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« Le Diable Vauvert se lance dans la posie (et a fait peur!) | Accueil | Ateliers d'criture: comment bien choisir? »

13 juillet 2009

Commentaires

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Nicole

Ah! je vais encore être obligée de vous contredire Wrath: je le trouve remarquablement écrit ce début de roman de Beigbeder, débarrassé des jeux de mots lourdingues qui encombrent ses romans précédents. Ca me donne même envie de l'acheter, alors que je m'étais promis d'attendre de le voir dans une bibilothèque.

Florent

Qu’essayez-vous donc de nous prouver ? Que l’histoire fait le livre ? Qu’une bonne histoire ouvrira inévitablement sur un bon roman ?

Ce faisant, vous passez délibérément sous silence un point capital : le style. Vous escamotez ce qui me semble être le véritable travail de l’écrivain… le travail sur la langue ! N’est-ce pas là pourtant l’essence même de l’écriture ?

L’important n’est pas tant l’histoire, mais bien la manière de la raconter !

Je vous renvoie encore une fois au Père Louis Ferdinand Céline (que j’avais déjà cité mot pour mot ici il y a moins d’un mois… décidément Lise-Marie, vous ne cillez pas d’un iota de vos positions !) :

« Des histoires, y'en a plein la rue, n’est ce pas, j’en vois partout des histoires, plein les commissariats, plein les correctionnelles, plein votre vie, tout le monde a une histoire n’est ce pas... Alors qu'un style...c'est rare un style monsieur, un style y'en a un, deux, trois par génération ! Il y a des milliers d’écrivains, ce sont de pauvres cafouilleux, ils rampent dans les phrases, ils répètent ce que l’autre a dit, ils choisissent une histoire, une bonne histoire, et puis ils disent "je vois que…" etc… c'est pas intéressant »

François Martini

Oui, mais, Florent, l'enjeu, ici, n'est pas de devenir Céline, mais Musso.

agathe levy

il est également possible de concilier le fond ET la la forme, l'histoire ET l'écriture, ou me trompe-je ? Il me semble que ce fut le cas de nos Grands, Maupassant, Flaubert, Balzac, Zola...
Mais il est vrai que souvent les auteurs ont le fond et pas la forme, ou la forme et pas le fond.
je dois appartenir à la vieille école : je crois aux vertus du travail. Ecrire environ 1000 pages, soit deux à quatre romans, avant de penser à envoyer un paquet à un éditeur - un paquet où il y aurait alors un roman dans le vrai sens du terme - comme l'entend Kundera dans l'art du roman- le roman cet endroit où l'on découvre des facettes nouvelles de la nature humaine. Un endroit où chacun apprend, où chacun est là pour apprendre, et l'auteur et le lecteur.
le seul problème des éditeurs qui devraient être d'abord des lecteurs c'est qu'ils n'ont plus envie d'apprendre,
pour la plupart.

walter

Je suis d'accord avec Wrath, en condamnant le storytelling Beig fait indirectement l'apologie de cette insupportable tendance à la branlette psycho-socio-narcissique qui se mord la queue, qui n'est ni enrichissante, ni distrayante. Après j'aime bien ce qu'il fait personnellement, et puis par pitié ne vous lancez pas dans cet éternel débat style/histoire, il faut les deux et puis c'est tout.

david ferraro

Wrath, vous prenez encore une fois des raccourcis faciles. Défions-nous de toute schématisation qui voudrait qu'il y ait d'un côté les Américains et le story-telling, et de l'autre ces pauvres écrivains français englués dans un narcissisme insupportable et incapables de raconter une histoire qui n'est pas même rachetée par le style. Certains écrivains, qui n'innovent pas vraiment sur le plan formel, parviennent malgré tout à faire une oeuvre respectable. D'autres, dont le formalisme est trop appuyé, sont rapidement oubliés. Il n'en reste pas moins qu'un écrivain digne de ce nom a sa propre musique, ce que l'on appelle le style. L'histoire et le style peuvent bien se trouver dans ses livres dans des proportions variables, le fond et la forme concourent à faire de son écriture un objet unique, cet objet étant la littérature.

becdanlo

@wrath: bon cours à la Arvon Foundation... et que votre prochain roman soit un succès... c'est tout le mal que je vous souhaite :)

