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Revues littéraires

« Maugrer ses nvroses ou crire srieusement: il faut choisir! | Accueil | Quand les agents littéraires se moquent des wannabes... »

09 mars 2009

Commentaires

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Ramon

Je connais des poules qui vivent parfaitement de leurs plumes au cul...
Pas longtemps bien entendu...
Question de pot...

"Bien évidemment" revient très souvent dans les textes... Quelle désolation!

David

"Souvenez-vous des intermittents du spectacle, qui ont réussi à soutirer un revenu étatique à la simple condition de s'auto-proclamer "artiste"

Non, c'est "légèrement" plus complexe que ça et vous le savez très bien. L'intermittent doit justifier d'un certains nombre de cachets par an pour bénéficier de ce qui reste une indemnité de chômage. S'il justifie de cachet, on peut légitimement considérer qu'il ne s'auto-proclame pas artiste, mais que des employeurs le rémunèrent à ce titre.

Je ne comprends pas cette façon que vous avez de systématiquement décrédibiliser un propos (le votre) pas toujours totalement à côté de la plaque par des contre-vérités poujadistes aussi grotesques.

le koala

Comme d'habitude je suis partiellement d'accord avec Wrath... il y a là-dedans du vrai, du pas-faux, du "pas nouveau" et de l'aberrant, le tout en mille-feuille, à ce qu'il me semble.
Je pioche un exemple sous la forme des expressions: "népotisme" et "prime à la servilité". Ma foi, on y est déjà. Non pas à l'égard de l'Etat certes, mais à l'égard de puissances privées; et d'ailleurs, aussi bizarre que ça paraisse, la différence ne me semble pas si frappante que ça en matière culturele.
N'oublions pas qu'il y a de ça dix ans, ce qui tenait lieu de ministère de la culture n'était autre que Vivendi, alors que du côté du Louvres on se contentait de superviser - certes - la distribution des subventions... il n'y a pas que dans le domaine culturel que cette dérive existe, car en matière de travaux publics par exemple, les (vraies) décisions en matière d'aménagement du territoire étaient prises chez Bouygues, et non pas au ministère de l'équipement ! Donc, l'opposition systématique public / privé, j'ai des doutes. Surtout quand il y a des énarques reliés par les mêmes réseaux d'accointances dans ces deux milieux décisionnels, et du pantouflage entre les deux ...

Par ailleurs, redouter l'intervention de l'Etat, OK; encore faut-il savoir de quel Etat on parle. N'oublions pas, après tout, que sans les "commandes publiques" de Jules II, en d'autres temps, il n'y aurait eu ni Raphaël ni Michel-Ange; et peut-êre pas même de renaissance italienne (alors que le mouvement empruntait d'autres voies, authentiquement "bourgeoises" et privées, aux Pays-bas - voir Van Eyck). De la même manière, bienheureux que François premier ait acceuilli Léonard de Vinci dans notre beau pays: quand on visite Chambord ou le Clos-Lucé, on ne songe guère à fustiger les fâcheuses dérives staliniennes, chère Wrath !
Mais bon. Entre une commande étatique, fut-elle du Vatican, et une commande privée, je ne vois pas laquelle est la plus stimulante en termes de création. Tout ça se discute, et on le sait: les aspirations esthétiques bourgeoises sont parfois aussi "régressives" ou aussi sclérosantes qu'une supervision étatique. On va pas passer en revue l'historique du Salon des Indépendants mais on se rappelle des termes du débat.

