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09 août 2009

Commentaires

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walter

je sens qu'un stagiaire va se faire taper sur les doigts.

juliette

en même temps, pour avoir travaillé dans l'édition, on reçoit des centaines de manuscrits par an. donc je pense qu'il est normal qu'on ne puisse pas tout lire ! même quand j'étais dans une toute petite maison régionale (2 salariés), on recevait 3 manuscrits minimum par semaine.

Daria

Ouarf !!!

Merci, grâce à ce blog, j'ai enfin lu le début des Particules élémentaires, ce qui manquait à ma culture générale.

Mais c'est nul de chez nul ! Si j'étais lecteur chez n'importe quel éditeur, gallimuche ou autre, je n'aurais même pas lu la page 2 tant le démarrage est lourdingue et mauvais ! Pas étonnant que ce texte ait été refusé…

Ah bon ? C'est pas Les particules élémentaires ? C'est quoi ? Les Atomiques ? Oups… Scuses à M.Houellebecq…

A.L

Evidemment, que les manuscrits ne sont pas lus ! Qui peut encore en douter à part quelques innocents qui n'ont jamais approché ce monde ?
Cette lettre-type est adressée, strictement la même pour tous, à chaque individu envoyant un manuscrit à Jean Marie Laclavetine, dans un délai d'environ trois semaines.( ce qui est bien court pour permettre à un manuscrit de circuler dans un comité de lecture !)
Ce qui est répréhensible ce n'est pas tant que les manuscrits ne soient pas lus car, en effet, cela couterait une fortune, et est presque impossible, mais que l'on veuille soutenir le contraire, à cor et à cris.
conclusion : Gallimard prend les gens pour des cons et Jean Marie Laclavetine prête son nom à cette supercherie.
Ce qui me donne des doutes sur son honnêteté. Ainsi non seulement il n'a pas beaucoup de talent, mais, en plus, il se moque de découvrir ceux qui en ont. Logique, d'ailleurs.
quant au coup du roman célèbre recopié, il a été fait à plusieurs reprises à différents éditeurs, et chaque fois ces grands lecteurs de littérature tombent dans le panneau.

Frederique M

Je suis au regret de vous dire que la poste fonctionne au contraire fort bien et que je connais personnellement plusieurs auteurs qui ont été publiés de cette manière et que moi-même j'ai connu cela avec un de mes livres. Il n'y a pas une règle établie une bonne fois pour toute et il faut arrêter avec la théorie des conspirations. Comme dans tous les milieux, il y a des gens honnêtes et compétents et il a des margoulins. Les généralités sont des raccourcis simplistes. A éviter donc, dans les livres comme dans la vie.

cecyl

Les bienveillantes, est-ce de la bienveillance
L'élégance du hérisson, est-ce de l'élégance

Du hachis de juifs pour se divertir
Du suicide de petite fille pour en jouir

C'est pas de la littérature tout ça
C'est tout juste du vomi d'éditorialiste

mutin

Au début du XXe siècle, les éditions Gallimard refusèrent Proust. Aujourd'hui elles refusent Houellebecq.

Antoine est le digne héritier de Gaston.

Maton

Petite blague à faire circuler dans la presse, Wrath (c'est le mois d'août, ça roupille...peut-être un tagiaire plein de zèle pourrait en faire quelque chose). Voir jusqu'à quel point le silence de ce beau milieu consanguin (presse/édition) est assourdissant.
Gallimard n'en sort pas grandi...mais cette maison est-elle encore une grande maison?

le koala

Oui. Enfin le plus triste dans l'affaire, c'est que Houellebecq lui-même - le vrai - ait été refusé dans trente-six maisons d'édition. C'est pourquoi, semble-t-il, il est le premier à ne pas se bercer d'illusions, fussent-elles rétrospectives. Il ne faut pas s'étonner dans ces conditions qu'il ait négocié son transfert comme un joueur de foot, en les faisant dégorger un maximum. Appelons ça le prix de l'humiliation.

Frédérique, peut-on vous demander où vous avez été édité ? (et par qui. Souvent les deuxquestionnements se rejoignent, j'ai remarqué).

