PhJ et les autres: j'ai relevé beaucoup de verbes au futur et conditionnel dans vos commentaires. ex: "quand vous serez publiée", "que resterait-il", etc...

Comme quoi, il est plus facile d'évoquer mon futur sous forme d'hypothèses plutôt que de répondre aux problèmes posés par le post. A savoir, le discrédit de la critique littéraire et des éditeurs en France.

Erik Meijsing

Mais tu pense vraiment que ce n'est qu' un truc Parisien/Français ce copinasystème?
Faut faire avec ou changer de métier...

PhJ.

Que voulez-vous que j'évoque d'autre que votre futur, Wrath ? La critique littéraire ne concerne pas votre présent, il me semble. Quant aux "problèmes posés par le post", vous enfoncez des portes grandes ouvertes, que voulez-vous qu'on vous dise ? On ne peut pas avoir de papier dans la presse sans renvoi d'ascenseur ou copinage, bon, et après ? Voilà, la guerre c'est mal, la maladie c'est triste, bon. Je ne peux rien faire d'autre qu'approuver ce que vous écrivez (qu'est-ce que vous voulez de plus ?) : on n'a pas de critique dans les journaux si on n'a pas d'amis dans les journaux. C'est vrai, mais bon, voilà – vous allez bientôt nous faire un post sur les impôts, ou sur les passe-droits dans la fonction publique ? En plus, rassurez-vous, tout ça ne sert à rien. Vous verrez ça (je suis désolé, je ne sais pas quoi employer d'autre que le futur). Tous ceux qui ont publié un livre vous le diront : on peut avoir de la presse à tire-larigot et ne pas vendre 500 exemplaires. Tout le monde s'en fout (malheureusement) de la presse. A part l'égo de l'auteur concerné. Pour parler de moi (allez hop), l'un de mes livres, par exemple, a eu des pages et des pages dans à peu près tous les magazines qu'on pense importants et il s'en est vendu trois, un autre a eu peu de presse mais un passage télé dans une émission minable à une heure de grande écoute et plein de gens l'ont acheté. Il n'y a que la télé qui fait vendre des livres. Les critiques de presse écrite se sont recroquevillés sur leurs petites combines et ils le paient : tout le monde se fout de leurs belles colonnes. (Je suis assez bien placé pour en parler : j'ai toujours plein de presse pour mes livres et ça ne fait rien vendre.)

stephane

"Comme quoi, il est plus facile d'évoquer mon futur sous forme d'hypothèses plutôt que de répondre aux problèmes posés par le post. A savoir, le discrédit de la critique littéraire et des éditeurs en France."

C'est là que vous vous trompez. La seule question soulevée par votre message est celle de vos mauvaises justifications et de vos propres incohérences. Ce qui revient à dire qu'en formant des hypothèses sur votre futur, on répond très précisèment à la question que vous posez.

Si vous pensez ne serait-ce qu'une seconde que les visiteurs de ce blog vous ont attendu pour savoir que le milieu artistico-culturel n'est pas tout blanc, c'est que vous nous prenez pour des cons (mais ça nous l'avions compris.)

Boudy

@ Philippe Jaenada:

"vous enfoncez des portes grandes ouvertes"

ce blog est d'une grande utilité car les écrivains savent ces choses à force de fréquenter des auteurs, des éditeurs etc
mais des tas de gens rêvent et se font entuber par des éditeurs peu scrupuleux qui leur promettent (notamment) de la presse. Si l'on est cynique on se dit : "bon, ce sont des cons, des pigeons donc tant pis pour eux"
A Paris, on est très cynique mais c'est en réalité une défense contre des incapités à faire beaucoup plus personnelles, contre la multitude aussi: il y a les bons et les mauvais... et moi j'ai compris les mécanismes (comment ça marche!)donc je suis plutôt dans les bons.

En gros, c'est une défense comme un mode de survie. Sauf que ce mode de survie ne sort personne de la dépression mais je m'écarte du sujet.

Ainsi la dimension pédagogique de ce blog est immense en même temps qu'elle est primordiale. Rares sont les lieux d'expression et de connaissance semblables sur le net.
Merci pour vos déclarations donc.

Enfin:
"LA GUERRE C'EST MAL LA MALADIE C'EST TRISTE"

certes et ce qui vous plaît justement sur ce blog c'est quelque chose qui nous sort de la léthargie et de l'acceptation, enfin je suppose.


Bien amicalement,
Stéphane Boudy

mdr

Tout cela est très intéressant. Tout le monde sait qu'une chronique presse d'un livre fait vendre… 6 exemplaires ? allez, 15, s'il s'agit d'une pleine page avec beaucoup de sexe dedans.

Benoît

Mais, question bête, pourquoi tout le monde pense-t-il que le but de la critique est de faire mousser des oeuvres/des auteurs?
Je ne sais pas, j'ai eu l'année dernière un cours d'histoire de la critique qui envisageait les choses sous un jour non marchand, qui me parlait de défricher les talents, de controverses sur la valeur d'une oeuvre, d'assumer les auteurs qu'on lancait.
Ensuite j'ai lu un tas de critiques d'Albert Thibaudet qui étaient très pertinentes et intéressantes en elle-mêmes par les mélanges qu'elles offraient, les perspectives, la verve, etc.
La critique pourrait être comprise comme un vecteur d'intérêt. Tout le monde semble penser qu'acheter un livre et l'aimer sont une même chose...qu'on ne doit acheter que ce qu'on aime...que le livre est un ouvrage fermé, indépendant, intransmissible.
Mais il y a un équilibre...si un critique me fait acheter un livre que je n'aime pas, je lui ferai moins confiance ensuite. Si je n'aime jamais, je ne l'écouterai plus du tout. Copinage ou pas, quelle importance? Si l'ami écrit bien, le lecteur reste content!

Ce monde de la critique utile et "noble" semble avoir bel et bien existé, et sans doute est-il encore là, mis à mal par les pratiques du milieu, certes, mais aussi par le désintérêt des lecteurs. Utilisons pour une fois les outils informatiques et de recherche pour trouver ce qui nous intéresse et le partager, et laissons le reste vivre son cours comme il l'entend.

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