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03 juillet 2009

Commentaires

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le koala

Il n'y a pas que dans l'édition qu'on observe ça, Wrath: la publicité inutile, voire carrémment contre-productive, ça existe.
Il y a quelques années, Audi et son slogan plus qu'inepte ("il a la voiture, il aura la femme") a eu pour conséquence que tous les mecs qui envisageaient d'acheter une voiture aux anneaux ont eu droit à une scène de ménage, voire à un épisode de guerre civile ménagère. Il n'est pas de bonne politique d'insulter les femmes pour vendre de la soupe.

Dans le cas présent, du moins, on échappe à l'injure ! ces messieurs du Monde ne nous mettent pas un flingue sur la tempe pour acheter le livre de Philippe Jaenada. Cela étant, encore une fois, il n'est pas mal. On peut le lire. "On peut": dans mon vocabulaire c'est déjà bien ...

Dahlia

C'est surtout étrange de voir le Fabrice Humbert dans la sélection en tant qu'auteur "qui n'aurait pas encore été révélé par les critiques littéraires ou le succès en librairie, et qui n'a pas encore eu de prix" alors que justement il a une exposition énorme dans la presse, se vend très bien et vient de remporter le Prix Orange des internautes...

Ding-Dong!

Pour la petite histoire, les créatifs qui avaient pondu cette pub à la voix off passablement phallocrate étaient...des femmes.

(pour le reste, comme jacques Chirac, ce post m'en touche une sans faire bouger l'autre)

le koala

Décidément la femme est le pire ennemi de la femme ! le plus souvent, elle est le vecteur de sa propre oppression, dont les hommes ne font que bénéficier. Enfin. D'un autre côté, évidemment, si les "créatifs" (qui usurpent allègrement ce terme) savaient prendre des précautions sémantiques, on l'aurait remarqué.

Magnolia75

Tiens, revoilà Jaenada par ici...
Que son livre ne se soit sans doute pas vendu suffisamment, on ne peut finalement que le déplorer ; si tous les derniers livres sortis étaient de cette qualité, ce serait déjà pas mal...

Vive Philipe Jaenada !

Mais bon.

nico

Et le prix de Flore on oublie? C'est quand même pas mal non? Et en plus ça permet de boire un coup de blanc à l'œil tous les jours pendant 1 an.

david ferraro

Le roman de Ph. J. ne décolle pas. Chez Grasset, au chapitre des ventes, il traîne même loin derrière Lolita Pille et Yann Moix, et fait presque jeu égal avec J.P. Enthoven. Pas de quoi célébrer, donc. Mais les chiffres de vente n'étant pas garants de la qualité littéraire de l'oeuvre, Ph. J. peut se consoler en se disant qu'un nouveau prix viendra bientôt réparer une injustice criante... Ph. J. est abonné aux prix nouveaux, c'est connu. C'est d'ailleurs ce qui le sauve... Bon écrivain, au demeurant. Je l'écris sans la moindre ironie. Il est vrai que les lecteurs de nos jours ne sont pas très exigeants. Au moins, Ph. J. aura pu bénéficier dès la sortie de son livre de la solidarité du milieu... journalistique. Pour la couverture de son roman, Philippe n'a vraiment pas à se plaindre, non. C'est avec les lecteurs, trop peu nombreux, que ça se gâte.

becdanlo

Ca serait bien que Jaenada décolle... mais hélas, nous ne sommes que le 3 juillet, et déjà on nous serine les vedettes de la rentrée littéraire de septembre comme Amélie Nothomb et son jardin d'hiver...

http://livres.fluctuat.net/diaporamas/les-auteurs-stars-de-la-rentree-2009/Amelie-Nothomb.html

babouchka

De notre envoyé spécial au Nunavut

E.V : Chère Wrath, vous êtes au poste-frontière du Nunavut depuis mercredi dernier. Première question : comment vous sentez-vous ?

Wrath (elle allume nerveusement une cigarette) : Très bien, merci ! Tout va bien, vraiment tout va bien !

