My Photo

Myspace

Mon ancien blog

Revues littéraires

stats


« "On ne peut pas avoir vécu", Alexandre Schuers | Accueil | Enfin un livre français lu à l'étranger... »

10 janvier 2008

Marc Lévy et le prix du succès

Marc_levy En lisant la liste des 10 romanciers qui ont le plus vendu en 2007, je me dis qu'il ne fait pas bon avoir du succès en France.

Prenons Marc Lévy. qui pour la quatrième année consécutive, est en tête du palmarès. Pourtant, il n'est pas prêt de remporter le Goncourt, ou autre forme de reconnaissance symbolique.

Quand je l'avais rencontré pour un Podwrath, il m'avait dit ne pas s'en soucier: "L'essentiel, c'est mes lecteurs!".

(Et il faut reconnaître que Marc Lévy répond personnellement aux emails envoyés via son site web. C'est comme ça que je l'avais contacté, d'ailleurs...)

Aujourd'hui, le succès se paie au prix de la légitimité littéraire. Même Amélie Nothomb souffre d'une image de "pondeuse de romans".

Mais comme la France a toujours 20 à 40 ans de retard, il viendra un temps où les maisons d'édition parisiennes s'aligneront sur les Etats-Unis.

Si vous avez lu "L'édition sans editeurs" d'André Schiffrin, vous savez que les éditeurs indépendants américains se sont faits peu à peu englober par des conglomérats (étape 1, correspondant aux années 1950-60 aux USA).

Après une période de relative liberté éditoriale (étape 2), les grands groupes ont exigé un retour sur investissement de plus en plus pointilleux. Panthéon, la maison dont s'occupait André Schiffrin, a ainsi dû publier des livres de cuisine ou de photographies afin d'améliorer sa rentabilité (étape 3, fin des années 80).

La France en est encore aux étapes 1-2. Des géants comme Hachette contrôlent des maisons comme Grasset, Stock,...mais leur laissent une part importante d'autonomie. En clair, si les éditeurs veulent publier les bouses de leurs amis, très bien, personne ne va les en empêcher.

Quand l'étape 3 sera franchie, Grasset et Stock se battront pour publier des Marc Lévy. Les auteurs "difficiles" (=auteurs de torchons non vendables) seront mis à la porte. Et je serais la dernière à pleurer sur leur sort...

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/1067248/24977212

Voici les sites qui parlent de Marc Lévy et le prix du succès:

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux de commentaires pour cette note.

Je crois que je vais aller acheter un gros 4 X 4 allemand... Un Panzer grand public! Et profiter des restes de pétrole de cette foutue planète pour la pousser à sa perte.

La seule reconnaissance qui vaille est celle des lecteurs, qu'importe les prix littéraires qui, entre nous, ne fond pas systématiquement vendre...

En même temps, il est sympa Marc Lévy, mais bon, lui donner le prix Goncourt, ça serait pousser la bouchon un peu loin, je préfère encore qu'il soit donné à des stricts inconnus, ça permet de découvrir de nouvelles choses. Mais c'est vrai que tu as une vision particulière de la littérature. Une personne influente ds le milieu Germano-prantin aurait dit "Wrath est à la littérature ce que MacDo est à la gastronomie" tout un programme :-)

Hello,

oui, enfin cela provue uniquement que Marc Lévy sait faire du marketing, et écrit pour faire plaisir à ses lecteurs (c'est devenu un professionnel, quoi).
C'est à dire qu'il a le comportement standard de tous les écrivains marketing. Ca lui fait écrire des livres un peu formatés, et en échange il gagne de la thune. Ce n'est pas nouveau. Mais tu devrais prendre comme référence Christian Jacq qui je crois est l'auteur français le plus vendu dans le monde, donc d'après toi particulièrement enviable? Je demanderai à ma grand-mère de quoi ça parle.
Je partage ton constat sur l'américanisation, seulement je le regrette et ne vois pas bien le progrès quand le monde qu'on connaît aura disparu.
Mais c'est comme ça.
Je trouve ça même un peu dommage: puisque tu es convaincue de la valeur du système anglo-saxon, tu peux vivre peinard en GB ou aux USA; mais si notre système disparaît, je me demande bien où je vais devoir habiter, moi :)

Comment Marc Lévy pourrait-il décrocher un prix? Il fait partie de ces honnêtes artisans qui font des livres sympas et bien ficelés ( encore que dans le genre Françoise Bourdin par ex a beaucoup plus de talent), mais vous ne pouvez pas dire que c'est de la littérature; c'est faire injure à tous ceux qui REFLECHISSENT avant d'écrire, qui travaillent le texte; Nothomb c'est différent; elle a un potentiel énorme, mais ne travaille pas assez ses romans, ça se sent.
Comparons ce qui est comparable. Lisez Philippe Brodeck: son dernier opus est écrit dans une langue riche et poétique, à des années lumière du style Lévy. Et Claudel vend énormément.

