Décidément, ma rubrique "Les Conseils de Wrath" correspond à un vrai besoin: besoin de confier ses galères de wannabes, et besoin de reprendre espoir dans une (hypothétique) publication. Voilà ce que m'écrit Aude:
"J'ai 17 ans, et ça fait un sacré nombre d'années que j'écris. Au début, c'était très mauvais, un fourre tout imbuvable mais j'envoyais néanmoins mes petites histoires aux concours d'écritures pour enfants, que je ratais tous. A 13 ans, j'ai rencontré Alain Carrière à un salon, le manuscrit de mon premier roman, qui lui aussi n'était pas très bon sous le bras. il me dit qu'il serait heureux de le lire. Je jubile, avec ma mère on se dit: "ça y est, je serais éditée!". Et bien non, me dira une lettre plusieurs moi après. Inconsciente, je l'envoie ensuite à l'Ecole des loisirs, même réponse. Je découvre ton blog et m'aperçois que le monde de l'édition peut être très cruel, même pour les petites filles. Ma foi inébranlable que je serai publiée un jour disparait. Un petit éditeur libraire paraît interessé, mais ce n'est que du vent et le manuscrit, que j'ai réécrit des millions de fois moisit dans des cartons. Je ne sais pas si tu ressens ça mais une fois que tu finis un roman, c'est comme si tu avais mis au monde un enfant, c'est assez douloureux et passionnant, mais c'est terrible quand personne ne veut de ton enfant.
Ensuite je me suis mise aux nouvelles, j'ai gagné des concours. Après avoir abandonné le premier, déçue et persuadée qu'en fait il n'avait aucune qualité, j'ai écrit mon second manuscrit Triste Clown. J'étais suffisamment désespérée pour mettre dans ce roman suffisamment d'ingrédients qui le rendraient attirant aux yeux des éditeurs: du sexe, des ados, des riches, des personnages suffisamment divers pour que le plus de gens possibles puissent s'identifier à eux (de la femme aux foyer aux gays en passant par les athées profonds. [...]
Tu n'as pas de baguette magique mais tu donnes des conseils plutôt utiles: figures toi que cette semaine, et c'est un record, j'ai reçu trois lettres de refus pour ce roman, dont la plus "gentille" était celle des éditions Le Dilettante.
Inutile de préciser que je n'ai absolument aucun contact dans le monde de l'édition. Alors que penses tu de l'idée de créer un buzz autour d'un bouquin que personne n'a jamais lu, via divers medias comme internet (blogs, facebook, et autres)? Je crois que c'est la seule solution qu'il me reste!"
Ce que j'en pense? Un livre écrit uniquement pour séduire un éditeur, ou un public particulier, a de grosses chances d'être mauvais. Or dans la façon dont Aude présente son livre, on a vraiment l'impression d'une tentative désespérée et assez naïve pour attirer l'attention et obtenir une publication.
Si je reproduis ce message aujourd'hui, c'est que je crois que nous sommes beaucoup à partager cette "malédiction du wannabe". A mesure que l'on subit les refus des éditeurs, on a tendance à écrire de moins en moins pour soi et de plus en plus pour séduire les autres.
Mon conseil à cette jeune fille serait d'ouvrir un blog: pas tellement pour parler de son livre, mais plus pour satisfaire son besoin d'attention. Car ouvrir un blog, c'est rentrer dans la sphère publique. Et la publication d'un roman obéit au même besoin: celui d'être reconnu et entendu, celui de laisser une empreinte (même temporaire et vite effacée...)

Je dirai à cette jeune fille de « lâcher prise » à son désir d’être publiée et de continuer ses études. Parfois les circonstances ne nous sont pas favorables. Si vraiment elle a du talent, de la sensibilité, de la profondeur, ses œuvres trouveront un jour un public.
Il y a deux hypothèses : ou elle est en avance par rapport à son époque et donc, incomprise pour le moment, ou elle ne dit rien ni de fort ni de profond pour stimuler et retenir l’attention.
Vouloir coûte que coûte être publiée à treize ans juste parce qu’elle écrit, il me semble prétentieux. La comparaison qu'écrire un livre c’est comme « naître un enfant » contient une part de vérité, mais sur cette terre, il existe des millions d’enfants anonymes.