J. Heska

Et bien... J'ai reçu (au mot près) la même lettre de refus de M. Laclavetine quand je lui ai envoyé mon manuscrit.
Zut :-)

cassiopée

Zut pour moi aussi, j'ai reçu cette même lettre au mot près et j'ai cru bêtement que mon manuscrit avait circulé dans le comité de lecture, naïve que je suis :-). En même temps, Laclavetine doit recevoir un sacré nombre de manuscrits, on comprend qu'il ait des stagiaires pour lui faire un pré-tri et une lettre type de réponse. Mais c'est vrai que prendre les gens pour des idiots et leur raconter des bobards, c'est pas très fair-play.

A.L

pour répondre à Frédérique qui dit qu'envoyer par la poste est possible : oui, mais pas à n'importe qui, et surtout pas à Jean Marie Laclavetine. Pour ma part, j'ai été publiée - et je continue à publier- dans de grandes maisons d'édition parisiennes - mais chaque fois par de " jeunes" ( du moins par l'esprit ) directeurs ou directrices littéraires qui se font expulser au bout de deux ou trois ans, pour des motifs internes à l'entreprise. En substance : si vous ne faites pas de gros chiffres, ( et les éditeurs deviennent de plus en plus gourmands, ils rêvent tous de faire des tirages à la Marc Levy ) vous êtes sur le siège éjectable, et la plupart du temps il se trouve quelqu'un pour appuyer sur le bouton.
Mais on peut trouver ;j'appelle ces endroits des bulles. Elles sont très fragiles, comme les bulles savent l'être.
Donc la poste, oui, mais à condition d'envoyer le manuscrit à une personne qui a le dur désir de publier de la littérature.
Je précise que les bulles se font de plus en plus rares et qu'il devient impératif, un jour ou l'autre, de vendre beaucoup. Mais il apparaît également que les auteurs persévérants et qui ont un zeste de talent ( ces deux qualités allant de pair) finissent par exister.

valy christine océany

On peut tirer la conclusion, désolée Frédérique, non pas qu'il (Jean Marie L.)ne publie pas des manuscrits reçus par la poste mais qu'il ne les lit pas. Il peut recevoir des manuscrits par la poste pour la forme en étant au courant que machin truc va lui envoyer tel manuscrit, donc, il est averti par l'ami de l'ami de son ami relation qu'il va recevoir un manuscrit par la poste.
C'est un peu comme les annonces de l'ANPE, l'annonce est belle et bien publiée pour la forme, mais le poste est déjà pris. On fait pas mal des choses "pour la forme".Soyons pas naïfs.

le koala

Oui eh bien moi [ton du petit couillonot prétentieux tête-à-baffes], moi donc, j'ai pas reçu la lettre de refus-type de Monsieur Laclavetine comme vous autres, tas de "ouanabis" globuleux et autres bleubites.
...
C'est normal, j'ai même pas envoyé à Gallimard.
(fin du ton de petit connaud prétentieux) :-I

Gondolfo

Procédé classique mais toujours amusant.

Koala sois pas triste : tu imprimes la lettre, tu écris "monsieur Koala" en haut et tu encadres. c'est pas beau la vie ?

François Martini

La signature de monsieur "Le service Littéraire" (quel nom !)est super-classe. Le reste...

le koala

Ah non, c'est contre ma déontologie personnelle. je n'encadre que ce que je reçois.
Eh, Oh. On n'est pas à un colloque du MEDEF sur l'éthique d'entreprise, ici.

A.D.

Il aurait été encore beaucoup plus drôle de scanner " Nous voilà ", d'appeler ça " Vol de cercueil, recel des bâtons ", de laisser infuser... Bref, M. Laclavetine aurait-il refusé son dernier roman?

A.L

certes, il l'aurait refusé puisque ses yeux n'atteignent pas la pile de manuscrits que des innocents lui envoient, parfois même apres lui en avoir demandé la permission, et lui brave éditeur plein de coeur leur répond : mais oui, envoyez !
Jean Marie Laclavetine ne lit pas, il écrit. Il se consacre à son oeuvre, ça donne, périodiquement, des petits livres que ses congénères applaudissent, - par espoir d'un retour d'ascenseur. Mais se consacrer à son oeuvre ne lui suffit apparemment pas, il veut aussi faire croire qu'il est un découvreur de littérature, un éditeur quoi.
Ecrivain et éditeur, ça pose un homme.
Il s'y croit.

