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02 juin 2009

Commentaires

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Jo Dallesandro

" Depuis que j'en parle sur mon blog, on me rabat les oreilles avec le même discours "

Vous souhaitiez sans doute écrire " on me rebat les oreilles " ?
Plutôt que d'envisager des cours de creative writing, je vous conseillerais plus simplement des cours de soutien en français, histoire de gommer vos faiblesses basiques.

le koala

...le jour où Musso et Werber enseignent à Normale Sup, Wrath, ... c'est moi qui me casse.
Et pas dans un pays anglo-saxon.

Il ne faut pas confondre "adaptation" et "capitulation" - surtout quand il s'agit de capituler devant la bêtise. Je suis au regret de te dire qu'apparemment c'est ce que tu viens de faire avec ce message.


Non. La vraie solution, c'est de FEERMER Normale Sup'; et puis aussi Science-Po, l'ENA, X et les Ponts. On respirerait mieux en éliminant cette caste d'ancien régime indigne du 21ème siècle, qu'il soit anglo-saxon ou non.

pierre pastisson

Je pense que tu as dû lire le fameux "Ecriture", de King : le passage sur le "creative writing" invalide totalement ton propos. Si tu veux écrire comme Musso, lis et relis ses bouquins, décortique leur trame narrative, leur forme (chapitres courts, me semble-t-il, dialogues...) et tente de faire pareil. Tu finiras peut-être par y arriver, au prix d'efforts peu stimulants sur un plan intellectuel et en contradiction avec le principe fondamental de l'écriture, au sens artistique du terme.

Je te soupçonne en fait de lorgner davantage sur le succès du bonhomme. Or, je crains, comme cela a souvent été dit ici, qu'écrire dans un tel but ne mène pas à grand chose, sinon un surcroît de frustration.

Novi

Régle number one pour écrire des polars...

Raconter des histoires de gens dont la vie est un polar et ensuite éditer ça le plus vite possible à destination d'un lectorat dont la vie justement n'a rien à voir avec un polar.

Bref aller à contrecourant des 90% des petits camarades auteurs qui eux se sont trompés de case au départ...

AH,j'allais oublier ; laissons les universitaires là où ils sont le mieux ...à l'université.

le koala

Au fait Wrath. je rebondis sur cette phrase qui m'a décidément frappé et dont à mon avis tu devrais - ou en tous cas: pourrais - t'expliquer:
"En clair, le jour où les Guillaume Musso et autres Bernard Werber enseigneront à Normale Sup, je rentrerai dans mon pays natal..."

Mais dis donc.
T'es-tu posé la question de savoir si NOUS, "Français-de-France", voulions que tu rentres ??
Pourquoi devrait-on se réjouir de cette perspective ? Es-tu indispensable au pays ? Ton absence actuelle prouve que non.
Qu'as-tu à nous apporter ?
Naguère tu te posais bien la question, à l'égard des anglais. Alors pourquoi ne pas te la poser dans l'autre sens - celui d'un éventuel retour ?
Et pourquoi nous, qui sommes "restés", devrions-nous acceuillir à bras ouverts des gens qui ont - généralement - passé les quelques dernières années à nous injurier, sur le thème "la France et les français sont nuls, je me casse, c'est l'Amérique ou rien " ?
Ne crois-tu pas que lorsque les expat's volontaires reviendront du paradis anglo-saxon, ce sera plutôt la queue entre les jambes plutôt qu'en trompette ??

Si tu as quelques visions ou commentaires là-dessus, n'hésite pas. sincèrement, j'aimerais savoir si tu comprends le point de vue "d'en face" que j'exprime maladroitement.

Frédérique M

L'atelier d'écriture est avant tout un lieu de stimulation, d'échange, d'expérimentation et enfin d'apprivoisement. Rien à voir avec une recette pour histoire clef en main. Je vous propose de lire ce que j'en dis sur mon site : http://www.frederiquemartin.fr/atelier-ecriture-toulouse-tarn/
Pour avoir moi-même travaillé en atelier avec Alain Absire, Georges Olivier Chateauraynaud, Christiane Barroche ou encore Hubert Haddad,je vous assure que vous êtes dans l'erreur et que vous pouvez revenir en France. Je me ferai un plaisir de vous le démontrer.

