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06 septembre 2007

"Petit et méchant", Blaise Gauquelin

" "Petit et méchant" vous a-t-il déjà choquée?" me demande le service presse de l'Altiplano.

Si je voulais leur faire plaisir, je jouerais à la Christine Boutin, "oh mon dieu, "trou de balle" est un gros mot". Mais malheureusement pour Blaise Gauquelin, jeune journaliste qui vit en Autriche, son premier roman arrive un peu tard. Les Guillaume Dustan et autres Hervé Guibert ont balayé le terrain: la sodomie et les scènes de cul trash ne suffisent plus à attirer le lecteur...

Heureusement, "Petit et méchant" ne se résume pas à son premier chapitre. Le reste est plus soft: le narrateur Balthazar est un journaliste qui se retrouve à Vienne en plein changement politique. Le parti Ö (Ö comme Österreich) a gagné les élections: mauvaise nouvelle pour les immigrés et les socialistes, qui sont pourchassés par la police.

Cette dystopie n'a pas l'air de déranger Balthazar, qui continue gaiement ses activités sexuelles multiples et polyformes...

Bon, question intrigue, c'est à peu près tout. "Petit et méchant" est un roman mal construit, sans trame narrative et sans personnage digne de ce nom.

Pourtant, quand Blaise Gauquelin parle du journalisme, ça donne des passages très réussis. Donc je pense sincèrement qu'il peut faire mieux que du sous-Dustan à la sauce Orwell...

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Commentaires

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Je serais passée devant le livre, je ne l'aurais pas regardé et du coup, pas acheté/lu (puisque je n'emprunte pas). J'y ai (aussi) vu 1984, mais je trouve que les scènes trash n'étaient pas nécessaires pour l'histoire. D'après l'auteur (à suivre sur MySpace), c'est la symbolique qui est importante, pas la scène en elle. O_o
C'était raté pour moi!

En ce qui me concerne, je n'ai pas du tout accroché... Choquer pour choquer, le cul pour le cul, je ne comprends pas bien l'intérêt... Guibert, j'arrive à comprendre. Gauquelin, non. Je trouve d'ailleurs étrange que pour leur "première rentrée littéraire" comme l'éditeur se plaît à le dire, ils aient choisi un texte aussi malsain, cru...

> Wrath, veux-tu finalement devenir auteur, éditrice ou finalement critique?

>Jo Ann, d'après l'éditeur aussi.

>Anne-Sophie, heureusement que L'Altiplano ne se destine pas à des gens comme toi. Sinon il y aussi Walt Disney, ils font des choses intéressantes.

Wrath, ta critique ne me choque pas. Je ne suis certes pas d'accord avec toi, mais tu ne tombes pas au moins dans la niaiserie typée Anne-Sophie et consorts : que c'est vilain tout ça... Le monde est bien plus gentil...
Bon, cela n'empêche pas non plus que ton propos soit réducteur, mais passons, je ne vais pas faire une contre critique, ce n'est pas mon rôle.

Ci-dessous le fameux message envoyé à Wrath, entre autres (c'était une emailing) :

5 septembre 2007, c'est déjà le jour de la sortie de « Petit et Méchant » en librairie. L’Altiplano effectue ainsi sa première rentrée littéraire avec le premier roman de Blaise Gauquelin.
Certains nous reprochent déjà le premier chapitre du roman car « choquant », « gratuit » et pour finir « provocateur » . N'est-t-il cependant pas le rôle du critique d'objectiver sa lecture? De passer outre ses aprioris et les apparences afin de déceler ce que tout cela peut signifier? Sonder le fond pour ne pas en rester à une analyse formaliste.
Pour nous rien de « provocateur », ni de « gratuit » ou encore de « choquant » dans ces premières pages. Le véritable choc que nous procure ce roman se trouve au travers de sa satire sociale et certainement pas ailleurs. Cette dernière s'exprime par le biais du personnage principal du roman qui certes n'endosse pas la place traditionnelle du héros romanesque. Il nous dérange, parfois nous dégoûte, on ne sait plus quoi penser de lui, on n'arrive certainement pas à s'y identifier et tant mieux.
En dehors du fait qu'il est incontestable que Blaise Gauquelin possède un réel talent d'écrivain, il nous semble plus que jamais que « Petit et Méchant » mérite réellement d’être mis en valeur.
Ce roman ne peut laisser indifférent et c'est bien cela qu'il faut interroger.

