Lu sur le site Lire.fr :
"Zulma victime du succès. Si l'on continue de sabler le champagne, chez Zulma, pour fêter le prix Médicis attribué à "Là où les tigres sont chez eux", de Jean-Marie Blas de Roblès, on passe aussi beaucoup de temps à lire les centaines de manuscrits qui arrivent chaque semaine. La « faute » au même Blas de Roblès, qui, au fil des interviews, n'a cessé de rappeler que son livre avait été refusé par de nombreux éditeurs pendant dix ans. Du coup, tous les recalés envoient leur texte chez Zulma, « petit » éditeur qui compte à peine quatre salariés !"
Avis aux "recalés", donc: ne faites pas comme moi, n'envoyez pas votre manuscrit chez Zulma.
Pour une fois, je suis tentée de croire ce brave PhJ (alias Philippe Jaenada), quand il parle de Zulma comme d'une maison particulièrement véreuse. Pour lire le commentaire de PhJ, c'est ICI (commentaire N°21).
Cliquez sur l'image pour agrandir

je serais curieuse de lire quelques pages de Crevez tous... par exemple les 5 premières. Tu ne pourrais pas en publier quelques pages ?.... Tu n'as jamais envisagé de le retravailler ? Stephen King dit qu'il faut laisser reposer six mois, au moins, avant de reprendre et de sabrer impitoyablement : au moins 10% en moins.
Rédigé par : sirius | 18 décembre 2008 à 08:47
Si le King le dit...
Rédigé par : J.K Toole | 18 décembre 2008 à 10:13
Mince alors, dans ce courrier, il y a bien écrit noir sur blanc : "Nous vous engageons..."
Rédigé par : Thierry Tuborg | 18 décembre 2008 à 10:56
"Crevez tous, useless cunts". Le titre est trop mauvais pou passer la barre de la première (bonne)impression. Si l'incipit n'est pas en béton armé, ça va être dur de passer la deuxième épreuve: le test réussi de première page tournée.
(Dans le genre grossier, "Mort aux cons" passait mieux...mais tout ça reste très connoté "révolte d'ado boutonneux qui crie sa haine de la société pourrie"...sujet rebattu s'il en est)
Seule une écriture époustouflante pourrait sauver ce titre. Faut voir.
Rédigé par : El Dottore | 18 décembre 2008 à 12:05
Par chance, le choix d'éditer un livre ne repose pas sur le titre proposé par l'auteur. Titre qui, en général, est décidé par l'éditeur.
Rédigé par : Marie-Christine | 18 décembre 2008 à 13:37
Allons bon. Et d'où sors-tu cette certitude? L'auteur pourrait écrire des centaines de pages mais laisser le choix (crucial)du titre à son éditeur? Tttt...il peut toujours prendre en compte une (bonne) suggestion mais la décision finale est de son ressort.
Rédigé par : El Dottore | 18 décembre 2008 à 13:58
Besoin de vos lumières, petits potes virtuels. Je cherche de grands auteurs contemporains (français éventuellement), histoire de changer de mes Dosto, Buko, Kerouac, Miller, Céline... Suis un peu largué en matière de modernité (à part Antunes). J'ai bien essayé Houellebecq, mais bon, c'est pas trop mon truc les romans de gare...
Merci !!!
Rédigé par : J.K Toole | 18 décembre 2008 à 14:13
US: Cormac Mc Carthy, Ph. Roth, Hubert Selby.
F: R.Jauffret, Agota Kristof, Modiano, J.Ph Toussaint.
I: Erri de Luca.
E: Edouardo Mendoza.
GB: Will Self, JG Ballard.
CH: Fr.Dürrenmatt, Valère Novarina, Martin Suter.
(de quoi occuper ton année 2009)
Rédigé par : El Dottore | 18 décembre 2008 à 14:29
Merci beaucoup, El Dottore. Je note.
Ballard je comptais déjà m'y mettre. Roth j'aime beaucoup sa série sur Zukerman (Portnoy, ma vie d'homme...). Selby je connais Last exit. Kristof, j'ai dû le voir mentionné dans le journal de Dantec... Modiano, j'ai essayé un livre audio qui m'a assez peu touché. Le reste m'est totalement étranger, je vais donc faire un tour du côté d'Amazon... Encore un grand merci pour ces pistes...
