Après des décennies de copinage et de retour d'ascenseur, ce qui devait arriver est arrivé: la presse littéraire ne fait plus vendre. Ou du moins, pas autant qu'on pourrait s'y attendre. Prenons Tristan Garcia, le chouchou de Télérama et autres feuilles de chou. Le sujet de son roman, "La meilleure part des hommes
", a l'air intéressant et l'auteur semble abordable et non prétentieux (ce qui est rare pour un normalien). Bref, je comprends que beaucoup aient été tentés par ce livre.
Mais le problème, c'est que Tristan Garcia est un pur produit du milieu littéraire. Un bon produit, d'ailleurs, dans le genre "1er roman écrit par un pseudo inconnu". Son éditeur chez Gallimard, Jean-Marie Laclavetine, crie à qui veut l'entendre que son protégé a envoyé son roman par la Poste. Bah voyons! Si vous êtes à Ulm et que vous faites une thèse sous la direction d'Alain Badiou, confiez votre roman au postier et Gallimard se fera une joie d'examiner votre travail ! (Les autres wannabes sont bien sûr invité à acheter le bouquin de Garcia, histoire de connaître la ligne éditoriale de la maison...)
Bref, inutile de dire que tout cela sent l'arnaque à plein nez. Même les lecteurs de bonne volonté, ceux qui, année après année, achètent deux ou trois nouveautés à la rentrée, même ceux-là se sont lassés. Personne ne saute au plafond après avoir lu Garcia, personne n'a de coup de coeur. Certains parlent carrément d'arnaque, d'un roman où tout est de "guingois".
Après l'emballement médiatique, tout retombe comme un soufflé. Alors commence à apparaître des auteurs "hors milieu", comme Cyril Massarotto. Ce directeur d'école maternelle vit dans la banlieue de Perpignan et a soit-disant envoyé son roman "Dieu est un pote à moi" par la Poste à XO éditions. Ce qui, pour une fois, ne me semble pas impossible. XO est une maison beaucoup plus "business", qui ne peut et ne veut pas compter uniquement sur un carnet d'adresses "100% Saint Germain". D'où un processus de sélection des auteurs qui semble plus démocratique.
Le résultat est là: "Dieu est un pote à moi" a devancé "La meilleure part des hommes" dans la liste des ventes de premiers romans, malgré une couverture médiatique faible (voir ICI). Le bouche-à-oreilles est excellent, et Cyril Massarotto semble promis à un bel avenir.
Ce qui montre bien que la presse littéraire a fait son temps. Mieux vaut taper dans l'oeil des responsables de rayons à la Fnac, plutôt que d'être glorifié d'une pleine page dans les Inrocks. Reste à attendre que les journalistes littéraires s'en aperçoivent: le copinage ne fait plus recette. Le centre du pouvoir médiatique va continuer à se déplacer vers internet (avec des blogueurs plus ou moins manipulés par les grands groupes d'édition). Et viendra un jour où plus personne ne lira les critiques frelatées de Télérama...

Il est très peu probable que Xo publie quoi que ce soit arrivé par la poste. la politique de la maison de Bernard Fixot est de décider des sujets, de les faire étudier par son staff et de passer commande à un écrivain considéré comme capable dans ce domaine.
Cyril Massarotto a connu un début de carrière dans le milieu du spectacle musical, ce qui laisse penser qu'il fut introduit dans le milieu médiatique avant de se découvrir écrivain pour XO.
Du point de vue de l'authenticité littéraire, XO est très louche. Du point de vue de l'efficacité, c'est la grande industrie, impeccable. Bernard Fixot est le Francis Bouygues de l'édition française..
Rédigé par : Francois Martini | 11 octobre 2008 à 02:05
Sur Bernard Fixot :
Bretteur infatigable, Fixot vient de publier le premier volume de la biographie de Victor Hugo par Max Gallo. « Je crois à l'adéquation entre un sujet et un auteur. Historien, journaliste, homme politique, Max était le seul écrivain français qui pouvait bien raconter Victor Hugo. » Quand il ne trouve pas le bon auteur, Bernard Fixot l'invente. C'est ce qu'il vient de faire avec Antoine B. Daniel, collectif de trois auteurs (un spécialiste des Incas et deux écrivains de métier) auquel il a commandé une trilogie sur les Incas, dont il a vendu les droits de traduction en vingt langues et plus de 1 million d'exemplaires du tome I à l'étranger. Ce qui est remarquable chez cet éditeur (souvent décrié par ses pairs), c'est qu'il apprécie le succès des autres. Il s'est battu pour publier Harry Potter et aurait rêvé d'éditer une nouvelle traduction de la Bible.
http://www.lexpansion.com/economie/ils-reinventent-les-recettes-du-best-seller_17568.html
Rédigé par : Francois Martini | 11 octobre 2008 à 02:08
c'est à se demander si wrath n'aurait pas des vues sur XO...
