Si les gens se suicident sur leur lieu de travail, c'est la faute du Grand Kapital. Lisez cette interview du psychiatre Christophe Dejours, et vous verrez que j'exagère à peine...
Le Dr Dejours soutient que les nouveaux modes de management ont détruit le collectif, les syndicats, le "vivre ensemble" (sic). Adieu la solidarité, vive l'individualisme et le culte du profit.
Résultat: les malheureux employés sont containts à des mesures de désespoir. Et le coupable est bien sûr le Big Business assoiffé de sang...
"Dans ce système, il peut y avoir dégradation de la qualité du travail alors qu'on dégage des bénéfices. Quand on fait le bilan, cela donne des Enron, des Vivendi, des WorldCom, des AZF... Enron est un cas très intéressant, car ce n'est pas l'affaire d'un délinquant, c'est l'affaire de toutes les petites tricheries causées par une certaine organisation du travail, de la qualité totale érigée en principe intangible, qui pousse les gens à mentir et à ne pas faire les retours sur les décalages qu'il peut y avoir avec la réalité."
Remarquez la subtilité de l'analyse: Enron et AZF, même combat pour affamer l'ouvrier!
Seulement voilà, il suffit de se pencher sur une comparaison des taux de suicide en Europe (ICI, page 4) pour voir que l'analyse du Dr Dejours ne tient pas.
Le Royaume Uni, qui a adopté un management individuel au détriment des syndicats, a un taux de suicide largement inférieur à celui de la France. Par contre un pays social-démocrate comme la Finlande a un taux supérieur.
Je ne prétends pas qu'il n'y a pas de "souffrance au travail" en France. Mais la cause n'est pas le manque de protection des employés face aux pressions du méchant patronat. Au contraire, c'est l'excès de protection qui crée d'énormes problèmes sociaux...
Quand vous avez mis 10 ans à obtenir un CDI, vous êtes prêt à tout pour rester dans la même entreprise. Y compris à subir des conditions de travail épouvantables...Alors qu'un Britannique dans les mêmes conditions va tout simplement changer de job.
Pour résumer, une société où les employés peuvent choisir leur emploi et en changer s'ils le souhaitent, crée forcément moins de souffrance. (Mais bon, mieux vaut accuser le Grand Kapital plutôt que d'énoncer une vérité si simple)
Ca ne vous fait vraiment pas peur d'écrire des âneries, pas vrai ?
La statistique à laquelle vous renvoyez n'est indicative que du taux global de suicide. Il n'est rien dit des suicides en entreprise.
Je ne sais pas si l'analyse de Dejours tient ou pas, mais ce qui est certain c'est que vous ne la disqualifiez pas avec votre petite statistique.
Dire qu'il y a encore des gens pour vous accorder du crédit.
Rédigé par: stephane | 23 juillet 2007 à 00:55
lis ça wrath , ça te ferais du bien !
« la pleine capacité du jardinier est la même que la pleine capacité du savant ». es-tu d'accord avec cette citation ?
merci de répondre vu que tu as la critique facile (positive)
Rédigé par: lola | 23 juillet 2007 à 05:27
C'est donc pour échapper au suicide que LMJ s'est enfuie en Angleterre!!!
Triste destin
Rédigé par: Daniel D | 23 juillet 2007 à 07:47
C'est juste de la curiosité, mais j'aimerai savoir si tu as la chance de faire partie des anglais qui n'ont pas besoin de cumuler parfois trois boulots pour s'assurer un niveau de vie décent... ça aussi c'est une réalité qu'on ne devrait pas négliger! ...
Rédigé par: Dahlia | 23 juillet 2007 à 08:37
De toute façon, l'Angleterre, même les anglais en ont marre et se cassent en France http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238,36-937699,0.html
Sinon, ça m'amuse bien, Wrath qui fait des théories sur le pourquoi du comment des gens qui se suicident au travail en France. Allez, raconte, dans combien de sociétés tu as travaillé en France? Combien de temps? Jamais? Il y a vraiment des gens qui ne doutent de rien ;-)
Rédigé par: cassiopée | 23 juillet 2007 à 11:12
Lise-Marie, tu sais bien que les anglais sont obligés de boire des litres de bière et de devenir alcooliques pour supporter leur pays et leurs conditions de vie et de travail ! ;-)
Rédigé par: Cerise | 23 juillet 2007 à 13:02
@Cerise: Theorie interessante... Doit-on en conclure que les Francais ne boivent pas assez? Ca se pourrait bien!
Cela dit, la France est championne europeenne de consomation d'anti-depressants, a mon avis ca compense largement...