nico

@ Jo Dallessandro : Ca c’est du commentaire constructif ! Vous êtes qui pour donner des leçons à deux balles sur un problème que vous considérez comme « faiblesses basiques » ? On en est tous pété de faiblesses basiques et moi le premier, en plus je fais des fautes d’orthographe de syntaxe, d’accent et que sais-je encore et tout ce que vous voudrez… Que vous soyez célèbre ou que vous l’aillez été, faite un blog comme celui-ci, un blog qui tient la route, un qui amène du monde à se rentrer constructivement dans la gueule et ensuite alors vous pourrez ouvrir la votre.
@Liz : Que vous recherchiez la notoriété et la gloire c’est normal même si jamais vous ne le reconnaîtrez. Il n’y a personne ici qui n’écrive que pour sa pomme sans chercher à se la faire croquer un peu en échange de flatterie pour satisfaire son égo et chercher à ce que sur sa pierre soit gravé « Ici gît un putain d’écrivain comme jamais on en a connu». J’ai fini, ca fait du bien, on se marre bien ici.

D.G

si tu savais lire (et donc, si tu savais que François Bon est infiniment supérieur à Musso, Werber,Easton Ellis, et tous les auteurs que tu aimes) tu saurais peut-être écrire. Alors, peut-être, tu aurais été publiée.
Tu ne serais pas partie.
Tu n'aurais pas de blog.
Tu ne montrerais pas au monde entier ton inculture.

JK TOOLE

N'en déplaise à Nico, écrire censé sans c, c'est un peu limite pour un être censé être sensé. Que penseriez-vous des prétentions d'un musicien ne possédant aucune base en matière de rythme, d'harmonie, d'accords ? Pas d'accord ?

Jo Dallessandro

" que vous l’aillez été ", magnifique.

Oui je vous comprends, Nico, vous joignez le geste à la parole pour illustrer vos propos, et vous avez bien raison.

Florent


@ nico : Au petit jeu de la mégalomanie aussi, les nuances existent.

Certains délirent à l’échelle des constellations, et d’autres à celle de leur poste de télévision. Certains rêvent, à l’instar d’un Chéops ou d’un Mausole, de graver à jamais leur nom dans la roche, et d’autres vendraient père et mère pour deux minutes de promotion dans un talk-show insignifiant…

Entre le « Chateaubriand ou rien » d’Hugo et le « Werber ou rien » de notre chère hôtesse, il y a un monde !

L’ambition n’est en rien blâmable qui pousse à égaler en gloire ses illustres aïeux…

L’ambition est en tout réprouvable qui pousse à rivaliser de médiocrité avec ses obscurs contemporains…

le koala

C'est une véritable lèpre, cette ambition-ci; une typhoïde, la peste bubonique du con prétentieux moyen et surtout moyennement talentueux.
Ecrire pour plaire !! Mais bon dieu, la belle affaire ! Plaire à qui d'abord ? Au public ? Quel public ? Celui que composent les amoureux de la litérature en tant qu'art, ou les consommateurs retardés de prêt-à-lire sans s'encombrer ne fût-ce que deux neurones ? dans le premier cas l'ambition est bouffie, grotesque et boursouflée; dans le second elle est honteuse. Il me semble - mais c'est un point de vue réac - que pour espérer devenir un jour lointain un écrivain tout juste acceptable, ou un simple écrivaillon, il faut commencer par éradiquer l'ambition personnelle.
Vous en avez ? Vous êtes foutu.
Vous serez au mieux, en cas de "réussite", Jean d'Ormesson, Paul-Loup Sulitzer ou Guillaumme Musso. Vous aurez fait "quelque chose", certes, mais pas de la littérature. soyons un peu sérieux, nom Ded'. Sans modestie, pas d'intelligence, sans intelligence pas de créativité.

A côté de ça, on peut bricoler, mais c'est tout.

nico

@ Jo : Ah oui, je me suis vautré, je suis vraiment lamentable ! Aillez la bonté de me pardonner.
@ Florent : Par manque de culture (J'y travaille mais la tache est rude) je n’ai pas tout compris mais vous avez sans doute raison.

Arsinoe

L'ambition, c'est la clef de la réussite.
C'est quand même notre homme politique le plus médiocre, mais le plus ambitieux, qui nous dirige.

 Georges F.

