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16 avril 2008

Elégies pour Virginia Tech

Virginia_tech_memories Fred d'Aguiar écrit de la poésie, et enseigne le creative writing à Virginia Tech. Il parle ici de son expérience après le shooting de l'année dernière, qui a fait 33 morts:

"Je pensais que le creative writing serait de trop pour des jeunes gens encore sous le choc de l'atrocité, mais j'ai vu bien plus d'étudiants s'inscrire cette année qu'auparavant. Nous ne pouvons pas fournir assez de classes pour tous les étudiants qui veulent explorer ce qui est arrivé à leur ville et à eux-mêmes."

Cette conception de l'écriture comme réponse à un traumatisme ("trauma" veut dire blessure en grec) m'a toujours semblé suspecte. Personnellement, quand quelque chose m'affecte vraiment, je n'arrive pas à écrire.

Mais visiblement, ce n'est pas le cas pour Fred d'Aguiar, qui a écrit 33 élégies. Ce passage me semble particulièrement réussi: le ton faussement joyeux ("July 4th fireworks") cache un vrai malaise.

Index finger flicked against middle finger and thumb
Not the sound of a gun

Suck teeth, headshake, cipher circle, dozens run
Not the sound of a gun

Handclap, backslap, stilettos rap on ground
Not the sound of a gun

Knuckle crack, July 4th fireworks by the ton
Not the sound of a gun

Appalachia tut-tut, Khoisa click of the tongue
Not the sound of a gun

Drumsticks, engine backfire, pneumatic drill drum
Not the sound of a gun

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Voici les sites qui parlent de Elégies pour Virginia Tech:

Commentaires

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C'est pas ici qu'on a lu y'a pas longtemps une sorte d'apologie de la littérature post évènementielle sur les pétages de plombs de jeunes nord-américains?
Les habitués sauront retrouver les articles!!!!

Tu pourrais éviter de parler, en français, du "shooting" qui évoque un shooting photo et non la tuerie...

Écrire en français lorsqu'on vit dans un pays dont la langue est la plus impérialiste du monde, c'est sans doute difficile.

Me questionne l’intérêt qu’ont les filles pour les tueurs en série. Leur mélancolie érotique semble en être plus pleine que du prince charmant.
Spécimen déviant, tu parais fascinée par le crime de masse en milieu scolaire.
Je peux en tirer l’hypothèse simpliste que ta scolarité a été vexatoire et que tu n’as pas qu’éprouvé de chaleureuses pensées envers tes camarades ; je pourrais encore supposer que le crime de masse en entreprise ne t’intéresse pas, parce que tu n’y as jamais mis les pieds.
Foutaises. Je rêve de turpitudes colossales.
Parmi les thèmes qui émoustillent ma plume, il y a le mal qui en engendre un autre : la vengeance. Les humeurs d'apocalypse.
Comprends que les perversions qui cuisinent ton âme puissent m’intéresser. Mais j’imagine repartir bredouille de révélations ?

Intéressant, ce type d'écriture sur un événement aussi grave humainement.

Il faudrait en faire un recueil de poèmes.

Il faudrait peut-être aussi en faire un album pop.

Wrath, il faudra que tu lises ma nouvelle "Module Headshot, coefficient 5", qui paraîtra dans l'anthologie de Parchemins & Traverses dirigée par Timothée Rey et consacrée à l'école...

Vers le "creative mass killing"?

Ouais dans la forme, un énorme pompage chez Paul Celan.
Et puis, la poésie, je ne crois pas qu'elle soit bonne ou non pour ce sujet ; c'est une question de dimension fragile à saisir, vu l'anaphore, il a opté pour la voie la plus simpliste qui soit, voir minimaliste, mais ici comme ailleurs, Lisou tu ne diras pas le contraire, l'important c'est de parler au plus grand nombre non ?
J'ajouterai juste, du moment que le lyrisme du discours soit le plus juste possible (comme une note de musique), or, ça suinte la démagogie. Une sorte de poésie sauvage pour paraphraser une expression freudienne.
Plus les nouvelles nous parviennent, plus le crative writing me paraît nuisible d'intérêt.

Baaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah

Ouais, les tueries universitaires, c'est bon pour le creative writing... ça inspire à mort... dommage quand même qu'il n'y ait eu que 33 victimes, hein (quoique: 33, c'est l'âge supposé du Christ en croix: cooool). Parce qu' avec 450 morts, Fred Aguiar aurait pu composer 450 élégies sobres et pudiques, hop, un gros recueil de poésie post traumatique exemplaire. La littérature est à portée de main, en somme, faut juste un armement adapté dans un lieu clos et très peuplé.

Cassiopée,

Bien entendu, il reste des jeunes filles saines, des poétesses, des fleurs bleues.
Leurs préférences vont aux épaules solides, aux torses larges et virils :

http://cyberkor100org.canalblog.com/archives/2007/12/31/7398634.html

Les anglicistes cinoques trouveront des vidéos de l'apollon en action.

On vit un siècle qui a pas fini d'être formidable.

Ma bien chère Wrath, c'est encore coquin, dont tu as réveillé la plume récemment. Je viens de trouver (par hasard) le titre d'un roman de Horace McCoy : Adieu la vie, adieu l'amour (Kiss tomorrow goodbye en VO), 1948. Le titre de ta nouvelle est-elle un hommage à ce roman noir, ou s'agit-il d'un hasard ?
Coquin

@Sirius: pour la défense de la francophonie, allez plutôt trainer par ici (blog de mon ami Daniel Fattore):
http://fattorius.over-blog.com/article-18800614.html


@Coquin: simple coincidence, très cher!

@Albert Londres: en tant que grande fan de Bret Easton Ellis (qui s'est inspiré de Ted Bundy pour créer le personnage de Bateman), je préfère voir votre commentaire comme un compliment ;)

Heu Bret Easton Ellis s'est inspiré de Ted Bundy pour faire le personnage de Patrick Bateman? Moi qui ait toujours cru qu'il s'était inspiré de son propre père... Déçue que je suis! (en plus, j'ai lu Lunark park il y a peu, merde quoi)

Le jour du massacre de chi omega, c'était presque un mass murderer... y'a pas mal de bêtise dans certains commentaires : ceux qui ont écrit sur les guerres mondiales sont donc inintéressants ? sur la solution finale ? sur les psychopathologies en général ?

Albert, très sobrement, je te renvoie, toi, à un bon dictionnaire.

Non, c'est bête ce que tu dis, vraiment... vas voir la définition de fascination. Lis "chez les fous" d'albert londres, par la même occasion, documente toi sur Ted Bundy, Colombine et Virginia Tech, lis céline, drieu la rochelle, nietzsche, Littel, Jünger, Grass, écoute Marylin Manson et Nirvana, regarde Dexter et du free fignt, en passant, lis tout freud, effleure jung et ferenczi si le coeur t'en dis. Peut-être qu'après tu comprendras ce qu'un school shooting, comme tout comportement humain exprimant de manière spectaculaire des pulsions enfouies en chacun de nous, peut avoir de fascinant.

@Albert Londres
@max léon

Je crains que max léon ait raison; dans American psycho, le vrai sujet du livre est la fascination du personnage pour l'extrême violence et le meurtre gratuit. Fascination exclusivement psychique, puisque en avançant dans le roman, on comprend qu'il n'est question que de fantasmes; le héros s'invente une vie parallèle pour oublier l'absurdité de son existence.

"Votre fascination pour les mass murderers est un indicateur fiable de ce que l'on peut espérer de vous en termes de qualité littéraire."

Tu veux garder ta dignité dans l'erreur et je le respecte.

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