Pour désigner le copinage, les Anglais ont une expression que j'aime bien: "Scratch my back and I'll scratch yours".
Et question échanges de bons services entre amis, le Renaudot (attribué cette année à Daniel Pennac) est un cas d'école :
«Pennac, c’était une idée de Le Clézio, reprise par Giesbert. Ce sont mes copains, alors j’ai voté comme eux», a déclaré Patrick Besson, le président du jury, au Figaro.
Or vous connaissez la règle du milieu littéraire: tout le monde pratique l'"entraide", mais personne ne le dit. Patrick Besson a donc transgressé un tabou...et a provoqué des mécontents.
Christophe Donner, sélectionné pour son roman "Un roi sans lendemain", s'est transformé en écrivain vengeur (un Wrath-bis, en somme!):
"J'ai été stupéfait d'apprendre les conditions dans lequelles M. Giesbert a manipulé cette année les délibérations du prix Renaudot", écrit Christophe Donner. "Je suis navré par la complicité dont le directeur du Point jouit à l'intérieur de ce jury, alors même qu'il en bafoue sinon les règles, les principes premiers"
Quand on pense aux nombres de magouilles passées sous silence, ça fait du bien de lire ça...
On a tous constaté à quel point les prix récompensent de médiocres romans: soit les jurés ne parviennent pas à se mettre d'accord et finissent par couronner un truc banal au énième tour, soit dans d'autres jurys, il y a magouille manifeste et le résultat est totalement grotesque. Je ne fies plus ni aux critiques ni aux prix avant d'acheter un livre: je le feuillette ou bien je me laisse guider par des amis aux goûts sûrs. Et j'emprunte beaucoup dans les bibliothèques: ça permet de suivre l'actualité littéraire sans se ruiner en sponsorisant des maisons d'éditions qui éditent n'importe quoi par affection; exemple, Nathalie Reims dont le "journal intime" est d'un inintérêt absolu mais qui est une ex de celui qui publie ça.
Rédigé par: nicole | 12 novembre 2007 à 11:07
Tu te négliges, Wrath: billet déjà traité dans les posts précédents. :-)
Il faut trouver d'autres sujets que le roman par la poste et le copinage, il tourne en rond, ton serpent qui se mord la queue. Pas facile, c'est vrai, c'est du boulot.
Christophe Donner, une sorte de "Wrath-bis"? Tu ne manques pas de présomption, en tout cas. Doit-on rappeler que tu as (peut-être) l'esprit vengeur* mais que tu n'es pas encore écrivain?
* j'aurai plutôt tendance à y voir le pêché d'envie mais bon, le débat est ouvert.
Rédigé par: Digzad | 12 novembre 2007 à 11:11
Le tour de passe-passe du Renaudot 2007 apparaît banal, voire petit joueur par rapport aux différentes pratiques détaillées par le "Lire" d'octobre. Un exemple au hasard: "il y a d'innombrables façons de s'attirer les bonnes grâces d'un juré. On peut le rémunérer pour des ouvrages à paraître. "J'ai vu le contrat de mensualisation d'un juré pour une série de livres qu'il n'a pas eu le temps d'écrire avant sa mort". A rebours, on murmure qu'en 2005 l'un des plus influents jurés du Goncourt a voté contre Houellebecq parce que Fayard avait osé lui réclamer par avocat le remboursement d'une avance pour un livre qu'il n'avait jamais livré..." (p.38)
ça fait envie (de devenir juré:)
Rédigé par: Marco | 12 novembre 2007 à 12:27
Du grain à moudre pour tous (et extrait du blog " Lignes de fuite", par cgat). Et puis, il faut bien relever un peu le niveau, ça dort par ici... ;-)
(...)les indignations, accusations et gesticulations actuelles autour des prix deviennent trop habituelles pour ne pas faire partie du plan promo de toute rentrée littéraire qui se respecte. La polémique est un simple accessoire, au même titre de La société de consommation sur une photo publicitaire aux abdos trop parfaits pour ne pas être photoshopés de Beigbeder.(...)
http://blog.lignesdefuite.fr/
Rédigé par: Digzad | 12 novembre 2007 à 15:18
wratH? pEUX TU ENLEVER TA LISTE DE VIEUX CD DU BANDEAU GAUCHE? çA CRAINT ET C'est ringard.
C'est comme si tu revendiquais le cinéma indépendant américain comme ayant une grosse influence, et que tu ne cites que les films que tu as vu quand t'étais en terminale( Clerks, Living In Oblivion et Pulp Fiction et rien de neuf depuis 15 ans).
Tu n'es pas influencé par ces disques, ce sont juste des réminiscences de l'adolescence.
Rédigé par: REMARQUES | 12 novembre 2007 à 16:26
@ Dagzid (ou quel que soit ton nom :)
c'est bien ça le pire: c'est que tout scandale mettant en cause la publication ou la consécration d'un livre devient systématiquement un outil de promotion supplémentaire. Et franchement, je suis persuadé que ce n'était pas prévu et orchestré par les commerciaux au départ... ils n'avaient sans doute pas imaginé une telle connerie chez le public... bon, maintenant qu'elle est scientifiquement prouvée, cette connerie, ils en profitent un max, et les dénonciateurs autant que les dénoncés, en effet; ils auraient tort de s'en priver.
"Réza écrit un livre opportuniste sur Sarko, dans lequel on n'apprend rien? _ j'achète!"
"Quoi? Christophe Donner montre que le Renaudot à Pennac, c'est une imposture? dans ce cas, hop! je m'achète les deux, tiens!"
"Werber écrit des daubes sur les fourmis et l'au-delà? j'en veux un, j'en veux un!"
A ce rythme, on aura bientôt un best seller intitulé: "Les lecteurs sont des fils de putes"; quoi, ils nous insultent maintenant? c'est scandaleux! j'achète, hi hi hi
Rédigé par: Marco | 12 novembre 2007 à 17:40
@Marco, tu n'as pas tt à fait tort, ttes les excuses sont bonnes pour faire parler de ça. Une petite rq sinon, en France, plutôt que de se gratter le dos, on parle de se passer la main ds le dos, on doit être plus sensuels :-). Egalement, gratter, c'est important si on veut écrire qqchose, même si avec un ordi, c'est plutôt taper. Dis Wrath, tu voudrais que je te mette ds la catégorie "grattage" sur mon blog? sans méchanceté aucune ;-)
Rédigé par: cassiopée | 12 novembre 2007 à 17:56