"En clair, le jour où les Guillaume Musso et autres Bernard Werber enseigneront à Normale Sup, Wrath rentrera dans son pays natal..."

Ô Seigneur, quelle effroyable prophétie ! On la fera passer de génération en génération, on la répétera en tremblant, en verdissant ! On postera deux sentinelles pour scruter l'horizon, devant l'entrée de la rue d'Ulm et devant le poste de douane de Calais.
L'une guettera l'assaut des deux héraults de la Foutrécriture, l'autre le retour d'Imprecatrix !
En attendant, repentons-nous et implorons la pitié des dieux !

david ferraro

Il y a longtemps que je n'ai lu un texte aussi stupide. Ou il s'agit d'une conviction solidement ancrée, auquel cas Wrath est bonne à enfermer, ou nous avons affaire à un texte écrit dans le seul but de provoquer des réactions.

Pour ma part, je pencherais plutôt pour la première hypothèse. Croire que le modèle anglo-saxon doit être à tout prix imité en France et que les ateliers d'écriture doivent fleurir à tous les coins de rue est aussi stupide que d'affirmer que Guillaume Musso ou Marc Lévy sont des modèles à imiter.

Les "écrivains" américains qui sont sortis des "célèbres" ateliers d'écriture de l'université de l'Iowa sont-ils supérieurs aux écrivains qui ont dû se débrouiller seuls, où qu'ils se trouvent ? Allons, come on !

Les conseils valent ce qu'ils valent. La France est un pays à plusieurs égards sclérosé, oui, mais la littérature est une aventure, pas la mise en oeuvre d'une politique culturelle ou éducative. Nous parlons ici d'individualités, pas de cobayes qui, après s'être soumis à plusieurs séances en atelier d'écriture, vont soudain se transformer en ce qu'ils ne seront jamais, à savoir des écrivains.

Pour avoir connu les deux modèles, anglo-saxon et français, je ne tomberai pas dans le piège facile qui consiste à vouer aux gémonies tout ce qui est hexagonal et à monter en épingle tout ce qui est anglo-saxon. Le formatage, dont les agences littéraires anglo-saxonnes sont les premières responsables, ne vaut guère mieux que le fameux piston en France. La médiocrité est partout, et qu'on se le dise une fois pour toutes, le véritable talent n'est pas commun. Il y a beaucoup d'écrivains médiocres et moyens, ce qui revient au même, et très peu de très bons voire d'excellents écrivains. Penser que les ateliers d'écriture vont modifier un tant soit peu la donne, c'est vraiment prendre des vessies pour des lanternes.

Florent

@ Georges :

Ça donnerait sûrement quelque chose comme :

— Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?
— Je ne vois rien que le Musso qui larmoie et le Werber qui merdoie…

cassiopée

Un dossier intéressant sur les ateliers d'écriture/creative writing.
http://www.tierslivre.net/spip/IMG/pdf/LeMonde_AteliersdEcritures.pdf

Apparemment, comme il y a du tri à l'entrée des cours de creative writing, c'est un moyen de sélection comme un autre des éditeurs anglais qui ne veulent pas se fatiguer à lire des manuscrits, et quand on voit que pour entrer dans les cours les plus prestigieux, il faut des lettres de recommandation, et bien ... il faut des relations + de l'argent pour se payer les cours. On comprend pourquoi wrath se cherche une bonne excuse pour rentrer en france :-)

Renaud

Bien parlé, david ferraro !

Il y avait justement le même sujet sur la RdL, mais lien avec article intéressant en prime.
http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/06/01/peut-on-apprendre-a-devenir-ecrivain/

L'article date du 1er.

coucou

Les ateliers d'écriture façon anglo-saxon me font penser à l'industrialisation de l'art. Un peu comme on est passé de l'artisanat aux industries style taylor. Les voitures ainsi fabriquées à la chaine sont efficaces mais l'inconvénient c'est qu'elles sont toutes identiques. Certainement que les cours dispensés pour savoir écrire sont forts efficace, mais l'inconvénient, c'est que l'uniformité nous pend au nez. A quand cent écrivains comme Musso.
Je pense simplement que l'écriture comme l'art en général doit permettre d'inventer.
Mais c'est sûr que si on veut écrire en gagnant sa vie comme on va au bureau, la tentation de s'inscrire à des ateliers d'écriture est grande!