Rédigé par : J.K Toole | 18 décembre 2008 à 14:40
Quatre salariés, c'est déjà bien pour une maison d'édition.
Parfois, il y en a moins.
Rédigé par : Une Ville Un Poème | 18 décembre 2008 à 14:40
@El Dottore: Dürrenmatt est mort. Mais chez les bons Suisses actuels, on trouve aussi Bernard Comment, Jean-Louis Kuffer, et Paul Nizon, entre autres.
Et si vous aimez (et qu'avoir reçu le Goncourt n'est pas pour vous une tare rédhibitoire), Jacques Chessex n'est pas encore mort non plus.
Par ailleurs, Yasmine Char travaille en Suisse.
Rédigé par : Daniel Fattore | 18 décembre 2008 à 14:49
Hors sujet, JKToole, Wrath va sévir mais bon, allons-y :
siri hustvedt "tout ce que j'aimais"
doug allyn "l'instinct de la meute"
lionel shriver "il faut qu'on parle de Kevin" et "Post Birthday World" (à paraitre en 2009 en français)
JPH Toussaint, oui, excellent.
Rédigé par : sirius | 18 décembre 2008 à 15:09
http://marcalpozzo.blogspirit.com/archive/2006/09/16/franca-mai-entretien.html
MDR comme on dit !
Rédigé par : J.K Toole | 18 décembre 2008 à 16:00
Toussaint et Jauffret sont d'un ennui mortel mais bon, chacun ses goûts.
"Il faut qu'on parle de kevin", de Lionel Shriver ( Lionel est une femme, je précise) est le roman qui m'a le plus bluffée ces dix dernières années.
K Toole: j'aimerais bien pouvoir écrire des romans de gare à la façon dont le fait Houellebecq; cette manie apparue récemment de dénigrer cet écrivain est assez pathétique.
Rédigé par : Nicole | 18 décembre 2008 à 16:11
Nicole: juste rééquilibrage...
Rédigé par : J.K Toole | 18 décembre 2008 à 16:14
Chez de Villers (SAS), les salopes, y compris scandinaves, sont tropicales. Chez Houellebecq, elles sont innocentes. On voit donc tout de suite qui écrit des romans de gare et qui fait de la vraie littérature.
Rédigé par : Marc Galan | 18 décembre 2008 à 16:40
"Toussaint et Jauffret sont d'un ennui mortel."
Nicole,
attention à la "LMJ attitude": elle ne grandit jamais son auteur.
Un exemple: si vous trouvez la cavalcade et la passion révélée des deux amants dans un train en Chine ennuyeuse (dans "Fuir" de JPh. Toussaint), je ne peux rien pour vous.
Même chose pour n'importe quelle nouvelle de "Jeux de plage" ou de "Fragments de la vie des gens" de r. Jauffret.
Rédigé par : El Dottore | 18 décembre 2008 à 16:40
Toussaint est belge. Je recommande "la télévision", dont certaines scènes me restent encore à l'esprit - et me font encore rire. C'est dire la puissance évocatrice... C'est l'histoire d'un quinqua en séminaire à Berlin qui garde l'appart' de ses voisins et... lisez-le je n'ai pas la patience de vous le vendre !
Rédigé par : sirius | 18 décembre 2008 à 18:39
Si ça peut te consoler Wrath,j'ai reçu exactement la même lettre de la part de Zulma ! Il va falloir qu'ils changent les formules de cette lettre-type (qui n'en semblait tout à fait une ; mais c'est la nouvelle stratégie des éditeurs : donner l'impression à l'auteur qu'il est important pour ménager sa susceptibilité ! Le cynisme n'a pas de limite !). Serge Safran, quant à lui, a-t-il connu des difficultés pour se faire publier son livre La stagiaire ?. Je te conseille de lire les premières pages pour te faire une idée de cette auto-fiction "révolutionnaire" (!)
Reine Bale.
