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19 novembre 2007

Commentaires

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Léo Scheer

Effectivement, chère Wrath, vous devriez lire plus souvent et surtout ne pas voir que le début du dialogue avec notre chère Barberine, si vous étiez allée un peu plus loin, vous auriez pu découvrir son issue. Mais je suis convaincu que ceux qui vous visitent auront cette curiosité que vous n'avez pas eu.
Natashka Moreau devait vous parler de votre manuscrit, (sans doute le manuscrit le plus célèbre du web) ayant lu ce qu'en pensaient les éditions Plon par la lettre que vous avez publiée en ligne, nous n'avons pas insisté.
Encore bravo pour votre interview de Foenkinos (un chef d'oeuvre). Chère Wrath, j'aimerais tellement une video de vous, un jour sur leoscheerTV, je suis sûr qu'une chaîne de télévision sera intéressée. Organisons ça.

Kebina

lol moi aussi j'aimerais bien voir Wrath en interview !

Antares

Il y a vraiment des individus qui pourrissent comme ça les éditeurs... vaste impression de mendicité insalubre dans cette succession d'appels. Je n'ai pas envoyé de manuscrit à Léo Scheer, vu que j'étudie avec une attention soutenue les catalogues, et je ne suis pas certain pour l'instant que Faulkner ou Perec puissent les intéresser, je ne me lance pas de fleur en soi, il s'agit de ce qu'une autre maison d'édition m'a envoyé dans sa lettre de refus pour caractériser mon ouvrage. Mais un refus c'est un refus :).
Il me paraît incongru que les manuscrits soient jetés, qu'ils ne soient pas entièrement lus cela me semble plus que normal, faute de moyens, le temps coûte cher, mais si dès les premières pages, des fautes de concordances de temps ou de syntaxes manifestes transparaissent il faut les comprendre. Ce travail de lecture ne doit pas être un supplice du chevalet.

D'ailleurs Wrath, tu étudies tes envois ou tu bazardes ton travail comme ça, tu te pensais à ta place chez Léo Scheer, Plon, Flammarion, Gallimard etc ? Tout "oui" serait ton soleil ?

nicole

Leo Scheer n'a pas besoin de publier de "minables inconnus"; son ex épouse lui fournit des oeuvres d'une exceptionnelle qualité!
:)))

BazBaz

Vas-y Leo, mords-la! Et lache pas prise!

max léon

C'est bête la réponse de Léo. Ils n'ont qu'à faire moins de trucs mais le faire mieux. M'enfin, j'ai déjà noté que c'était un grand trip dans le milieu de l'édition (encore plus que dans le milieu pro en général) que de se dire over over débordé (ça leur laisse le temps d'aller se montrer à la terrasse du Flore, vous inquiétez pas). Un éditeur m'a ainsi avoué trés sérieusement qu'il avait 14 livres à lire en 2 jours. Quand je lui ai dit que lire ne serait-ce que 4 ou 5 livres en 2 jours, c'était presque comme n'en lire aucun, il n'a pas semblé comprendre...

Là encore, édition et littérature n'ont aujourd'hui qu'un rapport trés occasionnel.

Mary Poppins

Oui mais Max Leon, en vertu de quoi les éditeurs DOIVENT-ils lire les manuscrits qu'ils reçoivent? sont libres de faire ce qu'ils veulent, non?! En vertu de quoi ça devrait être un DÛ d'être lu quand on envoit un manuscrit?! Est-ce qu'ils vous ont demandé quelque chose, ces éditeurs??!!!

max léon

Oui, perso, je pense que ce genre de maison devrait arrêter de le faire, en le faisant mal, c'est gaspiller du temps, de l'énergie et du papier pour pas grand-chose (puisqu'au bout du compte le seul manuscrit reçu par la poste publié se trouvera être celui -quel hasard - du fils de la femme qu'un des éditeurs souhaite justement niquer...

A côté de ça, certaines maisons se spécialiseraient dans la veine, et le feraient bien, je pense en particulier au travers du développement de revues un peu avant-gardistes, en publiant des nouvelles, de la poésie, du théatre ou tout autre objet littéraire difficilement identifiable (et que ces pauvres erres complètement over over débordés des maisons d'édition classiques seraient bien en peine de débusquer et de comprendre).

Bref, laisser l'édition aux éditeurs et la littérature aux littérateurs. Oui, j'appelle au schisme.

Léo Scheer

Chère wrath, puisque vous préférez désinformer vos lecteur en ne donnant pas la suite de mon dialogue avec Barberine, je signale qu'elle a fini par découvrir sur notre site "nous contacter", avec nos adresses (c'est pour ça qu'elle appelait) et qu'elle a, ainsi pu nous envoyer son manuscrit que nous allons lire comme les autres.
Voici le dernier commentaire sur notre dialogue :
Excellent, le parcours effectué avec "Barberine" - l'attitude de L. Scheer me paraît des plus constructives. Je vous souhaite une bonne lecture! Et bonne chance à "Barberine".
Daniel Fattore.
Mais, chère Wrath, le fait que vous soyez malhonnête ne me gène pas, ça fait partie de votre style et de son charme. Je maintiens ma proposition.

Hondaï

Scheer Leo,
vos réponses sont assez claires, chacun en tirera les conclusions qui s'imposent.
A un détail près : vous n'auriez JAMAIS dû définir le manuscrit de l'impétrante comme étant "le plus célèbre du web". Malheureux! Les éditeurs n'ont pas fini d'être harcelé!

Un bon sujet de journalisme littéraire, d'ailleurs : le harcèlement éditorial. De quoi remplir un numéro spécial.

LS

Pour mon expérience, lire le septième message du post http://wrath.typepad.com/wrath/2007/02/podwrath_natash.html.
Je précise ne pas pratiquer le harcèlement téléphonique.

