Décidément, je devrais lire le blog de Léo Scheer plus souvent: c'est un trésor d'hypocrisie "made in milieu littéraire".
Une brave wannabe, du nom de Barberine, laisse ce commentaire:
"J'apprends que vous ne prenez plus de manuscrits et moi, je voulais vous en envoyer un."
Réponse de Léo Scheer:
"Je ne sais pas où vous avez trouvé cette info/intox. Si je ne reçois plus les manuscrits, je me demande ce que c'est ces "choses" que nous lisons à longueur de journées et de nuits."
(Ah ah, laissez moi rire. Natashka Moreau, qui est publiée chez LS, m'a dit que les manuscrits "envoyés par la Poste" partait directement à la poubelle. Ce que confirme ma petite expérience: 8 mois après leur avoir envoyé mon roman, je n'ai toujours pas de réponse.)
Réponse de Barberine:
"J'ai eu une fille au téléphone qui m'a répondu que vous ne "preniez plus de manuscrit" et quand j'ai demandé "Et la collection Laureli non plus?" la jeune voix m'a répondu "non"."
(Et voilà comment on traite un wannabe: non, ton manuscrit n'est pas assez bon pour nous. Ce qui a l'avantage d'être plus honnête que le discours consensuel: tous les manuscrits sont lus...)
Réponse de Léo Scheer:
"L'envoi d'un manuscrit génère, en moyenne 5 appels téléphoniques. 1) pour demander à qui et où l'envoyer, 2) pour demander si on l'a bien reçu, 3) en général au bout de deux semaines, pour demander dans combien de temps il y aura une réponse, 4) quand la réponse est négative pour demander le retour du manuscrit et, éventuellement une nouvelle justification du refus, 5) pour dire que le manuscrit n'a pas été retourné, et là, parfois, le cauchemar du manuscrit égaré, surtout s'il comprenait des photographies originales....Bref, 2.000 manuscrits par an x 5 = 10.000 appels téléphoniques. Nous sommes 8 pour gérer les ELS, Laureli, Melville, trois revues et une galerie d'art, (on nous explique par ailleurs, que nous sommes encore trop nombreux si nous voulons amortir la charge salariale), et nous n'avons pas de secrétariat pour assurer les contacts téléphoniques. C'est donc un vrai problème. Notre hantise, c'est le harcellement téléphonique. Une personne qui appelle une petite maison d'édition juste pour demander si elle reçoit des manuscrits, c'est à priori, une menace de harcellement téléphonique, c'est la promesse que ce premier coup de fil inutile et absurde va en entraîner bien d'autres, je comprends donc la personne exaspérée, qui n'arrive plus, au bout d'un moment, à faire son travail urgent, et qui finit par répondre, dans ce cas :"Non, nous ne recevons pas les manuscrits" selon le principe, à question idiote, réponse idiote."
Morale à l'adresse du wannabe: arrêtez de harceler ce pauvre Léo Scheer, qui-lit-tous-vos-manuscrits. Arrêtez de poser des "questions idiotes" au téléphone. Arrêtez d'écrire, et laissez cette tâche à ceux qui ont VRAIMENT une chance d'être publié...
Les commentaires récents