Cynthia

Je ne peux que supposer que toute personne travaillant dans le milieu de l'édition bénéficie d'un minimum de connaissances littéraires ( les stagiaires a priori moins que les éditeurs mais rien n'est moins sûr).
Cela dit, compte tenu du nombre impressionnant de manuscrits reçus/lus/aperçus par ces personnes( auxquels s'ajoutent sans doute des lectures personnelles), est-il réellement possible pour elles de se souvenir de chacun d'entre eux?
Je tiens à préciser que je n'ai pas (encore) lu "Les Particules élémentaires" et que je n'ai par conséquent aucun argument à mettre en avant concernant son caractère reconnaissable parmi tant d'autres.

Nicole

C'est hallucinant, tout de même, cette histoire. Hallucinant qu'un roman aussi dense n'ait pas été au moins parcouru, auquel cas un lecteur attentif aurait été intrigué; imaginons que le lecteur ait lu ne serait-ce que les deux premières pages: soit il aurait reconnu le roman (mais les lecteurs stagiaires lisent-ils seulement les romans de Houellebecq), soit il aurait été frappé par le ton du roman, l'originalité du récit. En cas de refus, l'auteur aurait tout de m^me eu une réponse personnalisée, mais je ne peux pas imaginer que le comité de lecture de Gallimard passerait à côté. C'est évident qu'il n'a même pas été feuilleté.
Si j'avais du fric à perdre en encre d'imprimante, je ferais bien le même coup à JM Roberts...Avec un roman édité chez Stock il y a quatre-cinq ans, pour que ce soit encore plus drôle.

Georges F.

"Comment j'ai envoyé "Les Particules élémentaires" à Gallimard... ET QUE le manuscrit a été refusé!"
Ai-je bien lu ? "Comment... ET QUE... ? "
S'il y avait ce genre de pétouille stylistique dans votre lettre d'accompagnement, je comprends que votre envoi ait fait une brève carrière...

Ding-Dong!

Il a la même moustache qu'Edwy Plenel.Mauvais signe...

A.L

et la même surtout que le maréchal Pétain...

wrath

@Maton: "Petite blague à faire circuler dans la presse"
Vu le mépris des journalistes pour les blogueurs en général, et mon blog en particulier, c'est mal barré.

J'ai quand même envoyé le lien à Assouline, qui prétend bêtement que Gallimard évite toujours les canulars:
http://passouline.blog.lemonde.fr/2005/03/02/2005_03_blague_belge/

Cécile

Bon alors si par la poste ça ne marche pas , on envoie un mail? ou on choppe Laclavetine (ou un autre éditeur ) à la sortie de chez Gallimard (ou ailleurs ) et on lui fourre de force notre manuscrit sous le bras, on l'épie pendant des jours et on va dîner ds son restau habituel en réservant une table à côté de lui, on le séduit et on le viole? .. On fait comment alors pour être sûr d'être lu? ... (je n'ai pas dit publier!)

Eric Poindron

C'est un grand Classique (souvenez-vous de Duras et consort), mais c'est toujours grandiose !

Félicitations pour le petit coup de bonheur et vive la société du spectacle !

Eric Poindron

P.S.A qui le tour, maintenant ?

Cécile

euh... "publié"

lakusha

Comment faire pour être sûr d'être lu ?
On se fait recommander par un écrivain reconnu, pardi !

François Martini

Pour être lu, il faut écrire un bon livre.

le koala

Georges a raison, Wrath. On avait rien dit pour être poli, mais c'est vrai que dans ton titre, le "Comment... et que", ça fait un peu -comment dire - Johnny Hallyday, période bleue.
Si au moins tu avais écris "et que même"... !!

Matthyeu R.

Inversement, si l'on envoie un texte original signé "Lévymussogavalda", a-t-on plus de chances de se voir édité ? Ou doit-on VRAIMENT se taper tous les pince-fesses du 6e arrondissement ? (non, je n'ai rien contre le champagne, mais chanter les louanges de tout un chacun... ça lasse)
Sinon, ah que l'article est intéressant (et bien moins "fleur bleue tout est bô dans l'édition" qu'Assouline ne le laisse entendre...)

Lucien Cerise

Excellent travail, Wrath !
Une preuve de plus, et énorme celle-là, qu'il ne sert à rien de travailler le texte quand on veut être publié.
Principe : chez les gros éditeurs (je n'ai pas dit grands) le texte n'est même pas lu s'il n'est pas recommandé.
Conséquence : si vous cherchez à être publiés chez un "gros", travaillez votre carnet d'adresses, voire votre apparence physique si vous en avez les moyens. Le texte est secondaire, et à vrai dire c'est surtout un prétexte pour une opération médiatico-commerciale.

