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19 mai 2009

Commentaires

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becdanlo

Oui, je pense que tu peux être contente de ton blog qui est devenue une référence... il n'y a pas vraiment d'équivalent ailleurs. Pour le reste, il n'y a pas de regrets à avoir: le tempéramment "artiste" est quasi génétique... aucun risque de devenir un bof... même si la vie n'est pas facile, ne l'échanger sous aucun prétexte.

Ph.J.

Pour l'erreur 1, je suis tout à fait d'accord, ce serait beaucoup mieux, d'un point de vue quantitatif, d'écrire en anglais. Mais bon, tout le monde ne peut pas...
Pour l'erreur 3, d'accord aussi, espérer pouvoir vivre de sa plume, c'est exactement comme les mômes qui ne se consacrent qu'au foot parce que ça rapporte un max, t'as qu'à voir Zidane et Ribéry.
En revanche, il n'y aurait pas une petite contradiction entre les erreurs 2 et 4 (qu'on peut pourtant, prises séparément, approuver) ? On ne peut pas s'en vouloir à la fois d'avoir voulu "être un artiste" et de ne pas écrire de manière assez commune pour vendre le maximum de livres. Ça n'a rien de honteux, de vouloir écrire de manière commune pour vendre plein de livres, mais enfin ça n'a rien à voir avec l'art. Je ne dis pas que l'art est forcément confidentiel, évidemment, mais le moteur ne peut pas être le chiffre de ventes.

Ganesh

Trop intello ton style...ah bon?

le koala

"Erreur numéro 1: écrire en français."

Ah bon ??! tu écris en français ? Une phrase sur deux alors.
je taquine, tu sais ce que je penses de ton tropisme "anglo-saxon". Il a tendance à déteindre. On te sens d'ailleurs tentée d'écrire en anglais, en effet. En tous cas je suppose qu'à un moment il faut choisir: on ne peut éternellement écrire en franglais.

En revanche Wrath, quand tu analyses ton erreur n°2 en disant:
"Il faut vraiment que j'adapte mon écriture à un public moins prétentieux qui aime la bonne fiction "à intrigue". ...,
Tu nous expliques que tu es désormais toute disposée à écrire de la m. , quoi. Bon. Il va sans dire qu'après tu n'auras évidemment plus le droit de critiquer Musso, Levy ou Kinsella. Quand à la référence à un "public prétentieux", je vois instinctivement ce que tu veux dire mais ça m'intrigue fortement. Vouloir lire de la vraie littérature, c'est prétentieux !? Allons bon.

A ce compte-là, le type qui veut bouffer une pomme qui a du goût est pareillement prétentieux. Dès qu'on veut de la qualité, tous domaines confondus, on devient prétentieux. Bizarre. "snob" à la rigueur j'aurais pu comprendre, mais "prétentieux" ?? Enfin.

Bon, quoi qu'il en soit continue à écrire, quelle que soit la voie choisie...

wrath

@becdanlo: merci

@PhJ.: le problème, c'est que je ne cherche pas le même public que vous. Quand vous recevez un email d'un type qui vous dit qu'il a adoré votre dernier roman, vous le croyez vraiment? ou vous êtes assez lucide pour savoir qu'il y a 99% de chances que ce type soit un wannabe arriviste qui cherche à profiter de vos contacts? Personnellement, je détesterais vivre dans le milieu de requins dans lequel vous évoluez. Marc Lévy, Guillaume Musso, ou même Tatiana de Rosnay ont bien plus de lecteurs que vous, et ce sont des lecteurs qui ont vraiment lu et apprécié leurs livres.

