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Revues littéraires

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05 octobre 2007

Commentaires

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bonsens

Autant c'est vrai, c'est difficile d'exprimer autant de sentiments en trois pages. Autant, c'est con, d'exprimer un avis sur un texte en 3 phrases, et se prétendre chef de revue.

Jo Ann v.

Je pense que c'est trop court pour se faire une réelle idée... Je suis pour des textes (très) courts, mais pour ce sentiment d'amour-haine, j'avais besoin de plus...

cassiopée

Moi aussi, ça me semble un peu court. Mais rien ne m'a chaqué particulièrement dans le texte. Arrivée à la fin, je croyais que le texte allait continuer. Sinon, ça m'amuse les critiques de Wrath. En cours de créative writing, on nous dit que .... un peu comme quelqu'un qui apprend à conduire et qui critique les gens conduisant, parce qu'ils ne font pas exactement comme a dit la dame à l'auto-école ;-)

cassiopée

choqué, pardon

Daniel Fattore

Une certaine impression d'incomplétude à la fin de la lecture. Matricide? En effet, on aurait eu de quoi faire une nouvelle assez terrible, d'autant que la FNAC, à l'instar de nombreux autres grands magasins, a aussi quelque chose de pousse-au-crime avec ses éclairages criards, son climat de ruche et ses articles qui, tous, gueulent "Achète-moi!" (à utiliser pour dramatiser un peu).

Bien vu, très bien même: le parallèle entre le livre rejeté par la mère, et le fils dont elle ne veut pas.

A creuser, donc! Enfin, merci à Mme Mortier pour ce moment de lecture.

Dahlia

Moi la seule critique que je formulerai c'est que c'est beaucoup trop court. Quant à la phrase de fin... mmmh elle est un peu pompeuse.

Parce que sinon je trouve l'idée très bonne et la description du malaise entre le fils et la mère assez réussi. C'est donc dommage de ne pas avoir poussé tout ça plus avant.

Fi !

Difficile en effet, d'avoir une opinion convenable sur trois pages. Le thème semble intéressant mais il pourrait être plus fouillé, là c'est limite insinué. Sinon trop de "gaillard" à mon goût, le style oral est parfois bancal, enfin "Ô" et non "Oh".

carole mortier

Oui, désolée, c'est un texte court et un peu " rudimentaire", comme le sont parfois les relations familiales. Je n'aime pas pousser loin les analyses psychologiques mais plutôt les laisser deviner à travers un détail.
Sinon, comme je suis une fille très sympa (si, si, demandez à David Bowie, je l’ai demandé comme friend sur myspace!) j'ai mis mon deuxième roman en ligne sur myspace, l'Armoire, une histoire de trentenaires sur la difficulté à s'engager. Les relations entre les deux personnages n’y sont pas analysées frontalement mais au travers des différents éléments mobiliers de la maison : l’armoire, la salle de bains, le canapé…
http://blog.myspace.com/carolefives

Strangedays

Bon, j'ai un peu de temps ces jours-ci.
La principale difficulté dans une nouvelle, outre l'intérêt de l'idée, tient à ce que la brièveté doit être proportionnelle à la qualité de l'expression, au style. Il y a d'excellentes nouvelles de vingt lignes. Si si si ! Autant vous dire que chaque mot en a été pesé, pensé, convoqué à la barre pour en mesurer la pertinence, chaque phrase a fait l'objet d'une véritable bataille dans la tête de l'auteur, "est-elle équilibrée ? suffisamment colorée ? contrastée ? duveteuse ? ou assez séche ?... assez crépitante ? métallique même !..." On sort la lime, on rabote, on recolle, on transpire comme un damné à l'établi. Il y a des gens qui s'échinent sur une nouvelle de cinq pages, sublime, pendant que d'autres bâclent des romans de trois cents...
Dans le cas de mademoiselle (ou madame ?) Mortier, on est (à mon avis, hein) loin du compte. Si l'intention n'est pas foncièrement mauvaise, la réalisation hélas, souffre de bien trop de clichés (nez en trompette, cheveux en brosse, et j'en passe...) et autres signes évidents de dilettantisme. On peut, à la rigueur, se permettre de ne pas condamner quelques fautes de ce genre (qu'on appelle alors des "petites faiblesses" sur un texte de 500 pages, mais là...
Non. Lisez de bons nouvellistes. Jacques Chessex par exemple, véritable orfèvre de l'obscur. Agota Kristof (bref et souvent très bon, avec un vocabulaire de 1000 mots quasiment). Jaenada aussi, fait des trucs bien sentis (même s'il irrite W). Il y en a d'autres évidemment. Quant aux anglo-saxons, à moins de les lire en anglais, ne lisez pas de traduction, toute la musique se perd. C'est très important la musique. Ça ajoute une sensation. Ça "va au nerf" comme disait Céline (qui était un bon médecin et qui en connaissait long sur le système nerveux...)

