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22 mai 2008

Delanoë et l'audace

Le «sarkozysme, ce bonapartisme modéré par la désinvolture, est profondément antilibéral», affirme Bertrand Delanoë qui aux dernières nouvelles avait encore sa carte au PS.

Le maire de Paris prend des petits airs de Madelin (période "j'aime les joints, j'aime la liberté") quand il affirme: la gauche doit adopter «une doctrine de la liberté et de la justice dans une société imparfaite et non une doctrine de la lutte des classes qui nous promet une société égalitaire et parfaite».

Tout cela me donnerait presque envie de rentrer à Paris. D'un autre côté, la conversion blairiste de Delanoë m'a tout l'air d'un positionnement politique. Des belles paroles, bien éloignées de la réalité.

En ça, "De l'audace" a sa place dans le paysage éditorial français. Employer le mot "audace" n'engage à rien. C'est tout aussi contingent que d'écrire 200 pages sur son nombril. Quand les mots retrouveront leur sens, et que les écrivains français se mettront à parler vraiment du réel, notre littérature connaîtra peut-être un renouveau. Hopefully.

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Voici les sites qui parlent de Delanoë et l'audace:

Commentaires

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S'il exploite le créneau madeliniste, il va disparaître du paysage politique. "Libéral" est une insulte, en France.

J'ai du mal à vous suivre sur le procès que vous faites depuis quelques temps au prétendu nombrilisme du roman français. D'autant que le nombrilisme donne parfois des chefs d'oeuvre: qu'a fait Proust sinon parler de lui et de sa vision de la société dans laquelle il vivait?
Quant à Houellebecq que vous mettez au dessus du lot( et vous savez que j'ai de l'admiration pour lui), que fait-il dans ses romans, sinon narrer par le menu ses frustrations, son incapacité à supporter la vie réelle?
Vous devriez lire "Le roman": c'est un court essai dans lequel Maupassant explique qu'il y a deux sortes de littérature; celle qui veut distraire et faire rêver et celle par laquelle certains écrivains veulent donner leur propre vision du monde, ces derniers ne se préoccupant pas de "raconter une histoire", mais d'être le plus vrai possible.
Il y a de la place pour toutes les formes de littérature. A chacun d'apprendre ce qu'il a envie de lire ou d'écrire.

Wrath, si je ne m'abuse, entend livrer sa vison du monde et non distraire le public. Ses thèmes sont durs et ses déclarations de foi sont claires. Elle prône un néo-naturalisme et se plaint de la littérature inutile (moi, mon nombril, ma vie, ses œuvres).

Une seule question me taraude.

Un homme politique a-t-il le temps d'écrire un livre de 200 pages mot à mot, virgule par virgule en parallèle de son activité professionnelle ?

Pour le moins étonnant, non.

Non. Maire de Paris, c'est de tout repos.

Pour répondre à Jacques B. et peut-être Wrath, ce n'est pas Delanoë qui a écrit ce livre mais Laurent Joffrin, patron de Libé.

@Anne-Sophie: "et peut-être Wrath"
Merci pour cette information. Heureusement que vous êtes là pour corriger mes posts, ce blog vous doit beaucoup ;)

@Nicole: je ne supporte pas Proust, il m'endort.

@François Martini: ""Libéral" est une insulte, en France"
A mon avis, Delanoë va payer très cher ce genre de remarque. ça passe peut-être auprès des libéraux-libertaires parisiens, mais pas chez la masse des socialistes.

C'était juste pour expliquer le fait que Delanoe ne peut être à la fois un homme politique très investi et auteur.
Maintenant, pour te donner raison, les formules sont les siennes.

Des airs de Madelin...et ben.
Fondateur d'Occident, des relents d'extrême droite et caillasser des étudiants de mai 68.
Y a mieux comme idée de fumeur de joint, à la rigueur la personnification avec Cohn-Bendit me choquerait moins.
Cela dit, c'est un excellent maire de ce que j'ai pu voir avec lui, sur le plan culturel, en comparaison avec Toulouse (ancienne mandature) ou Melun par exemple.
Wrath, nombre d'écrivains traitent du réel (et tu sais Marx en fait des pages entières de la necessite de traiter du réel en ce qui concerne la philo dans l'idologie allemande, comme tu kiff à donf le communisme, je me fais plaisir).
Mais ta méthode n'est pas la seule méthode. Et qui après, parle de nombrilisme ?
La différence c'est si difficile à accepter.

On attribue à Madelin une position en faveur de la libéralisation du cannabis, dans les années 90, lors de sa période la plus glorieuse. En fait, il n'aurait que préconisé un débat sur la question. Mais d'autres libéraux se sont clairement exprimés en faveur de ce libéralisme de la petite fumée. Or Madelin est l'emblème du libéralisme et de son échec politique en France, d'où, sans doute, la confusion.

Par ailleurs, lorsque Madelin était maire de Redon (1995-2001), il a sérieusement négligé ses obligations de maire en ne faisant pas entretenir les rives du fleuve, ce qui a provoqué de graves inondations (2001). Sans doute découragé par cette obligation de responsabilité, il a ensuite renoncé à la mairie.

On sait qu'il n'a pas réussi à tenir plus de trois mois comme ministre des finances. Madelin aura tout fait pour ridiculiser le libéralisme en France. Alain Madelin est énarque, c'est à dire de la pire espèce de hauts fonctionnaires irresponsables, une exception française.

Si on sondait une centaine de passants dans la rue, en leur demandant qui est Alain Madelin, il n'y en aurait pas plus de 20% qui donneraient la bonne réponse; comme quoi il y a une justice, celle de l'oubli.

20%, c'est beaucoup. Le parti libéral, DL (Démocratie libérale) n'a jamais fait autant de voix aux élections qu'un seul des deux partis trotskistes.

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