Daria

Chère Wrath, je découvre ce blog avec une certaine jubilation.
Non que je sois d’accord avec son orientation majeure – la parano sur ce méchant milieu éditorial ne fonctionnant que par le copinage me semble très exagérée – mais parce qu’au moins, on y parle d’écriture et d’écrivains – voire d’éditeurs ! L’ambiance « peste et pique » qui règne ici est en outre assez amusante.
Cette réflexion sur le « storytelling », terme qui, si je ne m’abuse, veut donc dire « raconter des histoires » est intéressante. En effet, comme beaucoup, je suis devenue plutôt allergique à ces écrivains – ces auteurs plutôt – qui nous «racontent » à longueur de pages leurs affres d’écrivains ou qui, faute d’histoires à raconter, s’épanchent sur leur propre biographie, l’autofiction sans qualité d’écriture me semblant être le degré zéro de la littérature.
Juste une petite réflexion : lorsqu’il parle de Balzac et du roman français classique, Frédéric Beigbeder ne dit pas que ces romans ne font pas de « storytelling ». Il dit qu’ils ne font pas que ça. « Le roman français n’a jamais fait de storytelling pur et simple, il y avait toujours autre chose derrière » écrit-il. Comme vous le dites, Wrath, « Balzac était bien le premier à raconter des histoires », de même que Zola ou Flaubert. Mais je suis d’accord avec Beigbeder, il y autre chose derrière. Il me semble qu’il serait intéressant de s’interroger que cette « autre chose derrière ».
Je lis beaucoup de roman américain – y compris des romans de fantasy ou de SF – et très souvent, je me prends à regretter que, derrière ces histoires « racontées » de main de maître, il n’y ait pas « autre chose ». S’agit-il d’une affaire de style ? Sans doute. Le storytelling poussé à son comble donne parfois des résultats à l’écriture qui me hérissent le poil, ainsi ces descriptions hyper précises du moindre décor de la moindre scène, on ne nous épargne pas le plus petit détail. Un de me amis appelait drôlatiquement cette tendance « la manie du détaillement ». Mais le détaillement ne fait pas forcément le style.
Un écrivain, lu je ne sais plus où, résumait un jour ce qu’est un écrivain d’une manière qui m’avait semblé assez convaincante : un écrivain, disait-il, « c’est un raconteur d’histoire qui a une vision du monde personnelle et un style personnel. » Balzac par exemple.

Juliette Cruz

Beigbeder est l'un des auteurs les plus médiatisés de la rentrée, mais c'est aussi l'arbre qui cache la forêt.

Beaucoup de romans français qui paraissent en septembre racontent une histoire, et font preuve dans le même temps d'un très beau travail sur la langue.
C'est le cas par exemple du Marie Ndiaye, chez Gallimard ("Trois femmes puissantes").
Ou du premier roman de Vincent Message, "Les Veilleurs", au Seuil.

Pour avoir lu ne serait-ce que ces deux-là, je trouve que la littérature française se porte plutôt bien.

 Georges F.

Si vous ne connaissez pas Jehan Rictus (si j’ai bonne mémoire, il était pourtant cité avec le même poème dans le Lagarde & Michard, à moins que ce soit dans le Castex), vous connaissez certainement Stendhal, et son roman « Le Rouge et le Noir ».
Il y définit le roman par cette superbe phrase « Un roman : c'est un miroir qu'on promène le long du chemin ». Phrase bien connue, ce n'est pas une raison pour l'oublier : tout est là.
Stendhal pourra-t-il se faire accueillir dans ce débat sans se faire houspiller ? Sa définition me paraît bien résumer les quelques propos échangés en commentaires de votre chronique.

Je me permets un très court commentaire de parabole :
- le chemin, c’est l’histoire. Appelez ça le story-telling si ça vous chante, je ne vois pas ce que ça apporte. Une histoire, avec des personnages à qui il arrive des bonheurs et des malheurs, qui les font évoluer. Une histoire avec un début, un milieu, une fin. Parfois même avec une intrigue. Parfois même un pitch, vous alliez le dire.
- le miroir, c’est le regard apporté par l’écrivain sur un monde, un microcosme, la psychologie de quelques personnages, ce peut être la comédie sociale que l’on décrit au passage - parfois le drame social.

