"Elle a trop de la chance, la meuf". Voilà ce qui me vient à l'esprit après avoir lu le blog de Faïza Guène, l'auteur de "Du rêve pour les oufs". Car la jeune Faïza était au bon endroit, au bon moment:
"Après le bac, elle fait lire à son prof (le même qui l'a emmenée dans l'atelier d'écriture) les pages d'une histoire qu'elle avait écrite. Le prof les donne à lire à sa soeur, éditrice chez Hachette, et hop!!! elle signe un contrat pour publier son premier bébé, Kiffe kiffe demain !!"
Je suppose que la soeur éditrice en question n'est autre qu'Isabelle Séguin, directrice d'Hachette littérature. Une fois le contrat signé, "Kiffe kiffe demain" a été publié dans la collection dirigée par Charles Pépin et Guillaume Allary (qui sont par ailleurs les éditeurs de Christophe Paviot). Ces deux éditeurs ont la réputation d'être très dirigistes, voire de retoucher eux-même les textes...
Bon, je n'ai pas lu "Kiffe kiffe demain". Par contre, j'ai emprunté "Du rêve pour les oufs", le deuxième roman de Faïza. Il n'y a pas vraiment d'histoire, c'est plutôt le récit de vie d'Alhème, 24 ans, qui oscille entre petits boulots et galères diverses. Son frère de 15 ans est (oh surprise!) une racaille en puissance, sa mère est morte tuée par des islamistes algériens et son père est devenue fou ouf. Bref, Alhème ne kiffe pas trop sa vie et on la comprend...
Mon avis: un texte plutôt drôle, très facile à lire. Malheureusement, il n'y a pas de fil directeur, le récit est complètement décousu. Au bout de cinquante pages, j'ai commencé à lire en diagonale et j'ai fini par laisser tomber.
Mais il reste quelques passages assez réussis, comme la rencontre entre le frère d'Alhème et sa grand-mère:
"Le problème, c'est qu'il l'esquive, ce petit crapuleux, car je crois qu'elle l'effraie: "Elle fait flipper avec ses dessins sur la face, en plus elle pue de la gueule! On dirait le tueur dans Saw!" Il parle du tatouage tribal qu'elle porte sur le front et le menton"
Rien à dire, Faïza Guène a du style...

Vous avez l'air de passer beaucoup de temps à lire des bouses.
Quel courage !
Rédigé par : stéphane | 06 juillet 2007 à 21:29
Je me souviens d'être tombé sur cette autrice, ou plutôt sur un de ses ouvrages, à la gare de Lyon Part-Dieu. Mais je me souviens aussi que le prière d'insérer ne m'avait pas poussé à poursuivre l'aventure jusqu'à l'achat et à la lecture... Voilà tout ce que je peux dire sur cet ouvrage: un vague souvenir de voyage.
[Certains de ceux qui hantent ce blog diront qu'il est sur cette Terre des écrivains qui ne vous laissent même pas un vague souvenir de voyage. Mon expérience de lecteur ne peut que leur donner raison. D'autres me diront même que je ferais mieux de la fermer... là, ça se discute.]
Rédigé par : Daniel Fattore | 06 juillet 2007 à 22:36
Dans ce monde, il est vrai que la nullité ambiante en littérature incite les pauvres petits fonctionnaires du signe à écrire.
Oui, certains (sans forcément de talent) bénéficient de réseau bien établi pour être publié, d'autres rament dans le silence de la publication et du succès des autres.
Il y a des sujets à la mode. Certains bénéficient d'une aubaine, tiens, il parle de la banlieue, c'est à la mode. Le trentenaire looser.
Demain, la mode sera à la grand-mère de 80 ans... Après-demain, les auteurs Pakistanais... Et après après demain, le roman écologique...
Les éditeurs, pour la plupart, ne font qu'obéir à un petit diktat qui est dans l'air du temps.
Ils donnent corps et chair aux clichés ambiants.
Rédigé par : Fratrie | 06 juillet 2007 à 23:50
@Daniel F: "autrice"??? c'est une expression suisse ou une faute de frappe?