Si Léo Scheer n'était pas un des éditeurs que je connaissais le mieux, j'avais pour cette maison une vraie sympathie : leur revue littéraire est la seule que j'ai pu prendre plaisir à lire. Textes critiques revigorants. Plumes talentueuses : Bruno Deniel-Laurent, Bernard Quiriny. Galerie d'art. Nebreda.
Bref, des gens qui pouvaient donner à penser que "le cadavre bouge encore".

Cette expérience m'a laissé une grande amertume, qu'un meilleur accueil par d'autres éditeurs, n'a pas estompé.
Trois à quatre années de travail pour n'être payé que d'un tel mépris me ferait presque regretter de n'être pas resté analphabète.


Chère Mary Poppins,
Quand il aura été admis que les manuscrits arrivés par la poste sans recommandation sont très mal considérés, sinon pas lus, vous observerez possiblement un reflux. Mais le milieu est ainsi fait qu'il préfère les carabistouilles romantiques du purotin débarqué de nulle part, plutôt que d'assumer ce qu'il est : une famille consanguine.

nicole

@LS
Votre commentaire est édifiant et fort drôle. J'ai pu constater par moi même que certains éditeurs sont très méprisants à l'égard de ceux qui osent leur soumettre leurs écrits sans avoir la moindre recommandation tandis que d'autres (ex:Stock,Grasset, le Dilettante ) lisent vraiment tout ce qu'on leur envoie qui présente un minimum de qualité.

telephage

La seule vérité, est qu'une majorité de gens qui écrivent et veulent se faire publier sont, dès qu'il s'agit de leur production, dans l'agressivité, l'impolitesse, l'exigence, le manque de professionalisme, le manque de recul. Des gens qui exigent beaucoup, qui espèrent beaucoup, qui attendent beaucoup. Là où les éditeurs sont eux, dans une démarche plus naturelle, plus sereine. Tout comme dans une relation amoureuse (puisqu'il s'agit vraiment de ça la rencontre d'un éditeur et d'un auteur), l'acharnement refroidi les ardeurs, les reproches calment les élans, les attentes trop cruement exprimées brident les envies. La médiatisation des "wannabes" et de leurs envies (malsaine?) de reconnaissance/publication par le biais d'internet (puisque la plupart se masturbe dejà sur une pseudo reussite virtuelle, le reste est devenu un dû), face à un monde de l'édition qui a envie d'etre séduit et non pas alpagué : rien de bon n'emerge. C'est un peu comme un beauf dans la rue, trop sûr de son charme, qui interpelle une jolie fille plutot timide en lui disant "t'es bonne, on baise?", et qui après avoir alpagué toutes les filles de la rue sur le même mode et essuyé les mêmes refus froids, se plaint d'un "merde, les meufs elles se laissent plus séduire de nos jours". Alors que ces jeunes filles, sont ouvertes, mais à de belles rencontres, est ce que ça les oblige à dire oui au premier venu?

Wrath et consorts veulent légitimiser une sorte de viol éditorial (tu publies? donc publie moi). Le problème c'est que tout l'enjeu de cette démarche de "wannabe" qu'on voit de plus en plus et partout, se règle dans le bureau d'un psychothérapeute, pas dans le bureau d'un éditeur.

telephage

Nicole : tous les éditeurs ne publient pas la même chose. Les éditeurs ont des lignes éditoriales, des collections, des idées qu'ils défendent. Quand un auteur envoie son texte (à 450 éditeurs) sans se soucier ni de ce que défend l'éditeur, ni de sa politique éditoriale, ni de ce qu'il publie, ni n'est en mesure de justifier pourquoi il a spécialement choisi cet éditeur là pour lui faire lire son texte, c'est normal que l'éditeur soit froid ou désintéressé : c'est un manque de considération totale pour le travail de l'éditeur qui engendre un manque de considération pour le travail de l'auteur.
tu parles de stock, grasset, dilettante, rien que ces trois exemples sont antagonistes, ces trois éditeurs ne publient pas la même chose, pas la même énergie. Cela prouve bien le manque de considération pour l'identité des éditeurs qui sont choisis pour etre destinataire du précieux manuscrit : peu importe qui du moment qu'on le publie ! c'est moche.

max léon

Téléphage : c'est un peu juste et un peu bête ce que tu dis. Moi, j'aimerais bien que chaque maison résume en quelques lignes, voire quelques paragraphes leur "ligne éditoriale". Trés peu le font et on sait pourquoi : une grosse maison fonctionne bcp plus par opportunités que par "politique éditoriale".

Marco

Plutôt que de tomber dans le manichéisme le plus complet "qui donc est bête et méchant et méprisable? _ l'amateur revendicatif avec son manuscrit sous le bras ou l'éditeur cynique avec ses copains de soirée? choisissez votre camp!", il faudrait peut être distinguer les différents cas de figures.

Quelques remarques, donc:
1) oui, telephage, certains apprentis-écrivains ne doutent de rien, à tort, et attendent des éditeurs du respect, de la reconnaissance et au minimum des encouragements, toute sorte de choses que les éditeurs n'ont ni le temps ni l'envie de leur prodiguer. Certes. Mais soyons sérieux: ils constituent une petite minorité. La majorité doute, envoie ses manuscrits sans bruit et lit en silence les lettres de refus type. Les fameux blogs d'écrivains amateurs sont pour la grande majorité d'une modestie désarmante, chacun peut le vérifier en y faisant un tour. Une pauvre fille qui téléphone pour savoir si telle maison reçoit des manuscrits par la poste, ce n'est pas forcément une hystérique, c'est juste une fille qui n'a pas envie d'envoyer son oeuvre pour rien et accessoirement de faire perdre du temps aux éditeurs. La faire passer immédiatement pour une "harceleuse" relève de la mauvaise foi.