Quand il y a ce regard sans l’histoire, c’est vite lassant. On tombe dans le tableau, le reportage, le plaidoyer, le roman militant ou nombriliste. C’est ce qu’on reproche parfois à Proust dans le meilleur des cas.
Quand il y a l’histoire sans le regard, on tombe dans le récit simpliste, le Guillaume Musso ou le thriller à l’américaine, avec la même trame déclinée en mille variantes (Exemple pour les dernières années : Da Vinci Code et ses dizaines de clones). On arrive à la dernière page avec une impression de vide : on n’a rien retiré du récit.
Quand la complémentarité des deux est maîtrisée, on a un roman. Quand il s’y ajoute un style personnel, lisible (et encore...), on a un bon roman. Pas forcément un roman qui se vend bien, pas forcément un roman amplement relayé par la critique et soutenu par les libraires, mais un bon roman.
Je vous laisse en donner des exemples.

P.S. Je lis un peu trop tard le billet et les commentaires sur Sciences Po et la littérature. Je voudrais quand même signaler qu’on y trouve d’amusantes erreurs (J’en suis certain : j’étais juré du prix).

Pirloui

@agathe levy

Le fond, c'est la forme.

phinoupaon

Pour répondre à Nicole ...

Un style magnifique mais sans histoire, sans personnages bien campés, sans décors, sans ambiance ... on le referme au bout de quelques pages ...
Un bon roman c'est une savante alchimie entre l'écriture bien entendu (la façon de dire), le fond (quelque chose à dire), les personnages, les décors, la capacité de l'auteur à créer un univers ... L'histoire ou le style ne sont pas des conditions suffisantes, mais en tout nécessaires et l'un sans l'autre produira un roman médiocre, n'empêche que je lirai jusqu'au bout une histoire prenante bien qu'un peu mal écrite, alors que je lâcherai au bout d'un chapitre un style qui n'a rien à dire !

david ferraro

Je partage assez l'avis de Nicole sur le début du roman de Beigbeder. À moins d'être de mauvaise foi, admettre qu'un auteur comme Beigbeder, pour lequel je n'ai pas une grande considération, et qui jusqu'ici nous aura habitué à des romans assez médiocres, puisse écrire un livre qui se tienne pour une fois littérairement (la suite est peut-être bonne, peut-être mauvaise, il faudra juger sur pièce), c'est à mon avis faire tout simplement preuve d'honnêteté intellectuelle. Cela admis, il est dommage que le poids médiatique de son livre au cours de cette rentrée détourne nombre de lecteurs de livres certainement plus accomplis.

agathe levy

en ce qui concerne mes expériences de lectrice, je suis incapable de lire, par exemple, Marc Levy, la forme m'empêchant d'atteindre le fond. Je ne peux donc pas parler du fond, (s'il en existe un...) puisque je ne suis pas arrivée jusqu'à lui. Mais peut-être qu'au bout d'un chapitre de lecture laborieuse ai-je abandonné non seulement à cause de la forme mais aussi parce que je soupçonnais que le fond ne recélait pas davantage de promesses ?
en ce qui concerne La consolante d'Anna gavalda, la forme m'a permis de lire, en sautant quelques passages néanmoins, mais je suis arrivée à la conclusion que forme et fond étaient consternants, l'un collé à l'autre dans une alliance délétère. Et je n'ai pas été le moins du monde consolée. D'ailleurs, il ne me semble pas que le roman doive consoler, ou alors au deuxième degré ( en montrant la violence et l'horreur du monde tel qu'il est, l'auteur "console" le lecteur )
En lisant le livre des nuits de Sylvie Germain, ou Nous sommes éternels de Pierrette Fleutiaux ou encore Génie la Folle d'Ines Cagnati ( pour ne citer que quelqu'uns), j'ai senti une parfaite cohésion entre forme et fond, la forme au service du fond, étroitement liée à lui, ou lui à elle, dans une union profonde et pleine de sens.
Et cette alliance bienfaisante m'a comblée.
Kafka évoque "cette hache qui brise la mer gelée en nous."
et l'eau qui s'écoule nous comble.