E.V : Mais enfin, vous êtes très loin de la City, en pleine bourrasque au fin fond de l’Amérique du Nord… Et on dit que le combat que vous avez vécu dans votre bunker londonien, qui vous a conduit à fuir suivie par votre garde prétorienne sérieusement touchée, puis la divulgation sur Internet de votre CTUC, dit le manuscrit le plus célèbre du Net, vous ont fortement ébranlée… Où en êtes-vous ?

Wrath (haussant le ton d’une voix stridente) : Je vous corrige tout de suite : Je n’ai pas fui devant Babouk, qui ne me fait pas peur ! J’avais simplement besoin de prendre du champ, d’un peu d’isolement pour écrire mon deuxième roman (elle se tourne vers un coin de la pièce où se trouve un ordinateur portable allumé).

E.V : On dit pourtant que la lecture du CTUC par vos admirateurs et par vos plus proches soutiens a causé beaucoup de dégâts. De nombreux membres de votre garde prétorienne vous auraient lâchée, et vous seriez très isolée. D’autre part, le gouvernement du Nunavut ne voudrait pas vous accorder l’asile politique, en raison des conditions que vous avez posées, et aussi parce qu’il craint que vous semiez le désordre dans le milieu éditorial local…

Wrath (respirant à fond) : Tout cela est absolument faux, et même si c’était vrai, ce que je démens ici formellement, sachez que j’ai reçu des offres alléchantes d’un grand éditeur chinois dont je tairai le nom. Il a été enthousiasmé par mon CTUC qu’il souhaite imprimer et distribuer au plus vite (comme quoi les Chinois sont nettement plus honnêtes que les critiques de Saint Germain des prés) sous forme de SMS ! Je me suis déjà mis au chinois pour mon deuxième roman…

E.V : Et cela avance ?

Wrath (souriante) : Au rythme de deux séances d’une heure par jour. Je maîtrise déjà une dizaine d’idéogrammes, cela devrait suffire pour le premier chapitre ! Avec mon deuxième roman, je compte bien inonder le marché chinois, et une fois que je serai une auteur de bestsellers reconnue là-bas, on me suppliera de revenir en France ! Je vois déjà la tête des Léo Scheer et Gilles Cohen-Solal à Orly, humiliés, défaits, cherchant à se faire pardonner en portant mes valises de manuscrits qu’ils me supplieront de publier !

Elle se tourne vers son clavier d’ordinateur et lit : « Babouk, où que tu sois, sache que je finirai par me venger »

C’est la première phrase de mon nouveau roman, je la trouve assez réussie. Je suis zen, super zen.

Ph.J.

Ah, Wrath, vous êtes vraiment terrible. D'abord, quand je lis ça (c'est vous qui me l'apprenez, merci), je me dis "Tiens, c'est bien, ils ont aimé mon livre" plutôt que "Quelle horreur, je suis dans la catégorie "vend pas de livres !"" Mais bon, ça, chacun son orientation d'esprit : vous, vous allez toujours vers le mauvais, le noir, le déprimant (ce qui n'est pas si étonnant, finalement, quand on connaît votre parcours, vos complexes et vos frustrations (compréhensibles). Ensuite, je l'ai déjà dit mais vous êtes plus butée qu'une boule de bowling, je ne connais pas beaucoup de journalistes. J'ai déjà dit aussi, d'ailleurs, que mon livre ne s'était pas bien vendu, que ça m'ennuyait évidemment mais ne me consternait pas non plus, et vous continuez à faire comme si je claironnais partout que c'était un triomphe (tous les gens qui passent ici savent bien que non).

Ph.J.

Ensuite encore, je ne connais personne au Monde, ils n'ont d'ailleurs rien écrit sur mon roman (ou alors peut-être un tout petit truc, genre brève dans une colonne). Mais bon, on peut vous répéter cinquante fois les mêmes choses, vous êtes si obtuse, primaire et malheureuse que vous n'y croyez pas, jamais, vous pincez les lèvres, plissez le front et secouez la tête de droite à gauche. (Je n'arrive pas à m'y faire, c'est de ma faute.) Enfin, on m'a commandé justement un article, pour un quotidien, sur toutes les magouilles, saletés, traîtrises et désillusions du monde l'édition. Je vais l'écrire, mais c'est dommage que vous ne connaissiez pas bien ce monde-là, sinon je vous aurais proposée à ma place et vous l'auriez fait, c'est sûr, bien mieux que moi.

