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Revues littéraires

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24 septembre 2007

Commentaires

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Ph.J.

Hum. Mouais. Cela dit, des bonnes intentions, c'est déjà pas mal. Mais il y a plein de trucs bancals, là-dedans.
D'abord, les wannabes (quel mot débile, encore une fois – wannawrite, à la rigueur) n'ont pas besoin de se concentrer sur leur carnet d'adresses au détriment de leur écriture. Ils n'ont qu'à se concentrer à mort sur leur écriture pendant deux ans, et ensuite, le manuscrit en main, même dans l'hypothèse (et vous savez ce que j'en pense) où le carnet d'adresses est le seul moyen, eh bien ils se concentrent sur leur carnet d'adresses, voilà – mais le livre est déjà écrit.
Ensuite, elle a mordu votre mère, Mazarine, ou quoi ? Les gens savent, je pense, à peu près à quoi s'en tenir, ceux qui n'aimeront pas son livre le devinent un peu à l'avance, non ? Et de toute façon, si le livre n'est pas "bon" (j'entends pour certaines personnes au moins – si le livre ne plaît à personne, donc), il ne marchera pas, point. Il n'y a pas de contre-exemple.
Pour le reste, les "solutions"...
– Si vous êtes capable de juger un bon livre sur "un synopsis et quelques chapitres", vous êtes très forte. Un roman, pour moi du moins, c'est vraiment un ensemble. Il m'est arrivé cent fois de lire des livres avec de bonnes histoires et de très bons passages, qui font au final des romans miteux.Et si les éditeurs en arrivent à votre "méthode" (Fixot doit faire ça, je pense, un synopsis, quelques pages, et vas-y coco, ponds-moi ça, on va se remplir les poches), ce sera bien triste. (Et je dis ça sans auxcune intention de polémiquer, je le pense très sincèrement.)
– Un roman qui se vend mal malgré pub et complaisance, oui, c'est un roman mauvais. (Mais l'exemple du livre de Joncour est très mal choisi...) Mais un roman qui se vend mal tout court n'est pas un roman mauvais, non. 90% des romans se vendent mal. Si les éditeurs refusent de continuer à publier un auteur qui a "mal vendu", au secours – on n'aura plus que Lévy, Musso, Werber. Pas "plus que", il y a des romans biens qui se vendent bien, mais enfin... Vous pensez quoi, Lise-Marie ? Que si vous réussissez à publier votre roman, vous allez en vendre 100 000 ?
– Faire plus de place à des revues innovantes ? Qu'est-ce que ça veut dire "faire plus de place" ? (Encore un méfait du grand complot ?) Les revues ont la place qu'elles se font, c'est tout.

A mon avis, le seul moyen pour que la littérature française aille mieux, c'est que les auteurs français écrivent de meilleurs livres. Point. Et ça, c'est pas facile.
(Pardon, c'était long.)

Em

Wrath, penses-tu vraiment avoir découvert Patricot ? Je crois plutôt que c'est Flammarion.

Bruno

L'histoire d'une société repose justement sur l'entraide entre individus de la même appartenance. Encore faut-il avoir un réseau social et les codes pour espérer y pénétrer ! Seul celui qui a cela peut livrer son narcissisme et son ego névrosé au grand jour. Par ici, la télé !

Pour la petite histoire, l'édition génère un chiffre d'affaires égal à celui du marché de casserole.

Puisqu'il est des écrivains qui vont chercher leur bouquin chez leur éditeur, les prolos de l'écriture, eux, en écrivent, alors que le niveau des livres est en chute vertigineuse, ce qui encourage d'autant plus leur activité d'écriture !

A quand un sujet sur les activités de nègre. "Des Rois Maudits" à la rentrée littéraire actuelle. Des noms ? Des noms ?

Et si les noms d'auteur qui passent à la télévision ne sont plus les auteurs de leur roman ou essai.


Bruno

Merci pour l'observation de Ph J.