Rédigé par : valy-christine | 16 décembre 2008 à 08:08
pour moi ta Aude se fiche de toi, elle n'a pas 17 ans. Elle a fait plein de concours mais envoie au hasard à l'Ecole des Loisirs - une maison d'édition qui ne prend personne d'inconnu et se met au-dessus, parfois à tort, parfois à raison (les albums jeunesse) du lot, et elle s'étonne ? C'est tordu, elle reconnaît elle-même que son manuscrit n'était pas très bon, et ce qui la fait jubiler ce n'est pas d'être lue mais d'être enfin publiée.
Allez, LMJ, Aude c'est ton double ?!
Rédigé par : sirius | 16 décembre 2008 à 08:49
Ou alors Aude n'existe pas, c'est Wrath qui parle...
Quand je lis "c'est comme si tu avais mis au monde un enfant mais que personne ne veut de ton enfant", j'hallucine...Depuis quand le monde doit se sentir obligé d'accueillir des bébés-livres qu'il n'a pas souhaité voir naître? Wrath/Aude, si tu fais un bébé-livre, c'est parce que tu en as envie, pas pour l'imposer à des gens qui n'ont rien demandé?!...Y a vraiment des gens tordus sur terre pour penser que le monde DOIT accueillir les bébés-livres qui naissent de partout...
Rédigé par : construx | 16 décembre 2008 à 09:16
pour les lèvres Angelina Jolie dans "L' Échange" bat tous les records!
Rédigé par : alain | 16 décembre 2008 à 09:45
Et puis ce n'est pas vrai : écrire un livre pour qu'il plaise à un éditeur, c'est écrire un bon livre, car les éditeurs sont des professionnels.
Seuls les gens connus, qui vendront sur leur seul nom, ou qui bénéficient d'un pouvoir médiatique, peuvent placer de mauvais livres.
Rédigé par : François Martini | 16 décembre 2008 à 09:53
De mon côté, je suis sidéré par le nombre d'aspirants écrivains qui ne maîtrisent pas le français, signe selon moi qu'ils ne s'intéressent pas du tout à la langue et feraient donc mieux d'écrire des scénarios. Ici, Aude confond manifestement le conditionnel présent et le futur simple : "Ca y est, je serai publiée" et non "serais publiée" ; en outre, elle ignore que les verbes en -er (sauf aller) ne prennent pas de "s" à la deuxième du singulier de l'impératif présent : "figure-toi" au lieu de "figures-toi". Sans parler de ses trois "suffisamment" en quatre lignes. Je lui conseille de demander un Grevisse à sa maman pour la Noël.
Rédigé par : gadrel | 16 décembre 2008 à 10:21
Si cette brave Aude (vous remarquerez que Wrath déteint sur moi, avec l'adjectif brave qu'elle affectionne), est si jeune qu'elle le dit, elle peut bien attendre quelques années et quelques refus avant d'atteindre le haut du cocotier. Ca lui permettra de perfectionner son français, de lire quelques livres, de se trouver un style bien à elle.
Alexandre Jardin et Nothomb ont été lancés très jeunes, maintenant ils font livre raté sur livre raté. Brave petite Aude, remets cent fois ton ouvrage sur l'atelier et tu deviendras (peut-être) un grantécrivain.
Rédigé par : nicole | 16 décembre 2008 à 11:56
Bigre, j'ai fait LA faute à l'impératif: il faut écrire "remet" sous peine de recevoir un coup de Grévisse sur la tête.
Rédigé par : nicole | 16 décembre 2008 à 11:58
"Peu de choses sont impossibles à qui est assidu et compétent... Les grandes oeuvres jaillissent non de la force mais de la persévérance."
Samuel Johnson
Rédigé par : Olivier | 16 décembre 2008 à 12:10
C'est un point de vue comme un autre, Olivier, meme si c'est Samuel Johnson qui le dit.
Parfois la persévérance devant une porte fermée, murée,peut nous isoler du monde et nous reduire l'horizon.
