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Revues littéraires

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23 décembre 2007

Quelques jours de vacances...

...bien méritées. Je vous souhaite de très joyeuses fêtes et j'espère que vous reviendrez bientôt meCouronne_sapin rendre visite.

Après les Christmas holidays, ce blog reprendra vie avec:

  1. D'autres textes de la Revue Sans Soirée
  2. D'autres Podwraths
  3. Et toujours plus d'infos sur le bad bad world de l'édition...

Take care!

21 décembre 2007

Maggie O'Farrell, "After you'd gone"

Je viens de finir un très bon roman pour mon bookclub: "After you'd gone" ("Quand tu es parti") de Maggie O'Farrell. La narration est éclatée en différents points de vue, et pourtant, c'est un livre facile à lire et très prenant.

Je me suis très vite attachée au personnage d'Alice, une jeune Londonienne hantée par son passé. Après avoir pris le train pour Edimbourg, Alice voit quelque chose qui la persuade de retourner à Londres. Qu'est-il arrivé à John, son boyfriend? Que câche sa famille?

"After you'd gone" est donc un de ces romans qu'on ne lâche pas, même quand il est 3h du mat' et qu'on doit bosser le lendemain...

Bon, je vous laisse avec une petite interview de Maggie O'Farrell, trouvée dans le Guardian:

"What was the best advice you received when you were starting out?
To keep going.

What advice would you give to new writers?
Get a job. I don't mean that in the sense of "give up writing", more that it's dangerous for a writer to cut themselves off from the world. You have to be out experiencing things, meeting people and living life, and not locked away in your garret staring at the wall. So, find a job that allows you a certain amount of time, and headspace, to write."

Mmmm... Je ne suis pas sûre que "se couper du monde" soit vraiment néfaste à l'écriture. Après tout, la plupart des écrivains n'éprouvent aucun besoin ou plaisir à rencontrer des gens (par leur travail, ou autre).

Au contraire, le goût de la solitude est une condition sine qua non à l'écriture. Vous ne croyez pas ?

20 décembre 2007

Pierre Assouline, ce qui fait un écrivain

Pierre_assouline Quand Pierre Assouline fait de l'humour, ça donne ça:

"Pas de doute, il nous manque, Houellebecq. On se demande comment on a pu s’en passer si longtemps. Si Sarkozy avait la bonne idée de l’échanger contre Ingrid Betancourt, il est probable que la guérilla accablée sortirait de la jungle et rendrait les armes au bout de trois mois."

C'est évident, Passou est jaloux de Houellebecq. Personne ne l'accueille à l'étranger comme une rock star. Aucun groupe d'universitaires n'organise de conférences internationales sur son oeuvre.

L'ambassade de France en Corée l'a bien invité en 2006, mais la salle était un peu vide (voir photos ICI)

Eh oui, c'est la dure loi de Saint-Germain: vous pouvez être une star dans le 6ème et inconnu ailleurs. Quand on produit des bouquins illisibles en série, quand on méprise son public, on finit toujours par payer.

Houellebecq, lui, vend et fidélise ses lecteurs. Ce que Passouline, en bon "poids lourd du milieu", ne sera jamais capable de faire...

18 décembre 2007

Se faire publier quand on s'appelle Mohammed

SollersL'hebdomadaire britannique "The New Statesman" a produit un article sur "l'intellingentzia parisienne déconnectée de la réalité".

Pour un magazine à la réputation francophile-intello-gauchiste, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère (même si s'attaquer à Sollers, c'est un peu facile...) :

"Si Sollers est largement inconnu dans le monde anglophone, c'est simplement parce que les écrivains français n'ont plus la place centrale qu'ils avaient du temps de Sartre et Camus."

Bon, que les Anglo-Saxons ne lisent pas Sollers, on s'en doutait un peu (qui a envie de se taper les Mémoires d'un mégalo dont l'heure de gloire est passée?)

Mais je suis d'accord avec la suite de l'article:

"Un des faits les plus intéressants des émeutes [dans les banlieues] de 2005 et 2007 a été le silence absolu des intellectuels parisiens sur ce sujet - probablement parce que ça ne rentre pas dans leur conception du monde réel"

Et effectivement, les émeutes sortent du "champ des possibles" pour l'intelligentzia parisienne. D'où le silence assourdissant: qui a envie de penser à la banlieue, quand on est bien à l'abri à Saint Germain?

Et comme d'habitude, il faut chercher du côté de la sélection des écrivains pour comprendre.