Par ailleurs, il y aussi des éclaboussures de tarte à la crème qui ne me semblent pas indispensables dans ce post... genre, "un boulot pas prenant comme l'enseignement". Il faudrait esayer de faire un stage "domptage d'hominidés sauvages" avant de se prononcer sérieusement sur la question ! Je ne crois pas que ce soit l'enseignement (en tous cas pas dans le secondaire) qui soit le plus favorable. C'est épuisant, en réalité, Wrath ... critiquer les enseignants, c'est bon pour les éditoriaux du Figaro-magazine, mais un peu indigne de ce blog ... ;-)

Nicole

@ Koala. D'accord avec vous, comme souvent. Il faudrait nuancer le post de Wrath. Notamment sur les enseignants: j'ai une copine qui est "instit" en maternelle à mi-temps: elle travaille à peu près quinze heures par semaine en moyenne; deux jours de classe + le travail à côté, réunions, rangement de la classe. Un autre copain est prof de philo: 18 heures de cours, des trajets entre son domicile, le lycée et le campus (on peut enseigner à la fois dans un lycée et dans une fac), les heures de correction et de préparation de cours, les conseils de classe, les livres à lire car un bon prof de philo n'arrête jamais de lire de la philo et de perfectionner son enseignement. L'une pourrait avoir un boulot à côté mais pas l'autre.

William

Je suis toujours étonné que tu te penses de droite, tes raisonnements sont souvent ceux d'une socialiste.
C'est gentil comme tout comme idée de se "trouver un petit boulot", et faire le vaillant petit écrivain à ses heures perdues... mais pour obtenir un peu plus de mille euros par mois, je ne connais aucun "petit boulot". Je ne connais que des pleins temps qui sont de vrais plein temps : pour garder ton travail il faut être dispo plus de cinquante heures par semain, ou alors en cumuler deux, pour ne pas tomber dans la précarité. Si tu as la chance de pouvoir trouver du travail, bien sûr. Sinon gérer ta vie pour ne pas être à la rue prend tout ton temps.
Le seul exemple correct, c'est professeur, à cause des vacances qui laissent le temps d'écrire un peu chaque année. Mais on ne peut pas tous devenir profs, il faut avoir la vocation pour le devenir, sinon on est le pire des parasites.
Il n'y a pas d'optimisme à avoir, la réalité est bien là : l'écriture redeviendra ce qu'elle a été pendant des siècles, réservée à des héritiers qui n'ont pas à se soucier des contingences matérielles. On lira les romans des enfants de Paris Hilton et des petits fils de BHL et le monde n'arrêtera pas de tourner pour antant. D'ailleurs, ça donnera aussi peut etre des Proust et des Gide.
Mais pourquoi lirait on encore des romans dans dix ans ?

le koala

Pour le plaisir de redécouvrir un territoire ouvert à l'intelligence, peut-être ...

guest

"Car comment détermine-t-on ce qu'est un écrivain? Comment passe-t-on du statut de wannabe à celui, largement plus prestigieux, d'écrivain? Par la publication papier. Or la publication papier ne s'obtient que par un networking intensif, indépendamment de la qualité littéraire."

Vive la justice!

François Martini

@ Williams : Oui, l'écrivain a le droit d'être "le pire des parasites". Le citoyen lambda aussi, d'ailleurs. Aucune malédiction ne nous oblige à être de bons employés vertueux. On n'est pas en Amérique, ici.

@ Nicole : Inutile d'être un bon prof et de travailler dans deux lieux à la fois, ni à plein temps, ni en se documentant : on n'est pas prof pour enseigner, mais pour disposer de temps libre pour écrire, dans ce cas. La vertu est un défaut, pour un écrivain.

@ Koala : Avant d'^être épuisé par son travail, on se fait arrêter. A quoi bon être fonctionnaire si c'est pour se fatiguer ? La résistance à l'oppression est un droit de l'homme et du citoyen (DDH 1789). Le travail est une oppression.

@ Lise-Marie : Merci de faire l'éloge de ma condition. Enfin, le glandeur parasite de l'État que je suis se voit glorifié ici !


wrath

@Francois M.: vous travaillez a l'ANPE, c'est ca?