Rédigé par : valy-christine | 16 décembre 2008 à 12:23
En plus de l'aigreur considérée comme un des beaux arts, mademoiselle J. prend désormais la vilaine manie de jeter en pâture aux blogueurs des lettres un peu pathétiques, bien entendu sous couvert de "témoigner"(l'intro "ma rubrique correspond à un vrai besoin" au-delà d'être prétentieuse, donne le ton). On se rapproche du syndrome Morandini: sous couvert "d'informations"(cette vache sacrée et intouchable)on se permet de balancer n'importe quoi sur n'importe qui, sur ce qu'on considère comme la sphère publique. C'est non seulement démagogique et vain, mais c'est en plus cruel. Sadisation des petits pouvoirs...
je ne pense pas que la mise sur le net de cette lettre va arranger la naïveté et surtout le désir de notoriété de cette jeune fille, si symptomatique de l'époque du Grand Nombril Médiatique. L'écriture de roman n'est qu'un vecteur parmi d'autres. Demain ce sera la musique (syndrome Cindy Sanders)...ou la peinture avec les pieds si ça devient à la mode.
Ce qu'il manque dans toute cette affaire, ce n'est pas "de l'espoir", chère LMJ, c'est de la lucidité.
Rédigé par : Ding-Dong! | 16 décembre 2008 à 12:32
"Remets" prend bien un "s" a l'imperatif. Point de Grevisse sur la tete ou ailleurs.
Rédigé par : robert | 16 décembre 2008 à 13:24
Aude, surtout ne les écoutez pas : ils ont tous peur de votre succès potentiel. On vous sermonne mais on ne sait pas écrire ici non plus, rassurez-vous.
Rédigé par : michel taupin | 16 décembre 2008 à 13:50
Loin de moi l'idée de vous peiner, mais le titre du post est consternant. Faut arrêter à un moment! Tout le monde veut être entendu, tout le monde a quelque chose à dire sur n'importe quoi! En quoi vos états d'âme et vos opinions ont plus d'importance que ceux des autres? Cet égocentrisme en roue libre me donne franchement envie de dégueuler. Je ne sais pas comment écrire un bon livre, mais une chose est sûre, ce n'est pas avec cet état d'esprit qu'on évolue en tant qu'écrivain et en tant qu'individu.
Rédigé par : walter | 16 décembre 2008 à 14:05
Valy-Christine, il faut parfois accepter de frapper en premier lieu (ou en dernier recours) à une plus petite porte, moins prestigieuse, mais qui s'ouvrira plus facilement à condition de faire preuve de pertinence et de modestie... (et je ne dis pas cela pour vous.)
Avec encore un peu de patience, cette entrée par la petite porte peut permettre d'en ouvrir de plus imposantes.
Rédigé par : Olivier | 16 décembre 2008 à 14:39
@Walter
En première intention, un peu de Motilium vous aidera, vous ne serez pas contraint de rendre votre déjeuner.
Bien à vous.
Rédigé par : nicole | 16 décembre 2008 à 14:54
Je ne comprends pas le choix de cette photo pour illustrer le post mais je la kiffe bien en tout cas! Ca rappelle les images de Manuel Armand:
http://www.manuelarmand.com/
Rédigé par : Dahlia | 16 décembre 2008 à 15:50
@Olivier
Eh bien Olivier, c'est ce que j'ai fait, j'ai tapé à une porte moins prestigieuse, mais plus ouverte vers la différence, la nouveauté, l'originalité. Et maintenant je me fais un point d'honneur de ne pas taper aux grandes portes fermées, à tel point fermées qu'elles vont tomber à l'abandon.
Rédigé par : valy-christine | 16 décembre 2008 à 16:06
http://www.bernardgirard.com/aligre/Plateforme.html
pour toi LMJ
Rédigé par : J.K Toole | 16 décembre 2008 à 16:34
verbes en "er",pas de "s",les autres si.
Rédigé par : alain | 16 décembre 2008 à 17:03
@ JKT.
Intéressant cette thèse de B.Girard et pourtant j'ai du mal à croire à quelque chose d'aussi "programmé", sachant qu'il paraît difficile d'accepter la crédibilité d'un sorte d'équipe éditoriale qui se soit mise au boulot pour écrire à 4, 6 ,8 mains ce livre, en appliquant cette recette avec sa liste d'ingrédients à appliquer comme une recette de pudding.
