Imaginons: après des années de galère, vous arrivez à publier votre second roman, qui - ô miracle ! - se vend très bien. Entre temps, votre premier roman moisit toujours dans un coin de votre ordinateur, et votre éditeur propose alors de le publier. Que faites-vous?
Bon, la question peut paraître stupide: je me vois déjà me ruer sur l'éditeur et lui tendre "Crevez tous, useless cunts" avec un enthousiasme débordant. Publiez-le, et vite!
Lioner Shriver a d'ailleurs fait la même chose: après le succès de "Il faut qu'on parle de Kevin", elle a sorti "Double Fault" dans la lancée. Avant son Orange Prize pour "Kevin", Shriver était loin d'être une débutante, mais ses romans passaient un peu inaperçu. Elle a donc voulu profiter du surcroît d'exposition médiatique pour mettre en valeur son roman précédent.
D'après le Guardian, cette stratégie ne lui a pas réussi. "Double Fault" étant "largement inférieur" à "Il faut qu'on parle de Kevin", son statut de romancière à succès en a pris un coup.
Inutile de dire que je ne partage pas du tout ce point de vue (j'ai beaucoup aimé "Double Fault"). Mais je ne peux m'empêcher de m'interroger quand je lis que Bret Easton Ellis angoisse à l'idée que ses romans d'adolescent soient un jour publiés.
Après tout, faut-il toujours publier un premier roman? Ne faut-il pas le prendre comme un essai, un premier jet qui a permis de progresser dans son écriture? Qu'en pensez-vous?

Ben tout dépend du travail de réécriture qu'on fait dessus... Enfin je sais pas, il nous faudrait plutôt l'expérience de personnes ayant publié leur premier roman après le succès des suivants publiés avant le premier. Il doit bien y avoir dans l'assistance ^^
Rédigé par : Dahlia | 23 décembre 2008 à 02:22
A mon avis il faut publier un premier roman s'il est bon, mais s'il n'est pas bon, il ne faut pas le publier :)
S'il n'est qu'à moitié bon, il faut en publier des petits morceaux; et s'il n'est bon qu'un petit peu, il faudra se contenter de quelques lettres...S'il n'est pas bon, on peut se contenter d'en parler; compter le nobre de mots à l'intérieur; parler du nombre de paragraphes, voire s'il est très mauvais et que l'auteur est très connu publier un livre sur le premier roman sans le montrer pour autant.
Par contre, s'il est vraiment très bon, pourquoi pas le publier plusieurs fois?
Rédigé par : Benoit | 23 décembre 2008 à 04:52
C'est l'éditeur qui décide, de toute façon, pas l'auteur.
Rédigé par : François Martini | 23 décembre 2008 à 07:41
Et, heu... Si des fois, supposition, hein... Si des fois la publication intervient au bout du sixième manuscrit, faut-il publier les cinq premiers ?
Rédigé par : Thierry Tuborg | 23 décembre 2008 à 08:04
@Benoit
d'accord avec vous :-)
@François
pas d'accord. C'est moi, l'écrivain, qui décide de le proposer à mon éditeur ou pas. J'ai dans mon tiroir un manuscrit (roman) et, pour l'instant je le garde là. Pas encore prête à m'en séparer : -(
Sinon, je trouve la question inutile, elle concerne que la personne qui la pose...
Rédigé par : valy christine | 23 décembre 2008 à 09:49
@ valy : "C'est moi, l'écrivain, qui décide de le proposer à mon éditeur ou pas."
Cela ne change rien au fait que c'est l'éditeur qui l'acceptera ou le refusera au final.
Rédigé par : Thierry Tuborg | 23 décembre 2008 à 11:53
@ Thierry Tuborg : oui mais en cas de succès d'un auteur l'éditeur sera toujours prêt à sortir un roman, même pitoyable, parce qu'il y gagnera toujours un peu d'argent... donc Valy a raison : c'est à l'auteur de tenir son oeuvre.
Rédigé par : Claire | 23 décembre 2008 à 12:31
Ca dépend de qui prend l'initiative. Si c'est l'auteur qui veut sortir ses vieilleries, c'est l'éditeur qui a le dernier mot. Et vice versa.
C'est quand même pas bien compliqué.
Rédigé par : Pirloui | 23 décembre 2008 à 12:54
Un premier roman comprend souvent en germe les suivants... du reste, je suis persuadé que nous sommes l'auteur que d'un seul roman (le premier...ou le dernier) et que nous faisons que de nous répéter inlassablement.