Rédigé par : Reine Bale | 18 décembre 2008 à 19:31
Conseils de contemporains (je m'autorise les morts récents):
US: Pynchon (V. et Vente à la Criée du Lot 49), DeLillo, Lowry (Au-dessous du Volcan)
France: Claude Simon (La Route des Flandres)
Algérie: Kateb Yacine (et surtout Nedjma, au style magnifique)
Pologne: Gombrowicz (tout, et surtout Cosmos)
Argentine: Sabato (et surtout son livre Héros et Tombes)
Brésil: Guimaraes Rosa (le roman à lire: Diadorim évidemment, l'un des romans les plus fascinants du XXème siècle)
Allemagne: Sebald (Les Anneaux de Saturne)
Japon: Murakami (tous ses livres)
Rédigé par : Un badaud | 18 décembre 2008 à 19:50
En contemporain, pas grand-chose : je citerais quand même Ellis et Kundera. Je suis justement dans Sutree de McCarthy, y'a quelque chose mais j'ai des doutes sur la VF. En idée cadeau pour les gars qui aiment le foot : Fever pitch, de Nick Hornby. Y'a aussi le Basketball Diaries de Jim Carroll. Concernant Gombrowicz, j'ai lu Ferdydurke et j'ai été déçu : là encore, la VF me laisse sceptique.
Sinon, vu tes lectures : Kafka, Fante, Hamsun, Boulgakov, si ce n'est déjà fait.
Rédigé par : max léon | 18 décembre 2008 à 20:01
Eh ! Daniel !
Et M. Philippe Jaccottet, qu'en fais-tu ?
Vous citez des écrivains pas terribles, non ?
Rédigé par : Une Ville Un Poème | 19 décembre 2008 à 00:36
@Reine Bâle: c'est quand même une très mauvaise lettre de refus-type. Le "cher madame, cher monsieur" est effrayant...
@les autres: pour la discussion sur les meilleures lectures de l'année, c'est ici:
http://wrath.typepad.com/wrath/2008/12/the-wrath-selection-les-meilleurs-romans-de-2008.html
Rédigé par : wrath | 19 décembre 2008 à 01:10
Max :Boulgakov, c'est noté. Les autres je connais.
Grazie...
Rédigé par : J.K Toole | 19 décembre 2008 à 08:21
bon pour donner mon sel, je dirais aussi
FR: Je dois avouer que je lis rarement FR parce que trop mauvais... (sic)
US: Ian Levison, Bret Easton Ellis,
GB: David Lodge,
JP: Yoko Ogawa, Murakami Ruy et pas Haruki
Sinon, pour rebondir sur Zulma, leur production de livre a augmenté ces dernières années et sincerement si 4 personnes suffit à lire des centaines de manuscrit par semaine, ça me renforce dans l'idée que je me fais de la qualité de la production litteraire en France et c'est bien dommage.
Rédigé par : Juliann | 19 décembre 2008 à 16:52
Toole : les deux seuls romans d'Eddie Little (qui est mort mais on ne peut plus "contemporain") : Encore un jour au paradis, et Du plomb dans les ailes. Si tu n'aimes pas, je mange mes chaussettes, juré.
Pour Zulma, bon, c'est vrai que le "madame, monsieur" est grotesque, mais sinon, il n'y a rien de scandaleux à envoyer une lettre type.
Rédigé par : PhJ. | 20 décembre 2008 à 11:41
Pour en revenir au sujet, une personne à temps très partiel suffirait à lire les mnauscrits qui arrivent chez Zulma : trente secondes pour lire le pitch (quand l'auteur pense à le donner), trente autres pour parcourir la première page, c'est largement suffisant pour recaler 90% des candidats,et c'est déjà un gaspillage de temps. Avez-vous une idée de ce qui débarque chez les éditeurs ? J'ai fait une fois l'expérience sur les arrivages du jour, c'est atterrant. 70% des manuscrits ne méritent pas le timbre qu'on collé sur l'enveloppe kraft, et 20% sont des erreurs videntes de ciblage. Pourquoi diable voulez-vous que les éditeurs continuent à lire des manuscrits impubliables chez eux ?
Rédigé par : Georges F. | 20 décembre 2008 à 19:15
Vous commencez, Georges à avoir la grosse tête...
c'est dû à quoi ce gonflement ?