@ Mathieu Garrigues : Si ça n'a plu ni à W. ni à A-S ni à J-A, c'est bien leur droit de le dire non? Ce n'est pas parce que ça choque et que ça dérange que c'est forcément un bon livre. S'il faut se dire, bon, ça ne me plait pas mais je vais essayer de l'apprécier objectivement, où va-t-on? Et puis, pas très sympa de traiter celles qui ne sont pas d'accord avec vous de niaises

tenez wrath, la premièr séletion du prix du style vient de tomber hier :
Prix du style 2007
Première sélection de Septembre 2007

Olivier Adam, A l'abri de rien, éditions de l'Olivier
Olivier Barbarant, Je ne suis pas Victor Hugo, éditions Champ Vallon
François Bégaudeau, Fin de l'histoire, éditions Verticales
Alain Borer, Icare et I don't, éditions du Seuil
Julien Capron, Amende honorable, éditions Flammarion
Jacques Chessez, Le vampire de repraz, éditions Grasset
Philippe Claudel, Le rapport Broedeck, éditions Stock
Thomas Clerc, Paris, musée du XXIe siècle, éditions l'Arbalète Gallimard
Marie Darrieussecq, Tom est mort, éditions POL
Amanda Devi, Indian Tango, éditions Gallimard
Claire Fercak, Rideau de verre, éditions Verticales
Yannick Haennel, Cercles, éditions Gallimard
Linda Lé, In memoriam, éditions Bourgois
Gilles Leroy, Alabama's song, éditions du Mercure de France
Yahn Meur, Les vivants et les ombres, éditions Sabine Wespieser
Christophe Mory, Les exilés de l'archipel, éditions du Rocher
Marc Molk, Pertes humaines, éditions Arléa
Christophe Ono dit Biot, Birmane, éditions Plon
Christine Orban, Petites phrases pour traverser la vie, éditions Albin Michel
Jean d'Ormesson, Odeur du temps, éditions Heloïse d'Ormesson
Jean-Marc Parisis, Avant, pendant, après, éditions Stock
Laurent Quintreau, Marge brute, éditions Denoël
André Rollin, La mémoire de l'iceberg, éditions Sabine Wespieser
Frédéric Schiffter, Traité du cafard, éditions finitude
Thierry du Sorbier, Le stagiaire amoureux, éditions Buchet-Chastel
Mathieu Terence, Technosmose, éditions Gallimard
Louis-Stéphane Ulysse, La fondation Popa, éditions du Panama
Philippe Vasset, Un livre blanc, éditions Fayard
Alain Voline, Garden-parties, éditions Lattès
Laurence Zordan, A l'horizon d'un amour, éditions des femmes

Mathieu »» Je faisais référence à l'auteur car c'est en échangeant avec lui qui m'est donc apparu la symbolique que je n'avais pas vu ;)
(Et puis, entre Petit et Méchant et Disney, il y a un monde de nuances encore, je ne pense pas parce qu'Anne-Sophie a trouvé vulgaire, qu'elle préfère les contes de fées. Un peu de respect pour des probables futurs lecteurs?)

Cassiopée »» Ne t'y trompe pas ;) Après les premières pages, j'ai quand même bien accroché et apprécié (le trash mis à part).

Mathieu,
donc on se tutoie. TRès bien. Alors, si tu m'as envoyé ce livre, c'est que tu connais mon blog, que tu as lu mes critiques dans le Magazine des livres (puisque que c'est pour ce journal que tu me l'as remis), tu as donc remarqué que je n'étais pas fan de Welt Disney... et surtout, tu estimais que ce livre était susceptible de me plaire.
J'ai le droit de ne pas aimer sans pour autant être taxée de pauvre fille, aimant les contes de fée. Je n'ai trouvé aucune justification à ces scènes trash.
D'autres aimeront peut-être... Ils peuvent trouver le livre en librairie et s'en faire une idée.

1) en tout cas, quelle publicité pour "Petit et méchant" grace à ce mini-débat!
2) sur la première sélection du prix du style: ça n'a malheureusement pas beaucoup de sens à ce stade; la première sélection est toujours très large, sans que le style soit réellement prioritaire. Exemple l'année précédente avec la présence des "Bienveillantes" dans la première sélection justement: si le bouquin de Littell était thématiquement fort et intéressant, son style n'avait en revanche vraiment rien de remarquable (même dans la sobriété affichée).
Bref, la deuxième sélection sera déjà plus attrayante.

Tres belle couverture, en tout cas...

il y a quand même un truc dans cette liste, c'est qu'à l'inverse des précédentes, on y trouve 5 ou 6 romans publiés avant la rentrée, ce qui est assez rare... des bouquins qui sans promo ou presque (à part le d'ormesson) ont tenu la rampe probablement grâce à un buzz ou un boucheà oreille favorable, c'est plutôt bon esprit.

C'est pas gentil de dire du mal du président!

@ Thierry

ok, j'avais pas vu ça.

@Mathieu Garrigues: écrivain, bien sûr. Mais c'est vrai que j'ai un petit talent de critique :)

Sur le prix du style, j'en ai vaguement entendu parler. Faudrait que je fasse un post là-dessus à l'occasion!

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