Après l'affaire des caricatures de Mohammed, les excités musulmans sont de retour ! La police britannique vient de déjouer une attaque à la bombe présumée au domicile d'un éditeur à Islington (au nord de Londres). La bombe aurait apparemment visé Martin Rynja, le directeur de Gibson Square, un éditeur indépendant qui devait publier "The Jewel of Medina" en Grande-Bretagne.
"Le joyau de Médine" a déjà fait pas mal de bruit aux Etats-Unis. Ecrit par la journaliste Sherry Jones, ce roman historique évoque la vie d'Aisha, une des femmes de Mohammed. Une fois terminé, Random House a envoyé le livre à différentes personnalités (journalistes, profs de fac,...) dans l'espoir d'obtenir des avis positifs: ce que les Américains appellent des "cover quotes", des citations enthousiastes en quatrième de couverture.
Or une des profs à qui le roman a été adressé a commencé à crier au scandale: on se moque des Musulmans! Le passé sacré est transformé en "soft core pornography"! Denise A. Spellberg a non seulement contacté l'éditeur potentiel du livre, mais aussi une bonne partie de la communauté musulmane. Et Random House a fini par céder: "The Jewel of Medina" ne sortira finalement pas chez cet éditeur.
Vu les menaces qui pèsent maintenant sur les autres éditeurs, il semble bien que ce roman reste dans le placard encore très longtemps. Et c'est quand même incroyable que toute cette affaire ait commencé à cause d'une prof de fac incapable de faire son travail: enseigner, c'est transmettre une étude rationnelle d'un sujet. Pas alimenter les passions des fanatiques en tout genre...
[Je me demande si Léo Scheer serait assez courageux pour publier "Le joyau de Médine". Après tout, il a bien édité "Confidences à Allah", ce chef d'oeuvre subversif...]

Wrath voilà une solution simple et efficace pour assouvir un de vos désirs secrets; poser une bombe chez LS. Il serait bien capable de relever le défi.
Rédigé par : Luna | 29 septembre 2008 à 01:03
on ne traduirait pas plutôt par "Le joyau de la médina"? Je ne sais pas, hein...
Rédigé par : césar | 29 septembre 2008 à 04:38
s'il n'y avait pas les deux dernières lignes, mises à juste titre entre parenthèses, votre billet commencerait à ressembler à un billet de journaliste du web, pas plus pas moins. A défaut de faire paraître un roman, ces deux années consacrées à ce blog auront au moins révélé ce potentiel. C'est déjà pas mal.
L'attaque de la démocratie par son versant culturel est une donnée récurrente qu'il va falloir prendre en compte pour les décennies à venir. Quant aux "idiots inutiles" (ou utiles à l'extrémisme) que sont certaines "autorités" intellectuelles, on a malheureusement des exemples tous les jours de leur aveuglement idéologique ou de leur tentative de manipulation des opinions (affaire des caricatures, débats sur l'Europe, Bosnie et autres Géorgie, procés en sorcellerie de "l'affaire Péan", etc...) : attention à ne pas s'habituer insidieusement à ne plus penser par soi-même mais à travers les porte-voix profesionnels; toujours avoir "1984" dans un coin de sa tête...
Rédigé par : Georges O | 29 septembre 2008 à 09:07
Oui, comme Georges O, je sens que ce blog va gagner un nouvel intérêt (mais perdre des lecteurs ?) s'il s'y dit plus de choses sortant de la récrimination Wannabe.
Mademoiselle Wrath, bien qu'aillant déjà eu vent de cette affaire par ailleurs, c'est votre billet qui a inspiré le mien de ce jour. On s'en fout, certes, mais tant pis, c'est ainsi.
Rédigé par : Don Lo | 29 septembre 2008 à 11:01
Vous aviez raison, Don Lo. Dix heures plus tard, no comment. Ce qui marche ici, c'est le gossip ou la polémique. Magistrale leçon de l'ère du vide par le vide.
"L'imagination de tous et de chacun bien atrophiée, personne ne sera plus jamais une menace pour le monde." (Chuck Palahniuk)
Rédigé par : Georges O | 29 septembre 2008 à 20:02
Ecrire sur le prophète des musulmans, c'est chercher les ennuis. On le sait depuis Salman Rushdie. Et qui cherche les ennuis, en général, les trouve. Cet auteur aurait dû se contenter de distribuer son livre à ses amis et de ne point chercher à le vendre. Elle a commis le péché de vénalité, elle va payer.