hélène

dans la nouvelle très courte: un orfèvre:J.STERNBERG.
Sinon, sur le texte OK avec strangedays: clichés , répétition, certaines lourdeurs de phrases..sans doute une esqisse?

Daniel Fattore

@Strangedays: en matière de textes courts, et puisque vous convoquez le Suisse Jacques Chessex, je vous conseille également également Corinna Bille (Le Salon Ovale, par exemple).

Marco

Moi, je vous trouve un peu durs, camarades commentateurs!
Non pas que vos critiques soient infondées (quoique: "cheveux en brosse" n'est pas le pire cliché qui soit, et le passé des personnages est logiquement "bâclé" dans une nouvelle de trois pages écrite au présent dans une Fnac...), je suis partisan, comme Wrath, du sentiment suggéré plutôt que du sentiment étalé ("Des souris et des hommes" à ce titre reste un modèle: il n'est question que de solitude et d'exclusion, et pourtant à aucun moment le narrateur ou un personnage ne se met à se lamenter: " merde! je suis/ il est affreusement solitaire et exclu"). De ce point de vue, la seconde partie de la nouvelle de Carole est trop explicite, sur un thème déjà parcouru en long et en large par la littérature (cf la presque totalité de l'oeuvre de François Mauriac).
Mais quand même: ces deux personnages traînant leur mal-être à la Fnac par temps de fêtes "existent" par une écriture simple et efficace, sans doute trop classique sur la longueur, mais présentant quelques trouvailles intéressantes (j'aime bien notamment la mère qui apparaît "presque allemande", c'est ce genre d'approximation suggestive qui serait à creuser à mon avis). Et outre le fait que tout ça se lit d'une traite (ce qui n'est certes pas un critère suffisant, mais c'est déjà pas si mal par les temps qui courent), j'aime bien la fin ... dans le fait même que ce n'est pas une véritable fin _ car qu'aurait été une "vraie" fin? la mère au crâne explosé à grands coups de Brigitte Fontaine? le fils déprimé qui se jette dans les escalators? La non-fin choisie par Carole garde toute l'amertume d'une relation sans issue. (évidemment, ceux qui n'ont pas eu une mère chiante n'y seront pas très sensible :)

carole mortier

Bon, ok, ok, je vais faire gaffe aux clichés. Mais en quoi avoir un nez en trompette et les cheveux en brosse est- il cliché?
Merci à tous de m'avoir lue en tous cas!
Et pour Srangedays: Sans faire ma chienne de garde, qu'as- tu besoin de savoir si c'est Madame ou Mademoiselle? Est- ce qu'on pose ce genre de question à un mec?
Ps: Marco: tu es marié?

Marco

lol, oui Carole, marié ... et fidèle :)

carole mortier

Ouh la, c'était de l'humour!
C'est vrai, c'est énervant ces gens qui passent leur temps à vous demandez,
" Madame ou mademoiselle?" Comme si ça les regardait...

Marco

je sais, moi aussi, c'était de l'humour, no problem :)

Ph.J.