@LeKoala: quand j'étais ado, je lisais des Agatha Christie et des Zola à la pelle. Les auteurs grand public sont-ils forcément des auteurs de m****? Vous le pensez vraiment?

zoulabe

Ne pas confondre "public prétentieux" et "auteur prétentieux". Tes textes plutôt pompeux et dégoulinants de références hype n'ont que peu séduits. Il n'y a pas de public prétentieux ; il n'y a qu'un public, que tu trouves ou tu ne trouves pas.

le koala

Des auteurs grand public désireux de ne surtout pas avoir affaire à des "lecteurs prétentieux" - mais symétriquement et plus volontiers à des lecteurs si possible simplets, oui, Lise-Marie, je trouve que ça commence à sentir l'égoût... et c'est dommage, même si nous ne sommes pas du même avis là-dessus. Notamment, je n'approuve pas le "creative writing" car j'y vois un facteur d'uniformisation progressive des procédés litéraires. Certains auteurs US y ont touché et auraient manifestement mieux fait de s'en abstenir (je songe à Auster, qui - c'est triste à dire - descend qualitativement une marche à chacun de ses nouveaux livres, à telle enseigne que le dernier est tout simplement mauvais).

Maintenant, tu présenterais la chose sous l'angle: "comment faire de la littérature populaire de qualité" ?, il y aurait matière à discussion et à réflexion, c'est clair.

Pirloui

Votre erreur la plus importante, Wrath, c'est de vous prendre pour une artiste et de croire que vous avez du goût.

Vous ne comprenez rien de rien aux questions esthétiques. Quand vous l'aurez compris, vous aurez déjà fait une bonne partie du chemin.

wrath

@le koala: moi aussi, quand je ne connaissais rien du creative writing, je trouvais ça nul. Il y a sûrement quelques posts dans ce sens dans mes archives :)

ketuchpglu

On peut penser que le succès, c'est comme la beauté : il existe un rapport idéal des proportions. Talent-ambition, par exemple, doivent être équilibrés. Quand l'ambition est trop forte par rapport au talent qui la porte, elle casse l'harmonie. ou quand l'ambition est trop forte par rapport à la volonté, ou trop épaisse par rapport à la force de caractère. L'ambition peut jouer le role de moteur, mais à te lire on peut se demander si elle ne fout pas tout en l'air.

le koala

'faudrait remonter à l'époque néanderthalienne où tu n'étais pas encore installée chez les brittons, alors, ma chère Wrath...
Navré, mais je ne connais pas ton ancien blog par coeur ! ;-)

Pirloui, ça sent le coup bas sous prétexte d'attaque frontale, ça, non ?

Vacher

Et revoilà Pirloui-Asensio !... (sans surprise aucune)

Florent


"Le français est une langue morte"...

C'est peut-être là l'une des clefs de votre insuccés : vous n'habitez pas votre langue. Vous n'y attachez pas la moindre importance, vous ne l'envisagez que sous un angle purement commercial, elle n'est pour vous qu'un prétexte à des tirage plus ou moins importants. C'est pour le moins étrange ! Vous seriez même prête, dites-vous, à en changer pour de simples questions de rentabilité !

Mais la langue, le travail de la langue, le travail du Verbe, ne sont-ils pas les fondements même de la création littéraire ?
Qu'est ce que le style si ce n'est le le fruit de ce perpetuel modélage, de ce mintieux façonnage où l'écrivain tente, à sa façon, d'insuffler la vie à la glaise des mots ?

Cioran l'a d'ailleurs si bien dit :

"On n'habite pas un pays, on habite une langue. Une patrie, c'est cela et rien d'autre."

Cioran, Aveux et anathèmes (1987)

wrath

C'est marrant, tous ces commentateurs qui me donnent des leçons sur le succès. Finalement, PhJ (qui est publié chez Grasset, quand même) est bien plus modeste.

(Bon, c'est la première et la dernière fois que je dis du bien de PhJ...)

le koala

Tant que ça n'est ni la première, ni surtout la dernière fois que tu te livres à un début d'auto-critique, ça va. Pour ma part il va sans dire que je suis le plus mal placé pour infliger des "leçons sur le succès", mais honnêtement ton post envisageait ledit "succès" sous l'angle de la relation entre l'écrivain et son public; et là-dessus il est naturel que tout le monde, publié ou non, ait sa petite idée.

Pour Asencio-Pirloui, j'étais pas au courant. Pourriez prévenir, diantre, au lieu de laisser les innocents passer pour des pétoncles.