@Dahlia: Tu sais, je ne connais personne en Angleterre qui cumule 3 boulots! 2 j'ai deja vu (en general serveurs dans des restos/pubs, et ca ne dure pas) mais 3 c'est un mythe. Ca n'est donc pas une "chance" d'avoir un seul boulot, c'est la norme.
La verite (que beaucoup ne veulent visiblement pas entendre) est qu'ici soit on travaille peu pour un salaire correct (mon cas, mais aussi celui de Wrath), soit on travaille comme des brutes pour un salaire ennorme (la City). Mais ca reste un choix.
@Cassiopee: Chacune de tes interventions est plus navrante que la precedente: Apres declarer que ScPo s'integre apres le BAC (ce qui peut etre vrai, mais aussi en 2eme annee apres Hypokhagne ou en 4eme annee apres 2 ans de Khagne), tu nous sors un article sans meme lire le titre: "Residences Secondaires"... Rien a voir avec le travail!
Rédigé par: Chproutz | 23 juillet 2007 à 15:12
@Chproutz : Je suis navrante? ne me lis pas, ne lis pas les liens que je joins, puisque ce message n'est pas supposé t'être destiné :-). D'ailleurs, pourquoi réponds-tu assidument à tous les messages qui sont destinés à Wrath? Par ailleurs, où ai-je parlé de travail? Et puis, si tu l'avais lu cet article, et si tu ne t'étais pas arrêté au titre, tu comprendrais pourquoi je l'ai cité " Paradoxalement, ils viennent réaliser en France un rêve... anglais, qui commence par l'achat d'une résidence secondaire et se poursuit souvent par l'installation définitive : "Ils recherchent un cadre de vie qui leur corresponde vraiment. C'est l'image du cottage anglais, parce qu'ils ont beaucoup plus de mal à réaliser cette aspiration chez eux, pour des raisons de prix et de densité démographique", résume M. Deschamps. José-Alain Fralon confirme cette analyse : "Ces "gens-là", écrit-il, peuvent bien nous dire qu'ils adorent la France, qu'ils y vivent et veulent y mourir, ne nous leurrons pas : c'est en Angleterre qu'ils sont. Une Angleterre mythique, certes, une Angleterre rêvée (...), mais en Angleterre quand même." Une Angleterre d'avant l'évolution vers une société de plus en plus dure. D'avant la raréfaction des espaces libres, dans un pays aujourd'hui deux fois plus peuplé que la France."
Rédigé par: cassiopée | 23 juillet 2007 à 16:30
Chacun sa dope, la bière (UK), les anti-dépresseurs (France), la bouffe et la religion (USA). Mais dans tous les cas, c'est révélateur d'un malaise profond dans ces sociétés et de problèmes refoulés.
Pour revenir plus spécifiquement sur la question de la souffrance au travail, je me suis penché dans un cadre syndical sur les questions de management pathogène car j'y étais moi-même exposé, comme tous mes collègues. Les recherches en psychodynamique du travail menées par C.Dejours (CNAM) ou par V.Gaulejac (Jussieu) sont de simples analyses de faits. Et oui, il faut bien le reconnaître, le monde du travail est de plus en plus pathogène dans tous les pays occidentaux à cause des exigences de productivité, etc., qui sont à relier peu ou prou aux exigences du capitalisme (la fonction publique se laissant progressivement contaminer). Et le phénomène de "mort au travail", spécificité japonaise il y a encore 10 ans, commence d'arriver chez nous aussi.
Rédigé par: Cerise | 23 juillet 2007 à 16:34
@Cerise: sans oublier qu'on considère aujourd'hui des pathologies qui n'en étaient pas il y a une couple de lustres (burn-out, dépression nerveuse, etc.). D'où une amplification de ce que l'on constate.
Rédigé par: Daniel Fattore | 23 juillet 2007 à 16:48
"soit on travaille peu pour un salaire correct (mon cas, mais aussi celui de Wrath)"
C'est quoi travailler peu pour un salaire correct ? Combien de temps travaille mademoiselle Jaillant entre ces promenades londoniennes et ces excursions à des festivals de rock ? Et combien gagne-t-elle ? A quoi faire ?
Voilà des quetions intéressantes, qui ont déjà été posées et auxquelles on attend impatiemment des réponses.
Rédigé par: stephane | 23 juillet 2007 à 16:55
J'avais vu aussi un article intéressant qui expliquait le travail à la city. Obligation d'arriver avant 6h00 du mat (sinon, payer le café à tout le monde, ça revient très cher, 500 euros, ou livres, je ne sais plus, enfin, ça refroidit mm les salaires mirobolants). Donc lever à 4h00 pour éviter les bouchons, car évidemment, les bons logements ne se trouvent pas au mm endroit que le travail. Enfin, c'est vrai que les gens à la city ont des salaires déments. On devine bien que ce n'est pas la vie de Wrath Chproutz. mais comment vivent-ils avec leur salaire correct? Partagent-t-ils une tente au bord de la Tamise? Ah non, c'est vrai, papa-maman apportent de l'argent frais de France pour payer leur loyer, vive le libéralisme ;-)
Rédigé par: cassiopée | 23 juillet 2007 à 17:25
Pour une fois d'accord.