Nicole

@François

Le copain en question n'a pas envie d'être écrivain, il adore son métier (oui,des profs heureux de l'être ça existe!) ceci explique cela;)

valy christine

@François
...le travail que l'on n'aime pas est une oppression.
Sinon, tes mots me vont droit au coeur.;-)
la liberté de l'écrivain me va bien, je prends!

François Martini

Valy : le travail est une punition, imposée aux hommes parce qu'Ève a croqué (ou fait croquer par Adam ?) le fruit défendu.

Or nul n'est responsable des actes de ses parents. Or nous subissons l'obligation du travail en raison de la désobéissance de nos aïeux. C'est donc bien une oppression.

En tout cas, en France, aujourd'hui, en général, dans l'immense majorité des cas, le travail est une oppression. Il est donc légitime d'y résister, c'est un droit constitutionnel.

De plus, le mot travail indique à l'origine un instrument de torture, le travail, sorte de chevalet offrant le supplicié sans défense à son bourreau. "Mettre au travail" signifiait : mettre à la torture. Ce n'est pas anodin. Le mot anglais "travel" (voyage) prend aussi son origine dans "travail", l'instrument de torture (voyager était extrêmement pénible, jadis).

Les dictatures valorisent toujours le travail des populations. Pour les obliger à travailler, elles les terrorisent. De même, aujourd'hui en France, la pression sur les chômeurs se fait plus forte, pour les obliger à travailler alors qu'en même temps il n'y a plus d'emploi proposés.

En France, le travail est de plus en plus une souffrance. Il est de plus en plus légitime d'y résister, mais personne n'ose, hélas.

À lire : Christophe Dejours : Souffrance en France, Seuil, coll. Points.

François Martini

@ wrath : Oui, laquelle ANPE a été dissoute le 19 décembre et réunie à l'organisme payeur des allocations-chômage, l'ASSEDIC, lui aussi dissout, en un nouvel établissement public à caractère administratif appelé Pôle emploi. Le dit Pôle emploi, dans la grande tradition française, est un monstre d'incompétence bordélique, redoutablement mal organisé par une bande d'énarques très fiers de leur succès (30% de chômage en plus en janvier, 30% d'offres d'emploi en moins, ce qui fait environ moitié moins de chance que l'an dernier de trouver un emploi).

La loi de l'offre et de la demande étant ce qu'elle est, le marché du travail est "tendu", comme on dit pudiquement. Restez à Londres, Lise-Marie, laissez la France bientôt ressembler à la Roumanie, c'est en route. Le libéralisme à la sauce ÉNA donne des résultats remarquables !
Nicolas Ceaucescu s'est réincarné en petit Français descendant de nobliaux hongrois, en gardant son prénom, comme quoi on peut toujours faire des miracles à condition d'y croire !

Comme je suis malin, je réussis à travailler moins (sans gagner plus, hélas !).

William

C'est un repère de gauchistes, ici. J'avais mal compris.
@ Martini : en bas de chez moi j'en vois plein qui osent résister à la souffrance du travail. Ils semblent souffrir d'autres maux.
Quant au droit de l'écrivain à être un parasite, vous me faites rire. Et Pourquoi lui plus qu'un autre ? Passons. Quand je disais ne pas croire qu'il faille entrer dans l'enseignement sans conviction, je ne parlais pas du petit confort de l'écrivain des mois d'été, mais de l'enfer que représente une classe d'enfants quand vous n'avez rien à leur dire.

valy christine

@François
" laissez la France bientôt ressembler à la Roumanie" dis-tu, et je rajoute la Roumanie d'autre fois, celle de Ceausescu. Oui, la France va lui ressembler à bientôt, j'ai bien peur, et je n'arrete pas de le dire autour de moi, mais...peu des gens croient que c'est possible.Pourtant je vois venir, et je suis chagrinée de voir ça.Zut alors !!!!