Rédigé par : valy christine | 20 décembre 2008 à 19:25
Non, Valy, c'est très connu et vérifiable chez n'importe quel éditeur.
Rédigé par : François Martini | 20 décembre 2008 à 19:58
Moi je dis que, si on ne les lit pas, on ne peut savoir s'ils sont ou pas publiables. Si on part de cet à priori que tout ce qu'on reçoit c'est du déchet, on met tout à la déchetterie,y compris les "publiables", y compris les "génies".
...pour bien préciser, lire les manuscrits ce n'est pas un "gaspillage de temps", c'est leur métier de le faire avec application et devoir. Si ils ne peuvent pas faire ça, il faut changer de métier.
Rédigé par : valy christine | 20 décembre 2008 à 20:17
La seule manière de les obliger à changer de métier, c'est de ne pas acheter leurs livres…
Rédigé par : François Martini | 20 décembre 2008 à 20:36
Il ne faut pas non plus exagérer, Valy Christine. On ne peut pas repérer un bon livre au bout de trois pages, mais on peut à coup sûr repérer au bout de trois pages un mauvais livre.
Rédigé par : PhJ. | 20 décembre 2008 à 20:42
Alors, pourquoi cette foutue exigence du manuscrit entier ? Au bout de 3 pages, on saurait répondre au "possiblement bon" : envoyez le manuscrit complet. Le reste aurait juste payé son petit timbre, + le timbre pour la réponse, et recevrait un avis négatif.
Les manuscrits n'encombreraient plus les maisons d'éditions (ce sont elles se plaignent). Alors, à moins de voir dans l'envoi du manuscrit complet un "rite d'initiation", quelle est la logique de cette exigence ?
Rédigé par : Marc Galan | 20 décembre 2008 à 22:31
Non, non, et non, PhJ, un bon livre, celui qui touche notre sensibilité, celui qui apporte une vision originale de la vie, celui qui bouleverse, non, ce n'est pas les premiers pages qui nous dit l'histoire bien au contraire, non, il y a des livres qui pendant les premiers trois pages on respire, on s'ennuie, on rentre dedans en douceur, presque en catimini, et ensuite on commence à étouffer, à sentir, à monter, c'est un peu comme l'amour, qui démarre en douceur,en câlin,et qui fini en bonheur...au fil des pages, au fil d'avances, au fil de temps, au fil d'espaces, au fil de personnages, au fil de pensées, au fil de route, au fil de ...
Allez, honnêtement, si on devine le style au bout de trois pages,c'est que le lecteur ne vaut pas grand chose,prenez trois pages de Zola, au hasard, vous allez même pas savoir que c'est Zola, il faut rentrer dans son atmosphère, dans l'esprit du personnage, dans le temps, dans l'épais de son histoire, arrêtez vos clichés s'il vous plait...
Rédigé par : valy christine | 20 décembre 2008 à 22:58
Le schéma proposé par Marc Galan est effectivement plein de bon sens. Mais il compliquerait le circuit chez l'éditeur, il risquerait de créer de l'espoir chez l'auteur "possiblement lisible", avec les risques de harcèlement, de pression, voire d'inscrustation qu'on redoute. On préfère donc gaspiller l'argent de l'auteur plutôt que le temps de l'éditeur.
Valy Christine, je suis désolé de vous contredire : non, il n'y a aucune obligation pour l'éditeur à poursuivre la lecture d'un manuscrit qui ne lui fait pas envie. On ne devient pas éditeur par goût de la mortification. Il est vrai que, parfois, en arrêtant la lecture au bout d'une page - ou de trois - on passe à côté de très bons auteurs. Il y a chaque année des pleurs chez les éditeurs en découvrant les succès de la rentrée, ils les ont souvent eus entre les mains sans les retenir. ils s'en souviennent même parfois.
Il n'y a aucun gonflement de tête, Valy Christine, quand je vous décris ces façons de faire, ce sont simplement celles de la profession face aux réalités de l'offre : chez les éditeurs, le facteur chance n'est pas négligeable. Ils l'acceptent dans leur démarche.
Confier le tri des manuscrits à un stagiaire, comme cela se fait souvent, c'est aussi très aléatoire, non ?