Un nez en trompette, ce nez dans la vie, n'a rien d'un cliché, Carole. C'est l'expression, "en trompette", qui en est un. Le premier qui a écrit ça était une sorte de génie, mais se contenter ensuite de recopier est, au mieux, une preuve de paresse (et au pire de faiblesse). C'est comme "un visage en lame de couteau" ou "découpé à la serpe", ou "des oreilles en chou-fleur", ou "des mains comme des battoirs", etc... Ceux qui ont trouvé ça, chapeau. Mais ceux qui suivent... Je trouve que lorsqu'on décide d'écrire (ce qui est très prenant et peu gratifiant), on doit faire l'effort de trouver autre chose, de créer ses propres images, sinon ça vaut pas le coup de se donner tout ce mal.

Strangedays

@Carole Mortier : Non, on ne pose jamais ce genre de question à un mec, la langue française ne s'embarrasse pas (encore?) de ce genre de dichotomie. Un mec c'est Monsieur, point.(Faudrait peut-être songer à inventer un mot pour désigner un homme non-marié : "Monsielle" me semble pas mal, quoiqu'un peu efféminé. Lançons un concours et proposons la trouvaille du lauréat aux académiciens.)
Quoiqu'il en soit, les femmes ne sont jamais contentes : Vous leur dites "Mademoiselle", elle rectifient Madame, vaguement fières, vous les appelez "Madame", elle s'offusquent de se voir vieillies prématurément quand ce sont des demoiselles... (et pourtant de vieilles demoiselles ça existe !). Bref c'est très compliqué les femmes. C'est pour ça qu'on les aime.

Marco

Une fois de plus, on ne peut qu'être d'accord avec vous, Monsieur Jaenada. Mort aux expressions figées! A quelques nuances près, peut être.
Certaines formules imagées, à force d'emplois paresseusement systématiques, ne sont même plus des clichés, à peine l'équivalent d'un adjectif ordinaire. Après, tout dépend si on les utilise en passant ("Cette femme, avec son petit nez en trompette, était diablement excitante etc.") ou si on en fait le centre de la phrase, et là, c'est vrai que ça fait mal ("Cette femme, il faut bien l'avouer, était affublée d'un nez en trompette").
Mais si on veut parler d'un nez en trompette ou d'oreilles en choux fleur en renouvelant l'expression, on peut aussi faire pire qu'une formule usée: de la créativité qui tombe à plat. Exemple: "Cette femme était affublée d'un nez en tobogan" (image parlante et originale mais qui hélas passe mal). Ou, plus recherché encore, image inédite + mélange des registres: "Cette femme était affublée d'un groin en tobogan". Ouille. Et stade ultime de l'inventivité verbale: on cumule l'image inédite, le mélange des registres et le terme décalé: "Cette femme était ornée d'un groin en tobogan". On évite ainsi le nez en trompette, mais à quel prix.

Bon ok, je retourne me coucher, moi.

Daniel D

"Elle avait le nez en trompette d'harmonie: à défaut douceur..."

Une idée comme ça...

Y'a aussi trompette de cavalerie, mais pour une autre expression, plus brutale!

Daniel Fattore

@Daniel D & Marco:... ou franchement insoutenable: "Son nez en trompette au teint vaguement cuivré rendait les sons ineffables d'un tutti de brass-band dès qu'elle se mouchait."

zadig

Au chapitre des clichés il y a pire que le nez en trompette et la coupe en brosse, c'est, venant juste après, "presque une allemande" ! Alors d'abord une Allemande, avec une majuscule; ensuite, je ne sache pas que ce soit un tel défaut physique que de venir d'Outre-Rhin :-D)
L'idée était bonne mais plutôt que de donner le point de vue de la mère (pourquoi elle déteste son fils, ses regrets de jeunesse, etc) il aurait été plus intéressant de donner celui du fils, ou les deux alternés, mais avec plus de finesse, sans laisser voir tt de suite qu'ils se haïssent ainsi... une montée en puissance, en somme, qui devrait logiquement s'achever par le crime plutôt que par la simple tentation du crime...
Me semble-t-il.

Antares

Lisou, je n'étais pas venu depuis quelques jours, et je constate sans surprise que tes cours enseignent le "bon goût littéraire d'un moment donné" sorte d'instantané, s'il faut passer par ces exercices pour s'affiner, sous la tutelle d'un écrivain manifestement reconnu afin de savoir comment écrire, quelle merveille.
Rah pourquoi ce Rimbaud faisait chier à répéter qu'il faut être absolument moderne, quand il suffit de s'accorder au diapason des autres, une belle orchestration, chacun la même partition.

