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28 novembre 2007

60ème journée des dédicaces à Sciences-Po

Journee_dedicaces Ah, la journée des Dédicaces de Sciences-Po, voilà qui éveille chez moi tout un tas de souvenirs endormis. Je me souviens y être allée en 2000 et avoir acheté "Anissa Corto". Yann Moix m'avait dessiné une poule sur la page de garde ( symbole douteux, j'en conviens...) Et bien sûr, je n'ai jamais pu dépasser la 5ème page du bouquin: déjà à l'époque, je montrais peu de prédilection pour les livres illisibles...

Donc si vous aussi, vous voulez une belle dédicace, rendez-vous rue Saint Guillaume ce samedi 1er Décembre.

Seront présents: Frédéric Beigbeder, Florian Zeller ainsi que des Podwrathés (Serge Joncour, David Foenkinos). Sans oublier Tatiana de Rosnay, qui dédicacera Elle s'appelait Sarah.

27 novembre 2007

Snowbooks, un éditeur transparent

Haroldhare723847 Si je consacre autant de temps à ce blog, c'est principalement pour dénoncer l'hypocrisie du milieu de l'édition. Prétendre que Jeanne Labrune était inconnue avant d'être publiée (et je prends un exemple entre mille), c'est n'importe quoi.

Le résultat de cette culture de l'hypocrisie est simple: les wannabes se sentent honteux de recevoir des lettres-types de refus (si leur manuscrit avait une chance et est refusé, c'est forcément qu'il était mauvais).

Et après la honte, vient la colère, quand on se rend compte que la qualité littéraire n'avait rien à voir là dedans.

Ce cercle vicieux n'est évitable que si les maisons d'édition jouent la carte de la transparence totale.

C'est le cas pour certains petits publishers britanniques. Ainsi, Snowbooks a une rubrique "Foire aux questions" particulièrement directe:

Question (d'un wannabe mécontent): vous avez rejeté mon manuscrit, et vous venez de m'envoyer un email d'une ligne sans mentionner aucune raison. J'ai attendu des mois: vous pourriez au moins me donner du "feedback"!

Réponse de l'éditeur: Je sais, c'est pourri. Simplement, nous n'avons pas le temps de donner des raisons ou du "feedback" quand nous rejetons un manuscrit. [...] Peut-être que notre "open rejection letter" vous sera utile. Nous espérons que vous comprendrez.

Eh bien, j'attends avec impatience le jour où un éditeur français qualifiera les lettres-type de refus de système "pourri"...

26 novembre 2007

"Inintéressant et invendable": pourquoi la littérature française n'intéresse plus personne...

Nombril "En 2006, sur 6 351 nouveautés publiées en littérature, trente et un seulement ont intéressé les Etats-Unis (et absolument aucune un pays tel que l'Inde). Sans doute le reste est-il considéré comme trop hexagonal, inintéressant, ou simplement invendable."

Le Monde semble maintenant produire du vrai journalisme (cf chiffres et vision honnête du désastre). 0,5% de traductions, il n'y a pas de quoi se vanter...

"A moins que nous ne manquions de recul. Certains de ces ouvrages qui rebutent les éditeurs étrangers sont peut-être signés par de grands esprits universels qui se révéleront plus tard. A cette aune, en effet, Virginia Woolf, Henry James ou Nathalie Sarraute auraient eu bien du mal à sortir de leurs frontières..."

Ooops, j'ai parlé trop vite...

Je doute que David Foenkinos et Jean-Baptiste Gendarme, tous deux publiés dans la Blanche de Gallimard, soient de "grands esprits universels". Des types très sympas, probablement ( quoique... ) Mais les nouveaux Henry James, laissez-moi rire !

24 novembre 2007

Voix critique, voix créative

Creativite Je dois rendre une nouvelle de 5000 mots pour mon cours de creative writing lundi. J'ai commencé la semaine dernière mais voilà, j'en suis encore à 1800 mots car j'écris ultra lentement en anglais.

Donc ma prof Julia Bell a raison: pour bien écrire, il faut utiliser sa "voix critique" (critical voice) ET sa voix créative. Si vous êtes trop critique vis-à-vis de votre travail, vous n'avancez pas. En revanche, si vous laissez libre cours à votre créativité sans regard critique, vous vous retrouvez avec un torchon.