Marco

Well... ça ne prouve pas que les manuscrits sans "recommandation" n'ont absolument aucune chance d'être lus chez les gros éditeurs (il y a quand même des exceptions connues), du coup j'arrive à la conclusion opposée à celle de Lucien: n'ayant pas de relation, il faut ENCORE PLUS travailler son texte _ mais en effet autant le savoir: certains manuscrits (beaucoup? la majorité?) passent directement à la trappe, indépendamment de leurs qualités/faiblesses. Alors oui, joli coup, Wrath! et beaucoup plus probant que ce qui se fait d'habitude (envoyer "Han d'Islande" ou même les "Chants de Maldoror" ne prouvait vraiment rien: décalages temporels, esthétiques etc.) _ Houellebecq, et en plus le plus connu (même le court texte de présentation montre à qui et à quoi on a affaire) était inratable, même pour un "stagiaire"... à condition de le lire. Le plus choquant, encore une fois, n'est pas que certains manuscrits ne soient pas lus (ni même la lettre de présentation), il y en a tant, ce serait si long et fastidieux etc., ce qui est choquant ce sont ces phrases si assurées, définitives et du coup mensongères d'un Laclavetine (sans parler de l'éternel coup du "comité de lecture"). Le pire, c'est que Laclav' d'une certaine manière doit être sincère: il se penche de temps en temps sur un de ces textes orphelins, paternaliste chercheur de perle, et fier de sa générosité il doit se croire autorisé à généraliser: tous les manuscrits sont lus, bien sûr jeunes gens! envoyez-les donc! et "qu'on se le dise", ajoute-t-il joyeusement (et puis continuez à acheter nos bouquins pour cerner l'esprit de la maison, hein, merci les bouseux).
(sinon, Georges et koala, histoire de défendre le style wrathien avec une louche de mauvaise foi: l'enchainement "comment/ et que" dans un titre est typiquement latin, on le retrouve dans des textes d'ancien français ("que" au sens de "le fait que"), il est encore présent chez Montaigne. Voilà: on va dire que parfois Wrath fait un spectaculaire saut au seizième siècle).

Chr. Borhen

Et si Laclavetine (et ses sbires) avait tout simplement plus d'humour que Wrath ?

Frederique M

@ Kaola : Je vous répond une seconde fois puisque le commentaire a disparu : pour les éditeurs qui m'ont publiée vous pouvez allez voir sur mon site (Le rocher, Thierry Magnier, Pleine Page, N&B...).

le koala

"l'enchainement "comment/ et que" dans un titre est typiquement latin, on le retrouve dans des textes d'ancien français "

Marco, tu ergottes. T'ergottes Marco. Ouh le vilain ergotteur. A croire qu'il vient de saisir le Grévise et qu'il est encore tout chaud. Tss Tss.
Si c'est de l'ancien français, alors qu'elle pense à nous coller les double "f" à la place des s, et que tout aille à l'avenant, sacrédié. Wrath n'a qu'à écrire à la façon des poêtes de la Pléiade, la vraie.

Là ca faisait plus "Conan le barbare", en fait d'ancien français. Ou à la rigueur, patois mérovingien. Voire burgonde. Ou alaman. Bref, barbare.

Vu, Frédérique. Belle performance pour Le Rocher, ils n'ont pas l'air si faciles d'accès. Il m'a semblé que vous aviez, si je puis dire, ubon pédigree côté nouvelles. Dommage, je n'aime pas trop écrire des nouvelles pour ma part ... des fragments oui, mais des nouvelles véritablement narratives, j'ai du mal.

Frederique M

Pour Le Rocher, j'ai remporté le prix Prométhée (prix de la nouvelle) et c'est le Rocher qui en est l'éditeur. Et vous avez raison, ils ne sont pas faciles d'accès. Et puis en quatre ans, ils ont joué aux chaises musicales ce qui n'arrange rien.

Marco

Koala historien mais dislexique: Grévisse, plutôt que "Grévise". Ergotons (plutôt que "ergottons"), ergotons, monsieur qui fais celui qui n'apprécie pas la mauvaise foi à la louche. Tch Tch.
(tch tch, c'est comme tss tss, mais à l'époque grecque archaïque)

Marco

Non, bien vu Mehdi, je m'en suis rendu compte trop tard, honte à moi, je vais me pendre.