Schlabaya

Werber, Musso et Stephen King étant des auteurs commerciaux, je ne vois pas bien ce qu'il y a de louable à vouloir les imiter. d'ailleurs, l'imitation est stérile. Le grand mérite des ateliers d'écriture (contrairement aux cours de creative writing dont vous nous parlez) est de favoriser la créativité des participants. Après, chaque atelier est différent, certains visent à l'expression de soi, d'autres ont une démarche plus littéraire. Quant à dire qu'ils sont tous universitaires, c'est très loin d'être le cas.
Je ne sais pas si votre ambition est d'ordre littéraire ou commerciale, ou encore si vous êtes attirée par le prestige qui s'attache au métier d'écrivain... Peut-être un savant mélange de tout cela. Mais souhaitez-vous vraiment apprendre à écrire comme les auteurs que vous citez ? Est-ce qu'il ne vous paraît pas plus important de développer votre propre style ?
Après, le fait que vous décidiez de vivre de votre "art" outre-Manche, ou bien de noircir des carnets à la terrasse du Flore, ma foi... c'est votre vie, et cela ne changera pas grand-chose à la mienne.

François Martini

Je préfère noircir des carnets à la terrasse du Flore… ou plutôt de la Closerie des Lilas !

le koala

Pour moi, ni l'un ni l'autre. Une propriété de 300m2 avec annexe, piscine à débordement, pool-house, baignoire à bulle, orangerie, jardin à la française, ping-pong et bambouseraie, le tout avec vue dominante sur un bout d'Atlantique le plus loin possible des gueux de l'île de Ré, ça m'irait très bien.

Le problème c'est que pour ça il faudrait 1) que j'écrive un best-seller de la mort qui tue, avec les qualités littéraires du bottin des Charentes-Maritimes; 2) que je trouve un éditeur pour le sortir.
On est peu de choses.

mttb

L'Atelier d'Ecriture de David Lodge... Tout est dit

Nicole

Depuis longtemps je suis allergique à toute forme de didactisme et le mot "créatif" me donne envie de fuir en courant. Je me souviens de cet "animateur" Cemea, qui lors d'un stage pour apprendre à être mono dans des colonies de vacances, nous avait dit d'un air inspiré: "Créez, l'important c'est de faire". Ca nous avait fait marrer toute la semaine. Inutile de dire que je n'ai RIEN appris avec les gugusses des Cemea, j'ai appris sur le tas si j'ose dire, en compagnie des gamins.
Autant il est mission impossible de chanter dans les opéras du monde entier ou d'envisager de devenir chirurgien ou architecte sans un minimum d'initiation, autant je ne vois pas comment apprendre à écrire sinon en lisant énormément et en se perfectionnant tout seul dans son coin.

Daniel Fattore

Merci d'avoir précisé que Bienne est en Suisse... la première volée vient de sortir de cette école qui n'a pas cinq ans d'existence - expérience trop courte, donc, à mon avis, pour savoir si ça produit des écrivains (ou auteurs actifs dans l'imaginaire, au sens le plus large: roman, scénario, théâtre, cinéma, etc.) aptes à durer, voire à avoir du succès.

CFives

Pourquoi ne pas comparer les ateliers d'écriture aux cours dispensés aux Beaux-arts? Ce n'est pas en entrant aux Beaux-arts que l'on devient artiste, mais ça peut aider à se situer, expérimenter, donner des techniques, des références, peut-être gagner un peu de temps. Mais l'on y arrive tout aussi bien en fréquentant les musées...

En passant

Donc, si je comprends bien, Guillaume Musso et Bernard Werber seraient à même de vous enseigner comment écrire à la façon des "bouquins américains" (courant de moi inconnu) et de Bret Easton Ellis ? Que vous considérez sans doute comme de la "fiction commerciale"...?
Bon.

wrath

@Le Koala: rassurez-vous, je n'ai aucune envie de rentrer en France. Je ne me sens aucune affinité avec le pays dans lequel je suis née. Mais bon, je suppose que ça aurait pu être pire...

@Daniel F.: d'après l'article que j'ai mis en lien, l'institut de Bienne ne m'a pas l'air terrible. ça sent la prétension intellectualisante à plein nez (façon François Bon)


mm

"prétension" ? De mieux en mieux.

