Bienvenue dans l'atelier de Wrath
Vous êtes tenté par l'écriture? Vous ne savez pas par où commencer? Ma rubrique "le dur travail de l'écrivain" est faite pour vous! Chaque semaine, je donnerai un petit conseil pour se mettre au travail, stimuler sa créativité, et surtout, continuer à écrire malgré les obstacles.
L'idée m'est venue après avoir reçu un email de Nicolas, qui est universitaire en histoire de l'art et souhaite commencer à écrire de la fiction.
Donc commençons par le commencement: la production d'idées. Quelle est la manière de savoir que l'idée de départ est la bonne et qu'elle tiendra le coup ?
Mon conseil est de commencer par écrire une nouvelle, de 2000 mots environ. Vous choisissez un ou deux personnages, et vous notez au brouillon toutes leurs caractéristiques physiques et mentales: type de vêtements, façon de marcher et de parler, mais aussi histoire familiale, parcours scolaire et professionnel,...
Un bon exercice consiste à décrire, de la façon la plus exhaustive possible, 10 objets que votre personnage trimbale dans son sac. Exemple: son porte-feuille contient une vieille photo de lui et de sa mère, prise lors de vacances en Italie. Décrivez les regards, les gestes. Peut-être la photo a-t-elle été prise avant le divorce des parents ? Peut-être lui rappelle-t-elle une période particulière de sa vie ?
En clair, il faut parvenir à connaître son personnage dans ses moindres détails. Comme un ami très proche, ou comme un double de vous-même.
Une fois que vous avez franchi cette étape, le sujet de votre nouvelle devrait vous apparaître. Mais le grand piège est de plaquer une intrigue sur un personnage: ça donne un côté artificiel, "écrit".
Mieux vaut faire l'inverse: commencer par créer un personnage, puis le mettre dans une situation où il est forcé de réagir.
C'est ainsi que j'ai écrit "Crystal 10/11". Et ensuite, j'ai commencé à travailler sur mon deuxième roman.
Donc voilà, il ne vous reste plus qu'à vous lancer: au pire, votre nouvelle est ratée, mais vous n'avez perdu qu'un mois de travail et vous pourrez toujours la filer à la revue Décapage. Au mieux, elle est réussie et vous la "recyclez" en roman :)
[Pour me poser une question, me demander un conseil, me dire que vous adorez mon blog, écrivez à wrath_lmj[@]yahoo.fr]
Source de la photo: Flickr, lepititsabah
C'est flippant comme ce conseil est merdique.
Ce blog devient un haut lieu de niaiserie comique, tous les avantages d'un myspace sans la musique minable.
Ecrire c'est manifestement un travail scolaire :) ce n'est qu'une méthode alors ?
J'écris mes poèmes selon la fragilité que je veux décrire, pour la prose, je prends des personnages dans la marasme d'un quotidien que je connais et qui me semble propre à nourrir des vomitifs et des insomnies de "petite mort".
Après je peux croire que la banlieue soit riche d'anecdotes et le creative writing fort peu :o, T'inquiètes Lisou, je suis dans une collectivité territoriale pour distribuer (le terme est atroce, c'est voulu) un grand nombre de logements sociaux dans des cités sympas "near Paris"(tu kiff tant ces petites incises), je te mettrais près de la cave pour que les cris t'aident dans tes élans nocturnes à compter ta nouvelle nouvelle de 1650 mots... merde faut continuer, là tu ne sais pas encore si elle est pertinente :).
Tout est criticable ma chère Lisou, teste donc l'auto-critique.
See you honey
Rédigé par: Antares | le 30 avril 2008 à 01:43
Wrath, tu penses que Houellebeck, Ellis, Didion, Wolfe ou La Rochelle, une seule fois dans tout leur parcours d'écrivain, ont eu recours à ce genre d'astuce d'attardés ? Ça doit marcher si ce qu'on veut c'est écrire les aventures de Jeannot Lapin, ton truc. Mais pour le reste, écrire... ça va être sans recette, je crois.
Rédigé par: WeilK | le 30 avril 2008 à 08:43
Quoi, un UNIVERSITAIRE EN HISTOIRE DE L'ART? (ça se confirme, donc, l'antichambre de la littérature française est remplie d'universitaires, et manque cruellement de garagistes et de soudeurs).