Nicole

@Agathe lévy. Votre avis sur la Consolante recoupe le mien: ça devient tellement niais dès que le héros rencontre son amoureuse et le "style" est tellement énervant avec ses phrases sans pronom pour faire genre, qu'après l'avoir lu, en sautant au fur et à mesure de plus en plus de pages, j'ai conclu: ce roman devrait être intitulé "La consternante".
Il y a un roman qui récemment m'a beaucoup plu par le fond: "Principe de précaution " de Mathieu Jung. je l'ai lu avec plaisir tout en déplorant que le style soit assez plat et manque vraiment de personnalité. Le Goncourt "Pierre de patience" d'Atiq Rahimi m'a épaté par le style, mais je me suis franchement un peu ennuyée.
Il n'y a que les très grands auteurs qui nous enchantent avec des livres parfaits. Mais lire des "petits et moyens" livres n'est pas désagréable non plus.

François Martini

M'en fiche, d'abord, moi, j'écris des romans français qui racontent des histoires.

Marc Galan

En parlant de "Consolante"
Avoir reçu et d'Albin Michel et de XO l'avis que mon livre était trop bien écrit pour un roman historique doit-il m'être une consolation ?

François Martini

C'est juste l'indication, par deux spécialistes du best-seller,que ton roman n'est pas écrit comme il conviendrait pour un best-seller.

Tu peux, au choix :
- choisir de rester un Mallarmé du roman historique
- réécrire en simplifiant.

Good luck.

Nicole

@Marc Galan. Oui, on se console comme on peut. A défaut de droits d'auteur, vous vous contenterez de quelques compliments;)
Comme dit François Martini: ou vous simplifiez pour faire du Mireille Calmel et touchez le jackpot, ou vous gardez votre oeuvre intacte. Le choix n'est pas simple, j'en conviens.

Marc Galan

Mais je l'ai trouvé affreusement compliqué à lire, le roman de Calmel ! Son lit d'Aliénor, je me suis endormi dedans.
Je crois que les éditeurs ont décidé que le bon peuple était idiot. Mais ils ne font rien pour les élever, loin de là.
De toute façon, on y perd toujours à vouloir écrire pour le plus grand nombre. On n'est pas sûr du tout de plaire au plus grand nombre, mais on est à peu près sûr de faire de la daube.

Nicole

@marc galan
En fait je ne l'ai pas lue, je sais par contre qu'elle est best-seller et qu'elle a été découverte par Bernard Fixot; Fixot n'étant pas réputé pour aimer les beaux écrits mais plutôt les bonnes histoires, je n'ai pas eu envie de la lire. A tort peut-être...

Renaud

Par rapport un billet "Bilan de ma vie" sur écriture et précarité, et celui-ci sur intrigue et style :

Liser "LE BRANLEUR" de Jakob Bronsky ! "Un titre profond, énigmatique ! Les critiques vont se creuser la cervelle."

Vous découvrirez un écrivain au travail. Pourquoi il travaille aussi et comment.
http://www.livres-coeurs.fr/Resumes-critiques/Litterature/Fuck-America-Edgar-Hilsenrath.html

Cela dit, il y a autant de profils d'écrivain que d'écrivains... Nous lisons certains écrivains pour l'intrigue, d'autres pour le style.

Céline est un excellent exemple de grand écrivain pour son style et ce qu'il a à dire, notamment dans "Voyage au bout de la nuit".

Edgar Hilsenrath a un côté célinien, mais il est dans le registre burlesque. Malgré quelques défauts, il est excellent. Vivement les prochaines traductions !

le koala

(cit. marc Galan)"Je crois que les éditeurs ont décidé que le bon peuple était idiot. Mais ils ne font rien pour les élever, loin de là. "

Depuis le temps que je le dis !!
Ah là là.
Elle est belle la France.

Francois Martini

>>"Je crois que les éditeurs ont décidé que le bon peuple était idiot. Mais ils ne font rien pour les élever, loin de là. "<<

L'idée est d'Hitler. Mieux vaut savoir de qui l'on parle, de qui l'on applique les méthodes et les principes.

