Concours de nouvelles: chers et trop provinciaux
Le problème des concours de nouvelles, c'est que la plupart sont organisés par les pouvoirs publics dans un cadre régional. Et au risque de paraître méprisante pour la province, je me vois mal envoyer mes nouvelles au Musée français de la Brasserie ou à la Médiathèque municipale de Tonnay-Charente...
D'autre part, je ne vois pas pourquoi les wannabes devraient payer des frais de participation. A la limite, une petite contribution de 5 ou 6 € peut paraître raisonnable. Mais que les organisateurs demandent 20 € (voir ICI et LA), ça ressemble fort à de l'arnaque. Voilà un moyen commode pour les petites maisons peu scrupuleuses de remplir leur caisse.
Reste à savoir comment améliorer les choses. A mon avis, seul un concours 100% internet permet de réunir gratuité et ouverture. Pas de "les participants devront habiter à Chaugey-sur-Saône depuis 3 générations" mais plutôt "everyone's welcome"...
Pour ce qui est "cher", je comprends tout à fait ce que tu veux dire, j'aime bien ton lien "la", c'est un concours "gratuit" mais il faut envoyer 20 euros, hum. Par contre, pour ce qui est du caractère "provincial", qu'est-ce que tu peux être snob, ce n'est pas l'endroit du concours qui doit gêner mais le thème, selon qu'on est ou non en adéquation
Rédigé par: cassiopée | le 07 mai 2008 à 09:17
On a tort de mépriser les concours parce qu'ils sont en province. En province, on s'ennuie et on lit.
Rédigé par: Francois Martini | le 07 mai 2008 à 09:42
Pour le lien qui concerne ma maison d'éditions "les éditions Volpilière", le concours est expliqué et c'est l'un des rares qui permet d'être au final édité à compte d'éditeur pour les 7 vainqueurs.
C'est donc une réelle chance pour les "wannabees" comme tu dis de s'essayer à l'exercice d'un texte avec un sujet imposé et d'être lu pour de "vrai"!
Maintenant on peut critiquer juste par habitude comme tu le fais au quotidien, sur ce blog et cracher sur chaque initiative, c'est ta façon de vivre et de faire, pas la mienne.
Dernière chose appeler cela de l'arnaque c'est de la diffamation, surtout quand on ne sait pas de quoi on parle Wrath!
Car "sentir l'arnaque" est une chose, mais "savoir" en est une autre...
Alors continue de "sentir" chez les autres et de dénoncer les initiatives de chacun, on ne sait jamais qu'un jour cela te rapporte un sourire!
Bonne journée à tous.:)
Rédigé par: E | le 07 mai 2008 à 09:47
Le vrai problème des concours de nouvelles est qu'ils ne servent à rien.(sauf à gagner un peu de fric, quand les organisateurs ne sont pas trop radins). Ceux qui y participent le font rarement pour le fun, ils le font en espérant que ça les aidera à se faire connaître ou à publier un recueil de nouvelles.
Que ceux qui l'ignoreraient encore sachent que les éditeurs détestent recevoir des nouvelles parce qu'elles ne sont pas "faciles à promouvoir". Seule exception à la règle: Anna Gavalda, dont le recueil "Je voudrais que quelqu'un..." a été publié par Dominique Gautier du Dilettante. Ca lui a porté chance et devrait encourager les autres éditeurs, soit dit en passant.
De toutes façons le principe même des concours est infantilisant et arbitraire. On n'écrit pas pour participer à une distribution de prix.
Rédigé par: nicole | le 07 mai 2008 à 10:39
@Zébulon
Je suppose que derrière ce pseudo se cache Stéphaaaane ou pataaaaprout: ceux qui ne viennent sur ce blog que casser du Wrath, ou conspuer ceux qui ont le malheur d'être parfois d'accord avec elle.
Rédigé par: nicole | le 07 mai 2008 à 10:55
C'est vrai que c'est cher 20 € ! Peut-être Lizbeth pourrait-elle tout simplement nous expliquer la justification de ce tarif d'inscritpion ?
