La guerre entre Philippe Jaenada et Lucien Cerise continue! Pour ceux qui n'ont pas suivi, sachez que Jaenada est un auteur un peu has-been publié chez Grasset. A sa période de gloire, il a obtenu le Prix de Flore, mais ses meilleurs jours sont derrière lui. Quant Lucien Cerise, son premier roman a été publié chez Scali et son deuxième n'a pas encore trouvé preneur.
Hier, Jaenada a posté le commentaire suivant: "quand il était publié, Cerise ne disait rien des "pratiques immondes de l'édition". Il semblait très content. C'est quand personne ne veut de son second roman (ce qui est peut-être injuste, je n'en sais rien, je ne l'ai pas lu) qu'il se met à tenir le même discours que vous".
Et voilà la réponse de Lucien Cerise:
"Avant de dire quoi que ce soit des "pratiques immondes de l'édition", il faut peut-être réunir des preuves. On les collecte sur plusieurs années, ce sont des anecdotes vues et entendues personnellement ou rapportées par des proches et qui permettent de dresser un tableau général de la situation. (Les exceptions confirment la règle).
Avant de pénétrer ce milieu éditorial parisien, j'entendais comme tout le monde circuler des clichés sur sa corruption (copinage, sexe, fric, nègres et rewriters, contrôle politique, etc.). Ces clichés, je ne les prenais pas plus au sérieux que ça. Je me disais "C'est peut-être vrai, c'est peut-être faux". Après quelques années, je peux attester que ces clichés sont tous vrais. Et tout le monde le sait, y compris toi, cher PhJ ! Mais je ne t'en veux pas car je sais aussi qu'il est humain de mentir quand on a un gros, un très gros intérêt à le faire. Et je peux t'assurer que si je publiais chez Grasset, je ne serais pas meilleur que la moyenne : moi aussi je mentirais, au moins par omission, sur la réalité du milieu éditorial.
Je ne ferais peut-être pas de zèle, comme tu le fais très bien, mais je me tairais, tout simplement. Et je me dirais, "Peut-être qu'un jour je rassemblerais les anecdotes et les publierais, mais seulement en fin de carrière, quand je n'aurais plus rien à craindre des représailles." (Au passage, je viens de te donner l'idée de ton dernier livre, quand tu auras 80 ans).
Bref, pour ma part, ayant fait le deuil intégral de toute publication dans le 6ème arrondissement, je peux me permettre de tout déballer et de m'énerver contre ceux et celles qui sont pieds et poings liés par le système parce que c'est leur gagne-pain. Je vous plains finalement, d'être obligés de vous auto-suggestionner façon méthode coué, "Tout va bien, tout va bien", pour supporter l'écart entre une réalité complètement sordide et ce qu'il faut en dire officiellement, le maquillage qu’il faut en faire pour continuer d’y être accepté et d’en faire partie. Dans le fond, je ne devrais pas m'énerver. Mais il faut que les wanabis connaissent la vérité, résumée comme suit : si vous rêvez d'une publication chez un gros éditeur, ne perdez pas de temps à travailler les textes, travaillez d'abord votre carnet d'adresses."
Bien envoyé, Lucien! Qui est pour créer un comité de soutien pour Lucien?
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