Hitler, Mein Kampf, p. 50

- La propagande
" A qui la propagande doit-elle s'adresser ? A l'intelligentsia scientifique ou à la masse la moins cultivée ? Elle ne doit s'adresser qu'à la masse ! (...) Car toute propagande doit être populaire, elle doit ajuster son niveau intellectuel en fonction de la capacité d'absorption des plus bornée de ceux qu'elle veut toucher. Aussi, plus grande sera la masse des gens à atteindre, plus bas devra être son niveau intellectuel. Mais lorsque l'on veut, comme, par exemple, pour soutenir le moral en temps de guerre, que la propagande agisse sur tout le peuple, on ne veillera jamais assez à ne pas présumer de capacités intellectuelles trop élevées. (...) Une fois bien comprise la nécessité d'orienter vers les masses l'art de la propagande, on en arrive à la doctrine suivante : il est erroné de vouloir donner à la propagande la portée d'un enseignement scientifique par exemple. Les masses ont une capacité d'absorption très limitée, elles comprennent peu et oublient beaucoup. Il résulte de tout cela qu'une propagande efficace devra se limiter à un très petit nombre de points et les exploiter sous forme de slogans jusqu'à ce que tout le monde, jusqu'au dernier, réussisse à voir derrière le mot ce que l'on veut lui faire comprendre. Si l'on sacrifie ce principe et que l'on veut couvrir un champ large, l'effet sera dispersé, car la masse ne pourra ni digérer ni conserver la substance qu'on lui propose. Et le résultat s'en trouvera affaiblie d'autant, et finira par disparaître complètement."

Hitler, Mein Kampf
extrait de D'Almeida F., "Images et propagande", Florence, Casterman, 1995

le koala

Marrant. Si on imagine ce même texte signé de la main d'un théoricien de la publicité mécaniste, ça marche aussi très bien. Enfin, qu'il y ait un continuum logique entre la propagande totalitaire et la pub mercantile n'est pas une surprise: d'ailleurs les méthodes sont partiellement identiques. Le passage suivant l'illustre très bien: "Les masses ont une capacité d'absorption très limitée, elles comprennent peu et oublient beaucoup. Il résulte de tout cela qu'une propagande efficace devra se limiter à un très petit nombre de points et les exploiter sous forme de slogans ...". Il sufit d'allumer la télé vers vingt heures pour constater que l'héritage de Goebbels est mis en oeuvre quotidiennement, et avec un soin scrupuleux.

Cela dit, OK, Hitler s'est donné la peine de formaliser le procédé; mais tous les régimes totalitaires en ont usé et en usent encore, sans s'être donné cette "peine". Mais il y a derrière tout ça une politique d'abrutissement volontaire: j'en suis de plus en plus persuadé en effet ...

Néron

Que des dictatures ou des régimes totalitaires usent de la propagande n'est pas tellement surprenant. Ce qui est plus intéressant, c'est de constater que l'essentiel des démocraties, et des plus vertueuses, appliquent les mêmes recettes. Dans le secteur marchand, certes. Mais à fortiori en propagande politique.

Pirloui

@Martini et Le Koala.

Hitler, en matière de propagande, n'a fait qu'utiliser les méthodes et les principes mis au point par l'inventeur de la public relation, Edward Bernays. Il n'a absolument rien inventé de nouveau. Tout au plus a-t-il systématisé une méthode.
L'œuvre maitresse de Bernays, "Propagande", vient d'être traduite en français.

agathe levy

puisque, lisant vos commentaires, j'en conclus que l'on pourrait qualifier le monde éditorial de fasciste,
comptez vous résister,
ou pas ?
et de quelle manière ?
dénoncer par blog interposé est une bonne chose, mais est elle suffisante ?
et puis si ce monde vous accueillait dans son sein, que feriez vous ? la fine bouche ou éperdus de reconnaissance vous jetteriez vous dans les bras d'un léo quelconque qui ne ferait de vous qu'une bouchée ?
ceci n'est qu'une hypothèse

novi

@Agathe Levy,

Bonne question....dont la réponse est évidente : lorsqu'un systéme est sclérosé, il faut en créer un autre.

Francois Martini

@ Agathe : je préférerais arrondir mes fins de mois en écrivant des niaiseries que résister.
le "fascisme" du milieu éditorial n'est pas totalitaire (contrairement à celui de Hitler, toutes proportions gardées). Il laisse la littérature prospérer et, parfois, la fait vivre. Le livre d'élevage est comme le macdo : pour le peuple. Il ne me dérange pas.