Rédigé par : césar | 11 octobre 2008 à 03:51
Dans le genre copinage honteux, l'inénarrable Dahlia a pondu une daube dans les manuscrits de Léo Scheer mais comme c'est une protégée d'Angie alias Marilou, la demoiselle fera partie des rares auteurs de m@nuscrits à bénéficier d'une publication papier.
Rédigé par : Coup de gueule | 11 octobre 2008 à 11:31
Ouuu j'adore la delation anonyme comme ca... Dahlia, la reponse?
Rédigé par : Chproutz | 11 octobre 2008 à 12:23
Ce n'est pas de la délation, c'est du journalisme d'investigation. la délation, ce serait de dire : Dahlia est juive (je n'en sais rien, c'est une hypothèse d'école et il n'y a pas d'inconvénient à être juif, en France, aujourd'hui, mais c'est le principe, quoi).
Rédigé par : Francois Martini | 11 octobre 2008 à 13:24
@Chproutz
@François martini
J'avais bien aimé, contrairement à certains, "Rater mieux" de Barberine. Pour le roman de Dahlia, il faudra juger sur "pièces", sans tenir compte des a priori.
Rédigé par : nicole | 11 octobre 2008 à 16:45
Moi aussi, j'ai bien aimé Rater mieux. Si l'auteur le dédicace au salon du livre, je l'achèterai.
Mais… si on regarde de près… Rater mieux est le tout premier manuscrit publié dans le truc de Leo Scheer (demander la liste chronologique sur la page d'accueil). Je me demande donc vraiment si ce manuscrit a vraiment été posté dans le truc encore vide ou si, justement, il ne serait pas arrivé chez Scheer par un autre moyen plus sûr et aurait servi d'amorce pour le truc.
Connaît-on un autre manuscrit que celui de Barberine qui serait été sélectionné pour publication (depuis dix mois que cela dure, il y a eu le temps…) ?
Suspicion, suspicion…
Rédigé par : Francois Martini | 11 octobre 2008 à 17:34
@François
D'après ce que j'ai compris, "Son absence" de Stéphane Darnat serait pressenti pour la prochaine publication, mais l'auteur est décédé cet été, et cela pose des problèmes juridiques. Sinon, d'après ce qui se dit sur le blog aujourd'hui, le roman de Dahlia serait aussi en lice. Allez lire les discussions d'aujourd'hui, vous serez peut-être mieux éclairé.
Rédigé par : nicole | 11 octobre 2008 à 18:09
@ Nicole : je remarque que, sur le Blog de LS, Dahlia bénéficie d'une entrée de blog pour elle toute seule, qu'elle est est aussi remerciée pour une note qu'elle a fait ailleurs sur… Marilou. Tout cela sent effectivement le coup monté entre copains et coquins.
Mais, contrairement à Wrath, je ne trouve pas cela scandaleux. Il est plus agréable de travailler avec des gens qu'on aime bien qu'avec les autres (la correspondance entre Céline et Gaston Gallimard est éloquente, à ce sujet).
Ce que je trouve vraiment dommage, c'est que Scheer publie tant de romans qui me paraissent insignifiants (je me trompe peut-être, puisque je ne les achète pas, mais je les feuillette souvent car leur présentation est très soignée).
J'ai feuilleté le roman d'Angie David, cet après-midi. Je trouve sa manière consternante (mais je suis quasi-allergique a name dropping, c'est un inconvénient).
Rédigé par : Francois Martini | 11 octobre 2008 à 21:04
Wrath,
en parcourant rapidement vos derniers posts, je crois avoir trouvé le mot : vous êtes en fait quelqu'un de TOXIQUE.
Rédigé par : Oeil de loupe | 11 octobre 2008 à 23:00
Oui, mais elle est marrante : elle croit que Télérama c'est de la presse littéraire !
Rédigé par : Francois Martini | 11 octobre 2008 à 23:18
Moi, le bouquin de Mastrotto, j'en veux pas!
C'est du recyclé!
Rédigé par : Ramon | 12 octobre 2008 à 09:50
@Coup de gueule: Que voit-on sur le site des LS? Des centaines d'écrivains ont envoyé leur texte, et celle qui est tout de suite lue, valorisée, et va être publiée, c'est Dahlia qui a bossé pour les éditions Léo Scheer. Son texte n'est pas une daube, pas plus que ne l'est le texte d'Angie. Léo Scheer est fou amoureux de sa Marilou, souhaite la protéger, la valoriser, elle sort son premier roman qui décrit leur histoire d'amour, leur rencontre. Elle a visiblement le pouvoir au LS, et décide de la ligne éditoriale. Dahlia lui a écrit un bon article sur son livre, le seul que l'on peut lire sur le net en ce moment, Angie lui a renvoyé la balle. Dahlia est critique littéraire, là est son pouvoir. Son texte est plutôt bon, c'est le procédé qui blesse. Léo Scheer est un monsieur qui aurait l'âge de la retraite dans d'autres métiers. Pour un retraité, il est assez en forme mais sa jeune maitresse tient les rênes du pouvoir. Au temps des rois, la France aurait été gouvernée par Angie David. Vive la république!