2) Jeter la pierre à Léo Scheer est un peu facile, voilà au moins un éditeur qui joue une certaine transparence (que peut-on savoir des malentendus téléphoniques chez Gallimard, par exemple?), et qui au moins "répond" à Wrath (les grands éditeurs incriminés par Wrath en d'autres occasions se sont-ils manifestés une seule fois?). Bref, avec le Leo, y a un peu de dialogue, et c'est déjà pas si mal. Mais le problème de fond demeure: puisqu'il est impossible de lire avec attention les tonnes de manuscrits qui se déversent inconsidérément dans la boîte aux lettres à Léo, pourquoi ne pas clairement DISSUADER les jeunes ambitieux (dont la prose est si souvent navrante, à ce que l'on dit) en indiquant sur le site, par exemple, la probabilité de publication pour un manuscrit venu de nulle part (ça doit avoisiner les 0,001 %, non?), et en précisant tout de suite que les lettres de refus seront très certainement impersonnelles? Je pense que les éditeurs devraient se montrer plus clairement dissuasifs, ça éliminerait déjà pas mal de "candidatures" encombrantes. Seulement voilà: les éditeurs savent que de très nombreux lecteurs assidus se trouvent être des apprentis écrivains; leur cracher à la figure ouvertement en tant qu'exaspérants "wannabe", c'est courir le risque de les perdre en tant que lecteurs (et donc consommateurs). Beaucoup d'éditeurs sont donc conduits à jouer un double-jeu, notamment en entretenant le rêve de la réussite postalo-provinciale.

telephage

Max : le catalogue des maisons d'édition est largement plus emblématique qu'une notice explicative. On écrit à une maison parce qu'on aime son travail ou son energie. Un peu d'observation suffit pour dégager une "ligne éditoriale" (mais j'oublie qu'on est dans une société d'assistés), que ce soit dans le type de récit, le ton de leurs publications, leurs constructions.

là où ton discours est emblématique de cette énergie du vide, c'est sur le fait que tu poses des exigences "faudrait que les éditeurs fassent ça ou ça", mais concretement, aucun des apprentis auteurs qui crachent son fiel ici n'est capable de justifier pourquoi il a envoyé son manuscrit à chacun des éditeurs à qui il l'a envoyé. Wrath la premiere, a epuisé la liste des gros éditeurs parisiens, en s'adressant personnellement à des éditeurs dans chaque maison, y avait il une volonté profonde de collaborer avec l'un d'entre eux pour une raison singulière? aucune, juste "advienne que pourra". C'est un manque de considération certain.

Les grandes maisons ne font pas les grands livres : elles bénéficient pourtant de votre attirance malsaine ("Les gros éditeurs sont des pourris, mais s'ils me publient alors ils sont biens") mais là aussi on est toujours dans le probleme qui se regle chez un psy.

nicole

@telephage

Je ne me comporte pas comme un représentant de commerce qui rentre par la fenêtre quand on le chasse par la porte. J'ai envoyé mon manuscrit à huit éditeurs ( il me semble que ce n'est pas vraiment du harcèlement) choisis parce que j'apprécie leurs choix éditoriaux. Stock et Le Dilettante ont des catalogues très variés et Jean marc Roberts et Dominique Gautier sont connus pour être très réceptifs à tout ce qu'on leur envoie. Je n'aurais pas choisi par ex des éditeurs comme Minuit ou Verticales car là effectivement je risquais de ne pas cadrer avec l'esprit de la maison. Si je cite Grasset c'est parce qu'une personne travaillant chez eux ( je ne cite pas son nom pour qu'elle ne soit pas harcelée, les apprentis écrivains sont presqu'aussi dangereux que les pitt bulls, paraît-il) m'a félicité pour mes textes tout en m'encourageant à les envoyer ailleurs, car les nouvelles n'auraient pas trouvé preneur au comité de lecteur: certaines maisons ne publient pas sur l'avis favorable d'une seule personne.
De plus, je n'ai jamais envoyé aucun coup de fil, pas même chez Lattès qui garde (on se demande bien pourquoi ) mon manuscrit depuis plus de six mois.
S'il y a quelques énergumènes qui harcèlent les éditeurs, il y a aussi des personnes qui font un travail sérieux et qui sont un peu amers ( qui ne le serait pas) quand ils voient des tas de livres inintéressants publiés par copinage. Je suppose d'ailleurs que les ouvrages en question sont remaniés sous toutes les coutures par les conseillers littéraires.

max léon

Ta vision est complètement utopique. Dans une grande maison, il y a une dizaine d'éditeurs qui défendent chacun des choses différentes. Dégager une ligne éditoriale claire en lisant les livres, c'est simplement impossible parce qu'il n'y en a pas. Reconnaître la patte d'un éditeur, à la rigueur, d'une maison, ça ne veut rien dire.

Moi, je propose au contraire de se détourner des grandes maisons... Il y a de l'édition commerciale, fort bien, mais l'édition purement littéraire est aujourd'hui largement désertée. C'est un champs que je propose de réinvestir, avec humilité mais en toute indépendance : pas besoin de gros tirage ni de grand distributeur, juste de l'échange d'idée, de l'émulation créative.

Max

Ce vendredi j'ai reçu une lettre des éditions le dilettante, à propos de mon manuscrit. Ça se passe de commentaire.
"Votre écriture semble pompeuse et empreintée.
le texte ressemble à une chinoiserie un peu kitsch, du genre de celles qui étaient à la mode il y a quelques générations.On a plus le sentiment de lire un exercice de style que d'être confronté à une oeuvre littéraire."
C'est signé Catherine Martin.
Quand madame Martin va à la banque fait-elle un emprunt ou un empreint

Very Dirty Harry

Et bien voilà, il fallait que ce soit dit, de manière claire, lucide et sans ressentiment et autres affects malsains (car il ressort bcp d'affects dans tout ce qu'on parcourt ici) :
TELEPHAGE a parfaitement résumé l'ensemble des problématiques qui taraudent les Wannabhites (une nouvelle secte?).
Je ne sais pas s'il (elle) travaille dans l'édition, ou est plus simplement un amateur de littérature lucide. Mais ce qui est écrit là devrait être sur toutes les tables des sectateurs ci-nommés.