C'est juste qu'il faut savoir que Marc Levy est une application d'un principe hitlérien. C'est cruel.

agathe levy

le livre d'élevage, selon votre terme, François Martini - mais qui n'élève pas, dirait-on- existe depuis un bon moment, et il n'empêchait pas la littérature. Simenon vendait sur les trottoirs des petits opuscules vite écrits vite lus pour se faire un peu d'argent.
le problème actuel c'est qu'on mélange tout, et que cette édition dite d'élevage prend d'énormes proportions, au risque d'engloutir ou d'effacer la littérature. donc, faut il écrire des niaiseries accessibles à un large public ou écrire des romans qui font du bien là où ça fait mal ( consolation au second degré) ?
il n'est pas donné à tout le monde d'écrire pour tout le monde - ou presque.
il n'est pas donné à tout le monde d'écrire pour certains
peut être faut il assumer ce que l'on est capable de faire ?
quant au milieu éditorial, il existe des enclaves, petites et fragiles, telles des bulles de savon, mais elles existent, et cela dans les grandes maisons d'édition. Uniquement.
J'avoue que ces mini enclaves se font de plus en plus rares, et que même dedans, au sein d'une prestigieuse maison, le risque d'être éjecté - suite au chiffre de ventes- est REEL.


Pirloui

@Martini.

Non. Lévy est une application d'un principe Bernaysien. Il faut suivre. La manipulation des masses est une invention de démocrate. Lévy et Hitler se nourrissent à la même source.

Garp

Quand comprendrez-vous que la Littérature n'est pas faite pour "vendre au plus grand nombre"? A quelques exceptions près que vous vous ferez un malin plaisir de livrer ici, l 'essentiel de la très bonne littérature se vend peu, et à un public restreint. Espérer faire oeuvre littéraire ET faire un best seller (autrement dit vivre comme un nabab de sa plume ) est une illusion complète. Quand vous aurez accepté ça, vous pourrez enfin avancer.

le koala

Navré, je remonte un brin, car il me semble que d'un certain point de vue la conversation s'est emballée - non pas que je sois animé par des espèces de scrupules scholastiques mais enfin. Plus haut, quand Agathe Levy écrit: "j'en conclus que l'on pourrait qualifier le monde éditorial de fasciste...", je suis un peu interpellé. Non, ça n'était pas tout à fait mon propos.
Entendons-nous: l'abrutissement graduel qui consiste à privilégier sciemment la basse qualité et à s'abstenir de proposer aux consommateurs de produits culturels une alternative facile d'accès (car les alternatives existent objectivement - mais ailleurs que dans les rayonnages des grandes enseignes, ce qui rend leur usage complexe) me semble éminemment mercantile, donc: fondé sur la volonté de faire du fric. Et non pas d'accomplir un objectif à caractère politique.
L'ambiguîté, c'est qu'en effet, jusqu'à un certain point, les deux convergent. L'esprit totalitaire se donne pour but de soumettre des masses bêlantes et décérébrées, promises à un bombardement de slogans outrageusement simplificateurs, parfois racistes et sexistes.

Le capitalisme libéral industriel se donne le même but.

Mais pour des motifs différents. Or cette question de la motivation, si on est en présence dans les deux cas d'une guerre contre l'esprit, n'est pas indifférente. Elle implique même des différences sensibles. Un des objectifs secondaires du totalitarisme peut être l'anhillation physique, le massacre, le génocide. Rien de tel dans le capitalisme, qu'il soit financier ou "réel"; tout au contraire, sa dynamique repose sur une croissance démographique soutenue et constante, car il doit toujours y avoir plus de consommateurs: cette exigence fait partie de la sacro-sainte "croissance". Du ventre doit sortir d'autres ventres, affamés si possible, âpre et aptes à la consommation - ainsi que des cerveaux pareillement gourmands, mais gourmands de choses simples, facilement reproductibles: être disposés en somme à ingurgiter le coca-cola de l'esprit.