Vous croyez vraiment que Mohammed du 9-3 a une chance de se faire publier dans une maison d'édition parisienne? Ecumer les soirées littéraires et peaufiner son réseau demande de maîtriser des codes sociaux élaborés (la bonne façon de parler et de se tenir pour paraître "très sympa")

Et quand un "jeune issu de l'immigration" arrive à se faire éditer, on le tient gentiment à l'écart. Faiza_gueneExemple: Faïza Guène, qui s'est plainte au Guardian d'être méprisée par le milieu littéraire.

Bref, l'écriture reste la chasse gardée des Blancs-classes moyennes-bien éduqués. Le phénomène "Zadie Smith" n'est pas près de se produire en France...

Revue Sans Soirée n°2: Premier texte online

Au programme de la Revue Sans Soirée, un texte de Marco Séfaris, "Tigres et dresseurs de tigres". Rendez-vous ICI

17 décembre 2007

Le Dilettante et les réponses aux manuscrits

Librairie_dilettante Je viens de recevoir un email, que je me permets de reproduire ici car ça devrait intéresser tout wannabe:

"J'avoue que cette dame [Catherine MARTIN des éditions du Dilettante] est une "killeuse de rêve" à ne pas mettre sous tout regard....

Ma fille a adressé un recueil de nouvelles à cette maison d'éditions qui dépérit pourtant un peu depuis qu'Anna Gavalda se laisse distraire par d'autres éditeurs.

Or cette très chère Catherine Martin a adressé à ma fille une lettre odieuse lui signifiant que son écriture était agaçante, ses chutes attendues et son style absolument nul et inintéressant!!!... J'ai dû consoler ma fille de ces propos stupides émanant d'une personne manquant totalement de tact, de psychologie et, peut-être, de talent et de discernement. Les auteurs sont fragiles...

Catherine Martin souhaite-t-elle les pousser au suicide et de quel droit une femme prétendue représenter un éditeur se permet-elle autant d'impolitesse et de méchanceté? Dans quel but et pour quelle cause?"

Bon, ce n'est jamais facile de se prendre une critique négative féroce. Personnellement, dans mon cours de creative writing, j'en ai reçu des bien méchantes. Mais je suis persuadée que ça fait partie du métier d'écrivain que de savoir accepter la critique (même injuste et infondée).

Pourquoi? Parce que publier, c'est s'exposer. Et quand on s'expose, il faut s'attendre à recevoir des coups.

Et mieux vaut une critique négative plutôt que rien du tout. Le Dilettante est, à ma connaissance, la seule maison d'édition qui se donne la peine de répondre de façon personnalisée aux wannabes. Et j'espère qu'ils vont continuer dans cette voie !

Quant à qualifier Catherine Martin de "killeuse de rêves", c'est lui attribuer beaucoup de pouvoir. Personnellement, il me faudrait plus qu'une critique négative pour me faire renoncer à être écrivain...

14 décembre 2007

Ian McEwan, "On Chesil Beach"

Un de mes défauts: je parle parfois trop vite.

Une de mes qualités: je suis capable de lire un texte, indépendamment de son auteur (sympa ou pas sympa) et de ses autres ouvrages.

Donc mea culpa, j'ai jugé Ian McEwan trop rapidement. "Atonement" ("Expiation") m'était tombé des mains: la mise en abyme, très peu pour moi, ça me rappelle les pires jours du nouveau roman.

Mais je me suis dit qu'il fallait redonner une chance au bonhomme, et j'ai emprunté son dernier roman, "On Chesil Beach".

Au début, la narration omnisciente m'a agacée. Le côté "voilà ce qui va se passer, et mes personnages ne le savent pas encore", très peu pour moi.

Mais très vite, je me suis laissée prendre par l'histoire. ça se passe dans les années 1960: Edward et Florence viennent de se marier et s'apprêtent à passer leur nuit de noces ensemble. Ils sont vierges tous les deux et redoutent, pour des raisons différentes, LE grand moment.

Comme le dit très bien "The Independent", Ian McEwan est très fort pour les scènes de malaise (unease). Le repas pris par les jeunes mariés est un modèle de gêne: ça m'a rappelé Tom Wolfe à son meilleur.

Pour autant, ce n'est pas un roman voyeur et nombriliste. Les scènes de flashbacks permettent de mieux comprendre la névrose de Florence et l'exaspération d'Edward (voir cet extrait).

Bref, un bon bouquin, très précis au niveau des descriptions et des sensations. Si vous comprenez l'anglais, lisez-le (sinon, il faudra attendre la traduction dans quelques mois...)

MàJ 02/08/08: "Sur la plage de Chesil" sortira chez Gallimard le 11 septembre 2008. Traduit de l'anglais par France Camus-Pichon, 160p., 16,90 €.

Pour lire un extrait, rendez-vous sur Fluctuat

Lilly Allen, une lectrice ordinaire...