Non, Max Leon, ce n'est pas "un peu juste et un peu bête", c'est très vrai et intelligent. Finement analysé. Mais c'est tellement plus facile de minimiser ce qui n'est pas de son ressort, n'est-ce pas, ça fait aussi parti, je crois, du mental wannabhite.
Sur l'idée, par exemple, de tenter de comprendre, de "sentir" l'esprit d'une maison (avec aussi, toutes ces impasses, ces erreurs, ces contradictions, nobody's perfect)) plutôt que de réclamer des résumés (!) de lignes éditoriales. Comment des gens qui se piquent d'écrire, et pas des lettres à grand-mère, attention, des ROMANS, peuvent-ils se désintéresser à ce point de ce qui se publie, si ce n'est pour cracher dessus, avec un constant mépris ("mouias, pas terrib' la rentrée ct'année"...etc).

Pas la peine de minimiser ce phénomène effectivement très malsain de réclamation systématique (en gros, j'écris donc j'ai le droit d'être publié, c'est même un dû). Marco, non ce ne sont "certains apprentis-écrivains (qui)ne doutent de rien". Des Wrath ordinaires, il en existe à la pelle, c'est toujours le même reproche, plus ou moins proclamé suivant le degré de dinguerie : j'écris, tu me dois de publier, et si tu ne me publies pas, c'est que tu es un pourri, un corrompu, etc. STOP! L'imposture a assez duré. Ce qui manque énormément dans tout ça, c'est une notion qui doit passer probalement pour un gros : l'HUMILITE face à son texte, un parcours naissant, peut-être en devenir mais avec énormément de passion et de travail.
PASSION. TRAVAIL. HUMILITE. devrait être inscrit au fronton de chaque masion wannabhite. Après, il sera toujours temps de passer à l'ambition, l'orgueil, accessoirement la prétention et la muflerie. Et encore, les grands auteurs ne s'encombrent pas de tout cela, trop absorbés par la tâche.
Mais commencer par ça, c'est l'échec et le ressentiment assurés.

Nicole, un petit détail mais qui a son importance: si tu t'intéresses (comme j'imagine) à l'écriture et à l'édition, tu auras remarqué que, sauf exception (et il faut être très fort, très sûr de soi pour penser en faire partie), en France, on commence rarement un parcours d'auteur par des nouvelles. Ca arrive mais c'est rarissime. Ce n'est pas un jugement de valeur, c'est une observation qui renvoie à l'analyse de Téléphage). Comme quoi on n'observe jamais assez. C'est l'une des qualités pour qui prétend écrire, d'ailleurs : observer, observer finement ses contemporains et son époque.
Quant au fait d'être "un peu amer" de voir " des tas de livres inintéressants publiés par copinage"(...) ça rejoint exactement le syndrome Wrath : parce que des "bouses" sont publiées, on s'octroie le droit moral de réclamer publication (je force le trait mais c'est un peu ça). Mais au nom de quoi? De quel talent? De quel obligation?
Dernière chose : on peut apprécier les choix éditoriaux d'une maison, ce n'est pas pour autant que son projet est "en phase" avec cette même maison.
Une fois encore, beaucoup d'affect rentre en jeu dans cette martingale fantasmatique qu'est l'édition française. Ce n'est pas une raison pour garder un minimum de lucidité.

Bien à vous et sans animosité aucune.

Max

Oui V.D.H. Il faut écrire, écrire juste écrire. Le reste n'a pas d'importance

Léo Scheer

C'est qui LS qui aurait travaillé trois ou quatre ans avec nous pour n'être payé que de mépris, et en garde une grande amertume? Quand on diffame de la sorte, on signe, c'est la moindre des choses. Quand Wrath fait de la désinformation, au moins j'ai la possibilité de répondre, mais là...

max léon

Pondre un si long comment sur les maisons d'édition, quel que soit le contenu, c'est déjà faire preuve de mauvais goût.

J'invite tout ceux qui s'intéressent à la littérature à se désintéresser du monde de l'édition et à occuper plus utilement leur temps à chercher des modes d'échange alternatif.

Marco

hum! voilà que sur ce blog on retrouve les débats passionnés de la grande époque! (et les invectives ne sont pas loin)

Bon, Téléphage, tu dérailles sec. Et "Very Dirty Harry", tu es en effet "Very", et tu as peu de rapport avec le "Dirty Harry" que j'ai connu dans des commentaires de ce blog, parce que lui disait des trucs intelligents et évitait les anathèmes hatifs.
Et je ne suis pas d'accord, en revanche, Max Leon, pour "se désintéresser du monde de l'édition". Le monde de l'édition est là (et aujourd'hui dignement représenté par Monsieur Léo en personne, malgré son emploi du temps:), et il convient d'en parler, et d'y voir plus clair. Les alternatives, je n'y crois guère (ou alors littérature résolument souterraine, élitiste, hors commerce... ce n'est pas mon truc).
Bref.

Je reviens bientôt (je bosse, moi, parfois), pour ARGUMENTER, et non pas pour dresser le portrait psychologique des uns et des autres, comme le font les rigolos ici qui ont décidé une bonne fois pour toutes que les écrivaillons amateurs étaient tous arrogants, collants, poisseux, grotesques, hors sujets, rampants, arrivistes, grégaires et venimeux (mais heureusement inoffensifs puisque grotesques comme sus dit). Dire des trucs pareils, c'est aussi crétin que de dire que les éditeurs sont tous pourris et hypocrites.
A très bientôt, donc.

galadrielle

Marco,
Un petit commentaire d'encouragement : je trouve que tu es un des seuls si ce n'est le seul à alimenter ce débat de manière sensée! J'attends impatiemment ton argumentation à venir :-)

max léon

"littérature résolument souterraine, élitiste, hors commerce"

Ouais, moi, ça me va. Il en faut.