De surcroît je vois mal un auteur accepter "littéralement" ce genre de deal. Il peut y avoir des fantasmes, des volontés supposées, mais qui peut croire qu'un individu qui a déjà "fait ses preuves" de vente et de notoriété (MH bien avant Plateforme) accepte de se plier à ce type d'exercice (sans résultat garanti d'ailleurs).
Le problème de ce genre de thèse c'est que ce sont des explications, des analyses à posteriori. On peut faire dire ce que l'on veut avec "l'à postériori. Pas l'ombre d'une preuve formelle (comme pourrait le faire un documentaire sur un sujet brûlant, avec des caméras cachées, par exemple). Pas le moindre document préparatoire, correspondance auteur/éditeur, briefing et debriefing, etc. Malgré le vernis de sérieux du bonhomme , ça ressemble à une sorte d'élucubration fantasmatique avec des éléments de raisonnement semblants rationnels.
Exactement le même travers analytique, venant d'un "chercheur sérieux"(gage de crédibilité)que celui de la légende urbaine des années 80, où de doctes professeurs de sociologie nous expliquaient avec force analyse et graphiques, que dans une publicité pour whisky, la photo montrait un verre d'alcool avec des glaçons, lesquels exprimaient subliminalement le mot "sexe" dans les reflets des glaçons (autre version: une tête de mort apparaissait(?)), probablement pour mieux faire vendre(re?). Depuis, personne n'a pu prouver le début de la queue d'une preuve sur ce grand fantasme comploteur (il suffisait d'analyser le mode de fonctionnement d'une campagne publicitaire pour se rendre compte que c'était techniquement et humainement impossible (trop d'intervenants, trop de niveaux de hiérarchie, d'intérêts différents, etc).
Bref, c'est sympa de continuer de faire fantasmer les gens sur une sorte de complot calculateur et programmé par des éditeurs pour assurer à tous les coups des ventes mirifiques. Et signifier en sous-main que, ne faisant pas partie du "sérail", malgré son talent on sera voué au refus, à l'échec, à l'inconnu.
Seulement c'est comme le Canady Dry, ce raisonnement : ça a la couleur du raisonnement, ça a le goût du rationnel, mais ce n'est pas sérieux.
Je voudrais des PREUVES concrètes que cette grande machine à fabriquer des best-sellers et des dollars existe. Qui les a?
Rédigé par : Mercator | 16 décembre 2008 à 18:50
>>Je voudrais des PREUVES concrètes que cette grande machine à fabriquer des best-sellers et des dollars existe. Qui les a?<<
XO éditions. Guillaume Musso. mais pourquoi des dollars ? Les euros, ce n'est pas mal du tout.
Rédigé par : François Martini | 16 décembre 2008 à 18:57
Les wannabee certes, mais les poètes, qu'il soit Baudelaire, Verlaine etc, n'ont-ils pas aussi vécu dans l'indigence la plus totale, au point de passer sous silence ces destinées.
Rédigé par : unevilleunpoeme | 16 décembre 2008 à 19:28
"Je l'aime ne me tuez pas" écrit à 16 ans:
http://les-editions-brumerge.wifeo.com/perrine-cambon.php
"A Coeur Ouvert" écrit à 16 ans:
http://les-editions-brumerge.wifeo.com/roxane-tulkens.php
Rédigé par : becdanlo | 16 décembre 2008 à 19:52
@Wrath : tu ne trouves pas que le titre de ton premier roman répond bien à la question-titre de ce post ?
Rédigé par : Pascal Z. | 16 décembre 2008 à 20:13
J'ai réécrit le Voyage au bout de la nuit en SMS, vous avez un éditeur à me conseiller ?
Rédigé par : NOBODY | 16 décembre 2008 à 20:32
« Wannabe, la malédiction imaginaire » aurait mieux convenu, comme titre.
@ Becdanlo : Heu, vaut mieux éviter de citer "À cœur ouvert", quand même, ces rimailleries adolescentes seraient mieux sur un blog.
Rédigé par : François Martini | 16 décembre 2008 à 22:30
@Becdanlo: "Le Coeur en poche" de l'écrivain belge Christine Aventin, écrit à quinze ans, best-seller pochifié illico chez Folio. J'aurais dû l'acheter à l'époque...