Pour le post plus bas, je regarde autour de moi et plus de page blanche, j'accoste une fille comme un crevard, je partage une cloppe avec un squatter devant un magasin de proximité, j'écoute une musique avec des basses à réveiller le maire de la ville voisine ou tout simplement, je relis ma phrase précédente. J'en sors la doxa, je la détruis et repart par une question.
En fait, à l'instar de mon vieux Kierkegaard je produis chaque jour, mais je me refuse à me forcer, quand je ne sens pas quelque chose, j'écris autre chose, il ne faut jamais n'avoir qu'un seul projet.
Deux secondes mon chat a faim, il s'appelle : "ah bon t'as envie de moi?", ça me permet de dire cette phrase quelquefois.

Il y a aussi les parcs de Panam, au Luxembourg tout est en ébullition, il faut dire juxtaposé à une institution rendue inutile, en tant qu'écrivain non publié, on se sent dans une concorde d'un affect sordide mais pugnace.

Il y aussi les couloirs déserts de ma vieille Sorbonne où boire des flasques de porto.

Au revoir les gens

Daniel D

Elle avait le nez aussi long qu'un trombone à coulisse...

Elle avait autant de nez qu'un cornet à pistons...

Elle avait le nez aussi bourru qu'un hélicon...con...

Son nez avait tendance à imiter le son du clairon...

Elle avait autant de nez qu'une fanfare bretonne...

Du pointu de son nez on devinait tout l'allant d'un régiment défilant au 14 Juillet...

Son nez était propice à l'idée qu'on se fait des défilés républicains...

Elle avait un nez qui nous la jouait façon 1er régiment de cavalerie...

Son nez pissait la morve, comme pisse une trompette en appuyant sur le petit levier d'évacuation qui se trouve sous le coude de devant...

Son nez faisait grand tort aux amoureux de la grande musique...

Bon... j'arrête!

carole mortier

Je reviens d'une soirée sans revue et je m'incline devant vos comm: elle avait le nez en feuilles de choux et les cheveux en trompette, ça va mieux?
Ceci dit, ça me ferait très plaisir d'avoir vos avis sur mes autres textes et mon second roman, L'Armoire, ainsi que le premier, l'Amour et les Pommes- Frites, tous deux en ligne sur my space:
http://blog.myspace.com/carolefives

max léon

En tous cas, L'amour et les Pommes-frites, c'est un bon titre.

Gadrel

Moi, ce que je trouve dommage, c'est cette obligation de la violence. J'ai l'impression que c'est une manie propre aux débutants, qui ne parviennent pas à toucher le lecteur et décident alors de sortir la grosse artillerie de la haine et des crimes, qui sont supposés intéresser ou convaincre. Alors que c'est un des sentiments les plus difficiles à rendre.

Ph.J.

(Tiens, je suis d'accord avec Gadrel. Je note : 8 octobre 2007.)

Gadrel

J'ai eu envie d'écrire qu'alors je devais avoir tort, mais je vais m'abstenir car je viens de voir un film gentillet qui m'a rendu aimable pour le restant de la soirée. "Ma vie en l'air", de Rémi Bezançon.

Réflexion au sujet des stéréotypes : il ne faut pas appliquer bêtement la règle de J.-P. H. Il existe des tonnes de formules lustrées par l'usage qui peuvent néanmoins être utilisées sans crainte. Par exemple dans le choix des verbes : "traverser une frontière" vaudra toujours mieux que "franchir une frontière", notamment pour des raisons de sonorité. Il ne faut jamais perdre de vue la fluidité, qui compte autant que la beauté de la trouvaille. Comme disait Orwell : "Transgressez n'importe quelle règle si elle doit vous faire dire quoi que ce soit de barbare." L'objectif, c'est de serrer le coeur du lecteur dans sa main, pas de faire une démonstration de poiriers.

Ph.J.