Nicole

J'aime bien les commentaires d'Agathe Lévy. Enfin quelqu'un de sensé et mesuré sur ce blog.
Koala et Martini: faites pas la tête, j'vous aime bien aussi:-D
J'aime bien aussi Dahlia et Jaenada. J'aime bien trop de monde en fait ici, c'est louche;)

agathe levy

vous n'aimez pas le coca cola ? quand il fait très chaud, sous un platane, avec des glaçons ?
le coca cola a aussi des vertus thérapeutiques, qui l'eut cru ? on en donne aux enfants qui souffrent de gastro entérite. il aide à lutter contre la déshydratation.
alors des niaiseries à la petite cuiller pourrait atténuer les nausées que distille un monde cruel, un réel sans pitié ?
en fait, tout est question de dosage
des niaiseries en dose homéopathique, en quelque sorte, ne peuvent pas faire de mal, comme l'homéopathie.
idem pour le hamburger,parfois ça passe bien, dépend des circonstances, des lieux et avec qui on les avale ( je n'irais pas jusqu'à dire on les déguste)
donc les niaiseries oui mais pas à grande échelle et juste comme ça en passant,
avec lucidité
et sans en faire tout un plat

Francois Martini

Nicole, vous avez bon goût.

le koala

Quoi, Nicole, vous n'êtes pas en vacances ?? J'avais cru. Bon, ben vous m'appréciere moins quand vous verrez la deuxième fournée de critique(s) que je viens de poser chez vous, sur votre blog. C'est la fin d'une belle amitié avortée.

A part ça oui, le coca a ses vertus; notamment je crois qu'il était conçu pour dissipper la gueule de bois, ce qu'il ferait encore très bien. Personnellement je ne sais pas, pour la faire passer je bois du vin blanc, ça marche très bien aussi.
Un peu de "niaiserie" ne fait certes pas de mal, je suis d'accord, mais quid quand des stratégies commerciales visent à ne plus fournir QUE CA ? On peut toujours se retourner vers les classiques, vous me direz, ou vers les fauves inclassables rugissant dans les recoins de rayonnages; c'est apparemment le parti d'un lecteur comme le Stalker et pas mal d'autres. Il y a de quoi lire pendant trois ou quatre vies, donc le problème n'est pas quantitatif. Mais sachant par ailleurs que le goût de la lecture ne s'épanouit plus à l'école, que vont faire les jeunes d'ici une décennie ?? Ca c'est un problème.

Sinon, il y a dieu merci quelque chose entre l'absolument débile et le supérieurement intellectuel. En cinéma, nul n'est censé passer brusquement des Charlots à Tarkovski, et on n'est pas obligé d'arbitrer entre les deux. Il y a des mélanges fort réussis de divertisement et d'intelligence: c'est le cas avec les films de Fellini, de Terry Gilliam, certains Ridley Scott ou Oliver Stone, etc.


Nicole

@Koala
Je ne pars que demain. Sur mon blog, j'ai lu, je n'appelle pas ça des critiques mais plutôt des conseils; en fait je vous trouve très avisé;)
Concernant le coca cola, je ne lui ferai pas de procès d'intention à ce produit, bien au contraire: j'adore cette boisson, c'est une des meilleures trouvailles alimentaires du XXème siècle; franchement pour ceux qui n'aiment pas la bière, quand il fait très chaud, y a pas mieux pour se rafraîchir le gosier.

Nicole

Erratum
Le coca cola date du XIXème siècle.
Dans le genre produit commercial, j'aime bien aussi les Mac deluxe, ce qui ne m'empêche pas de cuire le foie gras moi même.
Désolée, Wrath, pour ces apartés, mais c'est l'été...

Robert

Il me semblait que le coca cola avait ete invente par un docteur corse qui avait ensuite revendu la recette aux americains.

nina

VIOLENCES+VOL :
Ceci est une tentative de gros scandale public parce que ça calme pas mal les gros connards en attendant de trouver enfin un avocat qui réglera ce problème de non respect de mes droits les plus élémentaires et je le conseille à chacun qui peut avoir des ennuis avec ce gros connard de sarkozy ou sa clique de clowns de flics minables : je suis donc en train de régler un petit problème du genre détail avec cette grosse tache de si peu président de la république Française, en lui envoyant un avocat pour mises sous surveillance illégales, lynchage numérique inspiré de bonnes vieilles méthodes qui ne déplairaient pas au ku klux klan, lynchage qui n'a mobilisé personne sur le web ou dans la presse et plagiat, par une grosse pouffe, vulgaire et ridicule et qui passe à la télé, de mes petits textes web.

Quant a sarkozy, s'il n'aime pas le web, et s'il n'aime pas la rue qui sait, la preuve, très bien se défendre, qu'il la quitte !

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