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28 février 2008

There will be blood, Paul Thomas Anderson

There will be blood trailer 2
Vidéo envoyée par mamouang

En tant que fan n°1 de Paul Thomas Anderson ("Magnolia", "Boogie nights"), je me suis précipitée pour aller voir son dernier film: "There will be blood".

Mais voilà, j'aurais dû me méfier: quand la presse est unanime pour saluer un chef d'oeuvre, ce n'est jamais très bon.

Dans "There will be blood", Daniel Day Lewis joue un homme d'affaires à la recherche de pétrôle. Il tente sa chance à Little Boston où vit une communauté isolée et très religieuse. Eli Sunday, qui anime l'église locale, voit d'abord d'un bon oeil l'installation de puits de pétrôle. Mais bientôt, des tensions apparaissent entre "oil men" et villageois...

"There will be blood" est donc un film honnête, très regardable malgré des longueurs (ça dure 2h38, quand même!) Le jeune Paul Duno est vraiment impressionant dans son rôle de prêtre charismatique. Mais en toute franchise, je comprends mal pourquoi Day Lewis a eu l'oscar du meilleur acteur. Sa performance est loin d'être exceptionnelle. Mystères d'Hollywood... 

De retour...

Des problèmes personnels m'ont empêchée d'actualiser ce blog aussi souvent que d'habitude. Mais je n'abandonne pas ma tribune quotidienne pour autant ! Merci pour votre patience...

21 février 2008

Du nouveau, prochainement...

Au programme des prochaines semaines:

  • Publication d'un petit article dans Chronicart (version papier): la rubrique s'appelle Blog Party.
  • Sélection et interviews de 10 "personnalités de demain": des écrivains et éditeurs qui cherchent à faire bouger les choses (oui, il y en a quelques uns, quand on cherche bien...)
  • Lancement du numéro 3 de la Revue Sans Soirée.

20 février 2008

Raphaël Sorin veut la guerre

Raphaël Sorin, éditeur chez Fayard, n'a pas aimé "Le Degré suprême de la Tendresse", une série de pastiches sur le thème de l'amour:

"Passons sur l’imitation de Céline (convenue), de La Fontaine (besogneuse), de Christine Angot (qui se pastiche toute seule), de Montaigne (lourde), de Tallemant des Réaux (je vous conseille d’ouvrir au hasard ses Historiettes, vraiment réjouissantes), de Perec (sinistre comme l’original), et attardons-nous sur deux contemporains, admirés et contestés ailleurs. Je les ai beaucoup pratiqués et, s’ils sont à première vue aisément pastichables (ils ont un style), il me semble que Marienské a deux fois manqué sa cible : Michel Houellebecq et Vincent Ravalec survivront à ses moqueries."

J'ai trouvé cette critique assez gentillette: bon, les pastiches d'Héléna Marienské ne sont pas drôles. Mais qui s'attendait à autre chose? Vous croyez vraiment qu'imiter La Fontaine ou Angot présente un quelconque intérêt ?

Mais comme d'habitude au Royaume de l'Edition parisienne, il faut lire entre les lignes. En attaquant le bouquin de Marienské, Raphaël Sorin enfreint consciemment la règle d'or: tous les bouquins sont bons, tous les auteurs sont très sympas. Sa véritable cible n'est pas Marienské, mais les éditions Héloïse d'Ormesson.

D'ailleurs, Gilles Cohen Solal (éditeur chez Eho) a violemment réagi:

"Mon cher Raphaël,
je suis attristé, non pas que tu critiques, descendes, traines dans la boue et autres verbes synonymes un auteur que je publie!
Attristé par la médiocrité de la critique qui si l'on te lit bien se veut supérieure au texte critiqué...
quelle merde avons donc nous dû publier pour que ta prose soit aussi médiocre ...

[...] Je ne te savais pas aigri, méprisant et envieux..."

De quoi Raphaël Sorin, l'éditeur de Houellebecq, devrait-il être "envieux"? De ne pas publier la bouse de Marienské? On se demande qui est "aigri" et "méprisant"...

19 février 2008

Annie Ernaux, "Les années"

Au cas où vous en doutiez, il y a quand même quelques écrivains français contemporains que j'apprécie. Et Annie Ernaux en fait partie.

C'est vrai qu'on peut reprocher à Ernaux de ne pas être une vraie romancière. Ses bouquins tournent toujours autour de sa propre vie: son enfance en province, dans une famille d'épiciers; la volonté d'ascension sociale et la honte de son milieu d'origine.

Annie Ernaux a donc une histoire et une seule à raconter. Mais elle écrit avec talent. Son dernier livre, "Les Années", revient sur cette France de l'après-guerre dans laquelle elle a grandi.

Comme le dit Pierre Assouline: "On entend “surpat”, “radio-crochet”, “croulant”, “vachement” à l’instant même où on les lit. On sent l’odeur d’eau de Javel des blouses. Même la grammaire a une odeur de classe."

Et c'est précisément cette capacité à faire revivre une époque et un milieu social que j'admire chez Ernaux.

