Le secteur de l'édition s'enfonce chaque jour un peu plus dans la crise, et tout le monde sait pourquoi: à force de publier des navets, pas étonnant que les lecteurs se soient lassés et préfèrent investir sur une carte de bibliothèque! Ce phénomène de long terme est bien sûr renforcé en période de baisse de pouvoir d'achat.
Mais en bonne élève de l'école libérale-anglo-saxonne, j'ai tendance à associer "crise" avec "opportunités". Puisque l'édition ne répond plus aux besoins des consommateurs, pourquoi ne pas changer les méthodes de sélection des éditeurs?
En clair, laisser tomber le système de copinage ("Je publie mes potes et tous ceux qui m'ont bien ciré les pompes") et choisir la sélection par le mérite. Vous allez me dire qu'un artiste n'est pas un fonctionnaire, qu'on ne peut pas organiser de concours pour déterminer le meilleur, ... et vous aurez tort.
Prenons l'exemple du collectionneur britannique Charles Saatchi, connu pour avoir découvert les YBA (Young British Artists, groupe hétéroclite qui inclut Damien Hirst). Saatchi vient d'annoncer qu'il participera à une émission télé pour découvrir l'artiste de demain.
Bien sûr, j'aurais pu également pu citer la Star Ac pour les chanteurs ou l'initiative de l'éditeur Harper Collins, qui a décidé de publier trois auteurs du site Authonomy.com. A la base de toutes ces initiatives, un même principe: le public est roi, le public doit décider de ce qu'on lui propose à écouter/ contempler/ lire.
Bref, le règne de l'éditeur-roi est terminé. Les décideurs artistiques ne sont plus des monarques absolus, accordant une publication selon leur bon plaisir. Et ça, même Léo Scheer ne l'a pas compris. Il faut pourtant bien reconnaître que LS est plus malin qu'un éditeur parisien moyen (disons plutôt: moins bête). Il a compris l'insatisfaction grandissante de l'immense majorité des wannabes, et a alors lancé son projet Manuscrits. Mais là où il a raté une étape, c'est sur le processus de sélection: la publication papier est accordée au cas par cas, selon des critères opaques décidés par le Prince.
Or seul un système de sélection parfaitement transparent permettra de sortir de la médiocrité littéraire française. Passer du statut de wannabe à celui d'écrivain-publié demande des règles claires: formation reconnue en creative writing, puis compétition entre les meilleurs (avec l'avis du public). C'est en ça où je trouve l'initiative d'Harper Collins intéressante. A quand une véritable Star Bookacademy?

"formation en creative writing reconnue, puis compétition entre les meilleurs (avec l'avis du public)": j'aimerais tant que cette phrase soit écrite au deuxième degré. Mais...
Rédigé par : Marco | 26 janvier 2009 à 00:32
Quelle est l'alternative, cher Marco? De continuer à publier des bouses effroyables "écrites" par des journalistes à Technicart/ Télérama/ Voici? Vous trouvez vraiment que ce système médiatico-copinage produit de la fiction de qualité?
Non, vraiment, quelle est l'alternative? Des subventions pour tout le monde, un immense parc de François Bon publiant des romans que personne ne veut lire?
Rédigé par : wrath | 26 janvier 2009 à 00:42
La création littéraire française va bien, ce pays a même obtenu le prix Nobel cette année.
Rédigé par : François Martini | 26 janvier 2009 à 02:22
Bah, le public a décidé, il vote Anna Gavalda, Marc Levy et Musso. Quant à réserver la publication à ceux qui ont suivi une formation en creative writing c'est, comme dire... mouahaha. (vous devriez chercher un autre secteur d'activité pour satisfaire votre ambition, vous allez finir par vous faire un ulcère)
Rédigé par : GM | 26 janvier 2009 à 06:18
Prendre Saatchii et son système très lié à la branchitude et à la spéculation financière, franchement...
Maintenant il s'intéresse à la télé ? Tiens donc !
Cela contredit toute ta démonstration!
Rédigé par : Vinosse | 26 janvier 2009 à 07:56
Wrath, attention à ne pas confondre critique et diffamation, sinon vous pourriez bien être forcée de fermer boutique.
Rédigé par : Olivier | 26 janvier 2009 à 07:56
Un "diplôme" pour avoir le droit d'écrire ???? Ce n'est pas ce que j'appellerais être "une bonne élève de l'école libérale anglo-saxonne", au contraire, on nage en plein système soviético-chinois...