Léo Scheer

@Marco. vous avez raison, je vous signale que Monsieur Léo s'intéresse beaucoup à la question des manuscrits sur le Net actuellement, et c'est pour ça qu'il n'a pas l'impression de perdre son temps ici (cf les questions liées à l'écriture et à la lecture numériques sur notre blog)

Marco

(euh... merci pour tes encouragements, Galadrielle... mais tu me mets la pression, là :)

Donc:
1) Concernant la ligne éditoriale des maisons d'édition, que tout amateur devrait parfaitement connaître avant de prétendre envoyer quoi que ce soit: comme le dit Max Leon, cette fameuse ligne est bien souvent difficile à cerner, même dans les maisons à "forte personnalité". Voir le témoignage d'Echenoz évoquant sa première publication chez Minuit; il vénérait les éditions de Minuit, mais il n'osait pas y envoyer son manuscrit, parce qu'il était persuadé de ne pas pouvoir entrer dans la ligne (qu'il connaissait parfaitement, étant un lecteur archi-fidèle), et ce n'est qu'après avoir été refusé partout ailleurs, qu'il s'est tourné (dit-il)sans espoir vers Minuit (avec en tête: "au point où j'en suis, autant tenter l'impossible"...). On connaît la suite. Si donc le sieur Echenoz s'en était sagement tenu aux "lignes éditoriales", il n'aurait pas décollé (et soit dit en passant, une maison d'édition qui veut un tant soit peu s'enrichir et évoluer n'a pas vraiment intérêt à s'enfermer dans une "ligne"). Donc, oui, tout le monde envoie son manuscrit à 10, 20 ou 30 éditeurs différents, et ce sans erreur de destination.

2) Un mot sur la "médiocrité" de myriades de manuscrits qui prétendent indûment à la publication: le mépris et le sarcasme pourraient être à la limite justifiés, si ce qui se publiait était sinon irréprochable, du moins impressionnant. Des oeuvres belles et riches, il y en a, oui, mais aussi tant de "romans" faciles qui sont autant d'incitations au passage à l'acte! Juste un exemple: "Des croix sur les murs", chez Flammarion (je l'ai sous la main, 18 euros, arg! la sale affaire). Il n'est pas difficile de démontrer, citations à l'appui, que près de 40 000 personnes en France qui ont envie d'écrire PEUVENT écrire exactement le même livre, avec la même intrigue foireuse, le même style besogneux, les mêmes clichés sur la guerre, l'ONU, les femmes etc. On me dira: ce n'est pas parce qu'il existe des mauvais livres publiés qu'il faut en ajouter d'autres. Certes. Mais celui qui croit à ce qu'il a écrit et qui a lu "Des croix sur les murs" et qui voit bien que c'est tout à fait comparable, que son oeuvre "colle" parfaitement à ce que Flammarion PEUT publier (et il en a la preuve, le livre dans la main), oui bien sûr il envoie son manuscrit à Flammarion avec un espoir tout à fait justifié (et illusoire: il n'y aura pas 40 000 daubes différentes publiées par Flammarion). Alors, au lieu de culpabiliser les "manuscriteurs", il vaudrait mieux s'interroger calmement sur ce que de nombreuses maisons d'édition tolèrent dans leur "ligne". Comme ça a déjà été dit, certaines grandes maisons d'édition reçoivent les manuscrits qu'elles méritent.

Beaujean

Mais pourquoi tenez-vous tellement à avir un éditeur. L'auto-édition existe et, avec le e-book reader, ça ne coute rien en papier, en impression. Juste en promotion. Bon, l'e-book-reader (le liseur) en est à ses débuts, mais si des dizaines de "wannabee" optaient pour cette solution, ils pourraient peser.
Pour ce qui est de téléphage, il m'est arrivé de demander à des maisons d'édition, publiant tel ou tel type de livre (SF) qui était le responsable de leur département SF. Eh bien, ils ne publiaient pas de SF, paraît-il (alors que j'en avais un exemplaire dans les mains).
Croyez-vous, téléphages, que les auteurs aient du temps a perdre ? Et qui vous assure que l'éditeur fera son boulot. Ils sont des nivelles et leurs auteurs de soldats en garance. Tant pis si un paquet meurt, l'important est qu'une de leurs vedettes ait un prix.

LS

Léo,

Où aurais-je affirmé avoir travaillé AVEC VOUS ?! C'est mon texte qui a été travaillé trois ou quatre ans.

Si j'avais frayé avec vous, et tellement longtemps, il aurait fallu que je viole madame, saccage les lieux et parte avec l'argenterie pour que vous ne m’éditiez –à plus forte raison, que vous ne me lisiez.

D'ailleurs, à avoir si mal compris mon propos, il est clair que vous récidivez.
Rassurez-vous : je ne vous en demande plus tant.

Nicole,

Moi aussi j’apprécie ordinairement votre esprit. J’avais même pensé formuler une demande en mariage. En déficit durable de romantisme, ne me reste à vous adresser que quelques baisers scabreux.

Nikita

Beaujan... Soyons sérieux.

« Mais pourquoi tenez-vous tellement à avir (sic) un éditeur. »

Pour corriger ce genre de fautes, entre autres ?

« L'auto-édition existe et, avec le e-book reader, ça ne coute rien en papier, en impression. Juste en promotion. »

Il n'y a rien qui vous emmerde, dans cette phrase ? Vraiment ?

« Bon, l'e-book-reader (le liseur) en est à ses débuts, mais si des dizaines de "wannabee" optaient pour cette solution, ils pourraient peser. »

Eh bien, que les wannabe (et pas les abeilles... encore une correction nécessaire, qu'aurait pu faire un éditeur) pèsent donc et s'échinent à s'éditer à compte d'auteur ou électroniquement ! Les écrivains, eux, continuent à travailler pour être édités par des professionnels. Collusions ou pas - fussent-elles imaginaires ou réelles, d'ailleurs.

Quand on lit la lettre de Plon à l'autre truffe, on comprend tout et on comprend également que Léo Scheer ne perde pas son temps avec le « manuscrit le plus célèbre du Net »...

