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Revues littéraires

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31 octobre 2007

Drieu la Rochelle, inconnu outre-manche

En visitant la Dulwich Picture Gallery, j'ai découvert l'initiative "Adopt an old master". Autrement dit, "adopter" un tableau en finançant ses frais de restauration. Le but est simple: s'assurer que le vieux tableau soit transmis intact aux générations futures.

Eh bien, je propose la création du projet "Adopt an old writer". Prenons Drieu la Rochelle: aussi incroyable que cela puisse paraître, "Feu Follet" n'est pas traduit en anglais (du moins, pas disponible sur Amazon.co.uk...)

Et vous connaissez mon point de vue sur la question: un écrivain non traduit en anglais, c'est un écrivain privé de sa postérité.

Mais malheureusement, je crains que Drieu soit trop introspectif pour un public anglo-saxon. Il a tendance à analyser les sentiments, plus qu'à les décrire.

Sans compter qu'il est bien trop "chemise brune" pour un public de francophiles gauchistes.

(Bon, je sens que je vais devoir traduire "Feu Follet" moi-même, devoir moral oblige...)

30 octobre 2007

PODWRATH David Foenkinos

David Foenkinos nous parle ici de son "roman" "Qui se souvient de David Foenkinos?" (Gallimard), sur un écrivain vieillissant en panne d'inspiration. En toute franchise, je l'ai lu (laborieusement) il y a un mois et je ne m'en souviens déjà plus. Comme quoi, le post-nouveau roman avec ses répétitions, ses mises en abyme et ses thèmes redondants n'est décidément pas fait pour moi...

Nb: le site auquel je fais référence dans l'interview est Edistat.

29 octobre 2007

Amélie Nothomb, "Ni d'Eve ni d'Adam"

Le nouveau Nothomb se lit facilement et s'oublie facilement. Bref, pas de surprise.

C'est une sorte de pendant à "Stupeur et Tremblements": peu avant de rentrer dans l'entreprise japonaise qui lui changera la vie, la jeune Amélie rencontre un garçon charmant mais un brin collant.

Si vous rêvez de savoir pourquoi Amélie Nothomb rejette le mariage et les enfants, et pourquoi elle adôôôre le Japon, "Ni d'Eve ni d'Adam" est fait pour vous. Mais si vous vous en souciez comme de votre premier sushi, passez votre chemin.

(J'espère que je ne suis pas la seule à trouver que Nothomb radote et que son énergie créatrice touche à sa fin...)

28 octobre 2007

SDF et soupes populaires

Soupe_populaire_france Selon John Bird, le fondateur du magazine d'aide aux SDF "Big Issue", les soupes populaires ne règlent pas la question des sans-abris, au contraire. Selon lui, distribuer de la nourriture gratuitement revient à traiter les homeless comme des "animaux domestiques".

"Mieux vaut aider les gens à quitter la rue, en travaillant avec les associations", a-t-il affirmé.

Westminster Council, arrondissement central de Londres, cherche ainsi à obtenir le pouvoir de limiter les soupes populaires. Le council soutient que les "soup runs" entraînent des problèmes d'ordre public et dérangent les habitants locaux.

Et bien sûr, je suis entièrement d'accord. Il est facile d'accuser Westminster Council de laisser crever de faim ses SDFs. Mais quand on sait qu'il y a 80 à 100 personnes "homeless" dans le centre de Londres, et au moins 65 soupes populaires, on se dit qu'il y a un problème.

Plutôt que de traiter les SDFs comme des "animaux domestiques", mieux vaudrait leur offrir des solutions concrètes: travail et logement...

26 octobre 2007

"Et si c'était niais?" Pascal Fioretto

Une rentrée littéraire ne serait pas complète sans un peu de contestation, de débat, d'agitation, bref, de rebellion contre les vaches sacrées du milieu.

D'où la tradition du pamphlet/ pastiche de la rentrée: cette année, c'est Pascal Fioretto avec "Et si c'était niais?" (Chiffet & Cie) qui s'y est collé.

Si vous aussi, vous voulez écrire un pastiche officiel, 100% politiquement correct, il suffit de suivre ces quelques règles:

1) Pastichez uniquement des auteurs de best-sellers (= vendus au méchant Kapital). Car une des particularités du milieu littéraire français, c'est que plus vous êtes "banquables", plus vous êtes attaquables.

Donc vous pouvez vous en prendre à "Bernard Werbeux", "Jean d'Ormissemon", "Denis-Henri Lévy". Pas à David Foenkinos ou Jean-Baptiste Gendarme (qui, de toute façon, sont inconnus du grand public...)

2) Votre critique sera très "light", tout en subtilité, pas très drôle si possible (l'humour est souvent méchant, voir l'excellent pastiche "Mururoa mon amour")

Or rappelez-vous, "tous les écrivains sont très sympas". Vous n'avez donc pas envie d'être cruel et de vous attirer des inimitiés néfastes à votre carrière.

3) Publiez le tout chez Jean-Loup Chiflet, un éditeur bien intégré dans les cercles mondains parisiens. Il pourra "défendre" votre vrai/ faux pastiche entre deux cocktails...

Et bien sûr, si vous appliquez ces règles de base, vous serez récompensé par des éloges, y compris de la part de vos victimes (qui ont bien compris que vous étiez, vous aussi, très sympa...)

Cf "Ce sont les pastichés eux-mêmes qui en parlent le mieux. Ils en disent du bien" (Le Figaro, 25/10)

25 octobre 2007

Crystal 10/1 1, version anglaise

Absintheglass Oufff... Mon cours de creative writing était un peu éprouvant aujourd'hui. C'était mon tour de présenter une nouvelle, et j'avais choisi de traduire Crystal 10/11, la nouvelle que je préfère.