david ferraro

@Ph. J. : personnellement, s'il m'est arrivé de te prendre à partie, mes moqueries n'étaient pas dirigées contre l'écrivain que je respecte mais contre ce que tu représentes : un écrivain publié, qui, qu'il le veuille ou non, appartient au Landerneau littéraire. Ton côté bonne bouille et gai luron ne t'aide pas, Philippe. Tu attires autant la sympathie que les moqueries sans que tu y sois pour rien. C'est comme ça. J'ajoute que me moquer de Philippe Jaenada, personnage public, ne m'amuse plus du tout. C'est un peu facile, et je ne pense pas que l'homme et l'auteur méritent un tel traitement. Au sujet de ton article sur le milieu, n'oublie pas de questionner l'omniprésence des journalistes dans le catalogue de Grasset. Du courage, bon sang ! (Oui, je sais on publie des premiers romans l'automne prochain, rue des Saints-Pères. Et alors ?) Sinon, il sera difficile de prendre ton papier au sérieux.

max léon

Mon conseil aux jeunes auteurs : devenez trader, c'est plus fair.

pommeliane

En fait, le meilleur des articles de Wrath vient des commentaires :-)(non pas que je n'apprécie pas le contenu, bien au contraire). Dommage que je ne sache pas faire aussi bien, mais bon, je me contenterai de me régaler... Merci !

le koala

Bah... Philippe peut attirer les sympathies sans les moqueries, tout de même. Ne serait-ce que dans la mesure où il y a bien d'autres auteurs dont on peut sereinement se foutre, et qui n'ont pas même une once de bonhomie pour compenser leur prétention et/ou leurs ratages. Maintenant, pour l'article, ...je crois que c'est une très mauvaise idée que de le commander à un auteur publié. Il faudrait soit que ça vienne d'un ancien éditeur, soit d'un auteur non-publié, qui aurait fait bon nombre de tentatives et aurait essayé de se frotter au milieu.
Un auteur édité et confirmé, qu'il s'agisse de PhJ ou de tel tartenpion, n'a pas de parole libre sur ce sujet-là; il est condamné à sortir les violons des arguments conformistes, sous peine de faire l'objet de sanctions professionnelles. Aucun milieu n'aime qu'on glaviotte dans la soupe qu'il se propose de servir.

NLR

Idéalement, il faudrait demander à un mec comme Marc-Edouard Nabe. Un mec qui connaisse bien le dossier et qui, surtout, n'a pour l'heure plus grand chose à perdre. Mais ce serait beaucoup trop risqué. L'époque est assez allergique au vitriol, hélas. On file doux dans les réactions, étranglées qu'elles sont par le "respect" dû aux annonceurs (et les chutes des ventes). Dans la presse, on manque d'indépendance, globalement ; vaste sujet. Espérons que Ph.J (dont j'ai personnellement aimé le caractère documentaire du dernier roman) ne s'aplatisse pas trop – se sachant "regardé", disons, par une "certaine communauté". Position toujours délicate, mais dont j'ose espérer qu'il saura se sortir sans trop de mal.

david ferraro

@le koala : tu as raison au sujet de Ph. J. Pourtant, je ne sais trop pourquoi, son côté bonhomme vous pousse malgré vous à vous moquer parfois de lui... Mais bon, se foutre de la gueule de quelqu'un qui ne le mérite pas vraiment, je suppose que ça se soigne. Un auteur publié a les mains liés pour dénoncer les travers de ce milieu, juste, et je ne vois vraiment pas comment Ph. J. peut s'y prendre sans se ridiculiser. Même s'il franchissait le Rubicon, Philippe devrait ménager des tas de susceptibilités, se garder de sa droite comme de sa gauche, s'autocensurer au moment de rédiger son article, et surtout, surtout, s'abstenir d'attaquer sa propre maison, crime impardonnable s'il en est. À moins de se suicider, littérairement s'entend, cet exercice à haut risque ne peut que se révéler décevant.
@NLR : Marc-Édouard Nabe est trop marqué à droite. Un article de Nabe sera immédiatement attaqué en raison du positionnement idéologique de son auteur, même si son contenu est rigoureusement exact.