(Mon conseil pour ceux qui ne connaissent pas encore: commencez par La Place, probablement son meilleur...)

18 février 2008

François Bon et les plaisirs du gîte rural

Vieux_hippie "Dans ce gîte rural sans connexion, et probablement pour la qualité de silence, je compte : quinze ans ce mois de février que j’utilise un ordinateur portable. Mon tout premier était pourtant bien rustaud par rapport à celui sur lequel j’écris cette phrase.", écrit François Bon sur son blog.

Ah, le gîte rural sans connexion éveille en moi des images de la France éternelle, au silence uniquement troublé par la cloche de l'Eglise et le cri du mulet.

Mais que l'on n'accuse pas François Bon de traditionalisme! Non, non, non: il est l'avant pointe de la technologie, depuis 15 ans déjà. Sa veste en laine de brebis a probablement une poche pour téléphone portable...

Conservatisme et modernité: François Bon est un sarkozyste qui s'ignore...

16 février 2008

Des nouvelles de la revue MIR

Blackmir2 Merci à Sarah Salway, qui vient de nous envoyer une nouvelle pour la revue MIR.

Sarah est l'auteure de "Something beginning with" et "Tell me everything", romans publiés chez Bloomsbury (UK) et Ballantine (USA).

La cultissime Ali Smith nous a également envoyé une nouvelle, et d'autres "guest stars" vont prochainement le faire. Donc ça se confirme, le numéro 5 de MIR va être GRANDIOSE (normal, je fais partie de l'editorial team...)

15 février 2008

Changements de point de vue

Voilà un petit exercice de creative writing, histoire de vous entraîner aux changements de point de vue:

Ecrivez une scène de 300 mots ou moins, dans laquelle un groupe contemple un objet ou une personne. Par exemple, des infirmières assemblées autour d'un enfant prématuré. Commencez par un point de vue externe, puis passez au point de vue interne (scène vue par un des personnages uniquement). Vous pourrez conclure en point de vue externe.

(Exercice inspiré par le Routledge Creative Writing Coursebook de Paul Mills).

N.b. N'hésitez pas à m'envoyer votre exercice par email, pour que je vous donne mon avis. Et si vous voulez jeter un coup d'oeil à mon propre exercice, c'est ICI:

Téléchargement ex_routledge.doc

14 février 2008

Camille de Peretti, "Nous vieillirons ensemble"

Pourquoi certains écrivains produisent-ils un bouquin correct, avant de s'écraser misérablement ? Je pense à Camille de Peretti, auteur du très correct "Thornytorinx" (Belfond, 2005).

Dans ce premier roman, Camille de Peretti parlait de son expérience de boulimique. C'est un livre juste et bien écrit: je pense notamment à la description de la bourgeoisie dorée parisienne. On s'attache vite à la narratrice, jeune fille un peu paumée, pas très adaptée à ses études, à son job, à son copain.

Bref, j'ai lu "Thornytorinx" il y a plus de deux ans et je m'en souviens encore...

Seulement voilà: le nouveau roman de Camille de Peretti, "Nous vieillirons ensemble" ne me dit rien. Quand un écrivain avoue que son roman n'a pas d'intrigue, c'est mal barré:

"Il me manquait un sens à cette histoire. Tout est si absurde dans ces lieux. Sans cesse je revoyais le bâtiment, les murs. C'est alors que j'ai pensé à La Vie mode d'emploi de Perec, à cet immeuble dont la façade est comme ôtée... Je me suis dit : c'est comme ça qu'il faut procéder." (Sce: Le Monde des Livres)

Personnellement, quand j'entends le nom "Pérec", je sors mon révolver. Ah non, pas "La Vie Mode d'emploi", ce pavé innommable!

Voilà ce qui arrive quand un écrivain n'a plus rien à dire: il se trouve une figure d'autorité (Sarraute, Pérec et consorts) et tape du texte. Dommage, donc.

12 février 2008

PODWRATH Léonora Miano

Léonora Miano est une auteure que j'avais envie de découvrir. Son roman précédent, Contours du jour qui vient, a fait pas mal de bruit et a obtenu le Prix Goncourt des Lycéens 2006.

J'avais donc feuilleté son nouveau roman,"Tels des astres éteints" à la librairie, et ça m'avait semblé intéressant: utilisation de l'anglais dans les titres des chapitres ("Afro blue"), références au jazz,...

Bref, je m'étais dit qu'avec un peu de chance, j'allais interviewer une Adichie "made in France": une auteure qui revendique son identité africaine haut et fort, tout en s'adressant (aussi) à un public de Blancs.

Seulement voilà, "Tels des astres éteints" m'a ennuyée à mourir. Les personnages se ressemblent tous: être Noir, c'est vachement dur et les ex-colonisateurs sont très méchants. Quant à l'intrigue...euh, quelle intrigue?

On est très loin du standard fixé par les écrivains africains de langue anglaise. Lisez "Half a yellow sun", vous verrez...

(Et ne ratez pas la fin du Podwrath, avec la fameuse question "Comment vous êtes-vous fait publier?...)

Rentrée littéraire 2008

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