Je suis en train de récrire mon premier roman... je pense qu'il sera bien le meilleur... forcément, dix ans après on a fait quelques progrès: on a appris quelques roueries (sourire)
Rédigé par : becdanlo | 23 décembre 2008 à 15:09
Ce blog est déprimant: tous ces gens qui savent ce qu'il faut faire pour écrire un roman...
Pour 2009, par pitié, changez un peu, Wrath: annoncez-nous la sortie de votre chef d'oeuvre (ou d'un mariage, d'une promotion professionnelle en Nouvelle-Zélande, un tour du monde à pied, une retraite au Kazaksthan...).
Et qu'on en parle plus.
Rédigé par : Droopy | 23 décembre 2008 à 17:29
Pas joyeux, ce site pour une veille de Noël !
Rédigé par : Une Ville Un Poème | 23 décembre 2008 à 19:57
La veille de noël, c'est le 24, pas le 23, mécréant!
Rédigé par : Dahlia | 23 décembre 2008 à 20:52
Pas joyeux, ce site, pour une avant-veille de Noël !
Rédigé par : François Martini | 23 décembre 2008 à 22:15
Et où que c'est écrit qu'il faut être joyeux la veille de Noël ???????
Dans vot' prochain nouveau premier roman ??????
Tiens, j'ai le titre: "Fais risette à Tata, mon Toto"!
Rédigé par : Vinosse | 24 décembre 2008 à 08:23
Suggestion : ne pas écrire de premier roman, mais directement le second :)
Bon Noel et belles fêtes à tous !
Rédigé par : Gondolfo | 24 décembre 2008 à 10:22
Chère Wrath,
J'aimerais prendre le temps, et je suis sûr que vous aussi, pour discuter de votre littérature.
Vraiment, j'ai du mal à vous comprendre. Je crois déceler en vous dans les premiers moments une espèce intelligente, c'est-à-dire assez critique sur son temps pour voir les travers et les vices de ce qui l'entoure. Alors je me réjouis que vous critiquiez l'édition, qui selon vous n'accorde que peu de valeur à la qualité littéraire des manuscrits qui lui sont envoyés. Je me réjouis car je suis de ceux qui déplorent tout ce mauvais commerce de livres sans nom. Bref, de ceux qui désespèrent de voir jamais un renouveau des Lettres françaises.
Mais tout de suite après vous me décevez : vous vous entretenez avec l'homme le plus représentatif de cette mascarade, Marc Levy. J'ai vraiment du mal à vous comprendre. L'intérêt même que vous lui portez, ou l'élan qui vous pousse à le rencontrer me sont des choses odieuses et attristantes. J'en viens même à me dire que, partageant la même ville, vous avez trouvé le prétexte de le questionner seulement parce qu'il vous était proche, et que vous auriez une vedette de plus au palmarès de vos relations. Non, non chère Wrath. Vous avez semble-t-il commis le plus grave péché.
Décadente comme vous semblez l'être, je ne crois pas que Huysmans aurait apprécié votre petit manège. Marc Levy n'est pas un décadent.
Et revenons-y, aussi, à cette image rebelle, exilée, décadente que vous vous donnez : tâchez toujours d'être sobre, jusque dans ce que vous haïssez. Vous gagnez un grand discrédit (les commentaires des intervenants le montrent assez bien, et je ne suis pas de ceux qui les dira stupides)dans ce que vous faites. L'exil n'est bon que pour les artistes, les âmes révoltées et déçues du Siècle d'Auguste, de la Révolution de France, du Second Empire. Mais, si l'on y songe, ces exils sont presque toujours forcés, presque toujours nécessaires. Or vous, cette vie dilettante que vous semblez mener en Angleterre, elle n'a rien d'une éviction, d'une chasse à l'homme, enfin ne résulte pas de quelque crime terrible, propre à alimenter une longue légende. Oh non! Prenez garde de vous complaire trop dans cette position d'artiste méconnue. Ayez toujours soin de ne pas donner de vous l'image acerbe d'une fille en mal d'amour, en mal de vie, en mal de reconnaissance, dont la seule consolation viendrait des livres.
Cela me fait songer à votre présentation sur le site de l'Homme Moderne. Veuillez la changer. Elle touche au ridicule. J'y ai cru lire la quatrième de couverture d'un mauvais roman de gare. Tout ce théâtre bâti sur votre vie, détruisez-le. Sachez vous effacer derrière l'oeuvre que vous accomplissez. Mais arrêtons là ces conseils de vieil homme.
Madame, parlons un peu de ce que vous écrivez.