Rédigé par : LVE | 26 janvier 2009 à 08:03
"Quelle est l'alternative?"... Mais enfin Wrath, la vie en général et la litérature en particulier ne se jouent pas sur deux options possibles; entre le méga-maxi-copinage-pas-beau-pas-productif et le méga-maxi-concours-votez-pour-celui-que-vous-voulez-lire-y-a-que-des-diplomés-sur-le-plateau (et go go go pour des récits archi formatés), on pourrait imaginer toutes sortes de situations intermédiaires plus crédibles, non? D'autant que je ne t'apprendrai pas que le goût "littéraire" ne se situe pas sur une ligne droite, graduée de 0 (bouse germanopratine stylée) à 20 (chef d'oeuvre anglo-saxon bien raconté), le moins que l'on puisse dire est que les "attentes" du "public" sont variées, confuses et contradictoires (parce qu'il n'y a pas UN public, justement, sans compter le fait qu'une bonne part du lectorat attend d'être surpris par autre chose que des artisans, aussi qualifiés soient ils); heureusement, la littérature n'est pas (encore) un monde à une dimension...
Rédigé par : Marco | 26 janvier 2009 à 08:22
Wrath, regarde ta colonne de livres de référence à droite de ta page :Houellebecq, Easton Ellis, Didion, Wolfe et Drieu. Tu crois qu'un seul de ces livres auraient vu le jour avec un système de book academy ? Crois tu qu'on rédige "Le Feu Follet" surveillé par un jury de vieilles peaux ? Ces auteurs là n'auraient même pas été recruté pour participer... ce que tu conseilles existe déjà, comme le fait remarquer un commentaire : Musso Gavalda Levy.
PS : étant qui tu es tu as remarquablement plus de chances d'être publiée dans le système tel qu'il est que dans un système ou "le grand public" donnerait son avis.
Rédigé par : Claire | 26 janvier 2009 à 09:21
Avec les illustrations maison de la "bouse d'or" et de "la star book academy", on peut être certain que tu n'as pas de talent dans le domaine graphique.
Rédigé par : populus | 26 janvier 2009 à 09:41
@Wrath
Certaines maisons sont "fermées" et ne prennent aucun risque: Julliard, Grasset, Lattès par ex. D'autres privilégient une ligne éditoriale stricte: Minuit, POL, Actes Sud. D'autres encore font dans le grand public: Lafont, Stock, Albin Michel. Au final, ça arrive que certains auteurs sans piston parviennent à "décrocher la timbale".
Le constat que vous dressez est caricatural, même s'il y a un peu de vrai dans votre post.
Rédigé par : Nicole | 26 janvier 2009 à 09:57
Méritocratie ? je vote pour !
Rédigé par : Michel M | 26 janvier 2009 à 10:29
alain dit: Ce qui m'a fait infiniment plaisir est un sondage dans "Le Dauphiné Libéré":
"Doit on supprimer la téléréalité " 85% de oui,pas si cons qu'on le dit les Français !
pourquoi obligation de passer par une école de creative writing?L'écriture n'est elle pas innée chez un individu,on est dans le coup ou pas.Je suis nul en dessin et peinture,je ne crois pas que des cours m'auraient amélioré
Rédigé par : MARY DOLLINGER | 26 janvier 2009 à 12:37
Débilocratie? Je susi contre!
Rédigé par : Ding-Dong! | 26 janvier 2009 à 13:05
"Doit on supprimer la téléréalité " 85% de oui"....probablement les mêmes qui affirment préférer Arte...et regarde TF1! Ne vous fiez pas aux sondages. Regardez les courbes de l'audimat. C'est plus cruel mais c'est la (télé)réalité.
Quant au cri du coeur de Wrath: "le public est roi", elle a probalement confondu avec le credo gravé dans le marbre d'HEC : "le client est roi". Arrêtez de parler de littérature, vous ne fantasmez que sur de la marchandise (ce qui est un fantasme courant mais médiocre).
Pour "la compétition avec avis du public" il y a mieux, bien mieux: lâchers de candidats dans la ville (Levallois), avec suivi en caméras de surveillance retransmis sur écrans géants, TV, Internet.
La seule règle : pour accéder enfin à la publication, le futur vainqueur doit éliminer les autres candidats par TOUS les moyens.
Relisez J.G Ballard. Et réfléchissez bien avant l'inscription: quelles que soient les modalités, vous n'êtes pas assez bien équipée pour ne pas courir "le prix du danger".
Rédigé par : Georgette Orwell | 26 janvier 2009 à 13:19
sortis d'une école de creative writing... une certitude d'avoir cent fois les mêmes livres formatés. Les anglo-saxons en font des meilleurs que les nôtres. Et adieu l'écriture originale.