Rédigé par: max léon | le 07 mai 2008 à 11:01
Effectivement, 20€ de participation, bigre ce n'est pas rien... Moi aussi, j'aimerai bien qu'Elisabeth explicite pourquoi ce choix de faire payer l'accès au concours, c'est pour aider à faire démarrer financièrement la maison d'éditions? Par ailleurs, j'ai un peu regardé mais que gagnent les gagnants? (ah je viens de voir la réponse d'Elisabeth, un recueil édité).
Bon c'est parfait, ça me permet de dire un peu ce que je pense des concours de nouvelles... La nouvelle, c'est souvent un truc commode et fourre-tout, on pense que la nouvelle c'est facile puisque c'est une histoire courte. Alors que c'est l'exercice le plus difficile, on a encore moins le droit à l'erreur que sur un roman, il faut tracer rapidement l'essentiel, ne pas se ruiner sur la chute, ne pas se perdre en digressions. En cela, je trouve la démarche de blogauteurs plus interessante (quoique discutable sur la forme) puisque là c'était du concours de romans. Technikart le fait aussi il me semble, et ls ont des gens comme Mathieu Terence et Eric Naulleau dans leur jury.
Pourquoi encore et toujours en rester au concours de nouvelles?
Rédigé par: Dahlia | le 07 mai 2008 à 11:30
>>Pourquoi encore et toujours en rester au concours de nouvelles?<<
Parce qu'on ne parvient pas à passer au niveau supérieur.
Rédigé par: Francois Martini | le 07 mai 2008 à 12:53
@E: que le gagnant soit édité "à compte d'éditeur" ne répond pas à la question que je pose dans ce post (et qui d'ailleurs reprise par Max Léon et Dahlia).
Comme justifiez-vous des frais d'inscription si élevés? S'agit-il d'une mise en commun de fonds pour financer la publication du recueil gagnant? Dans ce cas-là, l'appellation "à compte d'éditeur" me semble clairement mensongère.
@Nicole: malheureusement, ce blog a toujours eu tendance à attirer les trolls. C'est la rançon de son succès!
Rédigé par: wrath | le 07 mai 2008 à 12:57
>>A mon avis, seul un concours 100% internet permet de réunir gratuité et ouverture.<<
Qui aurait intérêt à organiser un truc gratuit et ouvert ? Personne.
Rédigé par: Francois Martini | le 07 mai 2008 à 13:01
Ben... Wrath crache sur ce concours parce qu'elle est sûre de le rater.
C'est évident. Elle rate, elle crache. Elle crache, elle rate.
L'échec est le fondement de sa vie.
Elle anticipe son échec et anticipe ses crachats.
En circuit fermé, quoi.
Rédigé par: Bingo | le 07 mai 2008 à 13:04
Être édité en payant vingt euros, ce n'est pas être édité à compte d'éditeur, mais à compte d'auteur. Il y a donc un mensonge originel, dans cet appel à texte.
Ce n'est pas cher, me dira-t-on. Certes, mais si le recueil publié contient dix nouvelles (hypothèse d'école), à 20 euros pièce, cela fait 200 euros, ce qui paye largement l'impression du recueil par Lulu, par exemple. C'est donc bien du compte d'auteur.
Si la maison Volpilière reçoit cinquante manuscrits, chacun payé 20 euros, cela fait un chiffre d'affaire de 1000 euros. Volpilière achètera 10 exemplaires chez Lulu, payés 6 euros chacun (hypothèse d'école) pour « donner » aux lauréats. Son bénéfice brut sera de 940 euros. C'est donc non seulement du compte d'auteur, mais du compte d'auteur abusif.
Rédigé par: Francois Martini | le 07 mai 2008 à 13:11
@François Martini: le problème n'est pas l'organisation. N'importe qui peut s'en occuper, il suffit d'avoir un blog ou un site.
Le problème, c'est plutôt les prix à gagner: un blogueur ne peut pas promettre une publication, mais plutôt quelques lecteurs-internautes (ce qui n'est déjà pas si mal!)
Rédigé par: wrath | le 07 mai 2008 à 13:13
"Être édité en payant vingt euros, ce n'est pas être édité à compte d'éditeur, mais à compte d'auteur."