Emmanuelle

Grevisse, en fait. Sans accent.
(Il est bien, ce forum linguistique)

Voici!

Que c'est chiant, cette fin de conversation! Parlons plutôt de la moustache de jean-Marie...

Frédéric Huet

Je suis allé porter mon premier livre chez Balland, et Guillaume Dustan m'a appelé 15 jours après pour me dire qu'il publiait mon premier livre.
10 plus tard, après avoir été refusé partout, j'ai envoyé un enième livre aux édions Anabet et l'éditeur m'a appelé 8 jours après pour me dire qu'il publiait mon second livre : Ma vie ratée d'Amélie Nothomb (parution fin août).
Il faut savoir cibler les petits éditeurs ou les collections spécialisées ou suivre les flux éditoriaux (changement de directeur de collection ou ouverture d'une nouvelle collection par exemple). Il faut connaître du beau monde pour être publié dans une grande maison ou alors mettre un cierge à l'église ou bien se tuer. Car on peut passer sa vie à ça : envoyer par la poste des trucs sans jamais être édité.
Le moins hypocrite des éditeurs c'est Sabine Wespieser qui disait dans Lire (magazine de littérature industrielle) ne pas avoir publié un seul maunuscrit reçu par la poste en deux ans. Les autres éditeurs (P.O.L notamment) s'empressant d'avouer le contraire puisque c'est toujours bon pour son image : évoquer la possibilité d'une voie démocratique dans l´édition. Certains éditeurs n'hésitant pas à en faire un objet de marketing avec le logo "reçu par la poste" (voir Pierric Bailly avec Polichinelle). Mais pour combien d'auteurs et de manuscrits cela est-il vrai? Ne nous méprenons pas : l'activité principale d'une maison d'édition est de refuser les manuscrits (499 refus pour une seule publication chez Albin Michel). D'ailleurs chez Albin Michel, on est d'abord un numéro avant d'être une personne qui peut aimer son prochain. Oui, il faut consulter l'évolution de son manuscrit sur un site auquel on vous renvoie dans une lettre en retour. Et si votre manuscrit parle de choses pas très consensuelles (qui ne plairont pas à la mémé sur son lit d'hôpital) il y a peu de chance pour que vous soyez accepté. A bon entendeur salut.
Mes amitiés à Paul Otchakovsky-Laurens alias P.O.L.

Zebulon

Ils ont fait le même coup au Québec; envoyer un grand classique de la littérature québécoise, refusé par toutes les maisons d'édition... Mais H. a été refusé par des tas et des tas de maisons d'édition avant d'être publié, il l'a été car il connaissait l'éditeur ami, et qu'il a lourdement insisté, c'était pas gagné du tout. Harry Potter a été refusé par toutes les maisons d'édition pour enfants d'Angleterre. Des tas d'histoires comme cela. Je crois que St Laurent avait envoyé pour s'amuser son dossier dans une école de couture et qu'il a été recalé, alors qu'il était déjà célèbre. Cependant Wrath, continuez ce petit jeu, c'est très amusant. Et cela remet les idées en place. Cela n'empêche pas que des manuscrits soient édités par simple envoi poste même chez Gallimard, par contre cela prouve que lorsqu'il est écrit que le manuscrit a circulé ou qu'il a été lu, ce n'est pas toujours vrai, loin de là.

Sylvie Wolfs

Je trouvais que ce blog s'enlisait dans des marécages bien peu engageants ces derniers temps ; mais là... Bravo.
"Cette lettre-type est adressée, strictement la même pour tous, à chaque individu envoyant un manuscrit à Jean Marie Laclavetine, dans un délai d'environ trois semaines.( ce qui est bien court pour permettre à un manuscrit de circuler dans un comité de lecture !)"
Oui ! J'ai reçu la même lettre; quelques amis à moi aussi, tt le monde la reçoit.
Il demande "de l'originalité" aux auteurs, il ferait bien d'en prendre de la graine. Un peu d'honnêteté ne ferait pas de mal, également...
J'ai punaisé cette lettre "personnalisée" sur le mur de mon bureau, histoire de ne pas oublier... De ne jamais tomber aussi bas dans le mensonge et l'hypocrisie.


Pierre

Désolé de casser l'ambiance et de tordre le cou aux mythes.

