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15 avril 2008

London Book Fair: Prière de ne pas toucher les livres

Blake_morrison La London Book Fair, c'est un salon immense avec tout le gratin du monde de l'édition. On est là pour parler affaires, contrats, digitization, next big thing, publishing's future... Bref, pas le genre de trucs qui devrait m'intéresser. Mais il y a quand même quelques rencontres/ signatures avec des écrivains, donc je me suis décidée à aller y faire un tour.

"Avec un peu de préparation à l'avance, votre visite devrait bien se passer", prévient le website. Je m'avance donc avec mon badge et mon plan vers l'entrée "Earl's court 2" (il y en a trois en tout), je passe la sécurité, et une fois la porte franchie, je suis aspirée dans la fosse. Un type en costard me fonce dessus, je l'évite de justesse, je serpente entre les assistantes en pantalon noir et pulls cashmire, je longe les stands au pas de course. Au bout d'un moment, alors que je croyais m'être perdue, je tombe sur le "Literary café".

Enfin, heureusement que le panneau prévient que c'est un café littéraire. Pour moi, c'est juste deux fauteuils posés sur une estrade, avec des trois rangées de bancs devant.

Le pauvre Blake Morrison, l'auteur de "And when did you last see your father?", a du mal à se faire entendre. Son micro couvre à peine le bruit du salon, son fauteuil est à côté du passage, les gens s'arrêtent deux secondes et repartent. La fille devant moi, cheveux blonds filasse, pantalon noir et pull cashmire, feuillette un catalogue de chick lit en entourant ce qui l'intéresse ("Sluty bitch", "A girl's guide to finding Mr Right",...) Blake Morrisson parle de South London et des renards: "Avant de m'installer à Londres, je n'en avais jamais vu autant; ça pullule! ça pullule littéralement!" La fille blonde se lève, son catalogue à la main, sans jeter un coup d'oeil à l'estrade.

Le "talk" dure depuis cinq minutes, et mes nerfs sont déjà à bout. Je repars dans l'autre direction, je passe devant un champagne bar avec pleins de belles filles et de costards, puis devant des stands égyptiens, allemands, français, je repère le roman de Thomas Clément sur un étalage Diable Vauvert, je m'avance mais je sens que tout le monde me regarde.

"Prière de ne pas toucher les livres", c'est LA règle implicite de la London Book Fair. Je doute qu'aucun écrivain, ou simple lecteur, s'y sente à l'aise. Blake Morrison doit sûrement être de mon avis...

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Voici les sites qui parlent de London Book Fair: Prière de ne pas toucher les livres:

Commentaires

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Amusant, ça a l'air presque surréaliste et tu ne rales pas sur ton ton (haha tonton) narquois usuel. Y a pas à dire, te frotter au monde britannique et à ses règles (qui te paraissent peut-être) ubuesques semble réellement t'apporter un + au niveau écriture :-), un peu d'espoir peut-être ...

Moi aussi malheureusement les gens ne touchent pas trop mon livre, or ce n'est pas interdit c'est bien là le hic :-((

c'était presque un bon article gonzo

je t'avais demandé pourquoi tu te vantais d'y aller alors que c'est réservé aux pros, pour les ventes des droits notamment étrangers...

Diable ! Le bouquin intitulé "Sluty Bitch" me tente drôlement. À quand une critique sur ce blog ? :)

@Philippe: je n'ai même pas inventé le titre. Le niveau de la chick lit britannique peut être effrayant...

Un article intéressant sur la London Book Fair:
http://blogs.guardian.co.uk/books/2008/04/rumours_hype_and_deals.html

"What better symbol of the fact that some prominent London agencies won't even look at unsolicited submissions (ie new writing by unconnected authors)?"

Ah, voilà ce que j'aime dans le journalisme anglais: on ne prétend pas que tous les wannabes ont une chance, que tous les manuscrits sont lus.
"Unconnected authors", ça résume tout à fait le problème de la plupart des wannabes: l'absence de réseau.

En France, personne non plus ne prétend que "tous les wannabes ont une chance." (et heureusement!).
L'absence de réseau? Avec tout ce que vous faites pour en créer un, ça ne marche pas. Il doit y avoir autre chose. Le facteur "talent", peut-être...

"Le niveau de la chick lit britannique peut être effrayant..."
ou excitant, au choix... ne juge pas sur le titre, mais sur le contenu. La chick litt française ronronne pas mal, à côté.

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