Rédigé par : Allo Dr. | 12 octobre 2008 à 10:05
@Allo dr.
Je n'ai pas encore lu le roman de Dahlia mais les critiques qui sont déjà postées en commentaires de son texte ne sont pas encourageantes, a part une plus indulgente.
Ca m'arrive de lire des m@nuscrits et je ne comprends pas pourquoi on envisage déjà une publication pour Dahlia (indépendamment de la qualité de son texte), alors que rien n'est envisagé pour Carole Fives dont tous les textes ont eu un succès énorme et mérité. Ce qui est gênant dans tout ça c'est d'avoir fait croire aux auteurs qu'ils seraient "leur propre comité de lecture" et de s'apercevoir que leur avis ne compte pas et que ce sont Marilou et leo qui décident pour tout le monde de ce qui sera ou non publié sur papier.
Rédigé par : nicole | 12 octobre 2008 à 11:48
@Nicole: Tout a fait d'accord! Scheer publie encore ce qu'il veut, c'est son droit le plus strict. Ce qui est penible en revanche c'est qu'il dise que tout le monde a sa chance et le meilleur manuscrit sera selectionne, alors qu'on voit bien que d'autres criteres entrent en jeu.
Mais bon, au moins ca ne coute rien d'envoyer son manuscrit par e-mail. Le wannabe honete perd son temps, mais pas son argent; c'est deja un progres.
Rédigé par : Chproutz | 12 octobre 2008 à 13:07
"Ce qui est gênant dans tout ça c'est d'avoir fait croire aux auteurs qu'ils seraient "leur propre comité de lecture" et de s'apercevoir que leur avis ne compte pas et que ce sont Marilou et leo qui décident pour tout le monde de ce qui sera ou non publié sur papier."
Si ce micro-événement pouvait au moins permettre de desciller votre naïveté, ce serait déjà quelque chose.
Croire que le net et des millions d'anonymes qui balancent des posts à tout va, c'est ça l'ultime liberté (d'expression mais aussi économique), c'est se laisser hypnotiser à peu de frais par la lucarne magique. A croire que cette fréquentation quotidienne a une influence sur les cerveaux, si ça se trouve aussi néfaste que le micro-ondes (échauffement des cellules, fonte des neurones?).
Croire que par l'opération du Saint-Esprit, ces mêmes anonymes vont passer soudain, par la gâce de leur immense talent ignoré jusque là; du statut de bloggueur graphopate à celui (tellement plus prestigieux) d'auteur reconnu par le pouvoir magique de la baguette d'oncle Leo, c'est se fourrer ces illusions à travers la glotte jusqu'à l'intestin grêle.
Leo Scheer est éditeur. Il doit développer du business (vendre des libres si vous préférez) s'il veut survivre. Il fait ce qu'il veut avec les moyens de communication dont il dispose. Croire qu'il est différent des autres acteurs du circuit éditorial parce qu'il s'est emparé un peu plus vite que d'autres de cet outil de com (et donc potentiellement source de business), que certains, une fois encore, associent abusivement à une sorte de "liberté libertaire", c'est endosser sans complexe l'habit de go-go culturel. A chacun de tirer les conséquences de sa prise de conscience (et en plus ça rime!).
Rédigé par : Oeil de loupe | 12 octobre 2008 à 13:21
@A tous, le m@nuscrit de Dahlia est plutôt bon, je vous conseille d'ailleurs de le lire pour vous faire une idée. C'est un style simple, direct, et l'histoire est accrocheuse. Je ne fais pas partie des personnes qui seraient contre le fait que Dahlia édite dans la collection m@nuscrit. C'est très dommage pour elle que cela se soit passé de cette façon.
Rédigé par : Allo Dr. | 12 octobre 2008 à 14:12
Bon, en fait, contrairement au titre de l'entrée de blog, le copinage va bien, se porte bien et a de beaux jours devant lui. Il est d'ailleurs la manière normale de travailler dans le privé : on travaille mieux avec des gens que l'on aime bien.
L'interdiction du copinage, c'est un truc de l'Administration. Le favoritisme est interdit dans l'Administration ; il est normal dans le privé. Dans l'Administration, on sait ce que cela fait : des gens qui s'emmerdent ensemble et qui travaillent mal.