Quant au conseil, bah, rien à dire, je procède pareil. Sauf que je ne suis pas d'accord avec une phrase de la fin. Pas celle qui tourne autour de la revue Décapage, hein, vous avez votre avis, c'est très bien. Non, échouer, écrire une nouvelle " ratée "... ce n'est JAMAIS du temps perdu.
Rédigé par: A.D. | le 30 avril 2008 à 08:58
je rêve. Nicolas "souhaite commencer à écrire de la fiction". Et il demande à la grande prêtresse ! Dites-moi que je rêve !
Rédigé par: sirius | le 30 avril 2008 à 13:31
Déjà ça part faux : "Vous commencez par choisir un ou deux personnages..." Non Wrath : Les personnages, c'est eux qui vous choisissent. Ou pas. S'ils sentent que vous en valez la peine il vont rester. Autrement ils iront voir ailleurs. C'est pas si simple vous savez. Oubliez un peu votre école, toute cette architecture mentale qui va vous brider. Et laissez-vous choisir par vos (éventuels) personnages, en vous baladant dans les allées blanches d'un marbrier, ou chez un équarrisseur ; prenez rendez-vous chez un taxidermiste hollandais pour empailler votre hamster fétiche, etc. Là, peut-être, quelques personnages intéressés viendront sonner à votre porte.
Rédigé par: Nicolaï Lo Russo | le 30 avril 2008 à 13:33
A preuve du contraire, il n'y a pas UNE, mais de nombreuses méthodes pour écrire. Les personnages peuvent très bien arriver parce que l'histoire les réclame, parce qu'ils s'imposent d'eux mêmes. Une fois le sujet lancé, l'auteur est emporté par son récit, la trame n'est qu'un fil directeur, une indication de la marche à suivre, un recueil de notes. Elle permet juste de situer le bon déroulement dans le temps et l'espace. Personnellement, je lui met dans les poches ce dont le personnage a besoin à l'instant T, pas avant ! Providentiel, non ?
Rédigé par: Jerome | le 30 avril 2008 à 13:35
Salut Lise-Marie, merci d'avoir répondu à ma requête en ouvrant une rubrique. J'ai lu ton post avec intérêt, et j'attends les autres avec impatience. Que certains ici ne soient pas d'accord, c'est tant mieux... le débat est lancé, et ne fait que s'enrichir.
Je ne suis jamais intervenu ici. Les critiques sont toujours suintantes de méchanceté et de supériorité... Non Sirius, je ne m'adresse pas à la "grande prêtresse", mais à une jeune auteur(e) dont j'ai aimé deux nouvelles (Adieu la vie, et Crystal 10/11), et qui a le cran de parler à visage découvert (contrairement à nous) sur le net, pour dire ses espoirs, ses coups de gueule, ses réflexions, et même pour évoquer son expérience personnelle.
Nicolas
Rédigé par: Nicolas | le 30 avril 2008 à 14:50
Antares doit avoir un petit kiki pour écrire des commentaires si prétentieux (et sans intérêts - sauf pour lui). Du coup, j'ai envie de défendre Wrath, c'est dire.
Rédigé par: Steph | le 30 avril 2008 à 17:04
Tout à fait d'accord avec Steph. Antares fait son petit merdeux prétentieux. Môa j'écris mes poèmes comme-ci, môa j'écris ma prose comme-ça... C'est pitoyable!
Rédigé par: Lucien | le 30 avril 2008 à 17:46
Percé à jour :o, je n'aurais pas tenu longtemps... quand on y arrive pas, on s'invente une première expérience. Après c'est l'idée de méthode que je déplore et ne prétends pas avoir la panacée je serai publié sinon :). On peut parler de son travail en sachant que étant seul face à mon clavier ou un stylo c'est pas mal d'humilité. Il n'est jamais tard pour apprendre, je vais commencer avec la modestie... en relisant mes vers surchargés d'adverbes.
Comme il a été dit, même dans le post précédent, vu la conduite de ce forum (hors rubrique conseil et creative writing), Wrath a un blog plutôt utile, je ne viendrais point sinon.