Rédigé par : Daniel Fattore | 16 décembre 2008 à 23:55
@Daniel Fattore: jetez un oeil ici:
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CPB88005430
Je l'avais gardé dans mes favoris alors que je faisais une recherche sur Martine Roffinella. J'ai bien souri car l'émission se déroule en 1988 et déjà les trucs du genre "wouah vous l'avez envoyé par la poste et vous avez été publié de suite?" fusaient déjà. A noter aussi que Pivot n'hésite pas à dire ce qu'il pense réellement des livres des gens qu'il a invité tout comme les invités entre eux ne s'envoient pas forécment des fleurs...
Rédigé par : Dahlia | 17 décembre 2008 à 01:13
toujours cette manie de l'orthographe! Sur mon clavier, il n'y a pas d'accents, alors keskejefai? Je me prive d'ecrire ce commentaire, ce komentair, se kommantere???
Hahaha.
Concernant Aude, Wrath, je ne vois pas le point. SI tu ecris pour etre publie(e), tu risques d'etre decu quand tu ne l'es pas. Bon. Ce me semble le cas d'Aude, et franchement je ne crois pas que ce soit (ke se soa) tres grave. Si tu as des choses a dire, je crois toujours sincerement, malgre plusieurs annees maintenant a lire ton blog, que tu seras repere(e). Pourquoi tout simplement ne pas accepter le jugement de l'editeur, qui comme je le lis dans un commentaire est un professionnel?
De plus, je trouve cette scene pathetique (dans le vrai sens du terme) totalement deplacee. A 17 ans, avoir un manuscrit dans les cartons et desesperer de le vendre??? Ne meme pas imaginer que c'est souvent l'experience qui donne du materiel pour ecrire? Qu'ecrire est une passion qui t'accompagne toute ta vie, publie(e) ou pas? Que plus la vie passe plus on a d'occasions de comprendre le monde? Pretexter cela pour ne aps ecrire un autre amnuscrit? Et un autre, et un autre et un autre? Negliger la courbe d'apprentissage?
Je dirais donc: jeu dhirai donke: HAHAHA.
Mais independemment de toutes les querelles litteraires, joyeux Noel a tous les lecteurs du blog!
Rédigé par : Benoit | 17 décembre 2008 à 07:48
@ François Martini:
Ben, oui, on publie des "rimailleries" d'ados... tu voudrais qu'elle écrive comme un vieux birbe ?(rire).
Sinon, jetez un oeil à ce qu'écrit Shoun (15 ans):
http://www.becdanlo.fr/forum/viewforum.php?f=25
attention, c'est du brut de décoffrage, pas encore de relecture.
bec'
Rédigé par : becdanlo | 17 décembre 2008 à 07:51
@ Bec : Non, je préférerais que Brumerge fasse de l'édition, et non de la publication.
Rédigé par : François Martini | 17 décembre 2008 à 11:34
Depuis 1968 et son fameux slogan « Écrivez partout », la démocratisation de l’écriture a bouleversé les frontières du monde des Lettres : plus de deux millions de Français écrivent et aspirent à la publication de leur chef-d’œuvre que les professionnels de l’édition s’accordent à trouver à 99 % impubliables !
Une enquête commanditée en 2005 par le Figaro littéraire et réalisée par Ipsos, révélait que près d'un quart des Français (23 %) ont déjà « écrit ou songé à écrire un livre ». En ces temps de crise, un Français sur quatre cacherait sous son lit un manuscrit plutôt que des billets de banque. Parmi eux, plus de la moitié (51 %) rêvent de voir leur livre publié. Plus rien n’arrête « la canaille de la littérature », telle que Voltaire la désignait au siècle des Lumières. Dopée par les « success story » des écrivains médiatiques, elle s’encanaille jusque sur les sites marchands, ultime refuge des plumes incomprises...
