J'ai lu "The Outcast" de Sadie Jones l'année dernière, mais la traduction française vient de paraître chez Buchet-Chastel. Voilà la présentation de l'éditeur:
"Dans cette petite ville du Surrey, au sud de Londres, pendant les années cinquante, tout le monde va à l'église, joue au tennis et fête Noël dans l'insouciance et l'alcool ; les jobs s'obtiennent au cours de conversations de quelques minutes au coin du feu, et les jardiniers sont aux petits soins pour les massifs de fleurs des riches demeures victoriennes. Mais cette façade hypocrite et fragile se fissure à partir du jour où le petit Lewis Aldridge, âgé d'une dizaine d'années, assiste, impuissant et terrifié, à la noyade de sa maman adorée, libre d'esprit et anticonformiste. Privé du réconfort d'un père à peine revenu de la guerre, homme froid, autoritaire et accablé par le veuvage, Lewis se rétracte dans la douleur et sombre peu à peu dans le doute, la solitude, l'automutilation, puis la délinquance... En 1957, quand il sort de prison où il vient de passer deux ans pour avoir incendié l'église de Waterford, il n'a que dix-neuf ans... Son retour chez son père, remarié et peu pressé de revoir son fils, fera non seulement exploser sa famille, mais une communauté tout entière..."
Ce que j'ai aimé dans ce livre: La construction du récit est parfaitement calibrée. Sadie Jones jongle avec plusieurs niveaux temporels: 1957, puis retour en 1945, puis avancée vers 1952 et les années suivantes. Malgré cette complexité narrative, le lecteur n'est jamais perdu. On sent que Sadie Jones a travaillé très soigneusement son plan avant de se mettre à écrire. Le résultat? Un page turner, que j'ai eu du mal à lâcher avant la fin!
Un petit conseil, donc: lisez le bouquin, et amusez-vous à décortiquer la structure. Un bon entraînement pour ceux d'entre vous, qui (comme moi!) galèrent pour organiser leur récit. Sadie Jones, avec ses 15 ans d'expérience en screenwriting, est très clairement un bon modèle...
Du côté des points négatifs, je n'ai pas grand chose à signaler, à part peut-être une tendance aux clichés (ah, la banlieue hypocrite des années 1950!) Et la couverture choisie par Buchet-Chastel est particulièrement moche, dans un style "sous romantique" qui n'a rien à voir avec le texte lui-même...
Le proscrit, Sadie Jones – Buchet Chastel, 377 pages, € 21,85

C'est le dernier "Barnaby" ??????
Rédigé par : Vinosse | 08 février 2009 à 08:26
Quand j'ai besoin d'un flashback pour éclairer le lecteur, je place un flashback ; quand il faut un flashforward, je mets un flashforward. Parfois c'est un chapitre entier qui se déroule à une autre époque que l'action principale. Y a-t-il forcément besoin d'un plan hyper calibré a priori ?
La présentation de l'éditeur ne me donne guère envie de lire Le Proscrit... Il en dit déjà un peu trop... (Pas comme dans Barnaby ;-))
Rédigé par : 24hcolo | 08 février 2009 à 09:41
page-turner, screen-writing ...
Allez Lise-Marie, toi qui es férue d'exercices en matière d'écriture, un petit défi salutaire: pas une seule locution anglo-saxonne dans ton futur billet, d'accord ? Ca, ca va être dur. Mais exaltant, j'en suis sûr ;-)
Rédigé par : le koala | 08 février 2009 à 15:52
Calibrons, Calibran...
Rédigé par : Nos ailes de géant | 08 février 2009 à 19:44
C'est vrai qu'elle est moche, cette couverture. (bon, en plus, il faut dire que j'ai été traumatisée par les Oiseaux d'Hitchock quand j'étais petite. Mais, ça, chez Buchet-Chastel, ils n'en avaient aucune idée. Bon, je leur pardonne)
ça fait plusieurs fois que je lis du bien de ce livre, je vais essayer de me le procurer !
Rédigé par : pagesapages | 17 mars 2009 à 20:08