le koala

La France va sûrement devenir quelque chose d'assez pitoyable, mais certainement pas une dictature bolchévique, rassurez-vous: le français a toujours aspiré à se faire gouverner au centre, ce qui à tout prendre est plutôt un signe d'intelligence. D'aucun voudraient nous faire croire que l'aspiration à l'égalitarisme est une tare rétrograde: pas de chance, les français sont également assez portés sur la solidarité. Par exemple - on le sait peu, habitués qu'on est à se fouetter le cul aux orties comme si on avait tous une ribambelle de crimes abjects à expier - que les français sont les premiers adoptants du monde. Quand je désespère de mes chers compatriotes, je me rapelle de ça, et me dis qu'à tout prendre - bof - on n'est pas le pays le plus pourri, avec le peuple le plus dégénéré. C'est déjà ça.

A part ça, je suis paradoxalement d'acord avec William: gérer une classe, ca peut être l'enfer... y compris quand on a des choses à dire aux gamins !!

Francois Martini

@ Williams : lui plus qu'un autre, par privilege du Roy.
Les autres aussi, je l'ai dit. On se debrouille comme on peut dans un systeme qu'on n'a pas choisi. Je le dis chaque jour aux chomeurs que je convoque.

coucou

à wrath à propos des profs; et pourquoi pas les PTT aussi, petits travailleurs tranquilles.
J'avais lu un bouquin sur la sociologie des écrivains. Et que montrait ce bouquin(chiffres à l'appui)? et bien, que le travail que l'on fait en plus ou en même temps de l'écriture est primordial. Et même si être édité ne dépend pas complètement de nous, le travail que l'on choisit dépend un peu plus de nous. Par exemple, choisir un petit boulot( type serveur, employé à mi-temps) et notre probabilité de devenir écrivain est nulle. Par contre, avoir des parents type serveur ou employé permet rarement de devenir écrivain( avoir des parents profs ou parisiens aisées est formidable) mais la probabilié n'est pas non nulle... A bon entendeur

Francois Martini

@ coucou : la poste n'est plus PTT : elle embauche sous contrat de droit prive.

yibus

@ koala : les premiers adoptants au monde ???? Rapport au nombre d'habitants alors, parce que, dans l'absolu, il "n'y a plus" que 3700 adoptions par an (contre 4000 voici trois ans)...

Pour revenir dans le sujet, père au foyer (mon boulot actuel) est un job plutôt agréable pour écrire.

lucie2

"En clair, fuir les "petits boulots" para-littéraires (pigiste, lecteur,...) et travailler dans un job "hors milieu". "

Ah bon ? Pigiste est un petit boulot ? Eh bien, je l'exerce depuis vingt ans, et j'en vis plutôt bien, merci. Evidemment, pour en vivre bien, il faut faire plus d'une pige par mois. J'ai des rubriques régulières dans des magazines, je bosse dans la presse grand public comme professionnelle, j'ai une carte de presse, je paie des impôts. Ce "petit boulot", ajouté à la gestion d'une famille et d'une maison, ne me laisse malheureusement guère de temps pour écrire. D'autant que lorsqu'on use tous les jours sa plume à des fins alimentaires, on est parfois lasse des mots et on a envie de relever la tête de son clavier.
Mais que faire, vu que je ne sais rien faire d'autre, ou du moins rien faire de mieux, qu'écrire ? (Et pourtant, j'ai fait la même prestigieuse école que la tienne)...
Que faire ? Rien d'autre, et surtout pas éduquer une classe de 30 bambins, je n'en suis pas capable et j'en suis bien consciente (tu témoignes pour les profs du même respect, fondé sur une connaissance certaine du métier, que pour les pigistes !)
Quelle tristesse ce serait, cela dit, de faire un métier pr les vacances ! C'est le malheur de notre peu glorieuse Education française que tant d'aspirants profs aient raisonné ainsi et soient donc devenus d'acâriatres et revêches éducateurs ininteressants et ininteressés...
Mais ceci est un autre problème.
De même que le beau prétexte alambiqué et poussiéreux qui a toujours servi aux fainéasses, "le travail nous opresse, libérons-nous" (aussi daté que le Martini, ça se buvait dans les années 70, non ?)
Mais ceci n'était qu'un aparté.
En tt cas, avant de parler des "petits boulots", wrath, essaie d'en exercer un, et on verra de quel temps tu disposeras encore ne serait-ce que pour tenir ce blog.
Au moins, tu auras engrangé de la connaissance, ce qui t'évitera de parler sans savoir.
Mais il est vrai, je le reconnais, que le passage par Sc Po a ce travers de former des gens capables de beaucoup et brillamment parler sans savoir; ceci dit, le temps peut corriger ce travers, si on utilise ce que Sc Po aide aussi à se forger : l'ouverture d'esprit. Tu es jeune encore, j'espère que le temps t'apprendra certaine réflexion avant le jugement précoce...
En attendant, je te rassure : le petit boulot du pigiste de base, pour peu qu'il ne l'exerce pas dans la presse littéraire, ne l'aide en rien au niveau relationnel, auprès des éditeurs !