D'habitude, quand je reçois un avis sur mon texte, c'est par Internet, ce qui crée un écran entre moi et le lecteur.

Mais gérer des commentaires négatifs en face à face, c'est un peu plus "tricky". Pour résumer, mes collègues m'ont reproché:

_un début pas assez descriptif: au lieu de présenter l'environnement du personnage, je m'étends sur ses sentiments.

_pas assez de "show, not tell": ne jamais nommer les émotions, mais les présenter à travers leurs manifestations.

_une intrigue qui n'est pas poussée jusqu'au bout: qu'est-il vraiment arrivé au personnage d'Helen?

Mais ils ont généralement bien aimé la fin, particulièrement la scène du pub.

Donc voilà, j'ai l'impression d'avoir compris pas mal de choses. Sans commentaires, il est bien sûr impossible d'améliorer sa technique. D'où l'initiative de la Revue Sans Soirée: textes + avis de lecteurs = écrivain qui progresse !

(Bon, si vous n'avez pas encore lu Crystal 10/11, c'est le moment de me laisser un petit avis...)

24 octobre 2007

Peut-on insulter Le Pen ?

Non, a répondu la Cour européenne des droits de l'homme lundi 22 octobre.

Mathieu Lindon ("Le Procès de Jean-Marie Le Pen", POL) a donc été condamné pour diffamation pour avoir écrit que Le Pen était le "chef d'une bande de tueurs".

J'en profite pour saluer le courage d'un écrivain qui ose mettre son VRAI nom pour s'attaquer à un méchant-facho national-buveur de sang. Impressionnant! Saluons donc POL et ses auteurs, grands résistants à l'ordre fasciste.

Mais à la place de Le Pen, je me serais simplement marrée:  être traité de "vampire qui se nourrit de l'aigreur de ses électeurs, mais parfois aussi de leur sang", franchement, c'est plutôt ridicule pour l'auteur que pour celui qu'il attaque...

23 octobre 2007

PODWRATH Marc Molk

Ce Podwrath a été tourné au Père Lachaise, lieu qui se prête bien au livre de Marc Molk. "Pertes humaines" parle en effet des personnes chères au narrateur qui ont disparu de sa vie.

Un livre qui se lit facilement, mélancolique mais pas trop, drôle mais pas trop, touchant mais pas trop. Bref, je l'ai lu avec intérêt mais si je n'en garde pas un grand souvenir...

Et comme dans tout Podwrath, je pose LA grande question. Et vous verrez que Marc Molk se défend bien, même si ses arguments ne sont pas toujours convaincants...

(Pour le Podwrath de David Foenkinos, rendez-vous mardi prochain!)

21 octobre 2007

Booker Prize 2007 et shame on "copinage"

Sir_howard_davies_un_wrath_local Le milieu littéraire britannique est en pleine ébullition après le discours de Sir Howard Davies, qui présidait le jury du Booker Prize cette année.

Figurez-vous que Davies, ancien businessman et actuel président de la prestigieuse université LSE, n'y a pas été par quatre chemins: la presse littéraire est rongée par le copinage. Conséquence logique: des bouquins médiocres sont présentés comme des chefs-d'oeuvre.

"The only way you can detect that the reviewer doesn't like the book is when they spend the whole time simply describing the plot. They're not brave enough to say 'it doesn't work'."

Bien sûr, les journalistes littéraires sont furieux. Robert McCrum du Guardian affirme qu'il est temps de se débarasser du Man Booker. Sir Davies et son entourage sont des vendeurs de bananes qui ne savent pas de quoi ils parlent.

The Independent, autre grand quotidien de gauche, est bien plus subtil. Certes, il y a des abus, de la complaisance, des renvois d'ascenseur. Mais il suffit d'instaurer quelques règles simples pour rendre les critiques littéraires plus honnêtes:

1) Un écrivain ne devrait pas faire la critique d'un auteur publié dans la même maison que lui. De même, un journaliste ne devrait pas commenter le travail d'un de ses collègues.

"Reviewing must not just be objective. It must be seen to be objective"

(En clair: une critique n'est objective que si elle est vue comme objective par les lecteurs)

2) Un critique littéraire ne devrait pas connaître l'auteur, encore moins être son ami, sous peine de perdre cette objectivité. Bien sûr, cette règle est difficile à mettre en place (le milieu littéraire est petit...)

3) Pour éviter les renvois d'ascenseur, aucun critique ne devrait examiner le travail d'un auteur qui lui avait précédemment écrit un article.

The Independent a donc au moins l'honnêteté de regarder le problème en face et de proposer des solutions.  La guerre au "chum reviewing chum" (= pote qui fait la critique d'un autre pote) ne fait que commencer !

Mais malheureusement, le jour où la presse littéraire française proposera des mesures "anti-copinage" n'est pas encore arrivé...

(Des exemples de complaisance made in France ICI et LA)

"Bonjour, je suis Dominique Lepage", Michel Meyer

Telemarketing A part Houellebecq ("Extension du domaine de la lutte"), je connais peu d'écrivains français qui décrivent minutieusement le monde du travail.

J'ai donc lu cette nouvelle avec beaucoup de plaisir. Une description précise d'un job de télémarketing, un vocabulaire très pro, un personnage réaliste, bref, du bon travail ! (Seule la fin est un peu rapide, à mon avis...)

A ma connaissance, Michel Meyer n'est pas encore publié, ce qui le range dans l'ingrate catégorie des wannabes. Si vous connaissez un autre "apprenti écrivain" digne d'intérêt, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire pour que j'aille jeter un coup d'oeil à ses textes...

Rentrée littéraire 2008

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