Naturellement, les ventes d'un roman peuvent atteindre 500 exemplaires, ce qui ne constitue pas un échec. Loin de là. Quoique. 1 ans à écrire un livre, voire plusieurs années pour 10 % de pourboire. Non merci.

Benoît

J'ai lu cet article à cause du titre: "régénérer la littérature française": c'est un idée-Sarko, ça!

Ensuite un détail: pourquoi les anglais devraient-ils avoir le monopole du goût en matière de littérature, et refuser tout ce qui est un peu différent de la leur?

Une proposition: copinage dans le milieu français, OK, mais on aimerait bien aussi une vraie critique du milieu grand breton: dérives de l'argent? Editeurs sans scrupules? Je ne sais pas moi, ne va pas nous faire croire que tout est rose chez toi ;)

Et une question: pourquoi un livre doit-il être absolument BON ou MAUVAIS, comme tu dis? C'est une obsession de critique ou d'éditeur, ça. L'auteur, il s'en fiche, il écrit parce qu'il a des choses à dire (ou alors il est mauvais héhé). Et d'ailleurs, en tant que lecteur, je m'en fiche aussi. Je lis bien Guy des Cars avec plaisir, qui est un MAUVAIS auteur!

Pour le reste, et ta revue Sans Soirée, bon courage!

Fanfan

Question ouverte (aux écrivains, aux futurs, aux gens de l’édition) : Peut-on imaginer une maison d'édition qui ne sélectionne les textes que de manière anonyme (comme dans nombre de publications scientifiques) ? Dans ce cas, pas de pb de copinage et la qualité du texte est au centre du jugement du comité de lecture.

cassiopée

@Fanfan : les publications scientifiques, ce n'est pas anonyme non plus. D'ailleurs il a déjà été prouvé qu'à niveau équivalent, qu'un petit labo africain avait plus de mal à faire accepter un article qu'un labo américain, parce qu'il y a un apriori. Là aussi il peut y avoir des dérives. Des gens connus arriveront plus facilement à publier ds Nature ou Science. Après, il y a partout des systèmes non parfaits, parce que les gens sont humains.

@Wrath (puiqu'on est supposés commenter ton super texte :-) )
Alors si j'ai bien compris, tu dis que le livre de M. Pingeot est une bouse, alors que tu n'en as lu qu'un extrait. C'est pas vraiment un comportement exemplaire pour qq'un se plaignant les les éditeurs lisent mal les textes qui leurs sont proposés

Faisons le point

Chère SuperWrath,
Vous comptez "regénérer la littérature française" ? Bravo! C'est bien d'être ambitieuse.
Mais pour cela, revoyons votre intéressante méthode réthorique qui consiste à mélanger le précis et l'approximatif, le "on-dit " et l'avéré, en jouant AU GRAND JEU du VRAI ou FAUX.
(le vainqueur gagne une cure de regénérescence littéraire à l'ïle de Ré)

JEU

"On me reproche souvent d'être trop négative, de cracher sur écrivains et éditeurs "du milieu" par pure jalousie ou arrivisme."
VRAI (la preuve par le blog itself)

"un des objectifs de ce blog est de montrer que le système de copinage/ complaisance est irrationnel. " FAUX ( plutôt créer ex nihilo votre propre notoriété)

"les wannabes, contraints de se concentrer sur leur carnet d'adresses plus que sur l'écriture." FAUX ( le carnet d'adresses c'est pour les attachées de presse. L'outil du wannabe c'est le stylo, accessoirement la tête)

PAUSE
((Pause pub/ Interruption du jeu : on en profite pour passer l'habituelle scie sur les éditeurs qui vendent mal, les critiques complaisants, des auteurs français médiocres, mal-aimés des Anglais (who care?!?))