Volie

J'ai tellement aimé le livre de Philippe J. que je lui souhaite un prix et des tas de ventes.

Ph.J.

Ça se discute, Koala. Vous vous faites des idées, toi, David Ferraro (je t'en foutrais, des bonnes bouilles, tiens – et, au passage, moque-toi de moi (je veux dire en vrai, pas derrière ton écran) et je te fais manger ta mère) et même l'ami Lo Russo, qui pourtant commence à connaître ces choses-là. Sans parler de Wrath, bien sûr, qui parle de tout ça, avec tant d'assurance ridicule, comme ma grand-mère parlerait du monde du skate. Le "milieu" littéraire ne ressemble pas à l'idée que vous vous en faites. Je peux dire du mal de Grasset, on ne va pas me "punir". Je peux balancer tout un tas de journalistes consternants, petits magouilleurs piteux, ça n'aura aucune incidence sur quoi que ce soit.

Ph.J.

Il n'y a pas, contrairement à ce qu'on peut penser, de "soupe" dans laquelle il ne faut pas cracher. Il faut arrêter avec ces fantasmes de mafia. On écrit des livres (qu'on soit publié ou pas), on a quelques amis (le truc sûr, c'est que je ne cracherai jamais sur des gens que j'aime bien), et voilà, c'est tout. Le reste, les crétins qui se prennent pour des princes, les envoyer au diable ne coûte rien. On ne risque pas de se prendre une balle dans la nuque. Et je ne dis pas ça parce que je n'ai pas une place très importante dans le système. Des types beaucoup plus installés que moi (Beigbeder, Moix, Besson, et d'autres) ne se gênent pas. Parce qu'ils savent que ce n'est qu'un tout petit milieu où personne n'a de vrai pouvoir et où rien ne compte réellement. Il faut revenir sur terre, les gars.

Marco

Tiens ben moi j'ai bien envie de fayoter grave avec Philippe Jaenada ce soir. Il est bien entendu que dans son article il n'est pas supposé jouer au Justicier anéantisseur de l'Edition françouaise; ça ne l'empêchera pas de dire deux-trois trucs utiles sur les gentils tours de passe-passe du milieu, avec la bonne distance. Parce que désolé, le témoignage d'un non-publié, je ne vois pas l'intérêt: par définition quelqu'un qui ne connait du monde éditorial que trois lettres (n-o-n), je ne vois pas bien ce qu'il peut raconter de crédible sur les transactions occultes et coups bas. Le gars fraîchement publié est évidemment prudent, myope (mon éditeur est si gentil, lui! gneu gneu gneu), et donc carrément out. Pour dire quelque chose qui tienne la route, il vaut mieux un gars qui a boulingué un minimum, qui a une place correcte dans le paysage mais pas énorme, qui parle facilement au peuple, suffisamment installé pour ne pas se faire éjecter pour un oui ou pour un non, et de préférence un peu marrant dans ses critiques: Philippe Jaenada, who else? Du reste, d'accord avec ses deux derniers commentaires: le crachat dans une soupe est bien accepté, le milieu est suffisamment cynique et dispersé (il n'y a pas une soupe, mais des centaines de soupes différentes qui se crachent dessus en permanence, le tout est de ne pas cracher dans la soupette où on barbote, toutes les autres, no problemo, c'est le jeu)( et pour Nabe, laissez moi rire: je l'entendais récemment dire que Rimbaud avait arrêté d'écrire à cause du méchant et médiocre milieu littéraire _ pour dire une connerie pareille, il faut vraiment ne rien avoir envie de comprendre)

david ferraro

On relaxe, Philippe, on prend une bonne respiration. Détends-toi ! Ma maman est morte, pas la peine de me la ramener ! Ça va mieux maintenant ? Bien entendu, personne n'a de vrai pouvoir dans ce milieu où rien ne compte réellement, où rien n'a d'incidence sur rien... Disons, et je serai très modéré ici, que tu tournes les coins ronds. Bien entendu aussi, il ne faut jamais dire du mal de son propre éditeur, c'est la règle, même si tu affirmes le contraire. J'aimerais bien, mon bon, te voir attaquer de front et publiquement Grasset, une attaque bien saignante et caractérisée, voir si tu ne changerais pas de disque. Évidemment, personne ne sait rien du milieu littéraire, sauf les principaux concernés. Cesse de jouer à l'initié, Philippe, et de prendre les autres pour des imbéciles. On se croirait dans Da Vinci Code, version Jaenada. En terminant, je signe mes manuscrits Ferraro, les éditeurs me connaissent sous ce nom, comme ils te connaissent sous le nom de Jaenada. Je ne me réfugie derrière rien du tout. En passant, ma droite est foudroyante. Si j'étais toi, je me le tiendrais pour dit.

