Jodi Picoult et les romans de gare
En France, on lit de la littérature "sérieuse" et on crache sur les "romans de gare". Eh bien, figurez-vous qu'aux Etats-Unis, c'est la même chose. Les auteurs de commercial fiction sont regardés de haut (ce qui plutôt étonnant dans un pays où le succès se mesure au salaire...)
Ainsi Jodi Picoult, auteure du bestseller "My sister's keeper", a fait les frais de ce snobisme littéraire:
"Early on I had to choose whether to go towards literary or commercial fiction. Literary fiction gets you the accolades and awards but no marketing budget, a small print run, and no one can find your books in a bookstore. Commercial fiction has marketing, advertising, larger print runs, and you are reaching people which, ultimately, was what I wanted to do. If I happened to slip them a well-written book at the same time then, so be it." (The Independent, 11/05)
Bien sûr, Jodi Picoult, qui est diplômée de Princeton et d'Harvard, aurait pu écrire des romans sérieux (literary fiction). Mais en choisissant la fiction commerciale, elle a réalisé son but: conquérir un large public, trouver une audience.
Et finalement, j'ai toujours eu le même objectif.
La reconnaissance du milieu littéraire, les prix, les sourires, les soirées, tout cela ne m'intéresse pas. Au fond, j'ai l'idée qu'un écrivain n'est rien sans son public. Reste à savoir comment conquérir une audience, quand l'accès à la publication est réservé aux happy few...
En effet, il n'y a aucune raison pour que les cupides désirent partager leur gâteau avec une inconnue, hargneuse de surcroît. La raison d'être du commerce n'est pas le partage.
Rédigé par: Francois Martini | le 14 mai 2008 à 08:12
Le jour où tu te seras libérée de la malédiction de la pensée magique( "je veux être une princesse riche, célèbre et adulée sans en foutre une ramée"), tu pourras vérifier si tu as encore envie d'écrire. Ensuite seulement tu pourras contacter Bernard Fixot. Mais il faudra bosser, et plutôt deux fois qu'une. Et sans garantie de succès en plus. Toujours "ready"?
Rectification: "l'accès à la publication" est réservée à des personnes qui ont un minimum de talent. La théorie du complot, ça ne marche pas!
Rédigé par: zig & puce | le 14 mai 2008 à 09:38
Il me semble qu'un écrivain ne choisit pas ce qu'il va écrire; c'est son passé, sa culture, son univers qui déterminent ses romans: Sagan a écrit des romans de bobo parisienne, Houellebecq a décrit son univers de cadre frustré, Gavalda crée des personnages blessés à la recherche d'une bonne fée parce que ça correspond sans doute à son histoire personnelle, Robbe Grillet a écrit des trucs illisibles parce qu'il était prétentieux, etc...
On écrit ce que l'on est, et je ne suis vraiment pas persuadée que vous soyez faite pour devenir la nouvelle Janine Boissard!
Rédigé par: nicole | le 14 mai 2008 à 10:10
... et le succès ne se décrète pas, ou si peu: qui aurait misé un kopeck sur J. K. Rowling ou Stephen King avant qu'un éditeur consente à leur donner leur chance? J'imagine (et, pour King, j'en suis sûr) que ces gens ont aussi collectionné les lettres de refus avant de cartonner. Même remarque, sans doute, pour les auteurs grand public français.
D'autres auteurs choisissent de ne pas choisir, utilisant un nom pour une part de leur production, et un autre pour l'autre. C'est une option...
Rédigé par: Daniel Fattore | le 14 mai 2008 à 14:38
@ Daniel Fattore
Oui, King a galéré au moins dix ans, voire plus. Il a surtout vendu au départ des nouvelles dans des magazines, et un jour un agent a acheté Carrie, puis s'est débrouillé pour le vendre en créant un buzz et c'était parti. Le très intéressant King raconte cela dans "Ecritures", que je recommande à n'importe qui désireux de produire quelque chose d'intéressant à lire, ou d'être publié - l'ouvrage n'a pas vraiment été adapté aux spécificités de l'édition française.
Rédigé par: sirius | le 14 mai 2008 à 16:26
@nicole: qui est Janine Boissard?
@sirius: J'avais écrit un post sur "On writing" de Stephen King, que j'ai adoré. ça doit être quelque part au fond de mon blog...
Rédigé par: wrath | le 15 mai 2008 à 01:27
@Wrath : pour quelqu'un qui prétend beaucoup se documenter, tu m'as l'air d'être un peu feignasse. Si tu ne connais pas, il suffit d'aller sur un moteur de recherche ou wikipédia pour voir qu'elle a écrit beaucoup de livres, dont l'esprit de famille (un grd classique que j'ai dévoré qd j'étais ado, mais que je te verrais mal écrire, effectivement ;-) )
Rédigé par: cassiopée | le 15 mai 2008 à 10:14
On peut ajouter, concernant Janine Boissard, qu'elle en est à son trente cinquième titre et que chacune de ses oeuvres se vend à au moins 50 000 ex.
Dans le genre écrivain dont les médias parlent très peu mais qui écrit énormément et vend beaucoup, il y a aussi Serge Brussolo, qui avait commencé par de la SF, a continué avec des policiers et écrit depuis quelques années des livres un peu "héroic fantasy" et a créé "Peggy Sue", grand succés de la littérature jeunesse.
Rédigé par: nicole | le 15 mai 2008 à 10:27
Vous êtes méchants avec Wrath, à lui citer des auteurs à succès qui ne sont pas anglo-saxons et n'ont pas étudié la creative writing. Je ne vous parle plus !
Rédigé par: Francois Martini | le 15 mai 2008 à 13:47
Je suis d accord avec La Wrath!
Rédigé par: Erik | le 24 mai 2008 à 01:10
Avec le TGV, on n'écrit plus de romans de gare. Place aux romans d'aéroport !
Rédigé par: Marc Galan | le 24 mai 2008 à 11:16