Festival du premier roman, Chambéry
Le festival du premier roman se tient à Chambéry jusqu'au 18 mai. Le programme m'a l'air plutôt alléchant, avec ses échanges européens et sa volonté d'impliquer les lecteurs.
Ce qui me plaît moins, c'est la sur-représentation d'auteurs "100% milieu parisien". On se demande pourquoi les organisateurs ont sélectionné Jeanne Labrune (réalisatrice de 58 ans, publiée chez Grasset) ou Alexandra Julhiet (dont le roman "Rockstar" a eu droit à 3 pages de pub dans Livres-hebdo).
MàJ: aux dernières nouvelles, Alexandra Julhiet ne figure plus dans la liste des auteurs sélectionnés.
Puisqu'il s'agit d'un festival du premier roman, pourquoi ne pas donner une chance à des auteurs vraiment inconnus? Il est grand temps que les festivals et autres prix littéraires se tournent vers une littérature nouvelle. A bas le milieu incestueux de Saint-Germain-des-prés, place à la nouvelle génération !
>>Puisqu'il s'agit d'un festival du premier roman, pourquoi ne pas donner une chance à des auteurs vraiment inconnus?<<
Mais… parce que les auteurs vraiment inconnus n'attirent aucun public, comme on peut le vérifier dans n'importe quel salon. Rien de tel pour plomber une manifestation que des maladroits bafouillants qui n'ont rien à dire !
Rédigé par: Francois Martini | le 16 mai 2008 à 03:20
@Martini: je plussoie - le public a besoin de têtes d'affiche pour se déplacer. Et Paris restera toujours Paris, avec son pouvoir d'attraction resté intact...
Rédigé par: Daniel Fattore | le 16 mai 2008 à 09:06
ce sont les lecteurs, simples habitants de la ville de chambery, qui votent pour les livres qui les ont intéressé. il n'y a ni jury, ni comité d'experts. Explique nous donc où est le complot ??
Rédigé par: xxx | le 16 mai 2008 à 09:52
J'ai bien aimé "Rockstar", moi, pour un premier roman je l'ai trouvé travaillé, abouti...
Rédigé par: sirius | le 16 mai 2008 à 09:57
A François Martini : comme si les auteurs connus avaient quelque chose à dire !
Rédigé par: Lucien Cerise | le 16 mai 2008 à 12:11
Je suis rarement d'accord avec Lucien Cerise, mais ce ce coup-là je surabonderai dans son sens.
François Martini, n'oublions pas la fameuse maxime: "Avoir quelque chose à dire est un concept marxiste complètement dépassé !"
Pour faire un bon livre (je suis spécialiste en bons livres), qu'importe d'avoir quelque chose à dire, il suffit de bien le dire.
Après, tes amours, tes haines, tes emmerdes, ta belle-mère, ta perversion sexuelle, ta sensibilité exacerbée, ton goût immodéré pour le gruyère Leclerc (celui qui se vend en morceau de 350 gr, emballé sous vide) ... etc
Au contraire, pourquoi prendre le risque de dire quelque chose ? Et après ça ne t'attire que des ennuis. Non franchement restons dans le vague, dans le brouillon, dans l'informe, dans l'insensé.
Rédigé par: Michel Meyer | le 16 mai 2008 à 14:04
"L'important, quand on écrit, c'est de trouver un axe".
C'est pas moi qui le dit mais Alexandre Jardin, entendu hier lors d'une conférence dédicace.
Il nous a, entre autres, confié avoir eu la chance de rencontrer, par ses parents Françoise Verny, qui lui a dit "Chéri, fais moi un roman", et l'a fortement aidé en le faisant réécrire x fois son premier opus et en lui prodiguant de multiples conseils.
Jeune écrivain, si tu lis ce blog: trouve l'axe, trouve un directeur littéraire pour te coacher, et tu auras le prix du premier roman.
Rédigé par: nicole | le 16 mai 2008 à 14:42
Le cas Jardin est intéressant. il a fait un best-seller spontané avec Bille en tête, son premier roman (Grasset, 1985), qui reprend le sujet d'un best-seller de Woldemar Lestienne, L'amant de poche (Grasset, 1971), lequel avait le même sujet qu'un autre best-seller, Le diable au corps, de Raymond Radiguet (Grasset, 1921). C'est à dessein que j'indique le nom de l'éditeur, chaque fois, pour que vous le remarquiez.
Plus de vingt ans s'étant écoulés depuis Bille en tête, il me semble que proposer un roman avec le même sujet (les amours d'un tout jeune homme et d'une femme faite), est un bon plan aujourd'hui.
Rédigé par: Francois Martini | le 16 mai 2008 à 15:02
"Il est grand temps que les festivals et autres prix littéraires se tournent vers une littérature nouvelle." pour une meuf qui passe son temps à dire que les nouveaux romans c'est de la merde, que les écrivains français sont des brêles, et que rien de bon ne se fait en france à part elle, c'est un raisonnement difficile !
En fait faudrait des festivals Wrath, organisés par Lise Marie Jaillant, pour les textes de Lise Marie Jaillant, avec des interventions de Lise Marie Jaillant, récompensant Lise Marie Jaillant, avec un public composé de Lise Marie Jaillant. Là oui, ça devrait le faire !