Le copinage est donc une excellente chose, qui devrait être développé tous azimuts (dans ce cas, on appelle cela des réseaux). Le grand réseau de copinage du moment, c'est Facebook et je suis très reconnaissant à Lise-Marie, alias Wrath, de m'avoir, la première, invité à m'y inscrire.
Copains-copines de tous les pays, unissez-vous !
Rédigé par : Francois Martini | 12 octobre 2008 à 14:47
Bande de nazes, vous êtes tous jaloux parce que vous aussi vous auriez rêvé coucher avec un vieux et pouvoir ainsi publier votre petit texte merdique.
Vive Léo Scheer, vive Pierre Bellanger, vive la France !
Rédigé par : max léon | 12 octobre 2008 à 16:56
@Nobody
La polémique qui est venue sur ce blog par l'intermédiaire peu élégant, c'est vrai, d'en passant, est loin d'être sans intérêt. Vous qui semblez si soucieux de défendre l'honneur des ELS, pourquoi ne pas débattre sur le fond et vous contenter d'insultes de cour de récréation? D'après ce que j'ai lu sur le blog des ELS, certains (les rares courageux qui osent s'exprimer librement) s'offusquent essentiellement de voir les m@nuscrits détournés de leur but premier, à savoir la création d'un comité de lecture établi au fil des semaines par les lecteurs et non la promotion de chouchous qui ont droit à un lancement marketing exceptionnel quand tous les autres se débrouillent tous seuls.
J'aimerais l'avis de Wrath, très silencieuse sur ce sujet, ce qui est un comble quand la question du copinage est abordé.
Marco lui aussi est étrangement absent.
Rédigé par : nicole | 12 octobre 2008 à 19:35
Le petit Marco est demandé à l'accueil...
Rédigé par : Pierrot Le Fou | 12 octobre 2008 à 20:52
J'arrive j'arrive, une seconde. Je couche les gosses.
Rédigé par : Marco | 12 octobre 2008 à 21:21
J'y suis allé déposé un texte sans aucune illusion, sachant pertinemment que le roman historique n'est pas le genre de la maison Scheer. Bon, une centaine de lectures et plus de 80 téléchargements, avec 6 commentaires aimables. Je n'en attendais guère plus. C'était juste pour être présent.
Effectivement, il y a des auteurs boostés par la direction au niveau du blog. Je ne m'en étonne pas.
Rédigé par : Marc Galan | 12 octobre 2008 à 21:37
Bon alors, chère Nicole, puisque vous me réclamez (sans parler de Pierrot the Mad qui a parlé très fort dans le micro), me voilà (les autres, vous pouvez sauter ce commentaire complètement microcosmique). Sans prétendre détenir la Vérité, je vous fais part de ce que je sais (un peu) et de ce que je pense (un peu aussi); il est vrai que je fais des va-et-vient aussi réguliers qu'étourdissants entre ici et là bas. Donc:
1) Non, sur le principe, il n'y a pas imposture des ELS par rapport au projet de départ des fameux M@nuscrits. Très rapidement, Léo Scheer, tout en sollicitant l'avis des intern@utes intéressés, a précisé que chacun était invité à discuter des différents m@nuscrits, à faire part de ses coups de coeur... mais qu'en aucun cas il n'y aurait "vote" ou "plébiscite" des blogueurs; il avait bien été question au début de la formation d'un comité de lecture constitué d'"amateurs", mais à titre "consultatif", la direction des ELS décidant seule qui serait éventuellement publié (la fameuse rétropublication). Si vous allez sur le blog des ELS, voyez par exemple le billet et surtout les commentaires du 25 mars 2008: tout est redit sans la moindre ambiguité, l'espace de discussion ouvert étant nettement distingué du temps de la décision éditoriale. Pas de changements de règles en cours de route, donc. Mais dans l'esprit de pas mal d'internautes, le flou a perduré.
2) C'est vrai que ce qui a pu perturber réellement des auteurs de m@nuscrits ces derniers temps, c'est que certains auteurs sont mis en avant (un billet sympathique leur est consacré) et du coup focalisent l'attention, et du coup les m@nuscrits de la même "livraison" restent dans l'ombre. A ce titre, on peut penser que Léo Scheer brise un pacte (qu'il a répété il y a encore peu de temps): la neutralité de son équipe dans la présentation des m@nuscrits, pour que les discussions des "amateurs" autour des m@nuscrits soient le plus libres possibles. Par les coups de projecteurs, certains apparaissent ainsi "privilégiés" (Nicolaï Lo Russo, Dahlia _ soit dit en passant 2 habitués de chez Wrath, comme quoi...) par rapport aux autres.