Marco

Arf! Nikita rend sa justice expéditive, et le sang coule épais.
Et c'est triste à dire, mais je suis d'accord sur le fond (bien que j'aime bien Beaujean): comment pouvoir se satisfaire d'une auto-édition, qu'elle soit on-line, on-space, on-papper , on-what u-want?... moi les mutants qu'on appelle e-bookers et qui se nourriraient de dizaines de milliers de productions virtuelles de wannabe me font flipper. Effectivement, quoi qu'on pense des éditeurs, l'écrivain passe par eux. Sans ce regard extérieur et institutionnel, quel crédit accorder soi-même à ses propres écrits?

barberine

TE . TE .TE Wrast
je découvre avec stupeur que je suis devenue le symbole virtuel de la malheureuse "wannabee" du manuscrit.
non non non.
Léo scheer est le seul éditeur à donner de son temps à un vrai blog intéressant. (et pas crafouille à chercher des pous ailleurs pour se nourrir)
J'ai posé une question, nous avons tous appris quelque chose en lisant les réponses de monsieur Scheer. Et moi j'ai pu envoyer mon manuscrit de manière à ce qu"il soit lu, justement .
c'est difficile et super dur de se prendre des gadins , quel que soit le domaine , mais il ne faut pas TOUJOURS en chercher la raison à l'extérieur.
sur ce, elle se verse un autre pernod.

Fulmi

Ça dépote grave, ici. Rien de tel que les trolls les plus classiques pour réveiller le peuple qui s'endort !

BazBaz

Vous ne m'enlèverez pas de l'idée que le syndrome du "ce que j'ai lu chez Bidule Editions, c'est vraiment pas terrible, donc je peux envoyer mon truc à moi, y a pas de raison", est une démarche sinon malsaine, pour le moins incompréhensible. Surtout quand ça se chiffre à des milliers, voire des dizaines de milliers de manuscrits. Quant à croire mordicus que son histoire est géniale, forcément géniale, qu'elle DOIT être éditée, et par le premier qui dit "banco!"(d'où l'arrosage d'envois pratiqués systématiquement, semble-t-il), là aussi la contradiction semble n'effleurer personne. A part que la chose peut-être la mieux partagée, plutôt que l'envoi obsessionnelle de manuscrits, soit plutôt la faiblesse de se mentir à soi-même (combien de talents dans combien de divisions?)
On n'est plus du tout dans la politique éditoriale mais dans le besoin compulsif de reconnaissance. Je crois que le système médiatique au sens large veut ça, l'entretient habilement, et des outis comme le net, le blog, Facebook, My Space, excacerbent ce phénomène.
En un moment de l'Histoire où les gens lisent de moins en moins, s'éloignent de plus en plus de la littérature, alors que les envois et les publications augmentent, ça pose vraiment question.
Y a t-il un psychanalyste, un sociologue ou un ethnologue dans la salle?!?

Marco

Sociologue suffit largement. Et tu as dit l'essentiel. Sauf qu'encore une fois tu reprends le discours du type: "les amateurs pensent que leur oeuvre DOIT être éditée", discours facile à critiquer en effet. Mais qui dit que son oeuvre DOIT être éditée? Personne. Absolument personne. Même pas Wrath (c'est dire). Alors je veux bien qu'on fustige les apprentis-écrivains, mais il ne faudrait peut être pas leur préter systématiquement des pensées primitives.

Fulmi

Il y a aussi le syndrôme de "c'est tellement nul chez eux que j'aurais honte d'être édité là-bas", mais on en parle moins.

Marco

Et par ailleurs, merde! halte à la mauvaise foi!
Comment dire que les amateurs se mentent à eux mêmes pour OSER envoyer leur bouse? Voyons, voyons, vous ne discutez jamais "littérature" avec les gens? _ attention, je parle des gens, les vrais, les normaux, les très nombreux, pas les agrégés de lettres, les journalistes littéraires, les académiciens.
En discutant avec les vrais gens, donc, vous verrez qu'ils ont une vision très large de la littérature, et très fluctuante, selon leur éducation, les émissions qu'ils regardent à la télé etc. Beaucoup de vrais gens, par exemple, considèrent que Stephen King c'est mieux que Proust, ou que Anna Gavalda c'est carrément plus intéressant que Pierre Michon. Dans les conversations courantes, personne ne juge bon de leur dire le contraire. Alors après il y a des vrais gens qui ont envie d'écrire comme Anna Gavalda, parce que ça leur plait bien et puis parce qu'ils ont deux trois trucs à dire, et ils ont l'impression que c'est pas dur d'écrire comme Anna Gavalda (là, ils se trompent un peu, c'est sûr _ mais il y a bien une impression de facilité quand on la lit, qu'on n'aura pas en lisant Pierre Michon), et donc ils écrivent du anna-gavalda-like, ou du bidule-machin-like, en toute bonne foi, sans ambition particulière, c'est leur petit projet. Encore une fois, dans une société où toute notion d'aristocratie artistique est bannie et où l'Art (l'art romanesque en particulier) peut se définir de mille façons différentes, comment tous ces vrais gens pourraient s'auto-censurer? comment? D'une façon générale, les vrais gens ne sont pas contrariants, ils suivent les modèles qui leur sont proposés.

Benoît

Hello,

le point de vue de l'auteur semble sur-représenté sur ce blog! Mr Scheer doit bien s'amuser: en tant qu'éditeur, n'a-t-on pas, honnêtement, plutôt envie que les manuscrits qu'on reçoit soient bons, pour éviter le fastidieux travail de réécriture, et être heureux de lancer un auteur (il me semble que c'est ça le métier d'éditeur!) original, intéressant, et que sais-je encore?

Je crois que l'importance que tu accordes au copinage est exagérée: ce qui compte, en fin de compte, ce sont les ouvrages exceptionnels, ceux qui sont, a priori, les plus faciles à trouver, et ont aussi beaucoup plus de chances d'être publiés! Alors, le copinage se joue à la marge, pour les auteurs honnêtes, bons, sans plus, qui parfois passent peut-être à l'as pour l'ami d'un éditeur. Est-ce si grave (je veux dire pour la société, pour eux bien sûr c'est un enjeu)?
Il s'agit juste d'une hypothèse, je parle sans savoir vraiment de quoi il retourne.