François Martini

Oh la la qu'elle se la pète grave, la gratte-papier !

Elle ferait bien d'aller travailler pour de vrai, au lieu d'écrire des niaiseries dans la presse. Hé, la Lucie, c'est pas parce que tu vends ta prose à des canards que tu sais écrire bien !

Faut voir ce qu'on lit, dans cette paperasse inutile !

Bon, on retient quoi, de ton texte, la Lucie qui porte bien mal son nom ? Que t'as fait Sciences-Po (une très mauvaise école, soit dit en passant), dont tu es sortie ne sachant rien faire, sauf écrire (on apprend ça en primaire), mais pas vraiment bien :
« Mais il est vrai, je le reconnais, que le passage par Sc Po a ce travers de  » Beurk, quel français de chiottes.

Aspropos, on buvait du Martini bien avant les années 70. Ce vermouth a plus d'un siècle. Plus près de nous, un certain Clooney n'a pas honte d'en faire la réclame. Évitez de vous moquer du patronyme des gens, vous déconsidérez déjà assez votre profession sans cela.

Nikita

Qu'est-ce qu'il est méchant, ce Martini... Il s'est fait quitter violemment par une Lucie, un jour, non ?

Il y avait bien plus moquable, en l'occurrence. Par exemple cette phrase de Koala : "le français a toujours aspiré à se faire gouverner au centre, ce qui à tout prendre est plutôt un signe d'intelligence". Il faut l'avoir écrite (et pensée), celle-là !

le koala

"Mais il est vrai, je le reconnais, que le passage par Sc Po a ce travers de former des gens capables de beaucoup et brillamment parler sans savoir; ceci dit, le temps peut corriger ce travers, si on utilise ce que Sc Po aide aussi à se forger : l'ouverture d'esprit. "

A dire vrai, je n'ai pas tellement constaté cette qualité chez les "science-poïstes". Pas tellement ailleurs non plus, il est vrai.
Pour Nikita: les français essayent la droite, les français essayent la gauche, ils sont invariablement déçus dans les deux cas six mois après l'élection correspondante. Je ne fais que le constater, mais vous avez peut-être observé autre chose. Il ne me semble plus depuis belle lurette qu'ils soient majoritairement "gaullistes", "socialistes" ou encore "libéraux": ces étiquettes sont en voie de décomposition accélérée, et c'est tant mieux sans doute.

William

@ koala : les français essayent la droite, les français essayent la gauche... dans la France que je connais, les français ont essayé 10 ans de gauche sur les 59 dernières années, deux mandats Mitterand avec deux cohabitations, tous les autres gouvernements ont été des gouvernements de droite. Les français ont donc tendance à essayer la droite, non ?