Rédigé par : Tous les chômeurs et chômeuses sont-ils condamnés à écrire leur petit livre narcissique et névrotique ? | 17 décembre 2008 à 12:05
Aude a chopé la maladie bien avant d'être chômeuse, disons qu'elle a de l'avance.:)
Merci Benoit, à toi aussi joyeux Noel,
Rédigé par : valy-christine | 17 décembre 2008 à 13:37
"La plus gentille des lettres de refus était celle du Dilettante" ? Là, Aude, j'ai du mal à vous croire : vous nous faites une blague, ou c'est Gaillard qui vous en fait une. Vite, laissez-nous lire le texte de cette lettre.
Nombre d'auteurs publiés et re-publiés ont été massacrés à chacun de leurs envois au Dilettante : c'est un jeu pour Le Dilettante, ça devient un jeu pour les auteurs. C'est à qui pourra produire la lettre de refus la plus assassine.
Celle qu'il m'avait envoyée pour mon premier livre, La Diablada, me laisse un fort souvenir. J'ai failli me suicider, et puis finalement j'ai préféré me faire publier ailleurs.
Rédigé par : Georges F. | 17 décembre 2008 à 13:46
Rectificatif :
Gaultier, pas Gaillard. Evidemment !
Rédigé par : Georges F. | 17 décembre 2008 à 13:51
@ GF : Un libraire qui dicte sa loi aux auteurs, fait la nique aux éditeurs? On appelle ça un rêve de parvenu.
@"Tous les chômeurs". Tu n' a pas tort: 2 M d'aspirants - 99% de refus = 1 980 000 prétendants éconduits qui auront, un jour ou l'autre, un compte à régler avec l'édition...par auteur interposé (= tous ces wannabes qui détestent les auteurs confirmés). S'ils se contentaient d'être de bons lecteurs...mais ça non plus n'est pas certain.
Rédigé par : Sgrongneugneu | 17 décembre 2008 à 14:44
Bien sûr, Scrogneugneu.
Le chômage, la précarité, la baisse de la qualité éditoriale, le sans-emploi des jeunes, des pré-retraités, l'effritement de la notion de travail dans les grandes entreprises, la faillite des universités, des grandes écoles qui ne placent plus ses jeunes malgré des mensonges, la société du spectacle (avec ses 1 001 chaînes de télévision), la technologie Microsoft (Word), la hausse de la culture générale du fait du ministère Lang (le livre de poche, eh oui !), la montée flagrante des écrivains jeunes dans le marketing éditorial (Frédéric Beigbeder, Florian Zeller, Lolita Pille, Nicolas Rey, Ariel Kenig, Olivier Adam, et tous les autres qui permettent de faire vendre) incitent tout à chacun à se croire écrivain. Pourquoi pas moi ?
Ce blog en est l'illustration la plus parfaite.
L'auteur de ce blog n'a plus de talent que quiconque, mais l'ensemble des paramètres cité plus haut incitent à faire croire qu'il a une once de talent.
Qui plus est, le mal être général en France, en Europe, bref la société occidentale, la baisse générale des salaires, la consommation croissante de psychotropes, l'augmentation des dépressions (surtout chez les jeunes) incite tout à chacun à se replier sur soi-même, sur son grand Mal, sa grande douleur, sur son être-là.
Désormais, il faut être publié, pour extérioriser son mal être intérieur, et briller en société, pour se sentir mieux dans sa peau. Mais c'est une immense gageure.
Rédigé par : Tous les chômeurs et chômeuses sont-ils condamnés à écrire leur petit livre narcissique et névrotique ? | 17 décembre 2008 à 15:45
Le livre de poche est né bien avant Lang : le format fut introduit en France par Filipacchi en 1953. Il faut se cultiver avant d'écrire n'importe quoi.
Rédigé par : gadrel | 17 décembre 2008 à 16:12
Merci, je connais bien Le livre de poche, et ton observation est fausse, comme toi. Mais cultive-toi avant d'écrire n'importe quoi !
Filipacchi a rien inventé, puisque ce format a été créé grâce à Taillandier.
Mais l'apport de l'informatique dans les années quatre-vingts a permis de le développer largement.
Quant à la loi Lang, elle a rendu le livre plus accessible.
Rédigé par : Tous les chômeurs et chômeuses sont-ils condamnés à écrire leur petit livre narcissique et névrotique ? | 17 décembre 2008 à 17:22
La malédiction du wannabe, c'est l'orgueil. Il croit qu'il sait écrire et qu'il a des choses à dire, mais dans l'immense majorité des cas il griffonne du lieu commun.