Cynthia

@mm : Que vous ne partagiez pas l'avis de Wrath est une chose et c'est votre droit. Mais relever la moindre de ses fautes d'orthographe (que je pense plutôt être des fautes de frappe)pour tenter de la décrédibiliser, par pitié nous ne sommes plus au jardin d'enfants!

Pour en revenir au sujet. A l'Université Libre de Bruxelles, on trouve une section dédiée aux langues et littératures romanes.
Le jour de la rentrée, la première chose que dit le président de la section aux jeunes recrues est "Que ceux qui veulent devenir écrivains quittent ces rangs immédiatement".
Pourquoi? La raison est toute simple.
Ces étudiants passeront les 5 prochaines années de leur vie à disséquer un bon nombre d'auteurs classiques et contemporains.
Niveau de langue, style, techniques, tout est passé en revue, décrypté.
Au bout de ces 5 années, il leur sera devenu pratiquement impossible de lire un auteur "librement", sans analyse.
Il en va de même pour leur écrits.
Une amie licenciée en romanes se plaint de ne jamais pouvoir achever un texte parce qu'elle passe plus de temps à s'analyser qu'à écrire.

On pourrait dès lors se demander si la connaissance de "techniques littéraires" ne constitue pas un obstacle à la création.
Que se passe-t-il alors quand enrichis de ces enseignements nous retournons à notre page blanche?

le koala

"je n'ai aucune envie de rentrer en France. Je ne me sens aucune affinité avec le pays dans lequel je suis née..."

Ca, ma bonne Wrath, je commence à penser que ce doit être réciproque.

" Mais bon, je suppose que ça aurait pu être pire..."
Effectivement: naître en Somalie, surtout pour une femme, c'est bien pire.

Mais bon. Je crois qu'on ne se comprendra pas, sur ce coup-là. Je saisis bien l'intérêt d'aller travailler à l'étranger quand les circonstances et les opportunités s'y prètent, mais le besoin de dénigrer à toute force le "pays de départ" - tendance que j'ai observée maintes fois chez les expat's - ça, ça m'échappe un peu. des raisons psychologiques, je suppose. Un moyen radical et un peu forçé de couper le cordon ombillical culturel, quitte à ne plus garder du pays qu'un goût coupable pour le roquefort et le Saint-Emilion. Bah.

Desbaffes

@Cynthia: ridicule, la phrase du président. Et ridicules, ceux qui pensent que "la connaissance de "techniques littéraires" constitue un obstacle à la création." Vieille idée du Romantisme... Mais il suffit de cotoyer quleques écrivains pour voir qu'ils connaissent tous ( et je dis TOUS) leurs figures de style, leurs techniques de narrations, etc. Que penserait-on d'un menuisier qui ne saurait pas les différentes façons de tailler le bois? Qu'il vaut mieux ne pas le savoir, parce qu'il le fera mieux ( plus sincèrement!) ?? Il faut vraiment avoir une idée très vague de la littérature pour croire que les écrivains ont des idées vagues sur leurs techniques. Qu'ils n'en parlent pas beaucoup en public, cela se comprend; ils ne veulent pas qu'on les prenne pour des fats. Mais cessez de les prendre pour des cons.

A1

Ce que tu dis Cynthia m'intéresse beaucoup. Je trouve ce "président" un peu dogmatique ; un grand écrivain serait-il forcément tué dans l'œuf par ces études ? Cela ne peut-il pas déniaiser, aussi, ouvrir des pistes, que le futur écrivain sera libre d'entreprendre ou de délaisser ? Il me semble qu'un grand écrivain ne peut pas être empêché par son savoir, par sa conscience ; il ne prendra pas "un pli", il saura faire des choix entre ce qui est important, ce qui ne l'est pas, il ne peut pas être enchaîné... si ? Peut-être ton amie est-elle empêchée par son esprit d'analyse parce qu'elle est davantage vouée à l'étude qu'à l'écriture... ? Dur de déterminer ce genre de choses. Inéluctabilité du destin, tout ça tout ça... Tout semble dépendre de croyances propres, d'une conviction. Il y a variabilité aussi : certains génies potentiels (si l'on considère que le génie n'exclut pas la faiblesse, dépend de "facteurs accréditants", de hasards tout du long de son développement) pourraient être empêchés, d'autres non ; on a tendance à vouloir édicter des lois universelles (/opinions très tranchées comme beaucoup semblent en avoir ici) mais je crois davantage en la généralité (qui admet des exceptions par définition).