Euh, quel est le rapport avec ton histoire de frontière, là ? Evidemment, si je lis "Piotr traversa la frontière" (ou "franchit", d'ailleurs, ça ne me dérange pas), je ne vais pas m'écrier : "Pouah, une expression rebattue !" Mais si dans un roman je lis quoi que ce soit du genre "les jambes en coton" ou "la caresse du soleil" ou "fort comme un taureau" (bref, tu vois très bien ce que je veux dire), ça ne m'horrifie pas, bon, mais pour reprendre ta métaphore du coeur dans la main, ça me fait revenir deux secondes le coeur dans la poitrine, que je le veuille ou non. Et justement, tu parles de fluidité, c'est aussi ce qui est le plus important pour moi dans un roman, eh bien, en tout cas en ce qui me concerne, ça la rompt. Je sors du texte. Et sortir du texte même deux secondes me gâche la lecture. (C'est comme disons tu es dans un lit avec une jolie fille, tout se passe idéalement, et tout à coup elle te dit "mon bébé" ou "mamour" – bon, on peut continuer la nuit, hein, bien sûr, mais enfin il y a quelque chose qui est cassé.) Un des premiers livres de Djian que j'ai eu entre les mains (après l'avoir entendu dire qu'il pesait soigneusement chaque mot de chaque phrase, et plutôt deux fois qu'une), j'avais aimé le début, je me laissais entraîner, et à un moment le narrateur monte les escaliers derrière une fille et dit : "Son jean était comme une seconde peau". C'est peut-être con, mais je me suis d'abord dit furtivement "Il aurait quand même pu chercher autre chose que ce cliché", puis "Vraiment, quel flemmard", ça m'a énervé, je suis sorti du texte, de la lecture, et après jusqu'à la fin du livre (et même des autres) ça n'a plus été pareil. Bref, tu vois, il ne s'agit pas de faire le poirier. Juste de ne pas faire le mouton.

carole mortier

Je suis d'accord avec Gadrel. ce genre de travail métaphorique sur la langue, parfois, ça veut juste faire " écrivain", mais ça rate son effet. La plupart du temps ça rompt la lecture, car ça paraît gratuit, ça fait chien savant, et quand la forme se détache du fond, c'est la cata... Donc, mieux vaut s'abstenir si on ne maîtrise pas... Et puis, j'ai l'impression que ces effets stylistiques là valaient surtout pour la littératurre classique, dix- neuvième. Aujourd'hui il y a d'autres façons de faire parler la langue. Est- ce que Houellebecq utilise ce genre d'effet stylistique et d'inventions pompeuse? Non. Même dans sa poésie, il s'abstient.
Idem pour Lorette Nobécourt, Jean- Philippe Toussaint, Echenoz, Sarraute, Castillon, Cusset, Ndiaye, Lydia Salvayre...
Ces gens qui réclament de la métaphore me font penser à ces amateurs de peinture qui s'approchant d'une toile de Luc Tuymans, ou de Desgranchamps, s'exclament, " c'est pas fini!"
Parcequ'à leur cours de peinture, on leur appris à faire les détails, à soigner le boulot, bref, " à faire le peintre".

Marco

Décidément, internet est le lieu de tous les malentendus. Vlà un début de polémique alors que tout le monde est d'accord, en fait. Vous ne parlez pas tous de la même chose, simplement.
Oui Gadrel, certaines formules usées ne sont pas à rejeter a priori, la "fluidité" du texte est effectivement essentielle.
Et oui, Carole, chercher des images incongrues ou des synonymes inadaptés est pire que de recourir à un stéréotype.
Mais je suis bien d'accord aussi avec Philippe Jaenada, qui ne parle que des stéréotypes qui sont supposés être pittoresques (fort comme un taureau) ou poétiques (la caresse du soleil). Là, c'est horrible, parce que c'est du prêt-à-penser et du prêt-à-écrire (sauf si c'est de l'ironie, du jeu, ou de la focalisation interne à partir d'un personnage naïf etc.). Dans ce cas, on ne remplace pas la caresse du soleil par une formule équivalente (probablement risible), on change toute la phrase, on en écrit plusieurs si besoin est, et la jolie caresse du soleil, elle n'est pas dite dans le grand vide des lieux communs, elle est enfin ressentie...

Ph.J.