(Je suspecte les Christophe Paviot et consorts d'être très créatifs...)

23 novembre 2007

Le Diable Vauvert et les stagiaires

Diable_vauvert En explorant le blog de Don, j'ai appris que les stagiaires du Diable Vauvert continuent à sévir...

Je me souviens leur avoir envoyé mon manuscrit depuis Londres et la même semaine, j'ai reçu un email-type de refus.

"Chère Lise-Marie Jaillant,

Nous vous remercions de la confiance que vous nous avez accordée en nous adressant votre manuscrit Crevez tous, useless cunts. Malheureusement, nous ne le retenons pas car il ne correspond pas à ce que nous souhaitons publier. Le nombre très important de manuscrits qui nous est adressé ne nous permet pas de vous faire une réponse personnelle agrémentée de conseils et nous contraint aujourd¹hui à ce genre difficile et un peu froid de la lettre type. C¹est cependant la seule façon de vous répondre aussi rapidement que possible. Merci de votre patience."

Et l'auteur de cet email n'était autre que: stagiaire@audiable.com

Bon, vous savez qu'en bonne libérale, je déteste l'exploitation des stagiaires.

Alors soyons clair: que les éditions du Diable Vauvert ne soient pas foutues de lire les manuscrits d'inconnus, OK, c'est la norme (à défaut d'être normal !). Qu'ils arnaquent des pauvres étudiants avides d'expérience professionnelle, c'est également la norme.

Mais franchement, les stagiaires pourraient au moins avoir leur adresse personnalisée, plutôt qu'un simple numéro matricule...

22 novembre 2007

Alain Robbe Grillet et ses "brouillons impubliables"

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais en ce moment, tout le monde parle de moi. Thomas Clément me gratifie d'un petit montage, et Léo Scheer (encore lui) utilise ma photo dans un post pas très clair.

Même Pierre Assouline s'est mis en mode "wrath" avec une histoire comme j'en raffole. Reprenons depuis le début:

Alain Robbe-Grillet publie une nouvelle bouse, et malgré son grand âge, il en est conscient. De son propre aveu, ce sont des "brouillons impubliables et masturbatoires".

Personnellement, j'en suis restée à sa grande période nouveau roman. Et soyons honnête, si "Les Gommes" n'avait jamais été publié, qui s'en plaindrait aujourd'hui ?

Malheureusement, Robbe-Grillet a des amis bien placés qui veillent. Léo Scheer a ainsi qualifié son dernier opus de "chef d'oeuvre" et l'a sélectionné pour le Prix Sade remis le 29 novembre.

"Il n’est donc pas impossible qu’Alain Robbe-Grillet soit couronné ce jour là. Après tout, outre sa copine Catherine Millet, le jury est notamment composé de sa femme Catherine et de son avocat Emmanuel Pierrat." (Sce: PA)

C'est ce qu'on appelle du copinage assumé. D'un autre côté, vous pourriez me dire que le prix Sade est inconnu et voué à le rester. Et contrairement à Assouline, je ne pense pas que Robbe Grillet obtienne le prix (il l'a déjà eu en 2004).

N.b. pour un compte-rendu du Prix Sade 2006, rendez-vous ICI (en dessous des photos de Beckham à poil...)

20 novembre 2007

Bonnes nouvelles

Compagnie_du_barrage Sur les conseils de Stéphane Boudy, j'ai été rendre visite au site Bonnes Nouvelles. Nicole Amann propose une liste de concours de nouvelles, ainsi que des lectures en MP3.

On peut regretter l'interface tristounette et l'absence de commentaires de lecteurs. Mais ça me fait plaisir de voir que quand les éditeurs ne font plus leur travail, il existe encore des passionnés de littérature. Une espèce rare et à encourager!

19 novembre 2007

Editions Léo Scheer: wannabes et "harcèlement téléphonique"

Lecteur Décidément, je devrais lire le blog de Léo Scheer plus souvent: c'est un trésor d'hypocrisie "made in milieu littéraire".

Une brave wannabe, du nom de Barberine, laisse ce commentaire:

"J'apprends que vous ne prenez plus de manuscrits et moi, je voulais vous en envoyer un."

Réponse de Léo Scheer:

"Je ne sais pas où vous avez trouvé cette info/intox. Si je ne reçois plus les manuscrits, je me demande ce que c'est ces "choses" que nous lisons à longueur de journées et de nuits."