Florent


Ce n'est pas tant une "leçon sur le succés" (Fichtre ! je m'en garderais bien ) qu'une interrogation sur votre conception de la littérature...

unevilleunpoeme


Oui, ne gaspille plus ton temps avec la littérature, sauf si des aides financières te le permettent. En gros, si tu as des comptes bien garnis, et une famille qui te l'y autorise.

Fais donc de la littérature une activité annexe. Il vaut mieux faire un bon livre qui sera pris chez un éditeur, que de t'épuiser dans le siphon de l'écriture bénévolement. En attendant, tu vis de quoi ? Ton salaire ? Et Léo, il pourrait t'embaucher, non ?

Sinon, travaille comme tout le monde. Au boulot, Wrath ! Tu ne vas pas dire que tu ne trouves pas de boulot ! Là, en ce moment, tu es une "intello précaire" qui vit comme une étudiante, sous le seuil de pauvreté. Réagis donc !

Tu as certainement du talent, mais il faut attendre, malheureusement.

Ph.J.

Bon, je n'arrive pas à poster des trucs de plus de deux lignes, c'est un peu chiant...

Marco

Ah! ma repentante favorite! C'est vrai que peu à peu, ta démarche devient beaucoup plus cohérente: écrire de la fiction "à intrigue", recourir à une langue "porteuse", avoir un "job pas passionnant mais qui permet de gagner sa vie confortablement", avec une radicale redéfinition du mot "artiste" (avoir de "l'ambition", c'est à dire "un minimum d'audience internationale"). Je dis tout cela sans ironie: nos conceptions sont sacrément éloignées, mais au moins tu dis les choses avec beaucoup de clarté, là où tant d'autres jouent sur les mots.

le koala

Ambition... Ouais, peut-être. Mais de quelle nature ? artistique ? économique ? sociale ?

24hcolo

L'anglais aussi sera une langue morte d'ici peu. Faut se mettre au chinois, j'vous dis.
"Je n'ai pas su toucher le public qui m'intéresse" : cette assertion me heurte. Si vos idées et votre style sont trop en décalage avec 99,9% des lecteurs en ce bas-monde, je ne vois pas comment vous réussirez à vous reformater et à écrire quoi que ce soit de correct contre votre nature profonde. Lemuvysso sont-ils des écrivains "de composition" ? Je ne pense pas. Certains sont prédisposés à écrire de la littérature PQ, d'autres non. Si vous ne trouvez pas votre lectorat, you should try something else.

coucou

Le plaisir que procure une activité artistique et au bout d'un défi n'est-il ce qu'il faut regarder en premier(plutôt que des ventes, des lecteurs etc...)

Quant à l'erreur 4, il me semble que l'ambition est la chose la mieux partagée sur notre terre...
Un écrivain qui écrirait le matin et irait à la pêche l'aprés-midi n'a t-il pas une vie plus train-train qu'un commercial pressé. Et être artiste est-il la même chose qu'être célèbre?

Robert

Il y a deja bien assez de bons ecrivain(e)s anglais au royaume uni! Pourquoi pensez-vous pouvoir mieux vous exprimer dans une langue qui n'est pas la votre? C'est votre erreur N5. L'anglais n'est pas plus facile a manier que le francais!

Nicole

"J'envie les gens sans ambition, contents de leur petit train train": effectivement, viser haut, avoir de l'ambition dans un domaine artistique est bien souvent le début de la galère; mais comment vivre autrement, quand on n'envisage pas de vivre sans continuer à écrire? Peut-on se satisfaire d'être un écrivain de tiroir? Si vous trouvez la réponse, Wrath, je suis preneuse;)

Pirloui

@koala.

Contrairement à ce que vous semblez penser, je ne suis pas le Stalker.
Mon commentaire sur le handicap esthétique de mademoiselle Jaillant n'est que le fruit de longues heures d'observation.
Son entêtement à identifier succès commercial et qualité artistique en dit bien assez long sur ce qu'il faut penser de sa capacité à se frayer un chemin dans le monde complexe de l'esthétique.

cassiopée

Sacrée Wrath, avec ses nouvelles si brillantes, pleines de références montrant sa grande culture (quel est l'affreux jojo qui a osé dire un jour "la culture, c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale"?) face au public médiocre et bas de gamme que nous sommes ;-), pardon, je déforme ...
J'ai trouvé amusant que sur ton blog, tu mettes un lien vers ton blog, alors j'ai cliqué, mais ça menait vers un autre blog, parle-t-il de Wrath? même pas, juste du livre de T d Rosnay "elle s'appelait Sarah". Intéressant remarque cet article, on comprend d'où te vient cette idée de rédiger ton texte en anglais. Tu veux sans doute suivre le chemin de T d Rosnay et te faire éditer aux éditions d'Hormesson ;-).