REPRISE DU JEU

" les éditeurs(...) leur suffirait de demander un synopsis et quelques chapitres... "
FAUX ( vous confondez avec le métier de scénariste et l'industrie du film. Un autre monde...pas plus simple d'ailleurs. Essayez, tiens)

"Un roman qui se vend mal, malgré campagne de pub et critiques de complaisance, c'est un roman MAUVAIS"."
FAUX (vous confondez marketing et littérature. Depuis Flaubert, déjà, la littérature, pour la grande majorité, se vend peu. Pour les grosses ventes fulgurantes, essayez le R&B sur le net...Ephémère mais efficace)

"Faire plus de place à des revues innovantes, dont l'objectif est de découvrir les écrivains de demain."
VRAI & FAUX. (ces revues existent déjà, variées, nombreuses. Il faut juste les trouver > pbm de diffusion, pas de " goût littéraire")

"Avec mes humbles moyens, j'essaie de me bouger pour ma revue Sans Soirée."
VRAI & FAUX. (Vous êtes trop modeste. Ok pour l'intention mais le résultat? Une revue, où ça? On demande à voir!)

"L'essentiel est de découvrir des auteurs doués: Manon Fornari, Aymeric Patricot,..."
FAUX ( si vous laissez accroire que vous avez découvert A. Patricot. L'heureux gagnant est Flammarion!)

"Robin Hunzinger de la Revue des Ressources, ou encore Stéphane Boudy des Editions du Barrage mènent leurs projets dans une optique de renouveau"
JOKER! (pas de vrai et de faux...mais les contacts que vous développez avec ces maisons pourraient faire penser à un début d'un système de complaisance et de renvoi d'ascenceur, non? )

FIN DU JEU

(balle au centre)

:-)

Tomberdesnues

Mais... quand comprendras tu que ta "Revue sans soirée" n'est pas une revue? ...tu publies sur ton blog des textes que des auteurs t'ont envoyé pensant bénéficier d'un support papier. Ce n'est pas une revue ! Tu ne fais pas de sélection éditoriale (puisque tu mets tout en ligne et que ce sont les lecteurs qui jugent le texte), tu ne fais pas de recherches de talents (tu te contentes de recevoir les textes de tout et n'importe qui), y a rien, c'est vide ton boulot, juste tu utilises ton média pour demander des textes que tu mets en ligne, au mieux t'es webmaster de blog. A aucun moment il ne s'agit d'une démarche singulière ni d'un travail littéraire quelconque. Tu veux les étiquettes et les titres, mais derrière c'est le vide.

Marco

Allez, moi je vais faire dans la nuance. Variante du jeu "vrai/faux": le "d'accord/pas d'accord/pourquoi pas?":

1) Synopsis et extraits plutôt que manuscrit complet: POURQUOI PAS? ça fait hurler, et il est vrai que comme le dit Ph.J., un extrait brillant peut dissimuler une oeuvre décevante. Il n'empêche que pour un premier tri, ce n'est pas idiot, loin de là. Les éditeurs le disent eux-mêmes, ils éliminent une majorité de manuscrits particulièrement mal écrits ou "hors sujet" (par rapport à la "ligne éditoriale") dès les premières pages, parfois les premières lignes, en quelques minutes. Il ne serait évidemment pas question de dire "oui" à un synopsis et quelques pages, mais déjà de dire des milliers de "non" francs et massifs et quelques dizaines de: "envoyez le reste, on va voir". Gain de temps, économie de papier, et baisse sensible de récidive (les amateurs virés au premier tri devraient être suffisamment écoeurés:)
2) Un livre qui se vend mal est mauvais + sortons les sortants: PAS D'ACCORD! Pitié, ma Wrath préférée, ne t'anglo-saxonne-toi pas trop, quand même! La littérature est bourrée d'exemples de ratages commerciaux qui étaient des chefs d'oeuvre artistiques (devenus un siècle après succès commerciaux d'ailleurs, cf Stendhal), et bourrée d'exemples de super-succès...oubliés deux ans après, Dieu merci. Et les jeunes écrivains méconnus ont le droit de s'imposer face aux "vieux" établis... seulement s'ils proposent quelque chose de neuf et de plus intéressant!
3) la "Revue Sans soirée" est l'avenir de la littérature française. D'ACCORD! D'ailleurs, je compte bien participer au numéro 2, c'est bien la preuve que cette revue est l'avenir de la littérature française.