J’étais sûr et certain qu’en faisant boire de l’essence à un lévrier il allait courir plus vite, qu'en changeant la couleur du sang y aurait moins d'assassins, mais je n'ai plus qu'à aller venger ma pauvre prétention dans des zoos en crachant sur des lamas :)
Rédigé par: Antares | le 30 avril 2008 à 18:49
Ce blog est vraiment culte !
J'adore !
Rédigé par: Thomas Clément | le 30 avril 2008 à 19:12
En fait ça me rappelle les pubs à la fin des journaux TV : "ma super méthode pour devenir riche". Quand j'étais petit ça me fascinait parce que j'arrivais pas à comprendre pourquoi le mec qui avait une telle méthode se faisait chier à passer des pubs dans les magazines alors qu'il pouvait juste appliquer sa méthode sur lui-même et devenir milliardaire !!!
Rédigé par: Thomas Clément | le 30 avril 2008 à 19:15
@Thomas Clément: sa méthode, c'est peut-être de vendre des bouquins... Ca me rappelle un gag de Benny Hill, où le libraire (Benny Hill) vend un livre "Comment avoir l'air plus grand" à un petit vieux de la taille de Nicolas Sarkozy. Il achète, s'aperçoit que c'est un bloc de sagex, et s'énerve. Benny Hill lui montre alors que pour avoir l'air plus grand, il suffit de se placer sur le bouquin...
Quant au débat, effectivement, on dirait que ça roule. A mon avis aussi, il n'y a pas qu'une méthode pour sortir de bonnes idées - il y a aussi celle qui m'a réussi pour une de mes dernières nouvelles: se planter dans un bistro bruyant, commander un ballon de rouge et laisser venir les idées les plus délirantes (un terroriste palestinien pose une bombe à Guéret, par exemple). J'ai réitéré l'expérience il y a dix jours,... à Guéret, justement, et avec succès. Mais l'histoire se passera à Berne. Du coup, il faut que j'aille boire des verres à Berne...
Ah - et après tout ça, il faut écrire, concrétiser, bien sûr. Sinon, ça ne compte pas, même pas pour la protection légale des idées.
D'autres bonnes idées chez Aloysius Chabossot:
http://comment-ecrire-un-roman.over-blog.com/
Rédigé par: Daniel Fattore | le 30 avril 2008 à 21:36
Je suis un peu troublé par ce billet.
Si la méthode donne des bons résultats (mais lesquels ?), disons que c'est UNE méthode. Elle rappelle les méthodes des cours de scénarios américains, mais elle va bien plus loin dans les détails. On retrouve là les enveloppes de Simenon, mais ce ne sont plus des enveloppes. Des gros classeurs.
En ce qui me concerne, je fais exactement le contraire : je pars de deux ou trois personnages auxquels je donne quelques traits de caractère vraiment marquants, le moins possible. Puis je déroule. C'est au fil des chapitres que les personnages se précisent.
Inconvénient : il faut constamment relire, revenir en arrière, pour s'assurer que, lorsque j'ajoute un trait de caractère, une réaction, au chapitre 17, le contenu des 16 précédents soit compatible avec ce profil ainsi précisé, ou pour rendre plus subtils les 16 premiers chapitrs lorsque le héros le devient.
Donc beaucoup de travail.
Avantage : plus de liberté dans l'évolution de l'intrigue, plus d'ouverture aux petits bonheurs d'écriture qui se présentent parfois.
Cela, c'est UNE AUTRE méthode, rien de plus. Vais-je prétendre qu'elle marche ? Seul le lecteur est juge.
Enfin, je reste très réservé sur le passage d'une intrigue de roman sous la toise de l'intrigue de nouvelle. Je pratique pourtant les deux registres en alternance : un recueil, un roman, un recueil, etc.
P.S. Je trouve assez intolérantes plusieurs réactions à ce billet. Bêtement intolérantes, ça sent la horde mobilisée.
Rédigé par: Georges F. | le 30 avril 2008 à 22:21
Moi je trouve qu'avec l'ouverture de ton atelier ton blog est en train de devenir tranquillement surréaliste, Wrath, et ça me plaît assez.