Je l'accepte et je le dis d'autant plus humblement que j'ai chez moi une très belle collection de lettres de refus.
Rédigé par : Georges F. | 20 décembre 2008 à 23:07
Vous savez, georges, je me souviens d'un article du nouvel obs rempli d'anecdotes sur les rapports expéditeurs de manuscrits/éditeurs. Même avec la méthode actuel, harcèlement, pression et incruste n'ont jamais manqué. Je ne crois pas que ça aggraverait vraiment le cas.
Peut-être même cela irait-il mieux. On s'inquiête moins pour une simple lettre que pour un manuscrit. Les wannabes retenus seraient, certes, un peu^plus fébriles, mais les autres, moins... Il parait qu'il y en a beaucoup qui pleurent pour récupérer leur manuscrit, ou viennent faire un scandale. Je ne crois pas que l'éditeur gagne beaucoup de temps actuellement.
Mais l'auteur perd de l'argent, et cela doit plaire à certains éditeurs. Punition pour envoyer des manuscrits, pensent-ils.
Rédigé par : Marc Galan | 20 décembre 2008 à 23:31
L'une des raisons possibles de la demande de manuscrit entier est qu'ainsi cela coûte cher à l'auteur : il doit donc être plus motivé par son envoi que si c'était bon marché. L'éditeur (espère qu'il) reçoit ainsi moins de manuscrits, bien que cela soit encore trop.
Pour ma part, lorsque je flâne en librairie, je ne lis jamais les premières pages, mais toujours au milieu du livre, pour voir si l'écriture m'accroche ou pas. Je crois que si j'étais éditeur, c'est ce que je ferais aussi.
Ah, oui, il y a un détail important : les éditeurs ne sont pas à la recherche de manuscrits, il y en a déjà trop. Ils cherchent des acheteurs de livres.
Rédigé par : François Martini | 20 décembre 2008 à 23:34
@François
C'est vrai, vous parlez d'une réalité, moi je parle d'un idéal...
@ Georges
En fin, les éditeurs ne sont pas obligés de lire les manuscrits, d'accord; le menuisier n'est pas obligé faire les meubles, le cuisinier n'est pas obligé faire la cuisine,le conducteur de tramway n'est pas obligé de conduire l'engin, les écrivains ne sont pas obligé d'écrire...
c'est vrai, nous n'avons aucune obligation, et heureusement! Chacun fait ce qu'il fait pour des raisons qui lui appartient, allez Georges, je vous souhaite une bonne dimanche ( j'ai acheté la diablada et les tris premiers pages ne me plaisent pas du tout,mais comme je ne crois pas à la pratique "les trois pages", je continue)
Rédigé par : valy christine | 21 décembre 2008 à 10:02
Valy Christine, vous n'avez pas bien compris ce que je voulais dire, j'crois. Car ce que je veux dire, c'est exactement ce que vous dites : on ne peut pas repérer un bon livre au bout de trois pages. Si on lit les trois premières pages de n'importe quel chef-d'oeuvre, personne ne peut affirmer que ce sera un bon livre. Mais en revanche (et là c'est à vous d'essayer d'éviter le cliché genre il y a un génie en chaque être humain, un chef-d'oeuvre potentiel en chaque livre), on peut, après avoir lu trois pages plates et très mal écrites, affirmer que ce sera un mauvais livre. Je ne sais pas, c'est comme avec les hommes. Si une amie à vous est abordée dans la rue par un type aux cheveux gras, qui sent fort des pieds, porte une croix gammée en badge et lui dit en rotant : "Tu veux pas goûter à mon gros saucisson, salope ?", ne me dites pas que vous allez lui reprocher de ne pas avoir pris quelques heures pour dîner avec lui et mieux le connaître ?
Pour les trois pages envoyées seules, Marc, je ne vois pas trop où serait l'avantage, franchement. Seuls les très mauvais manuscrits en bénéficieraient. Pour les autres, ce serait deux fois plus d'enveloppes, deux fois plus de temps à attendre...