Comment rester compétitif avec des salariés plus chers et qui travaillent moins? En les rendants ultra-productifs (la France est championne à ce qu'il parait), au prix d'une pression intenable (facilitée par un marché du travail nulissime) pour certains.
Les 35h et un coût du travail élevé, une compétition mondiale, au final c'est le salarié français qui trinque: il paye pour tout le monde et il est obligé de faire en 40 semaines ce que ses voisins font en 45 pour moins cher.
Rédigé par: Bozo | 23 juillet 2007 à 18:14
Justement, à propos de l'Angleterre, je connais une anglaise qui connaît bien Londres pour y avoir habité qui est maintenant à la retraite, et qui s'est marié avec un Français qu'il lui a fait quitter son pays. Voici ce qu’elle m’a dit :
L'Angleterre, et en particulier Londres sa capitale, qui n'est pas l'Angleterre à elle toute seule, comme Paris l'autre capitale qui n'est pas la France à elle toute seule, est pour les jeunes diplômés, parce que les jeunes sont les premiers à se laisser exploiter par manque d'expérience, ce qui est tout à fait normal. Après quand on a acquis une certaine expérience, on ne voit plus du tout les choses de la même façon, ce qui est tout à fait normal également :)
C’est mon mot du jour.
Rédigé par: philippe | 23 juillet 2007 à 20:25
Monsieur,
je pense que vous lu Dejours un peu trop vite. Il ne dit pas que les employés sont "victimes du grand capital". Il affirme que le grand capital, orienté vers le profit, conditionne les méthodes de management vers ce profit au détriment des relations humaines.
Si bien que le suicide ne mesure par le management capitaliste (inutile de surinterpréter les statistiques européennes). Le suicide indique une souffrance dont les causes ne sont pas exclusivement liées au management. Pas exculusivement, mais en partie. Donc, un management inadapté y contribue aussi au même titre qu'une ruine, un divorce, une perte, etc...
Rédigé par: bibliosuicide | 24 juillet 2007 à 07:33
En fait, mon post ne répondait à la question du suicide.
Sinon, le suicide particuliérement élevé, chez les adoslescents, est lié à notre façon de vivre, mais aussi à notre façon de communiquer, et de nous comprendre. L'adolescent, dans ces conditions, se retrouve bien souvent seul avec ces questions sur la vie qu'il commence à se poser au sujet des plus agès que lui
Rédigé par: philippe | 24 juillet 2007 à 08:30
J'ai été frappé aussi en lisant l'article, non pas de la thèse de l'auteur, mais de la légèreté de ses arguments, de l'opportunisme du journalisme qui l'interviewe à chaud sur un sujet qui mériterait peut être un traitement plus profond...ça sent le coup médiatique, ça, comme beaucoup des nouvelles qui atterrissent sur la page du Monde.fr, je trouve. Disons que c'est un traitement de l'actualité par à coups et adapté à une lecture rapide, qui s'expose à des réactions semblables à celles de wrath, si on regarde un peu en détail.
Rédigé par: Benoît | 24 juillet 2007 à 22:11
A Benoît : C.Dejours travaille sur ces questions depuis plus de 10 ans. Son bouquin le plus connu est sorti en 1998. Depuis, de nombreuses publications de lui ou d'autres personnes sont venues enrichir le domaine. On s'en rend compte quand on commence à fouiller le sujet, comme pour tous les sujets spécialisés. Mais cela fait seulement 1-2 ans que le sujet émerge dans les médias grand public, avec ce genre d'article, ou des films (documentaires, fictions) qui sortent dans quelques salles.
Rédigé par: Cerise | 25 juillet 2007 à 10:35
@Chproutz: je me demande pourquoi tu t'acharnes à répondre à Cassiopée. Contente toi de racketter de l'argent à tes parents pour payer le loyer :)
@Bozo: exact. Les salariés français travaillent beaucoup pour un revenu souvent modeste.
Le "modèle français" est décidément un échec sur toute la ligne.
@Cerise: Eh bien, passer 10 ans de sa vie à "travailler sur ces questions" pour un résultat aussi simpliste, il n'y a pas de quoi être fier.
(mais bon, il ne faut pas trop en demander à un psychiatre...)