Continue comme ça miss, tu y es presque !
Rédigé par: Fran | le 16 mai 2008 à 15:57
@xxx: avant de commenter, mieux vaudrait lire mon post. J'ai justement dit que la volonté d'impliquer les lecteurs était une bonne chose.
@Michel Meyer: on peut aussi se consacrer à l'amour des chats et finir à l'académie française. Voir ici:
http://www.lefigaro.fr/livres/2008/05/15/03005-20080515ARTFIG00487-on-adopte-les-chats-de-frederic-vitoux.php
@François M.: je n'ai rien lu d'Alexandre Jardin. Mais ce Tomcast ne m'a pas donné envie d'en savoir plus:
http://clement.blogs.com/thomas_clment/2008/04/tomcast-059alex.html
Rédigé par: wrath | le 16 mai 2008 à 20:40
À propos de chats, connais-tu ce monument de livre d'art ?
http://martian-shaker.blogspot.com/2006/03/le-mystre-des-chats-peintres.html
Il est malheureusement épuisé en France, mais peut-être ailleurs, si tu peux mettre la main dessus, c'est tromortel !
Rédigé par: Michel Meyer | le 16 mai 2008 à 21:56
Pourquoi ne pas choisir des auteurs totalement inconnus???
voyons voyons, tu le sais bien, ce milieu est nombrilisme et élitiste... pourquoi donner une chance à un auteur qui en a vraiment besoin?
alors que tant d'autres ont déjà du tout cuit dans les mains...
Mais un jour, nous, les inconnus nous lèverons... ha ha haaaaaa !!!
Rédigé par: Vincent | le 18 mai 2008 à 00:03
non, je ne connaissais pas. Mais ça a l'air marrant!
Rédigé par: wrath | le 18 mai 2008 à 00:45
Je rentre du Festival du Premier Roman... où j'ai eu le bonheur d'être un des 14 auteurs français invités (pour mon premier roman Le Vertige des auteurs) et je passe sur ce site où les discussions sont toujours très animées. Mais celle-ci me laisse un certain malaise, car les prémisses sont erronnées.
Je rectifie ?
Sauf erreur de ma part, il y avait TROIS auteurs parisiens sur les 14 invités. A cela s'ajoutaient quelques banlieusards, dont j'étais.
Des profs de lycées de banlieue, ce n'est pas le microcosme germanopratin. Ce matin, ils sont en cours.
Des maisons d'édition parisienne ? Oui, en majorité, mais pas toutes. Disons 11 sur les 14. Actes Sud, ce n'est pas Paris. Le Castor Astral, c'est mi-Pantin mi-Bègles. Il y avait un seul auteur Gallilmard, un Grasset. Zéro Seuil. Mais quatre Stock.
Nous étions pour la plupart des auteurs vraiment inconnus, puisque c'était notre premier roman. Certes, quelques-uns de ces premiers romans avaient été très remarqués, à juste titre. Ils avaient obtenu des prix. Fallait-il les punir ?
Jeanne a mis longtemps à pondre son premier roman, moi aussi. Nous sommes quand même de jeunes romanciers. Des primo-parturients.
J'étais peut-être parmi les très inconnus, et j'aurais été choqué que de nouveaux auteurs comme Carole Martinez (Le coeur cousu) ou Minh Tran Huy (La princesse et le pêcheur) ne soient pas là : la discussion avec elles étaient intéressantes POUR NOUS AUSSi, pour nous, auteurs, voyez-vous ?
Le but du salon n'est pas de sélectionner les nouveaux auteurs les plus inconnus (il en reste plus de 300), mais les meilleurs premiers romans de l'année. Les organisateurs ne font qu'une première sélection d'environ 80 titres sur les 400 premiers romans qui sortent chaque année. Ensuite, ce sont des comités de lecteurs (bibliothèques, lycées, clubs, hôpitaux, et même prison) et eux seuls, qui font la sélection finale. Ils choisissent les livres qui leur plaisent le plus.
Après dépouillement, on invite les 14 titres les plus demandés. Et, dans ces 14, les comités invitent chacun les deux auteurs qui arrivaient en tête de leurs votes.
Et je vous certifie qu'à la bibliothèque de la Motte-Servolex ou au centre hospitalier de Bassens, on se contrefiche de savoir qui est star germanopratine et qui ne l'est pas : personne ne l'est.
Pendant ces 4 jours, nous avons vécu comme une joyeuse bande sans chef, sans vedette, sans traîne-la-patte. On partait, deux par deux, pour des débats de deux heures avec ces différents comités, et c'était bigrement intéressant pour tout le monde, surtout pour nous, auteurs. Nous avons aussi beaucoup discuté entre nous, sans le moindre esprit parisien, on aurait eu bien du mal.
A vous tous, qui devez être nombreux à souffrir sur l'écriture de votre premier roman, je vous souhaite de connaître un jour l'euphorie d'être invité à ce festival du premier roman. Je ne connais pas d'opération moins star-system. C'est simple, amical, chaleureux. On en revient un peu moins inconnus qu'à l'aller. Un peu moins seuls. Un peu plus heureux.
Voilà, Wrath, ce que je voulais expliquer (je l'explique aussi sur mon blog) sans abuser de votre hospitalité.
Rédigé par: Georges F. | le 19 mai 2008 à 18:13