Pierre

C'est ne parler que de la république actuelle, oublier Jospin et comparer De Gaulle à Sarkozy (un discours digne d'un diplômé de scpo).

le koala

Il n'en demeure pas moins qu'ils sont invariablement déçus. Je ne connais pas d'électeur satisfait, personnellement. Vous en connaissez vous ?
Enfin, bon, on va encore se faire engueuler par Wrath... cela dit pour le coup le message initial avait une forte coloration politique d'entrée de jeu. Pas mal d'ailleurs, la phrase de Claude Durand: "... la boucle de l’ultra-libéralisme au neo-stalinisme se sera refermée." Ce ne serait pas la première fois que les extrêmes se rejoignent, à la faveur d'un mouvement de balancier. L'histoire me paraît très "mécaniste", de ce point de vue. On va trop loin dans une direction, il faut faire retraite dans l'autre sens un peu plus tard, en abandonnant sur le terrain les idées perdues - voire mortes. On le voit assez bien en ce moment.

Pirloui

@William.

Et le principal (le seul?) apport de Mitterrand aura été de convertir la gauche à la droite.

François Martini

@ Nikita : je suis d'accord sur la phrase de Koala, très risible. les Français aiment se faire gouverner à droite, à la droite dure et con, essentiellement ; C'est la seule qui parvient à se faire réélire.

Mais la flemme m'avait empêché de traiter le sujet

le koala

OK. Il aurait été bien qu'on puisse en reparler dans quelques années, mais l'Internet étant ce qu'il est, hein ... on ne se bercera pas d'illusion. C'est l'avenir qui se prononcera pour nous.
(ça par contre, c'est une phrase tout à fait inepte - là j'avoue)

PhJ.

J'étais dimanche au salon de Bruxelles. Il y avait Nothomb et Musso, ils vivent de leur plume. Il y avait 248 autres auteurs, qui ne vivent pas de leur plume. Il n'y avait pas 9750 autres auteurs, dont les organisateurs du salon n'ont jamais entendu parler. Je crois que c'est assez représentatif de l'ensemble. Un écrivain publié sur cinq mille doit vivre de sa plume, à mon avis. Ça a toujours été difficile, mais depuis vingt ans, c'est devenu presque impossible (on m'a dit chez Grasset qu'il y a vingt ans, 80 000 exemplaires, c'était considéré comme un petit succès honnête; aujourd'hui c'est quasiment un triomphe). Et ces derniers temps, c'est encore pire. Rambaud, par exemple, avec son deuxième tome du truc sur Sarkozy, est plus haut dans les classements de ventes que pour le premier tome, sorti je crois il y a deux ans. Et pourtant, ce deuxième tome s'est vendu à deux fois moins d'exemplaires. C'est la déroute, les amis. Donc oui, soit ça va devenir une carrière subventionnée par l'Etat, et on peut déjà dresser une liste des tocards flatteurs et calculateurs qui en seront. Soit, comme dit William, ce sera réservé aux enfants de bonne famille, et là c'est la loterie. Soit il va falloir vraiment une volonté de fer et une énergie de feu pour écrire sur ses heures de sommeil, en rentrant du boulot, tout en sachant qu'on ne sera lu que par une petite poignée de fous irréductibles.

wrath

@PhJ.: il me semble que vous vivez de vos piges. Vous etes donc un parfait exemple d'"ecrivain-courtisan" tels que je l'ai decrit dans ce post...

le koala

Si les ventes sont à ce point en chute libre, et si la tendance se confirme dans les quelques années qui viennent, comment les éditeurs vont-ils survivre ? Ne devront-ils pas revoir leur modèle économique ? Si je vous suis bien, seuls ceux qui seront adossés à une petite écurie d'auteurs "vendeurs", voire d'ailleurs à un seul - Gavalda, Musso, Stieg Larsson, la nana de "fascination" etc - resteront debout. Paradoxalement ça veut dire que c'est UN auteur qui peut tenir toute une maison à bout de bras.

half a person

Je ne vois pas où est le problème de bosser comme un dingue dans un taff qui n'a rien à voir avec l'édition ou la presse, pour ensuite, quand on rentre chez soi, se mettre à travailler sur un texte commencé il y a plusieurs années ou plusieurs mois.