Rédigé par : Pirloui | 17 décembre 2008 à 20:48
Qu'on le brûle avec le Veau d'Or!
Rédigé par : Néron | 17 décembre 2008 à 21:52
Mon cher, quand on est inculte à ce point, on se tait et on écoute. Tallandier (et non Taillandier) n'a pas inventé le livre de poche mais a publié des romans populaires en format in-16. Le propre du livre de poche de Filippacchi, ce fut de proposer les classiques et les modernes "élitistes" à un prix largement inférieur au grand format.
Quant à la loi Lang, si tu parles de celle qui a fixé le prix du livre, je ne vois pas par quelle contorsion logique tu parviens à la conclusion que l'interdiction des réductions rend les livres plus accessibles. Chaque fois que je passe en Belgique, je suis étonné d'y trouver pas mal de livres français à un prix moins élevé qu'en France. Et il y a beaucoup de libraires indépendants dans ce petit pays.
Rédigé par : gadrel | 17 décembre 2008 à 22:50
Etes vous des sbires ? En contrat avec les maisons d’éditions ? On se le demande. Comment peut-on juger du travail d’un wannabe sans avoir lu ses manuscrits ? Les commentaires sont disproportionnés, plein de haine, manifestement rédigés par des frustés qui, au lieu de se payer une bonne pute, voulant se sentir supérieur se branlent en rédigeant des commentaires qu’ils croient de dimension hautement littéraire.
Rédigé par : gangster | 17 décembre 2008 à 22:51
@Benoit: "Ne meme pas imaginer que c'est souvent l'experience qui donne du materiel pour ecrire?"
Là, je ne suis pas d'accord avec toi. L'expérience n'apporte aucun talent littéraire. Pour écrire un livre, il faut juste avoir qqch à dire et savoir le dire. Et on peut être capable d'écrire correctement à 17 ans.
Par contre, je pense qu'un écrivain qui ne sait pas supporter les refus ou l'hostilité n'a rien à faire dans la sphère publique. D'où mon conseil à Aude (et aux autres): ouvrez un blog, et vous aurez un aperçu du contact avec le public...
[Au fait, il est un peu tôt pour les Joyeux Noël, non?]
Rédigé par : wrath | 18 décembre 2008 à 01:03
Trop drôle. C'est volontaire ou pas ? Des fois je me demande si c'est du premier ou du second degré, ce qu'on lit ici. Là, c'est un sketch ? L'écrivain maudit parodié par Les Inconnus ? Excellent, très drôle, bravo.
"J'ai 17 ans, et ça fait un sacré nombre d'années que j'écris."
Déjà, pour commencer. Le ton est donné. 17 ans et un "sacré nombre d'années" ? Bien, admettons que la demoiselle ait commencé d'écrire au cours préparatoire, comme beaucoup, à six ans elle devait s'en tenir à un genre assez limité. Genre B.A BA.
Admettons encore, puisque c'est un génie du verbe, donnons-lui quatre ans seulement pour perfectionner son style, pour passer à l'écriture, pas au sens purement graphique mais aussi littéraire. La Minou Drouet écrit donc son premier roman à l'âge remarquable de 10 ans... même ainsi, son "sacré nombre d'années" se réduit à 7 ! Cela paraît sans doute très long, sept ans, quand on en a 17, mais à 40, qu'est-ce que ça paraît peu...
" Au début, c'était très mauvais, un fourre tout imbuvable "
Quelle remarquable modestie, quelle incroyable lucidité ! Mais bien sûr, c'était un début...
"Je jubile, avec ma mère on se dit: "ça y est, je serais éditée!". Et bien non, me dira une lettre plusieurs moi après."
L'emploi du MOI au lieu de MOIS est certainement un avoeu narcissique inconscient :-D)))
De même que le "JE serais éditée" (je laisse la confusion futur/conditionnel, faut respecter le texte original de l'auteur) traduit sans doute imparfaitement la foi commune de maman et fifille : "NOUS serons éditées" auraient-elles dû s'exclamer.
"Ma foi inébranlable que je serai publiée un jour disparait."