Rédigé par: wrath | 25 juillet 2007 à 17:10
"Eh bien, passer 10 ans de sa vie à "travailler sur ces questions" pour un résultat aussi simpliste, il n'y a pas de quoi être fier."
Comment pouvez-vous savoir si le résultat est simpliste ? Avez-vous seulemtn lu un des livres de Dejours ? Evidemment non. Vous vous êtes contentée de survoler un article et vous avez tranché sans chercher à comprendre davantage. C'est simpliste (ou faux) puisque ça ne correspond pas à votre vision toute faite du monde.
Chaque jour vous illustrez un peu plus votre mépris fondamental pour l'intelligence...
Rédigé par: stephane | 25 juillet 2007 à 17:45
@Wrath: Mais je lui reponds parce qu'elle est tres drole!
@Cassiopee: C'est sur, les gens de la city sont forces de se lever a 4h du matin, on leur met un fusil pour la tempe pour les y obliger! Soyons serieux...
Certes ils doivent etre au boulot vers 6h30-7h (et avec leur salaire, rassure-toi, ils n'habitent pas bien loin), mais c'est leur choix! Ils sont pas content, ils se cassent! Et vont faire un job moins stressant et moins paye.
Et puis, non je ne ponctionne pas d'argent a mes parents, je me contente d'exploiter des proletaires qui luttent pour leur survie pendant que je me roule dans mes liasses de billets...
N'importe quoi!
Rédigé par: Chproutz | 25 juillet 2007 à 21:04
@Chproutz: ah les plaisirs de la vie londonienne...(agiter des billets de £50 sous le nez des homeless, c'est marrant aussi...)
Bon, ce n'est pas tout ça, mais il faut que je paie le loyer avec l'argent de papa :)
Rédigé par: wrath | 25 juillet 2007 à 21:14
LES RAVAGES DE LA CONNOSTERONE
TOUR DE BUREAU. ENCORE LE SCANDALE DU DOPAGE : LES RAVAGES DE LA CONNOSTERONE
Controlé positif à la connosterone, le con au bureau quand il ne fait pas du vélo bien sur, et quand il n'est pas en train de grimper le galibier a 76 km de moyenne en freinant, le con se came au bureau. Le ministère de la valeur travail s'inquiéte de la prolifération de ce type dopage à la connerie et à la connosterone. De nombreuses plaintes affluent sur le bureau du ministre en charge, révélant de multiples contrôle positif lors de tour de bureau. Le ministère, rappel à tous et a toutes les dangers de l'abus de connosterone. Si pour le con, la connerie, c'est sa came, sa dope, et son carburant, le vrai problème c'est que c'est vous qui faite l'overdose !
C'était un conseil du Ministère Autonome de la valeur Travail.
http://www.travailleravecdescons.com
Rédigé par: Tonvoisin Debureau | 25 juillet 2007 à 21:31
Il est d'une part misérable de constater combien les philosophes d'aujourd'hui ont échoué, même Michel Serres pourtant davantage épistémologue estimait le rôle de la philosophie comme devant permettre que les gens ne se suppriment point ; d'autre part, la manière que tu as de formater tes études comparatives avec le pays de Shane Meadows renfle le parti pris sociologique assez improbe. Disons que tourner dans sa perspective de tels éléments, il y a un relent d'ethnocentrisme, de vanité et d'anti-humanisme, si les amployés des industries automobiles se butent en France c'est aussi du fait du grand c(k)apital (je n'aime pas ton orthographe, injurieuse à moult égards).
L'usine anglaise ne parle jamais de bonheur, n'évoque rien, ne se mouille jamais, un peu comme les droits de l'homme qui sont davantage les droits fonciers qu'autre chose.
On se bute par erreur, par hasard, trop tard, puisque la fonction sociale et l'individu s'excluent, Marc-Aurèle l'avait déjà compris dans ses Pensées. Rassure toi l'arrogance permet de sages palliatifs, et avec tes velléités littéraires dont tu te pares à tort, en étant un rien portée sur les mathématiques constate que personne ne te reconnait comme identité remarquable. Ce n'est pas tant cultiver l'humilité, que l'absence de talent, je n'ai pas envie de te voir sortir la tête de l'eau. T'utlises mal ton oxygène.
Rédigé par: Antares | 26 juillet 2007 à 12:41
À propos du grand Kapital, de sa caricature et des bétises à son sujet.
Voici, un propos à écouter et à voir (à récouter et revoir au besoin) d'un prix nobel d'économie ; son prix de vente modeste le met à la portée de toutes les bourses:)
http://dvd.nouvelobs.com/fiche_28.html
Rédigé par: philippe | 27 juillet 2007 à 20:37
Le document dure six heures.
Rédigé par: philippe | 27 juillet 2007 à 20:40