3) Bien sûr il y a des liens entre Dahlia et les ELS qui préexistent au texte qu'elle propose; bon, voir ce que françois Martini dit des "ambiances de travail"; par ailleurs, Léo Scheer dit que les m@nuscrits sont tous lus, on peut le croire... ou pas. A titre personnel, je suis content pour Dahlia (dont je n'ai pas lu le texte)
4) Léo Scheer aime la provocation, ce n'est pas nouveau (voir son long flirt avec le Stalker, et les suites). Evidemment qu'en disant officiellement qu'il est personnellement ravi que Dahlia joue le jeu des M@nuscrits (sans dire, du reste, s'il aime son texte et s'il désire la publier), il sait qu'il va susciter des réactions violentes _ aussitôt assimilées à du trollisme; ça fait partie du "jeu" qu'il a instauré, l'ébullition autour du m@nuscrit de Dahlia fait encore parler des m@nuscrits.
5) contrairement à ce que certains semblent croire, Léo Scheer n'a jamais dit qu'il entendait promouvoir une nouvelle édition "égalitariste", et qu'il allait pourfendre les réseaux. Pas du tout. Son truc, ce sont les nouvelles formes matérielles d'édition, pas de nouveaux principes "moraux". Il ne cache pas ses "amitiés", ses protections, ses cercles. (bon, c'est vrai qu'il dit facilement "cher" à l'interlocuteur lambda, au début ça flatte un peu, mais c'est à l'interlocuteur lambda de ne pas être niais et de comprendre qu'il n'est pas devenu brusquement l'ami intime de Léo Scheer _ qui en a déjà bien assez).
Rédigé par : Marco | 12 octobre 2008 à 22:40
@Marco
Dit comme ça, c'est beaucoup plus clair effectivement; ce qui se joue chez LS, c'est l'aspect expérimental et au passage on donne un coup de main aux copains. Au passage, j'ignorais que le fameux auteur d'Hyrok était un habitué de Wrath.
Merci pour ces brillantes (comme d'hab, vous devenez indispensable à la bonne marche de la maison wrath), explications. A défaut de satisfaire les déçus de m@nuscrits, elles éclairent ma lanterne;))
Rédigé par : nicole | 12 octobre 2008 à 23:22
@Marco, vous avez tout à fait raison, mais c'était pour une fois l'occasion de ne pas donner raison à Wrath :0) et à Lucien Cerise :o)
Rentrée littéraire ELS: 3 conjoints, 2 éditeurs, 2 journalistes (dont un collaborateur). Tout ce monde pourrait être édité ailleurs facilement et ces livres, je les lirais certainement avec plaisir.
La petite lueur d'espoir de m@nuscrit s'est éteinte ce week-end pour les écrivains dont le seul tort est de n'être qu'écrivain.
Rédigé par : Marie | 12 octobre 2008 à 23:42
Cessez de me flatter, Nicole, quand on me flatte je me mets à dire beaucoup de conneries (déjà que...). Mais merci :)
Marie: oui, les ELS ne sont pas franchement spécialisées dans l'anti-réseau ;) Si vous voulez garder une lueur d'espoir cependant, j'ajouterais ceci _mais je crains que cela ne nous entraîne dans des débats sans fin: les auteurs de m@nuscrits qui ne sont "qu'écrivains" comme vous dites peuvent garder un ptit tout ptit espoir: comme dans les sélections de manuscrits "normaux", il y aura quelques m@nuscrits de gens archi-discrètement-provinciaux qui, en termes de probabilités, devraient émerger (aux ELS ou ailleurs). Par ailleurs, et là la discussion devient épineuse, je distingue les publications de "collaborateurs" institutionnels de celles de gens venus de "l'extérieur" qui entrent partiellement dans le réseau de l'éditeur, tels Dahlia ou Nicolaï, avec un certain naturel (affinités véritables): et là la blogosphère change (un peu) la donne, avec internet il y a davantage de possibilités d'entrer en contact et de "se faire remarquer" qu'il y a 20 ans.... Evidemment, toute bonne nouvelle a sa contrepartie: la forte dérive que je crains, c'est que tout cela soit mal compris et que beaucoup de wannabes se lancent dans des surenchères de courtisaneries mécaniques("Léo vous avez raison sur tout et je vous aime je vous aime je vous aiiiiiiiiime... euh, sinon, j'ai un m@nuscrit que je pensais envoyer, euh...").
Rédigé par : Marco | 13 octobre 2008 à 00:28
@nicole: "J'aimerais l'avis de Wrath, très silencieuse sur ce sujet, ce qui est un comble quand la question du copinage est abordé."
Puisque je suis gentiment sollicitée, je vais redire ce que j'ai déjà dit depuis la création de "M@nuscrit": ça pue l'arnaque à plein nez.