Pardon, je voulais parler de Philippe Claudel, évidemment, et de son roman Le rapport de Brodeck.

En même temps, Wrath, la vraie question serait plutôt : QUI se préoccupe de tes aigreurs? Franchement, à part ton reflet dans ce blog, personne. Tes piqûres de moucheron ne sont pas prêtes d'incommoder le pachyderme Editor Saint Germanicus. Tout au plus distraire un peu quelques bloggueurs. Voilà, tu es un agent de distraction, de divertissement. Pour le statut d'écrivain, il va falloir attendre un peu. :-)
Tes raisonnements sont tellement prévisibles. La France "a 20 à 40 ans de retard" : la belle affaire de café du commerce!
Ce qui est plus révélateur, c'est de voir comme tu adhères au fatalisme économique = les US ont suivi ce chemin là, DONC nous ferons pareil... Toi, tu n'as jamais lu Astérix. Pourtant, Gosciny (qui était un grand auteur) avait parfaitement cerné le caractère ombrageux et indécrottable de nos compatriotes. Mais tu es loin de Lutetia, tu ne peux pas comprendre...
Ce qui est intéressant aussi, c'est de voir comme "l'étape 2"( "période de relative liberté édotoriale"), ne te fait pas lever un sourcil d'approbation. La "liberté relative" de la littérature, en fait, tu t'en fous un peu, non? Ce qui t'intéresse c'est le processus MARKETING. "Comment je vais vendre PLEIN de livres?" est ta grande question exsitentielle. Je crois que tu mets un tout petit peu la charrue avant les boeufs. Et les boeufs, c'est pas facile à élever. Persévère!

Bibi je trouve que derrière la provocation, ce sont des vraies questions qu'elle pose, Wrath. Sauf qu'évidemment, on peut en tirer un tout autre enseignement qu'elle.

Se dire qu'effectivement, dans l'édition comme ailleurs, les Etats-Unis font dans le libéralisme effrené... Le Marché, quoi... Et que peut-être, oui, la vieille Europe va emboîter ce pas-là...

Mais pourquoi cela devrait-il tant réjouir ?

La manière de faire américaine, en bouffe par exemple, c'est désastreux. Certes, beaucoup de hamburgers se vendent...

la manière de faire américaine, en politique étrangère, laissez-moi rire. Certes, beaucoup de moyens sont déployés en Irak...

La société américaine, faut vraiment le vouloir pour avoir envie de ressembler à ça. Entre pudibonderie et ignorance, églises à tous les coins de rue et retour à la création avec Eden, pomme et serpent...

La liberté américaine, génial, non. Vendre librement des armes à des ados perturbés, quel progrès considérable sur notre vieille société rouillée...

La solidarité américaine, un vrai délice. Pas de sécu, de la pauvreté laissée à elle-même, et un chèque obligatoire pour les soins médicaux. Vivement qu'on en arrive à ce haut degré de civilisation : tout pour ma gueule et rien pour les autres.

la politique américaine, bien en avance, c'est sûr. Publicités payantes, transparence à la Sarkozy sur les pipes du Président, parce que quand même, on doit tout savoir de la vie privée d'un homme public, sinon c'est chape de plomb et hypocrisie, faut juste étendre le concept à tout ce qui travaille, tiens, caméras de surveillance etc...

les universités américaines, un vrai paradis. Surtout si tu fais du basket, bien sûr. Ou si ton papa a suffisamment de pognon pour payer un labo... Comment, le "niveau moyen" d'instruction des américains est totalement médiocre ?