Fanfan

@cassiopée
Si si, certaines publications sont totalement anonymes (pour l'avoir expérimenté personellement).
D'autre part, ce système est de rigueur dans beaucoup de concours de nouvelles, non ? Forcément, celui-ci n'est pas parfait mais c'est peut-être mieux!

Ph.J.

C'est vrai, Bruno, et c'est le problème : une ou plusieurs années de travail pour une poignée de lecteurs (que ce soit une petite poignée ou une grosse poignée) et quelques pièces, c'est pas évident à soutenir longtemps. Mais comme pas mal d'autres choses dans ce domaine (et dans pas mal d'autres), c'est ça ou rien. "J'exige que mon livre se vende beaucoup", ce n'est pas possible. Pas plus que n'est possible, à la Wrath, "J'exige que mon livre soit publié". On ne peut malheureusement que faire de son mieux et dépendre du goût des autres.
Pour la revue, je pense mot pour mot comme TomberDesNues; La "revue sans soirée", quelle que soit la qualité des nouvelles qui atterrissent par hasard sur ce blog, n'est pas plus une revue – pas plus qu'un hangar de dépôt-vente n'est un musée. Faire une revue (je n'ai jamais essayé mais je me fonde sur les deux que je connais le mieux, Bordel et Décapage), c'est choisir sérieusement dix ou vingt textes qu'on aime parmi quatre ou cinq cents, c'est faire tous les efforts possibles pour que les auteurs qu'on aime, qu'on juge bons, acceptent d'écrire pour, et c'est passer la moitié de son temps à essayer par tous les moyens financiers et logistiques de la faire éditer et diffuser. Trois choses que Wrath met allègrement et sans réfléchir dans le sac "copinage". Il faudrait qu'elle essaie, au lieu de balancer en pièce jointe sur wrath.typepad.com tous les textes qu'elle reçoit, qu'elle aime ou non. (Comment peut-on se prétendre "découvreuse de jeunes talents" quand on propose une nouvelle en disant : "Voilà un texte, dites ce que vous en pensez, moi je le trouve assez nul.")

Marco

@ Tomberdesnues et Ph.J:
Certes, certes, l'appellation "revue" pour la "Revue sans Soirée" de Wrath est carrément abusive... mais cette initiative me paraît irremplaçable pour des amateurs un peu perdus (c'est le cas de la majorité des gens qui hantent ce blog:), précisément parce qu'on n'est pas dans une logique de revue. Dans une revue normale: 1) soit un auteur n'est pas "sélectionné", et 9 fois sur 10 il ne sait pas pourquoi, il continue donc à écrire les mêmes trucs en pensant que ça passera une autre fois, ailleurs etc. 2) soit le texte est sélectionné, et donc l'auteur se dit: "oui, j'y suis, je suis un vrai! etc"... sans vraiment savoir ce qu'il y a d'intéressant ou de discutable dans ce qu'il a écrit.
Dans la "revue" façon Wrath, l'intérêt n'est évidemment pas d'être "édité" en ligne (non-sens, on est bien d'accord), puisque quiconque le souhaite le pourra. Non, mieux que savoir que son texte sera lu par 200 internautes (je suis optimiste, c'est vrai, 20 est sans doute plus réaliste:), l'amateur va enfin avoir une série d'avis _ pas toujours intelligents j'en conviens, mais toujours diversifiés et argumentés pour la plupart. Ce n'est pas si fréquent. Et du coup c'est (un peu) utile, pas pour l'égo ni pour le commerce, mais pour l'écriture.

Avocat de Wrath

Comment osez-vous écrire que dans le travail éditorial de ma cliente, je cite, "ya rien" et que "c'est vide, [son] boulot"? Cette entreprise de diffamation est proprement scandaleuse. Je rappelle que ma cliente consacre une part considérable de son précieux temps au choix d'une illustration originale, et ce pour chaque nouvelle, même celles sur lesquelles elle crache, preuve évidente de son impartialité littéraire.
En attendant des excuses publiques et collectives, je vous prie de croire, Mesdames et Messieurs les critiques, à l'expression de mes sentiments respectueux.