le koala

Eh ben eh ben... Pas la peine d'envisager des extrémités d'ordre physique ! A moins de régler nos petits contentieux comme des bonobos, à la rigueur.
Philippe, je serais volontiers disposé à croire que la bouderie et la rancoeur ont été éradiqués du monde de l'édition, mais il me faudrait pour cela tenir ledit monde pour radicalement différent des autres contextes professionnels que j'ai fréquénté. Je n'y crois pas un seul instant. J'estime que les hommes sont faits à peu près du même bois, qu'ils soient éditeurs, profs au collège de France ou garagistes. Or j'ai vu le piston, les recommandations et le copinage grignotter bien d'autres milieux, et dans des conditions telles que celui qui par extraordinaire s'aviserait de dénoncer cette dérive serait effectivement attaqué à son tour. j'ai assisté à ce genre d'épisodes. Bon, encore une fois je pense que c'est très largement transposable, y compris à la légendaire AAAA (Association des Amicales des Amateurs d'Andouillettes), et je n'ai pas de raisons de croire que l'édition est plus vertueuse. Mais elle l'est peut-être, et j'ai peut-être tort. Oui, peut-être. Ma foi ! Il n'est pas impossible que ton article permettre de le vérifier, ou en tous cas de tirer sur le cordon pour "tester la bête". Tu nous refileras les références j'espère ?

Nicole

Philippe Jaenada me fait l'impression d'un mec sincère. Pas vraiment le genre à avoir usé d'une quelconque relation pour être édité. Franchement, est-ce qu'il a une tête de Jardin (alexandre) ou de Beigbeder? Non, il a réussi comme une poignée chaque année à passer les mailles du filet. Il défend la réputation de Grasset parce qu'il aime bien son éditeur; normal. On ferait tous pareils, tous. Arrêtons de jouer les grenouilles de bénitier, les ultras de la cause wannabienne.
Bon Philippe, je suis franche: il ya sûrement chez Grasset comme partout, des gens qui ne seraient pas publiés sans leur nom. Mais cela n'a pas été votre cas, ça j'en suis persuadée.

Florent

J’en connais pourtant un qui, en son temps, ne s’est pas fait prier pour y cracher, dans la soupe éditoriale...

« Puisque nous sommes dans les Belles-Lettres je vous parlerai de Denoël... de Denoël l’assassiné... oh ! qu’il avait d’odieux penchants !... s’il le fallait il vous fourguait, bien sûr, bel et bien ! le moment venu, les circonstances... vous étiez ligoté, vendu !... quitte à se reprendre, s’excuser, comme tel...tel (cent noms !)cependant un côté le sauvait... il était passionné des Lettres... il reconnaissait vraiment le travail, il respectait les auteurs...tout a fait autre chose que Brottin !... Brottin Achille, lui, c’est l’achevé sordide épicier, implacable bas de plafond con... il peut penser que son pèze ! plus de pèze ! encore plus ! le vrai total milliardaire ! »

(Louis-Ferdinand Céline, D’un château l’autre)

Sous le pseudonyme d’Achille Brottin se cache évidemment le Père Gaston Gallimard... chez qui Céline publiait pourtant depuis 1951 !

le koala

Où l'on voit que pour tresser des lauriers il convient d'employer le nom authentique de son sujet, mais que lorsqu'il s'agit en revanche de lui cracher sur les pompes, l'usage d'un pseudonyme fictif reste une solution de bon aloi.
je suppose que ce cher Céline, expert et praticien en perversités variées, était effectivement coutumier de cette pratique-là. Sauf quand il s'agissait de parler des juifs ou des métèques, auquel cas ces coquetteries n'étaient plus de mise.

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