Mais qui parle de moyenne ? Du moment que moi je m'en sors ? En quoi une société, à laquelle j'appartiens et qui grâce à l'impôt entretient les routes où je roule, les études des médecins dont j'ai besoin, l'électricité dont je me sers, la piscine où je vais me baigner, la garderie où je dépose mes enfants, la maison de retraite où je fourre mes vieux, le nettoyage de la place du marché où je fais mes emplettes, le traitement de mes ordures et de ma merde, en quoi cette société, dis-je, devrait à aucun moment se soucier de qualité littéraire, de passion de lecture, d'art et de recherche ? Vendons, vendons, vendons, et ainsi, dieu, pardon, la Loi du Marché, reconnaîtra les siens;

Money, money, money...

Clopine, pas pressée d'y aller, moi, finalement. Mais je sens que Wrath a bien envie d'acheter son billet. Il ne faudrait pas la retenir, voyons.

et je n'ai pas parlé environnement, écologie, non-signature des accords de Kyoto et autres minuscules facéties laissées en libre service aux générations futures.

Clopine : Je m'interroge sérieusement. Je pense que ton post est un canular écrit par un libéral cherchant à faire passer les gauchistes français pour les rois des cons. Si ce n'est pas le cas, c'est effrayant.

Certes, Gadrel, mais la peur n'évite pas le danger, vous savez. Et à part entrer dans une discussion avançant quelques arguments, (même si aussi provocatrice que le message d'origine, je vous rappelle que la première provocation vient de Wrath, relisez donc son billet (auteurs difficiles = auteurs de torchons pas vendables, bonjour Julien Gracq) trembler ne fait en rien avancer le débat.

Clopine, hélas, ça va tourner en eau de boudin je le sens. Je ne suis pas une gauchiste française, j'ai ouï dire que les gauchistes étaient plutôt internationalistes, d'ailleurs.

Votre post me permet de voir que vous ne connaissez absolument rien au fonctionnement de l'édition.
Que veut dire "des maisons comme Hachette contrôlent Grasset, etc.?"
Savez vous ce qu'est un diffuseur et le rôle que celui-ci joue ? Que vous dénonciez le népotisme, d'accord. Pour le reste, venez faire un stage, suivez un master d'édition mais ne faites pas la leçon.

Non seulement elle n'y connaît rien mais elle n'arrive pas à lire un article jusqu'au bout. Voilà comment se termine cet article qui a déclenché cette nouvelle compulsion obsessionnelle vis à vis du SUCCES (aah, le succès, les ventes, la gloire, les flash et les autographes!):
"...Ne pas faire partie de ce classement n'a pourtant rien de déshonorant. Chacun sait que Baudelaire, Rimbaud, et même Proust, n'ont, de leur vivant, jamais conquis les foules. De la même façon, être lu par le plus grand nombre n'a jamais garanti aucune postérité. Il y a trente ans, Guy des Cars était un auteur de best-sellers incontesté. La nouvelle génération ignore jusqu'à son nom..." (Figaro Livres du 10.01. 08)
No comment de plus.
Ah si. Celui qui me fait vraiment marrer, c'est Gadrel. Faites le test : il suffit de prononcer les mots "money", "capitalisme", "USA", "loi du marché", "Georges Bush", ou "Etat" pour que l'anarcho-capitaliste de service sorte de sa boîte. Et de nous servir un de ses paradoxes de traviole assaisonnés à la sauce du mépris (en gros, vous n'avez rien compris à la société, vous êtes tous des cons) dont il a le secret. Continue, mec, tu es déjà une sorte de personnage de roman!

Merci pour ce décryptage François François, rafraichissant :-). En attendant, elle gonfle la miss Wrath à ne vouloir lire que des moitiés d'articles pour tirer des conclusions tordues, on a envie de lui prouver qu'elle se trompe, en vain, puisqu'elle ne lit que ce qui l'arrange. Pour ce qui est de Gadrel, hum, ne serait-il pas un gaucho-anarchiste international se faisant passer pour un libéral afin de tous les ridiculiser? Merci Gadrel, tu me fais bien rire :-D

En ce moment je lis un livre merveilleux "journal des années noires de jean GUEHENNO (folio n°517).Dans l'intro il y est dit que, paru en 1947, il ne s'en était vendu que 3834 en décembre 1949, un bide donc...60 ans plus tard, il se lit encore...en effet marc levy sera t'il lu dans 60 ans?