Faisons le point

La GRANDE question reste : un auteur a -t-il vraiment BESOIN de l'avis de 20, 30 ou 100 internautes pour "avancer"?

Pour moi, la réponse est NON.

Ce qui remet en cause fondamentalement l'usage et l'utilité, sinon du net, du moins de ce genre d'initiative.

"Amateurs un peu perdus": je ne comprends ce que ça veut dire. Est-ce l'avis d'autres internautes (eux aussi "amateurs"?) qui va les transformer, par des conseils judicieux ( d'amateurs eux aussi perdus?), en "professionnels" de l'écriture (donc susceptibles d'être édités par des éditeurs" professionnels"?

Pour moi, la réponse est NON.

Conclusion : un auteur, qu'il soit débutant, en devenir ou confirmé, n'a besoin de PERSONNE d'autre pour écrire que de lui-même. Sinon, autant passer à autre chose.

Avocat de Wrath

Ah! "Faisons le point", tes arguments sont forts et justes... en théorie. Parce que tu parles d'un auteur qui ne doute pas, qui a déjà en lui un univers cohérent, un style affirmé. En pratique, même des auteurs archi-confirmés ont besoin, de temps en temps, de savoir quel "effet" produit leurs écrits sur des lecteurs. A fortiori un "débutant". Parce qu'on ne peut pas être lecteur de soi-même. Et l'avis des amis ou des gens charitables, c'est maigre, trompeur, et un peu triste. Il ne s'agit évidemment pas d'être malléable, et de changer du tout au tout en mettant des virgules partout parce qu'un blaireau d'internet aura dit: "mets plus de virgules, mec, ça le fera". Mais ça permet quand même de se "positionner" par rapport à un regard extérieur, de découvir par exemple que ce que l'on croyait original est stéréotypé, que ce que l'on croyait clair est confus etc.
Après, et je pense qu'on sera d'accord, il y a un temps pour tout. Un temps (bref) pour le doute et l'écoute des avis/critiques, un temps (très long) pour l'écriture solitaire et obstinée...

Ph.J.

N'importe lequel de mes innombrables et talentueux exégètes soulignera que, même malade, ivre mort et dans les bras d'une créature à perdre la tête, je n'aurais pas oublié la virgule après "personnage".

Beaujean

Effectivement, j'entends tellement souvent "il suffit de lire la première page pour avoir une idée, en de feuilleter le manuscrit pour se voir confirmée son idée d'un manuscrit" que l'envoi d'un synopsis et d'un premier chapitre devrait suffire pour un premier contact.
Pourquoi les éditeurs veulent-ils un manuscrit complet dès le début, alors qu'ils n'en liront sans doute que quelques pages (le coup du cheveu, ça marche encore et ça prouve que le livre n'a pas été lu, bien souvent, au-delà de la page 50. Si quelqu'un pouvait m'expliquer.
Et puis, si le lecteur qui reçoit un synopsis et les premières pages veut connaître la suite, c'est que le livre l'a accroché. Donc, potentiellement, c'est bien parti pour l'auteur.
Non, il leur faut le manuscrit tout entier. Ont-ils un compte à régler avec les arbres ?

Ph.J.