Rédigé par : Francois Martini | 29 septembre 2008 à 20:47
@César...
Le joyau de la médina serait en anglais: « the jewel of the medina ».
L'absence de l'article "the" suggère que Medina est ici un nom propre... Ce qui serait plus évident si tous les mots ne prenaient pas de majuscules dans le titre....
En même temps, dans certaines régions de France il est admis de mettre "le" ou "la" devant un nom propre (La Marie, Le Joseph, c'est encore le Judas qu'a fait des siennes...), dans ces cas là, on traduirait "Le joyau de la Médine"...
Ça ferait un peu plouc, certes, mais là où que j'habite, ça passerait comme une lettre à la poste....
Voilà.
Service !
Sab
PS: Il s'agit de l'endroit où Mahomet s'est apparemment réfugié pour y mourir en 622 (c'est mon dico qui me le dit).
Rédigé par : sab | 29 septembre 2008 à 21:18
Pour info, Médine est la ville d'arabie saoudite où Mahomet se serait réfugié après avoir reçu l'ordre d'Allah de quitter la mecque.
Par extension, un grand nombre de centre-villes anciens du monde arabe sont appelés "médina".
Rédigé par : maplume | 29 septembre 2008 à 21:36
Ainsi donc l'évocation de la vie d'une femme de Mahomet dans un roman historique est l'objet d'attentat à la bombe et M. Martini n'y trouve rien à redire! Au contraire même, c'est tout à fait normal, c'est même d'une logique imparable: faut pas énerver les énervés! A leur santé! C'est vrai quoi, merde, faudrait penser à être un peu tolérant avec l'intolérable, sinon franchement où va-t-on? Nouveau et consternant: désormais, les victimes consentantes réclament leur bourreau! Qu'on en finisse, et vite, avec la démocratie, ce régime de tafioles! C'est bien, c'est très bien, ce raisonnement piteux, ça fait gagner du temps aux intégristes de tous bords qui se frottent les mains en se tordant de rire : on leur mâche le travail.
Gaffe, quand même M. Martini. Avec un nom à la limite du sacrilège, vous risquez d'ici peu une fatwa pour provocation alcoolophile!
Quant à parler de péché de vénalité, c'est à croire que l'encre de vos bouquins vous a monté à la tête! Vous avez dû confondre avec un vieux concept décadent qui n'a plus tout à fait cours dans votre esprit égaré: la liberté d'expression.
(en même temps c'est sympa de faire remonter les coms...Wrath n'en demandait pas tant!)
Rédigé par : Georges 0 | 29 septembre 2008 à 21:43
Quelle liberté d'expression, mon cher Georges ? On trouve cela en islam ? Première nouvelle.
Allons, ressaisissez-vous. Je disais simplement qu'avant de rendre public un écrit, il faut évaluer les risques que l'on prend et le faire en connaissance de cause.
L'anonymat par fichier .pdf permet aussi de communiquer. Évidemment, on n'y gagne pas autant d'argent.
Rédigé par : Francois Martini | 29 septembre 2008 à 22:04
Salim Bachi propose dans Le silence de Mahomet un roman intéressant -en tout cas, les premières pages que j'ai lus promettent une belle découverte du personnage -. Une produit Gallimard qui est sorti sans trop faire de bruit et qui est sélectionné pour le Goncourt et le Renaudot. Comme quoi la sérenité est possible sur un ouvrage abordant le prophéte de l'Islam par un auteur qui proposait déjà les 24 dernières heures d'un kamikaze du 11 septembre dans son roman "Tuez-les tous!"
Du coup, est-ce que le tapage mediatique autour de Jewels of Medina n'est-il une mise en scène mal orchestré? Wrath poserait un débat intéressant en décortiquant la part de manipulation des Maisons d'édition...
Pour ma part, je continue ma plongée en Arabie avec Mahomet et son entourage.
Rédigé par : Gangoueus | 30 septembre 2008 à 11:59
J'ai lu quelque part que l'éditeur a été la cible d'un attentat.
Rédigé par : Daniel Fattore | 30 septembre 2008 à 21:15