Tout à fait d'accord.
Rédigé par: wrath | le 07 mai 2008 à 13:15
Il faut rappeler que du compte d'éditeur, c'est lorsque l'éditeur dépense de l'argent pour publier le livre : une somme d'argent suffisante pour qu'ensuite il soit très motivé à vendre le livre. Si l'éditeur ne dépense que trois francs six sous ou s'il passe par une système comme Lulu, il n'investit pas et ce n'est donc pas du compte d'éditeur.
Rédigé par: Francois Martini | le 07 mai 2008 à 13:25
J'ai vu passer le fameux concours à 20 euros, et le concours Terriciaë avait fait l'objet d'un débat sur un forum Yahoo.
Reste que pour moi, vingt euros, c'est trop pour un concours - je vise en général les trucs gratuits (qui permettent aussi, soit dit en passant, d'être publié - cf. La Légende des Cépages, concours organisé en Suisse en 2005 - ou de couronner une publication - Prix Goncourt, qui ne demande pas vingt euros aux écrivains, que je sache).
Seule exception que je fais: L'Iroli, qui demande dix euros de frais d'inscription... mais envoie un bouquin aux participants. On peut voir ça comme de la vente/promotion déguisée; mais aussi comme une manière, de la part de l'éditeur, d'envoyer quelque chose à chaque participant, même non lauréat, pour son texte. Un prix de consolation, en quelque sorte. Ici aussi, une publication papier sérieuse à la clé pour les gagnants (http://www.editions-liroli.net).
Provinciaux, enfin? Et alors, voudrait-on dire. Mais certains concours exigent la présence des candidats aux remises de prix, et ça n'en vaut pas toujours la peine - sans compter que parfois, si vous n'êtes pas là, le prix va au suivant dans le classement... Les concours les plus francs exigent que vous habitiez dans le coin pour participer: cela leur garantit un peu plus votre présence à la remise du prix.
A ce sujet, il y a quelques pages croustillantes dans l'inénarrable ouvrage de Georges Flipo, "Le Vertige des auteurs".
Rédigé par: Daniel Fattore | le 07 mai 2008 à 13:34
Je viens d'aller voir le règlement du concours Volpilière. En fait, la maison d'édition demande des manuscrits de 15 000 signes soit dix pages normalisées. Elle propose d'offrir trois exemplaires seulement aux trois lauréats les mieux placés. Ceci fait un livre de cinquante à soixante pages au final. C'est insuffisant. Personne ne veut acheter de livres de cette épaisseur, surtout rempli de nouvelles d'inconnus chez un éditeur inconnu.
Il faudra dont mettre plus de trois nouvelles dans le recueil ou renoncer à vendre. Il y a des contradictions non résolues, dans ce règlement de concours.
Rédigé par: Francois Martini | le 07 mai 2008 à 13:48
J'ai toujours trouvé injuste moi aussi de payer pour participer à un concours de Nouvelles. Ces commentaires m'ouvrent donc les yeux sur les pour et les contres et ce billet permet donc de s'exprimer sur le sujet !
Rédigé par: pommeliane | le 08 mai 2008 à 02:05
Je crois pouvoir dire que je connais bien le monde des concours de nouvelles. J'y ai fait mes premières armes et j'ai eu la chance d'en gagner un certain nombre (mais d'autres auteurs tels que Françoise Guérin ou Emmanuelle Urien ont fait mieux).
Désolé, mais il y a quelques erreurs dans ce billet. Quelques vérités bien saignantes aussi, j'en conviens, hélas !
1. Vérité : oui, la plupart des concours, et même des grands concours, sont organisés dans des villes de province, et même souvent des petites villes de province. Le plus gros concours de l'année, en dotation (4.000 €) est organisé... à Vauvert, par le Diable Vauvert. La remise des prix aura lieu demain à Nîmes. La liste des finalistes vous impressionnerait (18 auteurs déjà publiés, deux amateurs réputés).
2. Erreur : dans une forte proportion, ces concours ne sont PAS organisés par les collectivités locales, mais par des associations, des bénévoles, des fanas, qui reçoivent une petite subvention quand tout se passe bien.