Non, c'est très simple, Beaujean. D'abord : l'auteur est-il le mieux placé pour choisir les deux ou trois chapitres à envoyer ? Bon, disons que oui, allez. Mais justement, l'éditeur peut se dire qu'il a choisi les deux ou trois seuls chapitres valables, qui ne donnent pas vraiment d'indications sur la qualité du reste. Enfin et surtout, les éditeurs (ou leurs lecteurs, bien sûr) ne lisent effectivement que le début des livres. Si ça ne leur plaît pas, ils arrêtent. Si ça leur plaît, ils continuent... et voient si ça leur plaît jusqu'au bout. Avec la proposition de Wrath (qui, curieusement, regrette que les éditeurs ne lisent pas les manuscrits en entier, et en même temps suggère quelque chose d'exactement équivalent), ils seraient alors obligés de dire à l'auteur : "Envoyez-moi la suite." Là, espoir et tout le toutim. Quand on voit, déjà, la réaction outrée de certains auteurs à qui on refuse un manuscrit (qui rappellent, demandent des explications, etc...), on imagine le bazar que ça ferait si en plus on leur avait mis la publication juste devant le nez en leur faisant savoir qu'ils avaient passé le premier cap. Je ne sais pas, je me mets à la place d'un éditeur, je ne vois pas pourquoi je ne demanderais que deux chapitres à un auteur.

Beaujean

A Ph. Jaenada.
Décidément, dès qu'on est édité, on prend les patins des éditeurs !
Je signale, par ailleurs, que je ne parlais pas de chapitres choisis, mais des premières pages... puisque l'on ne va en général pas plus loin, quand on est lecteur.
Quand à réclamer parce qu'on a passé le 1er cap. Ben oui, ça donnerait enfin l'occasion de sortir de la circulaire envoyée pour les refus... qui n'a aucun sens puisque elle dit la même chose pour un ni fait ni à faire (voire des pages blanches) et un manuscrit excellent, mais qui n'entre pas dans l'esprit de la maison.
Maintenant, une petite anecdote sur un multi-refusé des maisons d'éditions.
Il a un jour montré un extrait de son manuscrit à un de ses amis, qui lui a demandé de faire sa bio (bien payée), puis l'a recommandé à une autre personne. Si bien que chaque année, il écrit, depuis 10 ans, 4 ou 5 récits par an, et gagne correctement sa vie. (et il n'a pas l'intention de travailler plus pour gagner plus.
Certains de ces récits biographiques ont en plus été publiés.
Moralité : voici un homme qui vit de sa plume mieux que des milliers d'écrivains en écrivant, mais qui n'est pas écrivain.
Il n'envoie bien sûr plus ses manuscrits. L'avis de plus de 40 personnes qui savent qu'il écrit bien, et qui le payent pour ça, lui suffit. Que lui importent l'opinion de "lecteurs" qui lisent les manuscrits recommandés.

Bertha

Oui, ça s'appelle un nègre, très cher. Et le contrat du nègre, c'est d'être (bien) payé pour ne pas apparaître. C'est un peu le contrat de Faust, à sa manière, mais on a vu bien pire dans la comédie humaine. Après tout, une caissière ne vend-elle aussipas son temps de travail disponible, ses bras, sa patience (clients tête de lard)? Toute personne qui travaille pour autre chose que pour la passion prostitue sa liberté. Donc nègre = good job.

Sinon, Beaujan, le coup du cheveu collé: waaooooowww! James Bond, à côté, c'est de la gnognote!?! Faut postuler pour la DST, cher ami...

Beaujean

Mais non, Bertha. Le coup de cheveu collé, 007 l'utilise dans Dr No, donc dès son premier film.
Sinon, je sais ce que c'est qu'un nègre. Et je trouve qu'il a bien raison. Combien d'écrivains qui se croient connus et à qui on dit : C'est pas possible, je ne vous ai jamais vu chez Pivot (ou Giesbert, ou Fogiel, le niveau baisse).
Le nègre gagne sa vie en écrivant, quoiqu'en ne signant pas. Mais ce sont ceux qui signent qu'on appelle écrivains.
J'ai d'ailleurs par principe, quand je croise un de ces signataires de livre, de le féliciter pour la qualité de son écriture et lui dire combien j'ai aimé son style si personnel. Ca flatte son ego et ça fait du bien au nègre, excellent écrivain dont le système éditorial n'a pas voulu.
D'ailleurs, vous qui aimez les codes, il y a des nègres qui mettent dans leurs textes leur nom sous forme cryptée ou des extraits de leurs romans refusés. Et parfois, ils entendent dire que ça, c'est une phrase de grand écrivain.