Oui, voilà, Marco, exactement. Je n'ai jamais dit qu'il fallait faire l'écrivain avec des "effets stylistiques" et un "travail métaphorique sur la langue". Si éviter les lieux communs c'est faire des effets stylistiques, on n'est pas sortis de l'auberge.

carole mortier

Oui, on est d'accord là- dessus, les stéréotypes, c'est le contraire de la création, sauf si c'est détourné ou que sais- je. Ca me fait le même effet que toi quand je tombe là- dessus, comme quand j'ai lu Justine Levy, ça rend pas la suite très crédible. Un peu comme si tu trouvais un ver dans la viande, ou si l'on te faisait visiter l'arrière cuisine d'un grand restaurant et que tu surprenais le cuistot en train de refourguer les restes aux nouveaux clients.
Merci pour la leçon d'écriture en tous cas. Grâce à vous, je relis l'Armoire, et je traque le moindre cliché, la moindre formule préfabriquée, comme on traque le ver dans le fruit... Merde, c'est encore un cliché...

Gadrel

Ce que je voulais dire, c'est qu'il existe des tonnes de formules figées, de verbes et/ou de mots imposés qui ne gagnent rien à être modifiés. Tu parles de Djian, mais je connais des tonnes de bouquins où je me suis dit le contraire : "Quelle image à la con", avec un effet aussi désastreux. Il est évident qu'il ne faut pas employer de métaphores et de comparaisons éculées, mais il ne faut pas non plus évacuer tous les autres types de stéréotypes (qui ne concernent pas que les images).

À ce sujet, un bouquin que j'avais apprécié : "Dictionnaire des clichés littéraires", de Hervé Laroche.

nb : éviter également les stéréotypes liés aux histoires, aux rebondissements et aux personnages (le gauchiste au grand coeur, le prof qui bosse 70 heures par semaine et qui adore ses élèves de ZEP, le jeune qui déteste ses parents car il est incompris, le cadre cynique en mal de baise, etc.).

Marco

Ah! bien d'accord, Gadrel, le cliché de nos jours est plus présent encore dans les thèmes que dans les expressions. Un bon moyen pour prendre la température des clichés sociaux en vogue dans les fictions: regarder quelques épisodes de séries à succès sur TF1 et/ou France2 (pour les clichés à la française, tous ceux que tu mentionnes, en fait), et M6 pour les clichés à l'américaine (bimbo pas si conne, avocat intrépide et/ou véreux avec problème d'alcool, urgentiste apparemment blasé mais au fond follement dévoué etc.)...
Et on pourrait ajouter à ces listes non limitatives, au hasard: l'éditeur parisien riche et cynique, l'apprenti écrivain minable rageur et frustré, le bloggeur rebelle seul contre tous, le commentateur de blog rebelle résolument déconneur, le critique littéraire soudoyé ou trop sympa, l'agent littéraire manipulateur et malhonnête... merde! parfois les clichés ressemblent un peu à la réalité. C'est compliqué, la vie... :)

cassiopée

Tiens, à propos de cliché, ce Matricide à la Fnac, à défaut de faire couler du sang, fait beaucoup couler d'encre (même si sur un blog, c'est pas tout à fait le terme adéquat ...). Et pour ce qui est de fluidité des textes, etc etc je pense que chacun a ses préférences. Il y a des livres dans lesquels je suis incapable de rentrer, et pour d'autres personnes, ça sera d'autres livres. Heureusement et vive la diversité. Moi par exemple Djian, au niveau de l'écriture ça coince, trop vulgaire. Et j'ai eu un mal fou à finir un de ses livres (ça date un peu il s'est peut-être amélioré depuis... )

Gadrel

Au contraire, je trouve que le seul intérêt de Djian, c'est son style. Ses histoires sont nulles au possible.

cassiopée

A Gadrel, si en + les histoires sont nulles! Je ne perds décidément rien à ne pas le lire :-). Un petit extrait au hasard de son dernier opus : "Ces derniers temps, il devait se payer les services de deux ou trois filles par semaine, sans compter les extras du genre de Martine et une ou deux branlettes quotidiennes. " quel style en effet, quel style ;-)

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