Rédigé par : Marc Galan | 26 janvier 2009 à 14:38
Tssss...
Voir lien.
Rédigé par : Stalker | 26 janvier 2009 à 16:42
"...Mais en bonne élève de l'école libérale-anglo-saxonne, j'ai tendance à associer "crise" avec "opportunités..."
Haha, on sent la vague régurgitation de quelques paroles entendues en école de commerce, et non, la fameuse matrice SWOT, c'est risque, pas crise. .
Une Star Ac du livre, où le public choisirait ses auteurs... Bonjour le nivellement par le bas, tiens. C'est comme cela que vous esperez vous faire publier, sans doute. Vous êtes machiavélique !
Rédigé par : Marvin331 | 26 janvier 2009 à 18:32
Avec Wrath, bouse enfin s'écrit booze.
Rédigé par : Nos ailes de géant | 26 janvier 2009 à 21:10
Puis-je vous rappeler, Wrath, que Charles Saatchi, que vous présentez comme "collectionneur" ou comme "découvreur d'artistes" est d'abord... un grand publicitaire. C'est là qu'il a fait sa fortune avec son frère, c'est là qu'est sa compétence.
Un excellent publicitaire, d'ailleurs : il a notamment réussi à faire élire Margaret Thatcher.
Mais pourquoi le cacher ?
Quant au vote du public-plein-de-bonne-volonté et d'intérêt pour la chose littéraire, il existe : c'est celui des concours de nouvelles. Voulez-vous que nous en parlions ?
Rédigé par : Georges F. | 26 janvier 2009 à 21:33
Est ce que Molière avait pris des cours de creative writting? Peut être que oui après tout. Proust? Peut être que oui, à l'époque... Cela se nommait autrement? Et dans les écrivains que Wrath admire, ont-ils pris des cours de creative writting? Ceux qui ont fait la Sorbonne, j'imagine bien que oui après tout. Les agrégés de lettres ont pris des cours de l'équivalent du creative writting. Mais à ce jeu là, ils en ont presque tous pris en fait car les écrivains connus sont presque tous diplômés en littérature.
Rédigé par : Poe | 27 janvier 2009 à 01:46
Vous rêvez, vous divaguez dans les nuées, cher Poe. Quel rapport entre un agrégé de lettres et un écrivain? Quasiment aucun. C'est comme comparer un sexologue et un libertin. L'un parle pendant que l'autre agit (vous voyez la légère différence?);-)
Rédigé par : Edgar Edgar | 27 janvier 2009 à 08:21
Je suis toujours à la fois un peu perplexe et un peu amusé quand je viens sur ce site, dont la "ligne éditoriale" me ravirait presque: la rencontre du libéralisme anglo-saxon et de la litérature ! Rencontre dont j'avoue que je l'estimais aussi improbable que celle entre un ours blanc et une tarentule d'Amazonie, sauf à réquenter assidûment les rayons "librairies" des grandes surfaces genre carouf' qui sont- admettons-le - le lieu réel de cette convergence.
Las, il me semble que les commerciaux ont déjà pris le pouvoir dans les maisons d'édition. C'est regrettable du point de vue de la promotion des "vrais auteurs", mais il faut convenir qu'un éditeur lambda cherchera toujours, comme dans la musique ou le cinéma, à poduire "ce qui se vend". Attitude compréhensible mais qui reposait jusqu'alors sur un contrat implicite: avec les ventes d'un auteur qu'on qualifiera de "populaire" pour être gentil - genre Musso - je publie des auteurs plus méritants en fait de technique littéraire comme de fond, mais qui ne trouvent pas de public. Ce qui en un sens est - ou était jadis, pour être exact - le métier d'éditeur. Il me semble par exemple que la vénérable maison Stock était passée par là, mais il en est d'autres.
Donc, quel serait l'intérêt d'une star ac du livre ? Nous dégotter les futurs Levy et Musso (j'ai failli écrire: Placid et Muzo, pardonnez l'inepte référence). ce que les éditeurs font déjà très bien. Et puis, par ailleurs: ne comptez pas sur un audimat extraordinaire. On sait quel intérêt le spectateur de TF1 porte ordinairement aux émissions littéraires, s'il m'est permis d'émettre cete opinion ô cobien poujadiste et mal-pensante.
Rédigé par : le koala | 28 janvier 2009 à 13:07
Une Book Academy aurait le même destin que la Star Academy : pas terrible !
Rédigé par : Pierre | 31 janvier 2009 à 12:11