3. Erreur et vérité : dans une forte majorité, ces concours demandent des droits raisonnables, inférieurs à 10 €. Les concours à 15 ou 20 € existent, mais ont très minoritaires. Certains sont franchement des escroqueries. Pas tous.
4. Erreur : les droits ne servent pas à financer un recueil. La plupart des concours ne publient pas de recueils (ou de petits fascicules en micro-édition). Les droits servent surtout à financer les frais postaux, les gueuletons des jurés (hé, ils le méritent), les frais de réception pour la remise des prix (cocktail, dîner, et parfois train et hôtel offrets au gagnant), et surtout le chèque offert au vainqueur, ou aux trois meilleurs. Le paradoxe consistant à dire qu'on est ainsi publié à compte d'auteur est un sophisme. Les meilleurs recueils sont de vrais recueils, vendus à la Fnac par exemple (Editions du Roure, Ed. Luce Wilquin, Ed. Le Castor Astral, je crois...)
5. Erreur et vérité. D'accord, ils ne servent pas à trouver un bel éditeur publiant des nouvelles - ça, c'est une légende, même si des auteurs tels qu'Anna Gavalda (Le Dilettante), Emmanuelle Urien (Gallimard), ou moi-même (Anne Carrière) ont commencé par les concours - il y en a plusieurs autres. Mais les meilleurs concours servent à s'étalonner. Quand on perd à tous ces concours, on doit se faire une raison, ou travailler plus. Quand on commence à en gagner plusieurs, on se dit que peut-être, en travaillant plus et mieux, hé, hé...
Je trouve assez injuste votre assassinat de ces organisateurs. Ne les découragez pas, j'ai rencontré chez eux de vrais amoureux de la littérature, de la chose écrite. Leur bonheur de voir leurs anciens lauréats devenir auteurs publiés est émouvant. A côté de ça, c'est vrai, il y a des comités de vieilles institutrices rêvant de trouver dans les textes candidats les enfilades de clichés qu'elles cherchaient dans les rédactions de leurs collégiens. Il y a aussi des concours qui sont des rackets cyniques destinés à trouver des pigeons pour des comptes d'auteurs.
Mais les concours de nouvelles, dans leur nette majorité, sont d'abord une filière qui a permis à beaucoup de vocations de s'éveiller, de se consolider. Ils m'ont aussi permis de recevoir d'agréables revenus d'appoint quand j'étais amateur.
Et même, pour les auteurs débutants qui ne savent à qui montrer leurs premiers textes, imaginez ce que représentent ces concours : pouvoir montrer discrètement son oeuvre, savoir qu'elle sera lue, commentée. En tout anonymat : il n'est levé que si l'on gagne !
Rédigé par: Georges F. | le 08 mai 2008 à 23:17
"Les droits servent surtout à financer les frais postaux, les gueuletons des jurés (hé, ils le méritent), les frais de réception pour la remise des prix (cocktail, dîner, et parfois train et hôtel offrets au gagnant), et surtout le chèque offert au vainqueur"
Le problème, c'est qu'il n'y a pas toujours de chèque pour le vainqueur.
Ce qui m'intéressait dans ce post, c'est de montrer les limites et dérives des concours de nouvelles. Mais certains sont très honnêtes: par exemple, le concours organisé par les Editions du Barrage:
http://compagniedubarrage.blogspirit.com/
Rédigé par: wrath | le 09 mai 2008 à 00:30
Encore une fois, pas d'accord, Wrath. Désolé.
Il y a deux ans, une consultation menée auprès des "concouristes", comme on dit dans ce milieu, avait fait apparaître une sorte de hit-parade des concours (Les excellents, les bons, les sympas, les douteux, les à fuir ). Dans le club des excellents, je crois que 18 ou 19 sur les 20 distribuaient des chèques. La proportion était la même dans les bons.
En ce qui concerne votre concours du Barrage, il n'apparaissait pas dans les trois premières catégories. Je ne peux en dire plus (sinon qu'il a couronné cette année un excellent auteur : Alain Emery).
Rédigé par: Georges F. | le 09 mai 2008 à 08:33