Mon avis (qui ne vaut clairement pas grand chose, mais je dis pour qu'on me contredise) est qu'un grand esprit a des capacités d'abstraction, et peut donc n'être pas gêné dans sa création, quoi qu'il ait "entendu", quoi qu'on ait voulu lui apprendre.

Après je ne sais pas si tu veux aussi parler de "petits écrivains", d'esprits plus légers, je me pose moins la question, et n'ai pas vraiment envie d'y réfléchir. L'écrivain moyen, l'esprit médiocre, peut être empêché par tout un tas de choses, ça me semble un truisme, et ce n'est pas très grave, je m'en fous un peu.

Jessica

@Cynthia: Après 5 ans à l'Université Libre de Bruxelles en langues et littératures modernes (même chose que romanes même avec d'autres langues que le français), je suis incapable de lire un roman ou de regarder un film sans que ses profondeurs, ses techniques, ses méchanismes, m'apparaissent comme s'ils étaient mis sous un spot hallogène.

Pour être pure spectatrice, c'est embêtant.

Pour être écrivaine, c'est une aubaine...

Si le goût de l'écriture vivait déjà en moi avant mes études littéraires, j'ai maintenant toutes les clés pour écrire en sachant de quoi il s'agit.

Cela me semble, en effet, essentiel.

Daniel Fattore

Pour en savoir plus sur Bienne, je vous envoie directement au site de l'institut:

http://www.hkb.bfh.ch/literaturinstitut.html?&L=1

Parmi les professeurs et professeurs invités, on trouve un ou deux noms connus du landerneau littéraire helvétique: Noëlle Revaz, par exemple (qui a publié "Rapport aux bêtes" chez Gallimard), Michel Layaz, ou Yves Rosset, dont j'ai parlé ici:

http://fattorius.over-blog.com/article-27130558.html

A noter que l'institut est bilingue, donc biculturel. A la base, c'est intéressant; j'ignore cependant ce qui est fait de cet atout. Et, enfin, je suis mauvais juge pour savoir si ce n'est "pas terrible", n'ayant pas personnellement fréquenté cet institut.

Arnaud

Vous écrivez beaucoup et vous continuez de collaborer pas mal avec la presse, comme éditorialiste et comme chroniqueur. C'est pour l'argent ?
WILL SELF:(Rires) J'aime ça. JG Ballard faisait ça aussi. C'est une façon d'avoir un pied dans la société, dans le monde, de rester à l'écoute. Il y a des écrivains qui pour rester en contact avec le monde baisent la femme de leurs amis. Ou parlent d'eux toute la journée... Ce n'est pas mon genre. En Angleterre, il y en a pas mal qui se tournent vers l'enseignement, vers l'université, qui enseignent le « creative writing ». C'est n'importe quoi. Quel est le but, apprendre aux gens à écrire ? Chacun produit ce qu'il produit. Il n'y a pas assez de types qui écrivent tout seul ? Mon dieu, il n'y a pas assez de livres comme ça ? On est ici aux Editions de l'Olivier et regardez, la pièce est pleine d'étagères et de livres qui n'existent plus que comme ça, sur une étagère. Personne ne les lira plus jamais. C'est dramatique et affligeant, du gâchis. On ne peut pas enseigner aux gens comment écrire. On ne peut pas enseigner l'écriture, c'est une blague. On ne peut pas écrire sans être capable de se critiquer soi-même...

zona

De l'utilité des ateliers d'écriture, extrait :

"Michael Cunningham, qui préfère aujourd’hui Flaubert, se frotte à l’art de raconter des histoires et s’en va exercer ses talents dans un célèbre atelier d’écriture de l’Iowa. Pendant des années, il connaît le destin ordinaire du type qui collectionne les lettres de refus des éditeurs. Il cumule les emplois obscurs, barman, gardien de nuit. Mais le «New Yorker», qui vient de changer de direction, et cherche justement des voix nouvelles, lui achète une fiction. «Tout s’est enchaîné. J’ai publié un roman, sans d’ailleurs sauter de joie. Comme si la déception faisait désormais partie de moi-même.»

(lien dans la signature)

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