Puis prenons l'exemple de ton manuscrit, si tu veux (mais de manière constructive, pas comme tes lecteurs acharnés). Qu'est ce qui le différencie d'un autre manuscrit? Où se trouve ton style? Quelle originalité y a-t-il dedans? Quelle est ta manière d'aborder ton thème? Est-elle adaptée? Moi j'aimerais bien que tu nous parles de ton livre et de la manière avec laquelle tu l'as écrit.

Je crois que tu es en train de construire ta voie, mais pour moi tu n'es pas encore allée au bout de ta démarche, tu ne retranscris pas, dans mon souvenir, par exemple, la violence et la détresse de tes personnages avec une grande virtuosité. Tu dénonces beaucoup, mais ton modèle ou ton idéal ne sont pas clairs encore.

Bref, en te lisant, on voit des germes, un mélange humour incisif/scènes crues, une distance qui laisse place à l'interprétation...et j'ai envie que tu approfondisses tes thèmes, pour que tu puisses enfin être publiée lol. Peut-être par Léo Scheer?

Beaujean

Je ne suis pas écrivain, donc, pour ce qui est des fautes, ne pas me reprendre, svp. Quand j'écris une lettre importante, je passe par Word et je me relis. Les commentaires de blogs ne sont pas des oeuvres littéraires. Et les posts de Pierre Assouline, écrivain (ou édité, il semble que ce soit kif-kif) contiennent aussi des fautes.
Un auteur digne d'être publié est très attentif à son orthographe et à sa syntaxe. Mais une réponse faite à la va-vite, dans le feu de la discussion, peut être fautive, du moment qu'elle reste compréhensible.
Si j'écrivais, mes pommes seraient-elles moins bonnes si je les vendais moi-même que si elles étaient distribuées par Auchan ? Il semblerait que ce soit le cas des livres. Non aux e-book readers, d'accord, mais continuez à payer un livre 20 € en pensant que l'auteur ne touche presque rien, moins que le paysan colombien sur son kilo de café non-équitable. Je préfère, plutôt que l'auteur touche entre 7 et 12% (si c'est une star) de ces 20 €, lui verser directement 25%.
Utopie, peut-être, d'autant que les e-readers sont encore chers. Mais lisez le dernier numéro du Monde 2. Dans les années 70, la France avait la possibilité de lancer l'Internet, mais les ceusses qui savent ont dit que c'était une utopie. Les écrivains dépendaient autrefois d'un mécène et Rousseau a été traité de coquin et de faquin parce qu'il refusait le système. Le refus de l'éditeur qui formatera votre oeuvre participe de la même démarche. Je parle ici de la situation française, où une Rowling aurait été impossible. Dans ce qu'elle proposait, rien ne ressemblait aux canons de l'édition pour enfants.
Pas de fautes, Nikita ? Pourtant, je n'ai pas d'éditeur.

Léo Scheer

@Benoit. Ne croyez pas ça, je ne me suis pas "bien amusé" à la lecture de cette discussion. Je l'ai trouvée intéressante et on y apprend beaucoup de choses sur ce qui préoccupe les auteurs qui envoient leurs manuscrits, qui sont des fragments de leur être intime et profond, dans ces endroits obscurs, en tous cas difficiles à cerner, que sont les maisons d'édition. C'est juste dommage que Wrath n'ait pas corrigé sa désinformation. Je pense, pour avoir vu certaines de ses vidéos, que Wrath a des atouts pour devenir une bonne journaliste, elle a ce côté qui s'accroche au mollet et ne le lâche plus, qui fait qu'on peut réussir dans ce métier. Mais il y faut aussi une certaine passion pour l'information qu'elle semble dédaigner.
Quant à LS/Nicole, je vois de moins en moins. Qu'elle m'écrive, puisqu'elle n'ose pas dire son nom ici.
Je retourne sur mon blog, continuer, là bas, à réfléchir à ces histoires de manuscrits.
Amitiés.

wrath

@Leo Scheer: vous écrivez
"Natashka Moreau devait vous parler de votre manuscrit, (sans doute le manuscrit le plus célèbre du web) ayant lu ce qu'en pensaient les éditions Plon par la lettre que vous avez publiée en ligne, nous n'avons pas insisté."

J'ai envoyé mon roman adressé à Angie David en février 07. Et j'ai mis la lettre de Plon sur mon blog le mois dernier. Donc vous avez attendu le mois d'octobre avant de décider que mon manuscrit était nul (et après avoir lu l'avis d'un collègue)?J'admire votre professionnalisme.

@Nicole: bon courage pour tes nouvelles. N'oublie pas d'en envoyer une pour la Revue Sans Soirée!

@LS: je comprends votre réaction. C'est très dur de travailler des années sur un texte et de se faire traiter avec un tel mépris.

Beaujean

Quelqu'un qui lit Marc Levy ou Musso et se compare peut tout à fait légitimement penser qu'il est un écrivain, et une graine de best-seller. J'imagine d'ailleurs tout à fait monsieur Fixot disant à une de ses secrétaires : " J'ai ici un manuscrit écrit dans le plus beau français que j'ai jamais lu. Envoyez-lui notre lettre-type de refus."

LS

Eh bien chère Nicole, ça y est : nos deux corps -et nos esprits même- ont fusionné.


Et puisqu'il restait à régler la question de l'anonymat :

SCHILTZ Laurent
8, rue Bellevue
57480 Sierck-les-Bains
allegro.furioso[AT]yahoo.fr

J'accepte les duels au pistolet.

max léon

Arf, il suffit de lire quelques "sorties" pour se rendre compte que le "filtre éditorial" ne donne aucune espèce d'indication sur la qualité d'un texte.

ça me fait toujours sourire quand tout le monde crie au loup! dés qu'on parle d'auto édition. Pour mémoire, Rimbaud s'est auto édité. Il écrirait aujourd'hui, soyez certains qu'on ne le publierait pas (pour Une saison... Le Dilettant lui enverrait une jolie lettre de refus avec un comment du genre : "vos personnages sont attachants mais que la trame narrative est confuse!"... il est vrai que ça manque du personnage d'une vieille femme philosophant au coin du feu en caressant son chat qui a connu la guerre).