Voir ici:
http://wrath.typepad.com/wrath/2007/11/editions-lo-sch.html
Si vous voulez publier sur papier, vous avez tout intérêt à déployer des trésors de flatterie (Marco a bien résumé la situation, avec ses "LS, je vous aime").
Rien de nouveau à cela: le copinage est indispensable à toute publication. Seul le format blog différe des traditionnels envois par la Poste.
Mon conseil aux wannabes: éviter de dévaloriser votre texte en le mettant chez LS. Ouvrez votre propre blog. Battez-vous avec vos propres armes. Ne rentrez jamais dans l'engrenage "illusion-flatterie-pas de publication-aigreur-abandon de l'écriture".
Rédigé par : wrath | 13 octobre 2008 à 01:36
Alors Wrath, observons les étapes :
1 - illusion, c'est fait
Tu as crié à ton génie dès les début.
2 - flatterie, c'est fait
on se souvient de notes dythirambiques sur ton précédent blog, et toutes celles et ceux qui t'ont croisé dans la vraie vie savent que ton discours en off est bien plus complaisant.
3 - pas de publication, ça c'est fait aussi
C'est l'organe vital de ton blog
4 -aigreur, c'est fait
c'est ton fond de commerce
5 -abandon de l'écriture, c'est pour quand?
Non parce que vivement que tu denonces le milieu hostile du Yoga, le milieu hostile du macramé, le milieu hostile de la belotte, le milieu hostile du scrapbooking, etc..
Rédigé par : checklist | 13 octobre 2008 à 10:07
@Wrath, vous avez peut être grâce à votre blog été à l'origine de l'idée de m@nuscrit, avec l'affaire Barberine.
http://www.leoscheer.com/spip.php?article770
Dahlia, Leo Scheer TV.
Une coopérative d'auteurs ne seraient pas une mauvaise idée, mais je crains qu'au bout d'un an la coopérative, contrainte de survivre, ne soit obligée d'en venir aux mêmes procédés que les autres maisons d'édition.
Rédigé par : AF | 13 octobre 2008 à 10:20
@ Wrath: ma chère Wrath, tu sais jusqu'à quel point nous sommes d'accord, et à partir de quel point nous ne le sommes plus. Autant nous nous retrouvons sur la détestation de la courtisanerie, autant je ne peux te suivre sur ton mot d'ordre: "wannabes de tous les pays, fuyez les m@nuscrits!". Parce qu'au pire, c'est une vitrine pour les amateurs, qui ne "paralyse" pas leur texte (ils peuvent l'envoyer à tous les éditeurs en même temps s'ils veulent); comme une sorte de vie embryonnaire, une première extériorisation... Ce qui est certain, c'est que les wannabes ne doivent pas croire qu'ils jouent leur vie sur un m@nuscrit. Après tout, j'avais bien envoyé avec plaisir une petite nouvelle à ta Revue sans Soirée, malgré l'absence d'enjeu :)
Rédigé par : Marco | 13 octobre 2008 à 10:30
@Carole
Je ne comprends pas pourquoi vous n'avez pas encore été appelée par un éditeur. Vous êtes un des auteurs de m@nuscrits les plus appréciés et les mieux notés mais bon...Encore un des mystères du monde de l'édition. J'imaginais naïvement que vous seriez pressentie pour une "rétropublication" mais rien pour l'instant. Avez vous essayé Le Dilettante? "C'est dimanche et je n'y suis pour rien" correspond à leur ligne éditoriale, il me semble.
Rédigé par : nicole | 13 octobre 2008 à 14:07
@nicole: merci du précieux conseil, et c'est vrai qu'en ce moment je me sens très dilettante... Non, pour le moment, je suis déjà bien heureuse d'avoir été retenue pour un article dans une nouvelle revue d'art contemporain qui paraîtra en mars. C'est vrai que c'est mon milieu de prédilection, et s'il faut commencer par journalistiquer, journalistiquons... Je ne manquerai pas de vous tenir au courant...
Rédigé par : carole | 13 octobre 2008 à 14:30
La "presse littéraire" ne fait plus vendre depuis à peu près 40 ans. Il est grand temps de lancer le scoop.
Les journalistes littéraires le savent depuis longtemps, mais ils écrivent leurs critiques et sont payés, ils sont courtisés, reçus partout, ils ne font de mal à personne, il faudrait vraiment qu'ils soient crétins pour changer de métier.