En ce qui me concerne je bosse pour des boîtes stressantes, je sors, je vois mes potes, je vais au cinoche, à plein de concerts, je vis quoi. On dirait pour vous, que si on n'est pas prof (un métier très crevant contrairement à ce que la plupart des gens pensent), ben on n'a plus de temps à consacrer à sa passion, l'écriture. Bullshit, c'est qu'une question d'envie (ne vous fiez pas à PhJ, c'est une couleuvre, on dit bien "fainéant comme une couleuvre "? Je ne sais plus).

Quant à louvoyer dans le milieu pour choper des piges, c'est pas nécessaire. On m'a proposé des piges par-ci, par-là (la dernière fois c'était Transfuge), j'ai toujours refusé. On m'a proposé de tenir une chronique Télé sur les livres (pour France 4), j'ai aussi refusé (mais j'ai accepté de tenir une chronique rock indé pendant 1 an), l'idée c'est que je n'ai pas envie d'être "juge et partie", pour me retrouver avec une bande de peignes-cul qui me sucent les boules histoire d'obtenir des papiers. Alors c'est clair, j'ai moins de papiers (donc (peut-être) de lecteurs) que si j'entrais dans le système, mais au moins, on me fout la paix, j'ai aucun compte à rendre.

On peut très bien évoluer peinard dans ce milieu, sans trop le fréquenter (1 salon par an, 1 dédicace, 1 "fête"), et continuer à être publié avec des papiers qui tombent. Certes, je me répète, on a moins de papiers que les guignols qui flirtent avec les journalistes, mais l'idée c'est de s'amuser au moment de l'écriture, pas après, non ? Après, tout dépend où l'on place l'ambition, de grosses ventes ? De la thune ? Des plateaux tv ? La célébrité ? Etre simplement publié encore et encore ? Etre libre ? Que sais-je ?

Même avec un système étatique de copinage (pas loin de ce qui existe déjà), y aurait de la place pour des inconnus qui débarquent de nulle part, sauf que ce serait sans doute plus serré encore.

Et merde, on s'en fout, dans 5/6 ans, ça téléchargera dans tous les sens, l'édition se pétera la gueule comme le disque, ce sera la war, tout le monde sera assis sur son petit cul en velcro et s'accrochera à son éditeur comme il peut. On retrouvera des petits nouveaux échoués sur les tables, des gars et des filles à qui on ne donnera peut-être pas de seconde chance, c'est plutôt ça qui m'inquiète. Bref, j'en sais rien, je dis n'importe quoi, j'ai la crève. Tout ce que je sais, c'est que j'ai hâte de voir Wrath en librairie, là je sens qu'on va se marrer. Je sais qu'elle y arrivera. Par copinage. Par les moyens qu'elle récuse à longueur de posts.

François Martini

Les éditeurs ne survivront pas. C'est acquis. Il restera une industrie du best-seller et de la plus-ou-moins-auto-édition.

Tout ceci a été étudié par André Schiffrin dans L'édition sans éditeurs et Le contrôle de la parole, les deux publiés chez La Fabrique.

half a person

Dis donc, à force de jouer les fachos et censurer les gens tu vas bien finir par t'apercevoir un jour à quelle point t'es conne, non ?

half a person

"quel point"
Merde faut se relire avant d'envoyer, moi aussi jsuis con.

Vinosse

Ouaips...

Pareil pour moi !