Lilly_allen Disons-le tout de suite: je ne suis pas une fan de Lilly Allen. C'est une énième "fille de" (son parrain est le chanteur des Clash), et ses chansons ne cassent pas une patte à un canard.

Pourquoi j'en parle ici, alors? Parce la jeune Lilly a été choisie comme juré du prestigieux Orange Prize. Comme pour les autres prix britanniques, le jury est tournant et est composé d'écrivains, journalistes mais aussi de lecteurs "ordinaires".

Et Lilly, en tant que "ordinary reader", a toute sa place au Orange Prize, selon le Guardian:

"Allen, at 22, is the youngest ever judge of a prize for which many contenders are authors also in their 20s. With the following the singer brings, the potential to extend reading beyond those already committed to it - including the often elusive younger age group - is also in some sense a prize."

Quand on voit les vieux croûtons qui siègent depuis des années au Goncourt & co, on se dit qu'un peu de sang neuf ne ferait pas de mal. Je suggère Lorie à la place d'Edmonde Charles-Roux...

Mais c'est vrai que les Britanniques ont une perspective différente: ils pensent vraiment qu'un prix littéraire va permettre de conquérir de nouveaux lecteurs (en particulier, de lecteurs plus jeunes). 

Alors que les prix littéraires français récompensent un éditeur, voire un auteur et son réseau. Les lecteurs, c'est comme les wannabes: des maillons faibles...

12 décembre 2007

Y a-t-il encore des écrivains français?

Cornellcapaoutsidethecafedeflore133 Un ami français vivant à Londres m'a demandé récemment le titre du "nouveau Goncourt".

"Euuh...Alabama quelque chose. ça parle de la femme de Fitzgerald", lui ai-je répondu.

"Bizarre, personne n'en a parlé ici..."

Comme tout Français, mon ami a des relents nationalistes-universalistes. D'où l'étonnement quand on découvre que les Anglo-saxons se moquent complètement des écrivains français.

Quand j'en parle sur mon blog, j'ai droit à des arguments du type: "Oui, mais les Anglais et Américains lisent peu de traductions".

C'est complètement faux. Prenons la liste des meilleurs bouquins de fiction en 2007, parue dans le New York Times.

Sur les cinq romans sélectionnés, deux sont des traductions. "Out stealing horses", par le Norvégien Per Petterson et "The savage detectives", par le Chilien Roberto Bolano, bien connu dans le monde hispanophone.

Encore plus inquiétant: le New York Times n'a pas sélectionné d'auteurs français en 2006, 2005, 2004, 2003, 2002, 2001, 2000, 1999, 1998 et 1997. J'ai limité ma recherche aux dix dernières années, sinon j'y serais encore!

Et pourtant, le New York Times n'a pas hésité à couronner des biographies d'auteurs ou de peintres français (Colette, Rimbaud, Matisse).

Donc on peut difficilement les accuser de francophobie. Mais bon, j'arrête là, je sens que je trouble le calme et la bonne entente qui règnent à Saint-Germain-des-Prés: sirotez votre verre au Flore, et surtout, ne changez rien...

11 décembre 2007

Librairies indépendantes: le prix du sauvetage

Bramhall_village_bookshop Décidément, rien ne change jamais en France. Christine Albanel, ministre de la Culture, a annoncé le mois dernier un "plan d'action en faveur du livre". Et c'est digne de la grande tradition interventionniste, consensuelle à droite comme à gauche.

Ainsi, les aides allouées par le Centre National du Livre aux librairies indépendantes vont doubler en 2008, pour atteindre 2,5 millions d'euros (Sce: CNL).

Bah oui, les pauvres librairies indépendantes ont bien besoin de vos subventions. Sinon, elles seraient remplacées par les sites online, Amazon et co.

Et alors? ai-je envie de demander. Pourquoi continuer à suventionner des commerces qui ne font pas le poids face à la concurrence? Après tout, la plupart des usines de textile ont bien fermé dans les années 70-80 mais les meilleures ont résisté. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les librairies?

Prenons l'exemple des Britanniques: le principe même des aides publiques les fait frémir. Et pourtant, je connais d'excellentes librairies à Londres (avec café à l'intérieur, ce qui permet de lire tranquillement un bouquin sans l'acheter!).

Donc le "plan d'action Albanel" me fait gentiment rire. Le Syndicat de la Librairie française peut être content: encore une victoire pour les conservateurs protectionnistes.

La prochaine étape: forcer Amazon à renoncer à ses frais gratuits de livraison. C'est ce qu'on appelle défendre les intérêts des lecteurs...

Rentrée littéraire 2008

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