Voyez-vous, je suis assez attristé de savoir que vous me rangeriez dans la catégorie de "ceux qui ont des goûts de m...", moi qui me piquais d'en avoir, et du bon. Alors si mes remarques ne peuvent vous toucher, qu'elles vous intéressent comme venant de la part d'un de ces hommes, qui Dieu merci! ne connaissent rien aux Lettres.
La trop haute opinion que vous avez de vous-même vous cache sérieusement les vices de votre écriture. Au vrai il n'y a qu'à lire des incipits pour connaître le ton. Je parcours vos nouvelles, et je les vois toutes commencer par des épigraphes. Cà! je veux bien, si l'on est Stendhal, mais avouez que la multiplication de ces citations ne fait rien pour vous servir : elles voudraient mettre au même niveau qu'elles l'ouvrage tout entier, et il en résulte un parfait désaccord, un puissant rire. Cela fait bien fat, et j'ai l'impression que vous jouez au jeu critiqué de cette maîtresse qui, dans Wrath, semble ne vouloir prononcer une phrase qui ne contienne quelque citation.
Puis j'entame la lecture. L'incipit de Alive'n moving, pour ne prendre qu'un exemple frappant, fait vulgairement songer à un roman de Marc Levy, où tous les éléments se retrouvent dans un même décor londonien. Peut-être, et je vous en excuse, votre lecture récente d'un de ses romans vous aura-t-elle un peu trop inspirée.
Mais enfin, tout ce côté noir, sanglant, à la film d'horreur, ce dégoût de l'autre et cette haine, cette colère (Wrath, quel beau mot), n'ont à mon goût (mais n'oubliez pas ce qu'il vaut!) que peu de poids : relents d'un décadentisme à outrance, poncif fin de XXème siècle et nouvelle ère de violences. La littérature n'est pas le grand exutoire. Pardonnez-moi, à mon tour, de jeter de ces oukases, mais vous m'y contraignez, et je ne voudrais pas que vous restiez longtemps égarée. En tout cas, si vous cherchez le chemin des Lettres, et si vous cherchez la reconnaissance (à dire vrai ce désir seul trahit une certaine gêne à l'égard d'un art qui se voudrait tout personnel et désintéressé) changez de voie. Pour l'heure, vos impasses littéraires ne vous ont mené qu'à des fins de récit, je veux dire que vous n'avez su raconter que des histoires, ce qui, vous le savez, n'est pas très intéressant en littérature.
Car vous n'avez aucun style, sinon celui de tous vos contemporains qui se vantent d'écrire. Aucune recherche formelle qui pourrait (suprême expédient) faire oublier le fond, si mauvais, si grossier. Aucun style, aucun travail, bref aucune langue qui vous permette quelque jour d'accéder au panthéon des hommes et femmes de lettres. Sachez à ce propos que vous ne serez jamais "auteure" mais bien "auteur" et que ce seul barbarisme prouve combien vous souffrez d'un manque de reconnaissance.
Ainsi je vous dis adieu, espérant une réponse, espérant pouvoir converser avec vous. Car nous devons aimer chacun autant la littérature, et je serai bien aise de partager avec vous, une fois vos aigreurs contre moi passées, cette passion commune. Car j'ose croire que vous valez quelque chose. Reste à dégrossir le monstre que vous vous êtes créé.
Saint-Sterne.
Rédigé par : Saint-Sterne | 27 décembre 2008 à 00:49
j'ai mal à la tête
Rédigé par : walter | 28 décembre 2008 à 15:25
@ Saint-Sterne
Bon, je crois que vous compliquez ce qu'il y a de plus simple. Wrath souhaite plus que tout faire partie de ce monde qu'elle dit détester, elle râle après les personnages de ce monde en espérant que ce ptit monde dira un jour « viens parmi nous, tu es des nôtres ».
C’est simple à comprendre. …et elle arrivera car elle est tenace et comme vous dites, intelligente. On se sert, en principe, de notre intelligence pour accéder à ce qu’on souhaite.
Donc, elle met son intelligence à son service pour conquérir ce qu’elle envie. Elle désire intégrer ce monde qu’elle prétend détester.
Voila, j'espère vous avoir éclairé un peu...
Rédigé par : valy christine | 28 décembre 2008 à 22:33
@ valy christine
Eh bien j'en suis d'autant plus triste : je ne croyais pas compliquer. Si les choses sont aussi simples... dommage pour Wrath.
Rédigé par : Saint-Sterne | 29 décembre 2008 à 18:29