Bernard Fixot est le dernier éditeur qui publierait un manuscrit reçu par la poste. (Bernard Fixot est à la littérature ce que Bernard Tapie est à la pile Wonder. Quand j'ai eu le Flore, il dirigeait la maison d'édition dans laquelle j'étais publié, il m'a pris dans ses bras comme un fils en me disant : "Je trouve ton roman sans intérêt, vraiment, mais tu as eu le prix de Flore et c'est le principal." J'ai eu envie de lui cracher à la gueule, mais j'étais jeune et timide et wannabe, comme dit Wrath, et je lui ai rendu son accolade – pauvre nouille.)
A part ça, qu'est-ce que vous a fait ce pauvre Leo Scheer (qui n'est pas, loin s'en faut, l'archétype de l'éditeur puissant) ? Et les autres ? Ecrivez des trucs intéressants, avant de vous plaindre qu'on ne publie que les autres. Je veux dire : le travail, l'envie, le désir de la plupart des gens qui interviennent ici, c'est d'écrire, non ? Si c'est bien, on trouve toujours le moyen de se faire publier. Mais il faut aussi savoir admettre que peut-être ce n'est pas bien. Vous imaginez un blog de tous les acteurs qui veulent tourner dans des films ?
Rédigé par : PhJ. | 15 octobre 2008 à 01:30
C'est plus grave que du copinage malheureusement. Gilles Cohen Solal (vous avez déjà lu un CV normal de ce monsieur quelque part au fait, ses études par exemple?)répond sur le site de Léo Scheer, ah mais m@nuscrit c'est chercher une perle dans des centaines d'huîtres. Du style vous perdez votre temps, bon courage. Quelqu'un avait répondu: Mais n'est-ce pas le travail normal d'un éditeur? Éditer Dahlia, qui a travaillé pour cette maison d'édition (ELS), cela donne raison à GCS: Tu vois y avait rien de bien dans ces m@nuscrits envoyés par mail, heureusement que Dahlia a envoyé le sien pour remonter le niveau.
En ce qui concerne l'âge des éditeurs, le meilleur éditeur de Paris, c'est Maurice Nadeau, qui a édité le premier roman de Michel Houellebecq, il a 87 ans et est encore actif dans le monde de l'édition.
Léo Scheer est un jeune homme et il est très créatif dans le domaine de l'édition. Angie David, ne pensait certainement pas à mal quand elle a conseillé Dahlia pour m@nuscrit, on voit bien qu'Angie participe peu sur le blog, et peut être est-elle aussi distante dans la vraie vie des ELS. En tant que chroniqueuse, comédienne et bourse Goncourt, elle n'a pas besoin des ELS pour être éditée, tout comme Nathalie Rheims (Gallimard) non plus.
Une maison d'édition qui n'a pas de comité de lecture et n'a pas le personnel suffisant pour lire les manuscrits devraient avoir la transparence et l'honnêteté de le dire.
Sans journaliste de presse, sans réseaux, ces petites maisons sont vouées à la mort, il leur faut des alliances. Elles publient donc un certain nombre de journalistes ou de personnes utiles à leur réseau. C'est de la survie.
Léo Scheer publie aussi des ouvrages difficiles et il a un très bon catalogue.
La question est de savoir, est-il si riche qu'il puisse se permettre d'être idéaliste, ou n'a-t-il pas les moyens de perdre de l'argent?
En choisissant Dahlia, peut-être s'assurerait-il simplement de ne pas perdre d'argent, de vendre sa collection, et c'est ce qui lui importe le plus.
Est-il un business man ou un monsieur qui a peur de faire faillite?
Rédigé par : Lalielafolle | 15 octobre 2008 à 09:31
wannabe quoi ? wannabe publié ? wannabe invité aux partouzes de sollers ? non, parce que wannabe un grand écrivain t'es tjs du mauvais côté de la barrière, philou ! Remarque, t'es vieux mais il te reste encore quelques années pour tenter ta chance... si ça t'intéresse en quoi que ce soit, d'ailleurs.
Rédigé par : max léon | 15 octobre 2008 à 12:22
Tiens, je n'ai pas lu tous les commentaires, mais ce qui est notable : Dieu est un pote à moi, a été l'objet de pas mal de publicités radios (faite par XO) alors que l'autre non... Après qu'est ce qui fait vendre, un papier ds Telerama ou 30 spots de pub a 9h du mat qd les gens sont coincés ds les bouchons ?
Rédigé par : Guillaume Widmann | 16 octobre 2008 à 00:44
@LalieLaneu-neu.
Depuis quand il faut un Cv"normal"(aaaargh?!?qu...?) pour vous faire une idée de quelqu'un? Ses études? Eh oh, on n'est pas à l'anpe, ici!
(j'ai un autre critère : je déteste cordialement les gens qui utilisent l'expression "ce monsieur")
"le meilleur éditeur de Paris, c'est Maurice Nadeau,". He ben, tout ça ne nous rajeunit pas. Petit nota: Nadeau a certes "édité" M.H mais aux forceps, pas si convaincu que ça. Après, bingo, l'avenir lui a donné raison, on a crié à la découverte géniale. Comme quoi, le parcours dans l'édition, c'est aussi le facteur "chance".