(Ah ah, laissez moi rire. Natashka Moreau, qui est publiée chez LS, m'a dit que les manuscrits "envoyés par la Poste" partait directement à la poubelle. Ce que confirme ma petite expérience: 8 mois après leur avoir envoyé mon roman, je n'ai toujours pas de réponse.)

Réponse de Barberine:

"J'ai eu une fille au téléphone qui m'a répondu que vous ne "preniez plus de manuscrit" et quand j'ai demandé "Et la collection Laureli non plus?" la jeune voix m'a répondu "non"."

(Et voilà comment on traite un wannabe: non, ton manuscrit n'est pas assez bon pour nous. Ce qui a l'avantage d'être plus honnête que le discours consensuel: tous les manuscrits sont lus...)

Réponse de Léo Scheer:

"L'envoi d'un manuscrit génère, en moyenne 5 appels téléphoniques. 1) pour demander à qui et où l'envoyer, 2) pour demander si on l'a bien reçu, 3) en général au bout de deux semaines, pour demander dans combien de temps il y aura une réponse, 4) quand la réponse est négative pour demander le retour du manuscrit et, éventuellement une nouvelle justification du refus, 5) pour dire que le manuscrit n'a pas été retourné, et là, parfois, le cauchemar du manuscrit égaré, surtout s'il comprenait des photographies originales....Bref, 2.000 manuscrits par an x 5 = 10.000 appels téléphoniques. Nous sommes 8 pour gérer les ELS, Laureli, Melville, trois revues et une galerie d'art, (on nous explique par ailleurs, que nous sommes encore trop nombreux si nous voulons amortir la charge salariale), et nous n'avons pas de secrétariat pour assurer les contacts téléphoniques. C'est donc un vrai problème. Notre hantise, c'est le harcellement téléphonique. Une personne qui appelle une petite maison d'édition juste pour demander si elle reçoit des manuscrits, c'est à priori, une menace de harcellement téléphonique, c'est la promesse que ce premier coup de fil inutile et absurde va en entraîner bien d'autres, je comprends donc la personne exaspérée, qui n'arrive plus, au bout d'un moment, à faire son travail urgent, et qui finit par répondre, dans ce cas :"Non, nous ne recevons pas les manuscrits" selon le principe, à question idiote, réponse idiote."

Morale à l'adresse du wannabe: arrêtez de harceler ce pauvre Léo Scheer, qui-lit-tous-vos-manuscrits. Arrêtez de poser des "questions idiotes" au téléphone. Arrêtez d'écrire, et laissez cette tâche à ceux qui ont VRAIMENT une chance d'être publié...

18 novembre 2007

Prix littéraires: heureusement que les Belges sont là...

Un_ecrivain_belge La saison des prix littéraires est finie, et le bilan n'est pas joli joli. Entre le naufrage du Prix de Flore (attribué à Amélie "j'aime les sushis") et les magouilles du Prix Renaudot, la saison 2007 ne laissera pas un grand souvenir.

D'ailleurs, le New York Times a consacré seulement 100 mots aux prix littéraires français. Un petit résumé bien laconique, alors que "Alabama Song" (prix Goncourt) parle de Zelda Fitzgerald. Mais les Américains n'ont pas envie de lire un pensum sur la femme d'un de leurs écrivains préférés...

Mais heureusement,la presse belge continue à s'intéresser au micro-milieu parisien. Nostalgie.be a même été interviewer Gilles Leroy à Bruxelles.

Donc tout va bien à Saint-Germain: il y a encore des étrangers qui lisent, ou du moins parlent des bouses primées d'automne. Bon, OK, des étrangers belges (mais c'est mieux que rien!)

16 novembre 2007

SNCF et Village People, même combat

Si votre vie est un calvaire, si vous n'en pouvez plus des grèves, si vous ne rêvez que d'une chose: PARTIR ailleurs (dans un pays où les gens travaillent ou à défaut, n'emmerdent pas ceux qui veulent travailler...), eh bien, regardez cette vidéo. Le début est un peu long, mais le reste vaut le coup d'oeil...

(Les pro-cheminots, pro-avantages acquis, pro-"rois de la France" peuvent passer leur chemin)

N.B. Merci à Charles Bremner pour l'info.

Sncf
Vidéo envoyée par milwakee

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