J'ai écrit mon premier roman. Je l'ai envoyé chez 14 éditeurs.
Résultat des courses :
- 7 réponses négatives, certaines manuscrites d'autres non, certaines avec un encouragement d'autres sans. (La lettre de réponse Gallimard est identique à la vôtre !)
- 4 non réponse
- 3 approches favorables dont 1 qui m'a signé : je publie en janvier prochain chez Grasset.

Je précise que je ne connais personne dans l'édition, mais alors personne. Que je ne suis pas journaliste, pas professeur,pas critique littéraire, je n'ai pas fait Normale Sup. J'habite dans un village du Haut-Var. Je me suis isolé pour écrire, retiré des contingences. Je travaille, je lis, j'écris, j'écris, j'écris.

Tous les manuscrits ds les gdes maisons sont lus. Ils sont distribués à des lecteurs plus ou moins professionnels qui remontent des compte-rendus de lecture. Ensuite, il est relu par un 2e lecteur ou directement par un comité, ça varie... Bon il faut de la chance, c'est clair. Mais quand on est repéré par 3 maisons, j'imagine que ce n'est pas dû qu'au hasard.

Après je suis peut-être le contre-exemple.

Bon courage pour ceux qui cherche à être publié. J'espère vous avoir redonné confiance.

reboul

"Comment j'ai... et que". C'est beau comme du Johnny...
Quant à la "lettre de présentation", elle vaut "son pesant d'or", effectivement...