Ciel ! Déjà ! Après un petit refus de rien du tout à l'âge de 13 ans ? Voici mademoiselle à 17, déjà cynique, blasée, découragée... Bien maigre était sa foi, bien vacillante sa passion, si elles s'éteignent si vite et pour si peu ! Allez, laisse tomber la littérature et tente la Star Ac, la miss...
"le manuscrit, que j'ai réécrit des millions de fois moisit dans des cartons."
Des millions de fois ? Entre 13 et 17 ans, donc ?
"Je ne sais pas si tu ressens ça mais une fois que tu finis un roman, c'est comme si tu avais mis au monde un enfant, c'est assez douloureux et passionnant, mais c'est terrible quand personne ne veut de ton enfant. "
Que peut-on savoir, à dix-sept ans, des souffrances de l'accouchement ? (j'adore ton incertain et vacillant "assez" douloureux, genre, après tout j'en sais rien, mettons "assez", comme ça c'est ni trop ni trop peu !) Que sait-on du bouleversement que représente la naissance d'un enfant ?(T'inquiètes, la dernière chose qu'on se demande, c'est si quelqu'un "en veut"; normalement, on est même prête à tout pour le garder, soi, et ne le laisser partir vers quelqu'un d'autre que le plus tard possible...)
Si tu fais ce genre de comparaisons maladroites et clichés dans tes bouquins, petite, pas étonnant qu'on te les refuse. Apprends, vis, réfléchis, révise ton Bled, et sois humble... et plutôt que de songer à composer des bouquins comprenant tous les stéréotypes possibles (tu sais, le meilleur ami gay ou la femme au foyer, c'est du déjà vu, as-tu songé au nain borgne, homo, SDF et travesti, qui serait en fait une femme au foyer, et en plus, serait également "athée profond", mais alors bien profond, hein... ?), avant de "créer des "buzz" sur Internet pour aller plus vite, dis-toi que ta si dure et si traumatisante expérience (bien que très commune... n'avais-tu jamais connu le moindre échec ? C'est parfois utile je te l'assure...) pourra toujours te servir dans un bouquin... si tu as vraiment l'écriture dans le sang !
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans...
Mais on a tout le temps de le devenir !
Rédigé par : Mrs Muir | 18 décembre 2008 à 01:25
Gangster a raison. Mrs Muir a bien résumé l'ensemble des posts, un chapelet de bêtises sans nom déversées par une escouade de bras cassés qui s'effraient de voir qu'une jeune fille de 17 ans en est au même point qu'eux, tant au niveau littéraire, qu'orthographique ou grammatical.
Rédigé par : michel taupin | 18 décembre 2008 à 06:14
@Daniel Fattore et Dahlia:
Merci de m'avoir fait découvrir Christine Aventin, et l'émission Apostrophe consacrée aux jeunes auteurs.
Bernard Pivot: Vous vous rendez compte que si vous n'aviez pas mis votre âge en envoyant votre manuscrit... vous n'auriez pas été éditée.... Vous auriez eu 22 ans par exemple...
Christine Aventin: Oui, mais sans doute n'aurait-il pas écrit comme ça.
Tout es dit!
Rédigé par : becdanlo | 18 décembre 2008 à 08:36
"nain borgne, homo, SDF et travesti, qui serait en fait une femme au foyer"
@Mrs Muir - quel beau nom.... ça a été fait, pas à l'écrit, mais chez Nip/Tuck où, en désespoir de cause, la séduisante femme du chirurgien esthétique, délaissée, engage un nain comme nounou pour son fils handicappé - un nain qui est aussi peintre - et finit par coucher avec lui parce que "lui me comprend". C'était à un moment où la série patinait gentiment...
Rédigé par : sirius | 18 décembre 2008 à 08:45
@ gadrel
Tu m'as l'air de très mal cerner les modèles économiques sur le plan de l'industrie du livre, et le corpus juridique et fiscal en matière éditorial.
Je préfère ne pas perdre mon temps, et te conseille d'ouvrir tes manuels scolaires, avant de me discuter avec moi.
Dommage.
Rédigé par : Tous les chômeurs et chômeuses sont-ils condamnés à écrire leur petit livre narcissique et névrotique ? | 18 décembre 2008 à 11:46