Rédigé par : Vlan Zou | 16 octobre 2008 à 17:03
@LalieLaneu-neu.
Depuis quand il faut un Cv"normal"(aaaargh?!?qu...?) pour vous faire une idée de quelqu'un? Ses études? Eh oh, on n'est pas à l'anpe, ici!
(j'ai un autre critère : je déteste cordialement les gens qui utilisent l'expression "ce monsieur")
"le meilleur éditeur de Paris, c'est Maurice Nadeau,". He ben, tout ça ne nous rajeunit pas. Petit nota: Nadeau a certes "édité" M.H mais aux forceps, pas si convaincu que ça. Après, bingo, l'avenir lui a donné raison, on a crié à la découverte géniale. Comme quoi, le parcours dans l'édition, c'est aussi le facteur "chance".
Rédigé par : Vlan Zou | 16 octobre 2008 à 17:04
Puisqu'on mentionne Maurice Nadeau et Michel Houellebecq, j'en profite pour rappeler que Michel Houellebecq n'a pas été publié suite à un envoi par la poste, mais par l'entregent de son ami Dominique Noguez. C'est d'ailleurs la seule méthode valable.
Rédigé par : Francois Martini | 16 octobre 2008 à 17:42
Le seul refus autographe que je possède est signé Maurice NADEAU!
A l'ancienne: petit papier et encre bleue liquide...
Rédigé par : Ramon | 16 octobre 2008 à 19:52
Michel H. a été, au début édité par un ami,je crois, était-ce Nadeau? Il a été refusé par tous les éditeurs de Paris.
Rédigé par : Lalielafolle | 17 octobre 2008 à 00:15
Wannabe écrivain, juste, Max. Wannabe écrivain un peu reconnu, si tu veux. C'est vrai, j'avais envie (c'est loin, hein), d'entrer dans le milieu. Maintenant, je n'en ai rien à foutre. Et je ne suis pas vieux, trouduc.
Rédigé par : PhJ. | 17 octobre 2008 à 19:44
Lalielafolle, puisqu'on te dit que l'ami de M.H c'était Dominique Noguez (t'es neu-neu ou quoi?)! De toute façon, on n'est jamais édité par un ami mais par un éditeur. Et un éditeur, face à un auteur, n'est jamais un ami.
(et moi, grâce à ce post, je talonne le record de posts de notre Nobel national!)
(quelqu'un se dévoue pour égaler le record ci-dessous? LalieTsoin-tsoin?)
Rédigé par : Vlan Zou | 17 octobre 2008 à 19:47
C'est connu, Nadeau ne voulait pas publier Houellebecq, mais l'a fait sur la recommandation insistante de Noguez, qu'il connaissait bien et en qui il avait confiance. C'est aussi simple que cela.
Le détail est narré dans l'essai de Noguez sur Houellebecq, "Houellebecq, en fait", Fayard ; et confirmé par ailleurs, en général.
Comme quoi Noguez a eu raison de recommander Houellebecq et Nadeau de se laisser faire.
Rédigé par : Francois Martini | 17 octobre 2008 à 20:14
Tout à fait, Thierry. Petite anecdote du "milieu hostile de l'édition": à l'époque, la compagne de M.H a aussi fait pas mal de rentre-dedans (pas d'allusion sexuelle, svp) pour aider Michou à placer son bouquin (au demeurant, initiative tout à fait méritée et méritoire). Comme quoi, un compagnon d(in)fortune, ça peut aussi booster la demande.
(à part ça, 48 coms. Copinage 1 / Nobel 0)
Rédigé par : Vlan Zou | 17 octobre 2008 à 22:32
Que de vulgarité et de haine dans ce que tu écris, PJ. C'est étonnant, quand on voit le personnage public et les romans (enfin, les deux que j'ai lus). Ca ne cesse de m'étonner.
Rédigé par : gadrel | 17 octobre 2008 à 22:47
Martini: Comme quoi Noguez a eu raison de recommander Houellebecq et Nadeau de se laisser faire.
Humour?
Dérision?
Ânerie?
Rédigé par : Ramon | 18 octobre 2008 à 11:05
Dominique Noguez passe à la librairie Passaporta samedi prochain avec Serge Safran ( éditions Zulma), si vous voulez aller lui filer votre manuscrit et devenir le prochain Houellebecq... (j'espère que c'est bien le Noguez dont vous parlez?!):
http://www.passaporta.be/index.php?q=passaporta/fr/archives/event/34
Rédigé par : carole | 19 octobre 2008 à 01:23