Ivan Ivanovitch

"je lisais et relisais Houellebecq". Diantre, il faut avoir du temps à perdre...
Concernant vos "erreurs", je n'en voit qu'une : "avoir pensé vivre de ma plume". Pour le reste, je ne pense pas qu'on "veuille" être écrivain comme d'autres veulent devenir ébénistes où que sais-je encore. L'écriture répond plutôt à un besoin. Si votre besoin n'est pas assouvi, écrivez-donc.
Quant à votre style (erreur n°2) je ne peux pas en juger, mais écrire "pour un public" me paraît aller à l'encontre du besoin qui préside à l'activité littéraire.
Quant à cette histoire d'écrire en français (erreur n°1) il s'agit d'un artifice.
Quoiqu'il en soit, étant moi-même un crétin je n'ai pas d'autre conseil à vous donner que celui-ci : ne suivez aucun conseil.

Eric Gonthier

Vous dites : "le français est une langue morte". Stupide (pardon d'être aussi direct) car le dernier prix Nobel de littérature est, si je ne me trompe, un Français qui n'a écrit que dans la langue de Molière.
Comme beaucoup de gens qui s'auto-congratulent, vous n'êtes malheureusement pas aussi géniale que ce que vous pensez. Du coup, vous désignez des "coupables"... Les grands éditeurs ! Croyez-moi, ces gens-là sont friands de grands et vrais écrivains ; c'est leur raison d'être. Ils rêvent de trouver la nouvelle Yourcenar, le nouveau Camus... S'ils ne vous ont pas retenue, c'est qu'ils ne vous reconnaissent pas le talent que vous prétendez avoir. Comme vous le dites, vous pourriez, "pour vivre de votre plume", vous rabattre sur la littérature de gare, collection Harlequin par exemple ; c'est ce que vous avez de mieux à faire.
Vous me faites pitié : vous n'êtes pas celle que vous pensiez être, et vos en êtes mortifiée. Si jeune et déjà aigrie, pleine d'amertume, quel gâchis ! Rassurez-vous : nombreux sont ceux qui se prennent pour Hugo, Zola, Proust ou Mauriac. J'ai, il y a quelques années, rencontré un jeune homme (24 ans) qui, lui, a un immense talent, mais qui n'a pas d'argent et qui n'a aucune relation. Il a écrit un très beau livre, un roman, et ne sachant comment s'y prendre pour se faire connaitre, il a, un soir, déposé -pour économiser les frais d'envoi- son manuscrit dans les boites aux lettres des plus grands éditeurs parisiens. Une semaine plus tard, Grasset l'appelait pour lui fixer un rendez-vous... Immédiatement après ce rendez-vous, il signait son premier contrat pour cet éditeur ! Comme quoi, quand on est pétri de talent, et même si l'on est sans le sou et sans piston, le succès peut sourire à tout le monde.
Et si vous, vous reveniez sur terre ? Si vous vouliez bien prendre la mesure des choses ? Prendre la mesure de la réalité ? Vous êtes pitoyable, mais à votre âge, rien n'est perdu... Reprenez vos esprits et tout ira mieux. C'est ce que je vous souhaite.

le koala

"Si jeune et déjà aigrie, pleine d'amertume, quel gâchis !"

On est en 2009.
Il est aujourd'hui normal d'être jeune et amer.
C'est quand on est vieux quue l'exaltation reste permise. Les jeunes, eux, n'y ont plus droit. Songez seulement à ce que la génération de votre jeune ami va devoir endurer, et dites-moi si l'amertume juvénile n'a pas de beaux jours devant elle.