Beaujean

Voici un article de livres hebdo qui va conforter wrath dans ses critiques
http://www.livreshebdo.fr/weblog/webLogComments.aspx?idTxt=185&id=21
son commentaire devrait y être le bienvenu (et ça lui amènera de nouveaux visiteurs;-)

Colère Inversée

Merci, Beaujean, pour le service après-vente.

wrath

Comme vous avez pu le remarquer, certains imbéciles s'amusent à usurper les pseudos (dont le mien).

J'ai bien sûr effacé tous les commentaires en question. D'autre part, Typepad me permet de retrouver l'adresse IP d'un commentateur: donc soyez prévenu, si vous prenez l'identité d'un autre internaute, j'efface TOUS vos commentaires.

@tout le monde: le mieux pour éviter ce genre de problème est de s'inscrire à Typekey.

wrath

Cher PhJ, merci pour le compliment: la revue Sans Soirée n'a effectivement rien à voir avec celles de vos amis (Décapage, Bordel)

C'est un projet modeste, dont l'unique objectif est de lire les textes et de donner son avis. Révolutionnaire, non?

@Fanfan: très bonne idée, d'envoyer son manuscrit de façon anonyme. Mais je doute que ça intéresse les éditeurs...

@Beaujean: très intéressant! Le copinage n'a pas de limite :)

Ph.J.

Je savais que Décapage et Bordel vous feraient plaisir, Wrath. (Mais quoi que vous pensiez de ces deux revues, elles ont démarré exactement comme votre RSS : deux jeunes gens, de votre âge, qui ne connaissaient pas plus de monde que vous dans l'édition (et même moins, pour JB Gendarme), et qui ont voulu diffuser des textes qu'ils aimaient d'auteurs inconnus. Il se trouve que pour permettre une plus large diffusion de ces auteurs inconnus, ils ont demandé à des auteurs plus connus de participer – c'est un crime ?)

Beaujean, je ne prends pas les patins des éditeurs, mais enfin effectivement, quand on "est" dans une maison d'édition, quand on en a fait plusieurs, on voit les éditeurs travailler, donc on peut en parler. A part ça, pour l'histoire du nègre (ghostwriter est autrement mieux trouvé), je suis bien d'accord avec tout ce que vous dites, mais on ne parle pas de la même chose. Vouloir être écrivain, ce n'est pas juste vouloir écrire. C'est vouloir écrire ses propres histoires. Je suis convaincu que votre ami gagne bien mieux sa vie que la plupart des auteurs – d'ailleurs, beaucoup suivent les deux "carrières" en parallèle (moi j'écris dans Voici, c'est à peu près pareil...) - mais je ne vois pas trop où est le rapport. Je ne pense pas qu'on puisse se dire : "Ah ben moi qui voulais écrire des romans, je suis comblé ! J'en écris plein (bon, ce sont des autres), et en plus je suis super bien payé ! Que demander de plus ?" Ou alors je n'ai pas bien compris ce que vous vouliez dire.

Beaujean

Mais si, il écrit pour lui, aussi, sans stress, et pas pressé d'envoyer ses livres pour recevoir chaque fois la même réponse. Et s'il fait un envoi de manuscrit un jour, ce sera l'esprit léger. Oui, tant mieux, non, tant pis. Et même, a-t-il ajouté, je peux même envoyer paître un éditeur. Rien que pour le plaisir. Je publierai sur le Net avec sa lettre favorable.

Athanase Vantchev de Thracy

Je vois qui est la personne dont parle Beaujean... ou, sinon, quelqu'un qui lui ressembe beaucoup. Il écrit des romans supérieurs à 90% (au moins) de ce qui se publie. Je l'ai invité à faire des lecures de ses textes et il a toujours été très applaudi. Mais les éditeurs le boudent. Parce qu'il ne traite pas de sujets à la mode ? Mais je croyais que le sujet était sans importance.

Sailyne

Un petit article qui devrait te plaire.

http://www.authueil.org/?2007/10/09/536-combat-de-coqs

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