"Qui lit encore Drieu ? Un tout petit club si l’on en juge par le faible tirage en format de poche de ceux de ses romans qui nous ont enchanté par leur manière si française (Gilles, Rêveuse bourgeoisie, Le Feu follet, Une femme à sa fenêtre)", écrit Pierre Assouline.
Eh bien, je suis fière d'appartenir à ce petit club. Ce qui est assez paradoxal, connaissant mon horreur pour le mythe des "happy few". La plupart du temps, c'est un simple moyen pour légitimer la médiocrité littéraire.
Mon présupposé, c'est qu'un auteur de talent devrait vendre et avoir des lecteurs. Donc lisez Drieu, il le mérite.
(Je suis moins convaincue par l'inédit qui vient de sortir chez Gallimard, Notes pour un roman sur la sexualité: qui a envie de connaître la sex life de son écrivain favori ?)

LMJ - Assouline... quelle rencontre!
Rédigé par : Ramon | 16 avril 2008 à 08:38
Moi j'aimerais bien connaître ta sex-life, j'avoue ;-) Je te trouve séduisante (très, même si ce n'est qu'à travers une seule photo). Bon, côté littéraire, je n'ai lu de toi que "Adieu la vie..." (et j'ai été assez scotché). En espérant que cette nouvelle ne révèle rien d'un dérèglement fantasmatique..., je te salue sincèrement et bien bas chère Wrath.
Anti-dilettante
Rédigé par : Coquin | 16 avril 2008 à 09:55
Quand j'ai lu "Rêveuse bourgeoisie" à 18 ans, j'ai été éblouie par le style, le charme de ce roman. Je crois que je ne le relirai jamais, par peur d'être déçue.
@Coquin
Ne rêvez pas trop, Wrath donnerait son âme au diable pour l'Editeur qui ferait d'elle une star des lettres, sûrement pas pour un amant de passage, mais bon, je peux me tromper:-)
Rédigé par : nicole | 16 avril 2008 à 12:06
wow, ça devient chaud ici, la température monte d'un coup grâce à ce coquin de Coquin.
Concernant Drieu, ce serait peut être pas mal, Wrath, que tu dises en quelques mots ce que tu apprécies particulièrement dans ses oeuvres, si tu veux que le club de ses lecteurs devienne moins fermé. Car tu sais bien que Drieu la Rochelle, dit comme ça, hors référence, c'est un peu connoté, non? comme Brasillach etc. Parler de ses qualités littéraires ne serait alors pas un luxe.
Rédigé par : Marco | 16 avril 2008 à 13:28
J'ai bien peur d'inaugurer le club des "happy few few few few very few" avec mon livre :-(
Rédigé par : Juju le pigiste | 16 avril 2008 à 17:50
C'est vrai que Stendhal a cause beaucoup de mal, avec sa notion de "happy few". Car ce qui etait suppose etre un cercle ferme d'admirateurs fervents a souvent tendance a etre recupere par des gens (et pas seulement des ecrivains) sans public.
Finalement, on a retenu que le "few", alors que le "happy" est au moins aussi important.
Rédigé par : Chproutz | 16 avril 2008 à 20:28
P'têt que la vie sexuelle de Drieu est moins ennuyeuse que ses romans ?
Rédigé par : Francois Martini | 16 avril 2008 à 21:30
@Marco: j'ai un vieux Brasillach dans mes tiroirs, je vais y jeter un oeil prochainement. Et si j'ai dix minutes, je ponds un commentaire à son sujet.
Rédigé par : Daniel Fattore | 16 avril 2008 à 21:30
Je conseille "Gilles" de Drieu la Rochelle. Très bon roman sur l'entre-deux-guerres. Et pour Brasillach, "Notre avant-guerre". Très bien aussi sur la même période (mais dans le cas de Brasillach il s'agit de son autobiographie).
Rédigé par : JC | 16 avril 2008 à 21:51
"Feu follet" est meilleur que "Gilles", à mon avis. Mais surtout, ne regardez l'adaptation de Louis Malle, qui a transformé le personnage en alcoolique moche. A vous dégoûter du livre!
Rédigé par : wrath | 17 avril 2008 à 00:03
Attention ! ne dis pas du mal du cinéaste, c'est une personne qui t'aurait sûrement plu. Adapter l'oeuvre de Drieu de la Rochelle avec Maurice Ronet dans les années est bien courageux. Cesse tes jugements à l'emporte-pièce, sur ce que tu connais pas personnellement.
Ce cinéaste a suffisamment ramé pour imposer un univers original, subversif, lever des tabous, une grande intelligence qui reste trop méconnue, et qui est décédé très rapidement.
Rédigé par : Patacrêpe | 17 avril 2008 à 11:41
Le Journal de Drieu n'est pas mal non plus, même si la préface précautionneuse pue l'époque de faux-derches moralisateurs dans laquelle nous sommes.
Rédigé par : Lapinos | 23 avril 2008 à 17:14
Chez Drieu, la vie et l'oeuvre se confondent. Connaître sa sexualité (dès lors qu'il en parle de lui-même) permet de mieux comprendre l'oeuvre. J'ai tenté de l'expliquer ici : http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/les-livres-des-livre/drieu-la-rochelle-entre-contradictions-et-exhibition
Rédigé par : Joseph Vebret | 24 avril 2008 à 17:49