@Fratrie: je crois surtout que les éditeurs n'ont aucune rationalité. C'est un peu la formule de l'arbitraire royal: "car tel est mon bon plaisir"; S'ils estiment qu'untel a une bonne tête et est "très sympa", ils publieront. Thème à la mode ou pas.
Rédigé par : wrath | 07 juillet 2007 à 01:32
@Wrath: non, il n'y a pas de faute de frappe. Je préfère en effet "autrice" (ou autoresse) à "auteure", s'il faut féminiser, puisque "autrice" et "autoresse" recourent à des modes de féminisation existant depuis longtemps (au contraire d'"auteure", né dans la mouvance des "procureures", "professeures", "docteures" et autres, nés dans la mouvance de la féminisation des noms de métiers et fonctions des années 1990). Reste, effectivement, que c'est "auteure" qui s'est imposé à l'usage.
Helvétisme? Un peu quand même, puisque l'organe regroupant les écrivains suisses (j'allais dire "organe faîtier", mais là, c'est un véritable helvétisme!) s'appelle justement "Autrices et auteurs de Suisse" (http://www.a-d-s.ch).
Rédigé par : Daniel Fattore | 07 juillet 2007 à 09:39
@wrath
u m'as l'air de bien savoir la façon dont les éditeurs fonctionnent. Alors bonne chance pour la première publication.
Rédigé par : Fratrie | 07 juillet 2007 à 17:57
@Daniel F: bon, sans vouloir te vexer, je préfère quand même "auteure" à "autrice"...
@Fratrie: merci!
Rédigé par : wrath | 07 juillet 2007 à 18:48
En bon français, on peut dire : autrice, auteuse, autoresse, les trois correspondent à des manières correctes de former les féminins, mais "auteure", c'est un barbarisme gaucho-administratif. Beurk.
Rédigé par : Fulmi | 08 juillet 2007 à 14:23
En bon français on écrit "auteur". En français politiquement correct on écrit ce qu'on veut. "Ecrivaillonne" par exemple, dans le cas de mademoiselle Guène.
A noter qu'"auteure" est le terme employé au Québec, du moins selon le Robert Historique de la Langue Française.
Rédigé par : stéphane | 08 juillet 2007 à 15:54
Le féminin de majeur est majeure, donc le terme auteure n'est pas si choquant en soit
Rédigé par : cassiopée | 08 juillet 2007 à 16:48
C'est vrai, mais autrice est assez joli, je trouve, et fait la nique à l'Académie, ce qui me plaît assez.
Rédigé par : Fulmi | 08 juillet 2007 à 17:07
Non : c'est "auteuse" le mot correct. Enfin en tout cas celui qui sied à notre hôtesse blonde...
Rédigé par : strangedays | 08 juillet 2007 à 17:18
@Wrath: pas de problème! L'essentiel, c'est qu'on s'entende, dans tous les sens du terme.
Certains, ici, affirment même que seul "auteur" est admissible - je les comprends, et les suis intégralement pour d'autres noms de métier (cafetier, coureur, entraîneur, débroussailleur).
J'aime "autrice" parce que je le fais dévier d'un latin "auctrix", qui serait le féminin d'"auctor" (par assimilation à d'autres féminins latins, tel "saltatrix", la danseuse). Mais pour répondre à Cassiopée, "majeur/e" viennent de "major", un comparatif qui n'a pas de marque de féminin (mais fait "majus" au neutre).
Voilà pour la minute étymologique tordue... qu'on me la pardonne.
Rédigé par : Daniel Fattore | 08 juillet 2007 à 22:22
Fort amusant, puisque ce prétendu journal en ligne (blog) pense lever le voile avec un soupçon de dénonciation sur le monde de l'édition, alors que ce monde-là est bien différent que ce que certains l'imaginent.
Bonne chance aux prisonniers qui tournent en rond sur leur journal intime dit "blog".
Rédigé par : Fratrie | 09 juillet 2007 à 18:46
Le nouveau roman de Faiza Guene
http://www.dailymotion.com/hachette-litteratures/video/x6d1ku_faiza-guene-les-gens-du-balto_creation
Rédigé par : hl | 06 août 2008 à 18:22