Un auteur qui a juste de l'ambition littéraire n'a pas besoin de faire de l'argent ou d'atteindre quelconque célébrité. Pour lui, les éditeurs sont tout à fait superflus; ce dont il a besoin, c'est de pouvoir échanger avec des gens de sa trempe. Ce qui manque ce sont des revues auto gérées, des sociétés d'auteurs, des cercles d'écrivains. Les auteurs ne se regroupent pas assez entre eux.

BazBaz

Malgré les connaissances générales, il y a quand même bon nombre d' approximations dans tout ce qui est dit ici, sur et autour de l'édition. C'est toute la nuance entre fantasme et réalité.

Beaujean, je n'arrive pas à savoir si c'est de l"humour ou ce que tu penses vraiment, ce : "Quelqu'un qui lit Marc Levy ou Musso et se compare peut tout à fait légitimement penser qu'il est un écrivain, et une graine de best-seller."
Si c'est le cas (le "légitimement" me fait un tantinet halluciner), alors c'est bien de fantasme qu'il s'agit, pas de réalité. Qu'on aime (X milliers de lecteurs) ou qu'on n'aime pas les livres de M. Levy, imaginez "qu'on peut en faire autant" parce qu'on a un brin de plume , c'est méconnaître totalement le travail que représente tout projet littéraire, quelque soit la valeur qu'on lui octroie) mené jusqu'à son terme. C'est exactement la même chose (en terme d'état d'esprit et toute proportion gardée) que le quidam qui regarde un Picasso au musée et maugrée "Pff, si c'est pas malheureux...donnez-moi des pinceaux et j'en fais autant."
Idem, Marco, quand tu dis que des gens "qui ont envie d'écrire comme Anna Gavalda", "et ils ont l'impression que c'est pas dur d'écrire comme Anna Gavalda ", "et donc ils écrivent du anna-gavalda-like, ou du bidule-machin-like, en toute bonne foi, sans ambition particulière, c'est leur petit projet." Oui, c'est assez bien vu c'est "leur petit projet" mais ce n'est pas une DÉMARCHE LITTERAIRE, pas une démarche d'auteur au sens d'oeuvre à construire!!!
Désolé, on n'écrit pas de littérature en singeant Nothomb, Gavalda ou Houellebecq, et parce qu'en plus on trouve ça "facile" à écrire.

Ca vous paraît peut-être élitiste, mais je pense qu'en art plus qu'ailleurs, la sélection par le talent est une nécessité qui fait loi. Et les envies, les fantasmes, les vélléités "du petit projet" (tout à fait respectable par ailleurs)ont leur place, certes, mais ils ne dépasseront jamais le besoin IMPERIEUX de constituer une oeuvre, quoiqu'il en coûte. Et ce n'est pas en étant exagérément vétilleux* ou amer parce que les éditeurs renvoient 98% des manuscrits sous forme de lettres de refus que la littérature en sortira grandie. Marco, encore une fois, "discutez littérature", c'est bien, c'est très bien. Mais ça n'a rien à voir avec le fait d'ECRIRE quelque chose ait un certain "poids" littéraire (c'est pareil pour le cinéma: les cinéphiles qui détaillent au point de montage près les films à leur sortie, sont rarement des cinéastes.)
Bien sûr Marco, personne n'a écrit ici noir sur blanc qu'on DEVAIT absolument et obligatoirement publier "son oeuvre" (on n'en est pas encore là!). Mais il faut être sourd pour ne pas entendre, entre les lignes, que tous ces témoignages, ces allusions ou ces réflexions HURLENT ça : "j'écris ("depuis longtemps" exacerbe cette fameuse notion de légitmité) donc, éditeur, publie-moi!" A n'importe quelle condition.

Tout le reste, n'est hélas, pas de la littérature.

Mes hommages cependant.

* On aimerait que tu le sois autant avec ton futur manuscrit, Wrath, qu'avec tes réponses aux éditeurs...donc on attend de voir...pour y croire.:-)

nicole

Léo scheer

LS et moi-même sommes deux personnes bien distinctes, nous ne nous connaissons ni d'Eve ni d'Adam, pour paraphraser Amélie la facétieuse. Wrath pourrait vous le confirmer car elle doit pouvoir vérifier l'adresse e mail de tous ceux qui postent ici.
Nous vous avons un peu malmené mais c'est de bonne guerre. Ca ne m'empêchera pas de faire un tour sur votre blog.
;)

nicole

Léo scheer

LS et moi-même sommes deux personnes bien distinctes, nous ne nous connaissons ni d'Eve ni d'Adam, pour paraphraser Amélie la facétieuse. Wrath pourrait vous le confirmer car elle doit pouvoir vérifier l'adresse e mail de tous ceux qui postent ici.
Nous vous avons un peu malmené mais c'est de bonne guerre. Ca ne m'empêchera pas de faire un tour sur votre blog.
;)

galadrielle

@ Leo Scheer : je comprends très bien que les éditeurs submergés de manuscrits fassent un premier tri en parcourant en diagonale les textes qu'ils reçoivent (ou en lisant les premières pages, n'étant pas dans ce milieu j'ignore comment ils procèdent) Cependant s'il est exact que vous n'avez pas lu le manuscrit de Wrath à cause de la lettre de PLON qu'elle a publiée sur ce site... c'est inquiétant, car cela semblerait indiquer que si un éditeur refuse un manuscrit, celui-ci serait intrinsèquement mauvais et ne mériterait même pas d'être feuilleté par un autre? à ce compte-là, il suffirait d'envoyer son texte à un seul; ça éviterait bien des dépenses inutiles en timbres... si encore la lettre de Plon publiée par Wrath avait été très négative j'aurais mieux compris, mais je trouve que tel n'est pas le cas. Je ne comprends donc pas qu'on ne regarde pas un manuscrit à cause de cette lettre...?

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