Rédigé par : PhJ. | 21 décembre 2008 à 11:11
C'est vrai Philippe j'ai cette tendance de croire que chaque être humain à quelque chose de bon en lui, que chaque être humain, en dépit de son apparence physique ou verbale,mérite le respect. Suis-je idéaliste ? Peut-être...
Mais vous le savez aussi bien que moi que les êtres humains portent un masque d'apparence et une fois enlevé ce masque, on découvre l'authentique du personnage, et là, je suis d'accord avec vous, on peut aimer ou detester,
amicalement, V.
Rédigé par : valy christine | 21 décembre 2008 à 12:34
Philippe, il semble, d'après les éditeurs, que 70 à 90% des manuscrits sont très mauvais, et que cela apparait dès les 3 premières pages. Donc, s'il n'y a plus que 10 à 30% de gens sérieux à traiter, même s'il y a plus de manutention à leur niveau, chacun est gagnant.
Tiens, rien qu'ôter/remettre un manuscrit trop épais dans une enveloppe qui n'est pas à soufflets, ça fait perdre un temps fou.
Rédigé par : Marc Galan | 21 décembre 2008 à 12:54
On ne parle pas des trois premieres pages mais des trois premiers chapitres comme cela se fait ailleurs. Suffisant pour reperer les romans prometteurs et rejeter les mauvais. Tout le monde y gagne, sauf les papeteries bien sur!
Rédigé par : robert | 21 décembre 2008 à 12:55
Si 70% à 90% des manuscrit reçus sont mauvais, alors les éditeurs font un boulot formidable : 90 à 95% des livres finalement édités étant mauvais.
Rédigé par : max léon | 21 décembre 2008 à 13:46
Ce qui signifierait qu'ils ne choisissent pas, mais qu'ils tapent au hasard dans la pile reçue ?
En plus des livres chaudement recommandés, c'est ainsi qu'on arriverait à ce pourcentage.
Rédigé par : Marc Galan | 21 décembre 2008 à 14:48
Je ne sais pas, Marc, je trouve que ça compliquerait beaucoup les choses. Ça les simplifierait seulement pour ceux qui n'ont pas envie de se donner trop de mal. Mais encore une fois, si on n'est pas prêt à perdre un peu de temps et d'argent pour faire éditer son livre, qu'on trouve autre chose pour satisfaire son égo...
J'inverserais les chiffres, Max. 90 % des livres édités sont de mauvais livres, et 98% des manuscrits envoyés sont de mauvais manuscrits.
Rédigé par : PhJ. | 21 décembre 2008 à 15:28
>>90 % des livres édités sont de mauvais livres, et 98% des manuscrits envoyés sont de mauvais manuscrits.<<
Ce qui nous ramène aux environs du mythique 1 pour 1000 qui fait tant rêver…
Rédigé par : François Martini | 21 décembre 2008 à 15:54
Bon, en même temps, c'est comme ça dans mal de domaines, hein, François ? Que dire des peintres ou des joueurs de foot ?
Rédigé par : PhJ. | 21 décembre 2008 à 16:49
Si c'était aussi compliqué de jouer au loto que d'envoyer un manuscrit, personne n'y jouerait.
surtout que le bénéfice du manuscrit est faible par rapport à celui du loto. Un Marc Levy a sûrement moins gagné dans toute sa carrière que le recordman du loto.
Rédigé par : Marc Galan | 21 décembre 2008 à 17:06
Oui mais, euh, Marc, tu ne trouves pas qu'il y a justement, comment dire, une petite différence entre les deux ? Ecrire, c'est juste espérer gagner le gros lot ?
Rédigé par : PhJ. | 21 décembre 2008 à 18:11
Non, mais si on envoie un manuscrit, c'est bien qu'on a une idée de gain derrière la tête... ou on distribue son texte libre de tous droits et intégralement sur le net.
Donc, il y a une parenté, même si beaucoup de gens qui expédient des manuscrits disent "J'écris pour moi-même".
Par ailleurs, écrire sur le net donne aussi des résultats (pour les poètes, du moins). J'ai un ami qui est invité, voyage et séjour payé en bulgarie et turquie, pour réciter ses poésies... que son mécène a vu sur le Net.
Rédigé par : Marc Galan | 21 décembre 2008 à 18:57