Claude Clément

Bonjour à tous,
Je m'étonne toujours de ces polémiques autour du monde de l'édition, qui ne refuse pas plus de candidatures de manuscrits que le monde de l'entreprise ne refuse de candidatures à des postes variés.
Personnellement, j'ai écrit - et publié - une majorité de livres pour enfants et adolescents. Cela peut sembler "facile" et ça ne l'est pourtant pas. Mon parcours d'auteur a été simple mais a requis une certaine persévérance. J'ai écrit, pour commencer, deux romans pour adultes qui, avec le recul du temps, me paraissent aujourd'hui fort maladroits. Cependant, j'ai déniché, dans quelques lettres de refus, - celles qui n'étaient pas stéréotypées - des critiques constructives et certains commentaires encourageants, auxquels je me suis accrochée, afin de poursuivre mon cheminement d'auteur. J'ai TOUJOURS envoyé mes manuscrits par la poste et je les envoie encore ainsi aux maisons d'édition avec lesquelles je travaille - où mes textes doivent, de plus en plus souvent, convaincre de leur valeur de nouvelles directrices de collections - et à celles où je ne connais PERSONNE. Un jour, peu après mes débuts, j'ai reçu une réponse positive pour un recueil de contes. Écrire "pour les enfants" est un acte à la fois empli de contraintes éditoriales et de liberté créatrice. Confortée dans mon désir d'écrire et de publier afin de partager les fruits de mon imaginaire, je n'ai cessé de travailler, en tenant compte de ce regard extérieur et professionnel qui est le propre des "bons" éditeurs. J'ai BEAUCOUP appris au fil de leurs remarques. Ils ne m'ont pas brimée, ni asservie mais ont été des miroirs pour identifier mes défauts, certains penchants à la facilité ou aux effets. Comme le disait quelqu'un ici, je me suis parfois isolée, - au détriment de la vie sociale -, j'ai travaillé, raturé, trié, déchiré, recommencé et surtout épuré... J'ai gâché du papier, de l'encre, des rubans de machine, des feuillets de carbone, des disquettes, des cartouches d'imprimante, des générations d'ordinateurs et je gâcherai encore sans doute bien d'autres outils. Je suis passée par des périodes de latence, mais jamais de découragement. Écrire était une nécessité vitale. Et j'écrivais. J'écris encore et je crois que j'écrirai toujours.
Il y a, dans l'écriture, quelque chose d'artisanal. On pétrit la pâte de la langue, comme un potier la glaise. On lui donne forme. Une forme de plus en plus personnelle, identifiable. On se nourrit pourtant aussi de la langue des autres, - de ceux que l'on admire ou dont on se sent proche - en la faisant sienne, par la lecture, le cinéma, la photographie, la peinture... Puis, on laisse décanter ou mûrir. On abandonne parfois, un temps, le texte dans un tiroir. On prend de la distance. On attend. On espère. On absorbe la vie, le monde, les gens, les paysages, les lumières,les parfums, les couleurs, tous sens déployés. On s'immisce dans le bonheur ou le malheur de ceux que l'on côtoie. On devient "eux". Et ils deviennent à leur tour une facette de nos héros. On vit avec eux. On aime, on rit, on souffre avec eux. Puis, on se remet à l'oeuvre. Au bout du compte, on n'en sort pas indemne. Le but n'étant pas d'en revenir identique mais transformé, d'avoir atteint, en soi, cette part d'authenticité, sans doute universelle, qui nous relie aux autres, à ceux qui nous lisent et nous disent, parfois, que notre livre les a touchés, ou bouleversés, ou fait sourire, ou apaisés, qu'il les a aidé à grandir.
Publier, c'est tout cela. Ce n'est pas seulement être "reconnu" par un éditeur, des critiques, un public, même si cette reconnaissance est aussi un moteur permettant d'aller vers de nouvelles émotions. C'est une escale après un long voyage aux épisodes joyeux ou pénibles mais en fin de compte heureux. C'est un partage.
Pour en revenir à l'éditeur : il est notre premier lecteur. Chevronné par des centaines de lectures, il sait au bout de quelques pages si un texte mérite, au moins une réponse circonstanciée, au moins d'être retravaillé, sinon publié. Rares sont les manuscrits édités tels quels. Ce regard, cette distance, on ne l'acquiert pas par l'autocritique. Comme un coureur cycliste, on a le nez dans le guidon au sommet d'une côte que l'on pense avoir grimpée et qui requiert encore souvent quelques efforts supplémentaires. Cette comparaison n'est pas si décalée qu'il le semble. j'ai parlé un jour avec un ancien grand champion et nous utilisions le même langage. Nous évoquions la même notion de dépassement de soi. Et, dans le flot des ouvrages " à la mode", qui feront du "chiffre", je ne connais pas d'éditeur qui ne s'en veuille d'avoir laissé passer un manuscrit recelant cette démarche. L'erreur est humaine, même chez les éditeurs, qui savent d'ailleurs reconnaître les leurs.
J'ai publié à ce jour de nombreux ouvrages. Mais, chaque fois que je me remets à écrire, je ne sais pas si ce que je fais atteindra ou non les lecteurs. C'est une remise en cause permanente. Et c'est peut-être cela qui m'anime: dépasser ce doute. Écrire comme si ma vie en dépendait. Avoir, certes, l'assurance d'avoir laissé quelques petite traces sur le chemin, - qui auront distrait, amusé ou ému les autres - mais surtout fouler d'autres terres, prendre de nouveaux risques, demeurer une éternelle débutante.
J'espère ne pas vous avoir irrités, car ce message n'a rien de narcissique et je ne fais pas l'apologie du milieu éditorial. Certaines maisons sont plus difficiles d'accès que d'autres. Monsieur Laclavetine a refusé l'un de mes romans, très courtoisement d'ailleurs, en me laissant la porte ouverte pour que je lui en adresse un deuxième, plus en adéquation avec ses critères. Ce roman a trouvé un autre éditeur et il en aurait trouvé un troisième si je n'avais déjà signé avec le second. L'ouvrage m'avait demandé plusieurs années de recherches et de travail, avant d'être presque abouti et de nécessiter encore quelques retouches. Il poursuit, lui aussi, son chemin.
À chacun de chercher le sien, avec l'opiniâtreté et l'humilité nécessaires. À chacun de s'y trouver soi-même. C'est ce que je souhaite à ceux qui espèrent, au-delà du son des trompettes de la renommée, dénicher- comme le disait l'un de mes écrivains préférés - la "perle" qui s'épanouit au fond de nous.
Merci de m'avoir lue.

AK

Ils ont effectuéla même démarche au Québec, avec le même résultat, envoyer des chefs d'oeuvre de la littérature et se faire rabrouer. Il faudrait créer une sorte de règlement interne des éditions, qui interdirait de certifier avoir lu un manuscrit qui ne l'a pas été. Et qu'en échange les maisons d'édition aient le droit de ne lire qu'un manuscrit sur dix par exemple, dans les envois postaux sans recommandation. Wrath si vous enlevez les compliments sur vos textes, vous ne serez jamais publiée.

A mon avis, ils ont lu Les particules chez Gallimard et ne l'ont pas reconnu, car pressés et pas dans la ligne éditoriale, pas grand chose de trash par là bas...

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