Bon sur le fond... que dire? Déjà les 2 premières questions me paraissent juste délirantes: "Vous êtes tenté par l'écriture? Vous ne savez pas par où commencer?" ouille! si on est simplement "tenté" par l'écriture mais qu'on ne sait pas comment "commencer", apriori le mieux est de ne surtout rien commencer et de courageusement résister à la tentation... Si on veut courir le marathon, tiens oui pour voir, on peut envisager des "méthodes": faire un footing chaque matin, courir 10 kilomètres, puis 20 etc., manger des pâtes... mais écrire?! Bien sûr comme pour tout travail complexe, il faut une "méthode"... mais qui ne vaudra que pour une oeuvre... nouvelle inspiration, nouvelle démarche, nouvelle oeuvre, non? (Flaubert disait que chaque oeuvre exige sa propre "poétique" _ one shot! ... mais bon, tu me diras peut être que Flaubert, c'est chiant:). Savoir comment les autres ont pu procéder pour telle ou telle oeuvre, oui c'est toujours intéressant... mais absolument pas transposable, exportable, intériorisable et tous les -ables que vous voudrez. Sinon, on entre dans la fabrication industrielle. Pourquoi pas, du reste? Les livres industriels ont leurs lecteurs. Mais on est loin de l'envie singulière de l'écriture.
Rédigé par: Marco | le 30 avril 2008 à 23:38
Quand on a lu beaucoup de romans, d'interviews d'écrivains et qu'on a essayé soi même cette activité toujours déroutante qu'est l'écriture, on comprend qu'il y a deux écoles:
Celle des écrivains qui partent d'une idée (qui peut-être très vague), d'un personnage, d'une situation ou d'une simple phrase et continuent sans savoir au jour le jour ce qu'ils vont écrire.
Celle de ceux qui pensent leur livre pendant des mois (ou des années), prennent des notes, ont un plan précis, connaissent la fin exacte du roman avant même d'avoir fini le premier chapître.
Le résultat dépend essentiellement du talent de l'auteur, qu'aucun cours ne fera venir comme par magie.
Les deux méthodes produisent des chefs d'oeuvre ou des navets ou des oeuvres sympa (lisibles comme dirait notre hôtesse).
Je crois qu'en fait on ne contrôle pas grand chose et qu'il y a une part mystérieuse et non analysable dans l'écriture d'un roman.
Rédigé par: nicole | le 01 mai 2008 à 00:34
@George F: disons que votre méthode est plus risquée: si vous ajoutez un trait de caractère en cours de route, il y a toujours le risque de laisser passer un détail incohérent dans ce que vous avez écrit avant.
@Thomas Clément: OK, mon prochain bouquin s'intitulera "comment devenir riche ET écrivain". Un futur best seller ;)
Rédigé par: wrath | le 01 mai 2008 à 01:09
Magnifique Wrath. J'adore. Avec ce "papier" tu fais basculer ma vie. Je vais immédiatement essayer. C'est trop bien si ça marche. Putain on va être un paquet à se faire publier dans 6 mois. Vite, vite, jveux pas me faire gommer ma place. Allez hop, au travail. Merci. Merci. Merci.
Le premier publié paye son demi.
Rédigé par: half a person | le 01 mai 2008 à 02:48
Merci wrath pour ce billet.
Merco thomas pour ton intervention.
Vous eclairez mon premier mai d'une lumiere verte et tendre comme un brin de muguet...
;)))
yann
Rédigé par: yann | le 01 mai 2008 à 14:17
@Georges F.: après lecture du "Vertige des auteurs", je confirme: du point de vue du lecteur, votre méthode marche.
Rédigé par: Daniel Fattore | le 02 mai 2008 à 11:54
Et pourquoi pas juste "écrire" et se laisser guider par ses personnages et son récit? Enfin bon moi c'est ce que j'ai fait dans mon premier livre publié (http://livre.fnac.com/a2211216/Julien-Jouanneau-Confessions-d-un-pigiste?Mn=-1&Mu=-13&Ra=-1&To=0&Nu=1&Fr=0), et ce que je faisais à l'école aussi...
Rédigé par: Juju le pigiste | le 04 mai 2008 à 14:22
@ Sirius : >>je rêve. Nicolas "souhaite commencer à écrire de la fiction". Et il demande à la grande prêtresse ! Dites-moi que je rêve !<<
Tu te rends pas compte ? Elle connaît Sarkosy par son petit nom !
Rédigé par: Francois Martini | le 06 mai 2008 à 23:45