Oui mais alors là, Wrath, je suis un peu effondré: pendant que je te défends sur un autre blog, toi tu nous dis que l'autonomie éditoriale est un réel problème et que vite il faut que Grasset et Stock se battent pour éditer des Marc Lévy.
J'hésite à commenter, je ne sais par où commencer en fait.
Bon, sans reprendre ce que d'autres ont dit, imaginons: voilà, il n'y a plus que des Marc Lévy. Déjà, chacun des Marc Lévy au pluriel vend beaucoup moins que le Marc Lévy au singulier, et comme il n'y a plus que des Marc Lévy qui écrivent (puisqu'il n'y a plus que des Marc Lévy qui sont édités), il faut qu'un Marc Lévy ait de solides relations dans le milieu pour être choisi parmi les dizaines de milliers d'autres Marc Lévy. Il faudra bien du piston. Rien de nouveau dans le monde de l'édition, donc.
Et sinon, littérairement parlant, c'est ça, le bonheur? Il me semble que tu as lu et apprécié du Huysmans ou du Drieu la Rochelle; dans ton monde idéal où Grasset et Stock se battent pour des Marc Lévy, ils font quoi, tes Huysmans et tes Drieu la Rochelle? (sans parler du camarade Houellebecq qui n'aurait jamais pu décoller si son premier éditeur avait voulu un "retour sur investissement" sûr et rapide). Critiquer au cas par cas a du sens, mais ta volonté de tout systématiser...
Bref. Je continue à bien t'aimer, mais je me demande bien pourquoi :)

A part la charité chrétienne, Marco, je ne vois pas.
Car de manière rationnelle, il n'est pas possible d'abonder dans le sens de Wrath.
Et pourtant tu fais des efforts. Mais tu vois, même toi finit par désespérer!

En novembre vous nous avez parlé du naufrage du prix de Flore attribué à "Amélie j'aime les sushis",maintenant vous déplorez qu'elle souffre d'une mauvaise image chez certains...Où sont la logique, la réflexion, le suivi dans les idées?

@nicole : il n'y en a pas, c'est pour ça que nous aimons détester Wrath et revenons quotidiennement nous lamenter sur ses excès et sa mauvaise foi ....

Moi je viens juste pour lire les commentaires géniaux, vu que je ne suis jamais d'accord avec l'auteur(e) de ce blog!:)

@Jerome: exact. Le mépris des lecteurs est d'ailleurs au centre de la médiocrité littéraire française.

@Hannah: lisez "L'édition sans éditeurs" et on en reparlera. (Random House était le diffuseur de Pantheon; d'où mon parallèle Hachette-Stock/ Grasset)

@Charlie: Ce culte de l'artiste maudit-qui-ne-vend-rien m'insupporte. Houellebecq sera très probablement lu dans 60 ans, tout en ayant connu un immense succès de son vivant.

Donc soyons clair: un auteur qui ne vend pas, c'est à 99% un mauvais auteur.

@Marco: "il faut que Grasset et Stock se battent pour éditer des Marc Lévy"

Relis mon post, tu verras que je n'ai jamais dit ça. Simplement, je pense que le critère du marché (= vendre des livres = avoir des lecteurs) vaut mieux que le critère du copinage.

@sirius: détester ce que je raconte et revenir sur mon blog tous les jours, j'appelle ça de la mauvaise foi...


"Détester ce que je raconte et revenir sur mon blog tous les jours, j'appelle ça de la mauvaise foi..." Non,Wrath, ce peut être aussi la simple envie de se distraire... c'est mon cas ! Comme on irait voir un Ubu au pays de la littérature... Et puis, à force, la distraction devient désespérance... quand on se rend compte que votre prétention et VOTRE mauvaise foi est un puits sans fond.

Wrath's Blog? La distration quotidienne de lire quelqu'un pensant de travers comme marchent les crabes. Fascinant.

je n'ai pas le culte de l'artiste maudit-qui reste impublié (ou non diffusé s'il s'agit de chanson ou de l'acteur de génie perpétuellement au chômage).Mais une fois publié, on peut ne connaître le succès que de manière posthume (et que dire des Van Gogh and co )ou le connaitre après moult publications.
Houellebecq sera en effet probablement encore lu dans 60ans (mais après tout qu'en savons nous?)mais peut être seulement par un cercle d'happy few et pas de manière "massive" .
La pérennité littéraire obéit à des lois que nous ignorons tous..

...sauf Wrath, qui a la science infuse. Ou une boule de cristal. Ou des entrailles de porc.

Poster un commentaire

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier

Rentrée littéraire 2008

PODWRATH: interviews d'écrivains et éditeurs

S'abonner aux PODWRATH

Boutons publicitaires