Grouchka

PHJ, il ne faut pas se limiter à écrire des livres, il faut également optimiser sa situation fiscale, ce qui est extrêmement aisé quand on est écrivain car on peut travailler partout et donc établir son domicile fiscal (fictif ou non - seuls ceux qui représentent beaucoup d'argent sont contrôlés) hors de France. En restant en France, il est également possible de céder ses droits à une société (unipersonnelle, bien sûr), ce qui permet de profiter de l'impôt des sociétés, qui est bien plus avantageux. Bref, le meilleur ami de l'écrivain, ce n'est pas l'éditeur : c'est le comptable.

PhJ.

Ne vous faites pas plus bête que vous n'êtes, Wrath. Mes piges, c'est parler de Britney Spears et de Brad Pitt dans Voici. Je courtise qui ? Ça me sert à quoi, par rapport aux livres ? Je ne sais pas, vous imaginez peut-être que tous les gens qui ont un quelconque rapport avec la notion d'écrit se réunissent en secret pour comploter ? ("Hum, tu bosses à Voici ? Tu es des nôtres, gamin, on va te faire vendre des livres.")

Grouchka, oui, c'est bien beau, tout ça, mais vous croyez vraiment qu'on est imposable avec ce qu'on gagne sur les livres ? Faut pas rêver. Bon, cela dit, je vous appelle dès que je dépasse les 50 000 exemplaires – mais vous avez le temps, à mon avis...

valy christine

J'appuie sur les mots de PhJ. Pas du tout imposable sur la somme gagnée sur les livres. A peine si je peux m'acheter le papier à écrire, pour vous dire. Mais dès que je dépasse les 50 000 je m'aligne sur l'idée de PhJ,je vous appelle. Laissez vos coordonnées ici, d'ici 30 ans mes héritiers vont vous contacter... ;-)

Cl.

@ Grouchka : le meilleur ami de l'écrivain, c'est son lecteur. Comme l'homme avec le chien.
PS : à part ça, vos conseils sont iniques. Reprenez-vous, mon vieux.

Grouchka

Une société est fiscalement intéressante à partir de 25.000 euros de CA brut annuel. Ne me dites pas que vous n'y êtes pas en combinant vos piges et vos ventes de livres ? Elle est d'autant plus intéressante qu'elle permet de nombreux montages, par exemple en portant en frais professionnels une partie de votre loyer (si vous êtes locataire) ou en amortissant votre appartement/maison. Vous pourrez compter comme frais (donc déduire la base imposable) et récupérer la TVA sur les achats de livres/journaux/magazines ayant trait à votre profession (par exemple, tous les romans), connexion Internet, matériel de bureau, mobilier (facile de faire passer le nouveau divan pour du mobilier professionnel, vous n'avez qu'à dire que vous recevez vos éditeurs chez vous), véhicule ou déplacements (rien ne vaut les voyages en transports en commun, vous n'avez qu'à dire que vous écrivez chez votre éditeur et les journaux qui vous emploient), voyages professionnels (ce voyage en Italie sur lequel vous avez basé votre dernier livre est récupérable à 100 % sur votre part, pas celle de votre famille), etc., etc., etc. Avec un bon comptable, je suis sûr que vous arriverez à un taux d'imposition minimum, de l'ordre de 10 à 15 % sur le montant brut.

le koala

Ouais OK, mais vous nous parlez SEULEMENT de déductibilité fiscale Grouchka, et non pas de moyens de gagner plus de tutunes. Ne pas payer d'impôts et augmenter ses revenus, il ne faut pas confondre. Identifier les deux, c'est quand même très "sarkozien" comme approche.
Et effectivement, je ne pense pas qu'on puisse raisonner dans ces termes-là quand on est pigiste. Pourquoi pas envisager un investissement défiscalisé à saint-Martin quand on gagne le smic, tant qu'on y est !!?

Par ailleurs, on est content de voir que vous avez fait du droit fiscal et que vos idées sont arrêtées sur la question, mais pour le coup on est loin de la littérature.

...

(Pssssst, PhJ. Anne Athaway, elle est avec qui en ce moment ??)
(non, je déconne)
...
(aïe)

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