Nous avons tous lieux de nous en réjouir, d'ailleurs: car la jeunesse amère fournit un terreau fertile pour l'écrit. Bien plus que la satisfaction benoîte de vieux écrivains parvenus racontant à qui veut les entendre qu'ils prennent parfois le thé chez la comtesse, juché sur un joli balcon en fer forgé surplombant le bosphore ou l'adriatique. Ca, c'est l'écriture de grand-papa.

coucou

à Eric Gontier.
Et quel est le nom de ce jeune génie sans un sou. Plus prosaïquement, c'est un mec qui vit à Paris (avec le prix des loyers qu'on sait) mais qui ne peut pas envoyer ses manuscrits par la poste à cause du prix. Et les 0.1 % des manuscrits retenus, c'est lui...
A d'autres!
Dans un autre registre (qui n'est pas si éloigné), regardez l'origine des étudiants d'HEC ou de polytechnique. Pas un seul fils d'employé ou de manoeuvre.
Je connais un mec dont les parents étaient manoeuvres et qui a fini major à normal-sup.
Tous les apprentis écrvains sont égaux et le talent, rien que le talent ...

Ph.J.

On peut vivre à Paris et n'avoir pas un sou, Coucou (justement parce que les loyers sont élevés). J'en connais des tonnes.

Claude Lamarche

Quelques mots pour vous dire qu'en tant que Québécoise, je croyais naïvement qu'être auteure en France, c'était mieux. Que le monde de l'édition était plus ouvert étant donné la distribution possible (au Québec 2000 exemplaires est quasiment un succès.. pour l'éditeur pas pour le portefeuille de l'auteur), mais voilà que je m'aperçois que ce sont les mêmes questions, les mêmes doutes, la même amertume.
D'une auteure québécoise qui aurait bien voulu vivre de son "art", qui aura au moins le mérite d'avoir essayé.

broke

Mais qu'attendez-vous donc, Wrath, pour écrire en "anglais" — ou ce que vous croyez tel ? Vous ne lui infligerez sans doute guère plus d'outrages qu'au français. Votre blog devrait plutôt s'appeler "bitterness" mais vous avez de temps à autre des accès de candeur qui sont rafraîchissants.

Melly

Wrath, you should really try to write in English. You're living in England, right? So why not?
Lots of people say, you're bitter, sort of.This is so French, don't you think? Always complaining and moaning about everything.
As long as your main concern is to tell a good story, I think you'll always find someone willing to read it. In the end that is what writing is all about: telling stories.

Treto

Je viens de signer un contrat d'édition pour faire paraître un texte littéraire.
Voici ce que le narrateur voyait de sa fenêtre, le matin, dans son enfance :

« J’irai à la fenêtre ouvrir les persiennes. Sous mes doigts, je sentirai de nouveau le
relief des bergerettes en fonte qui, buste dressé, les bloquaient contre la façade.
C’est alors que je veux revoir d’abord ce que les bruits du dehors m’auront
annoncé. Ce qu’on voyait le matin dans la rue. Au moins une voiture à cheval,
n’importe laquelle, une famille dans une carriole, monsieur assurant son chapeau
en y appuyant le bec-de-corbin de sa canne, un haquet de marchand de vins, un
bricolier qui tire à hue le charretin d’un déménagement de pauvre que l’homme
tire à dia, un tombereau de roulier, ou de celles qui faisaient le service des Halles,
chasse-marée qui traçait sur son passage un chemin de gouttes tombées d’un
embrelage de bétuses, de mannes, torquettes, cloyères, débordantes de goémon
et à travers l’osier desquelles le glui se hérissait, ou encore jardinière pleine de
cageots, attelée d’un portechoux inquiet de la grande ville – l’été, on en voyait
coiffés d’un chapeau de paille ; n’importe, mais il faut que je rentende la claire
battue des sabots frappant le pavé, un ébrouement, le cri grasseyant du charretier
qui donnait des ordres à ses bêtes et au bourgeois en automobile dont le moteur
toussant et le capot brimbalant les effrayaient. »

Vous pouvez traduire en anglo-américain ?
La langue n'est pas neutre. Dans deux langues différentes, on n'écrit pas la même chose.

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