Ma méfiance vis-à-vis des petites maisons d'édition date de mon expérience avec Gilles Cohen-Solal, des éditions Héloïse d'Ormesson. A l'époque, j'avais trouvé ça ahurissant de constater que Cohen-Solal pouvait me proposer une publication sans même avoir lu mon roman.
Depuis, je me méfie du discours "les grands sont méchants, mais les petits font bien leur travail". Pour moi, les petits éditeurs se classent en deux catégories: 1) les véreux de Saint-Germain, dont les valeurs sont aussi puantes que celles de leurs confrères chez Grasset ou Fayard. Des exemples? Eho, bien sûr, Léo Scheer, etc... 2) les "voués à l'échec", terrés dans leur coin de province, sans réseau de distribution, sans aucune chance de faire parler d'eux.
Un exemple de ces petites maisons inconnues? Les éditions Presque Lune, dirigées par Yann Sollier. Je lui ai posé trois questions:
1. comment sélectionnez-vous les manuscrits que vous publiez?
"Sur la pertinence, la profondeur et la singularité."
2. qui est votre distributeur (si vous en avez un)?
"Pour l'instant, nous n'avons pas encore de distributeur, nous fonctionnons principalement avec le réseau indépendant à part la fnac et Decitre."
3. que répondez-vous à un auteur mécontent dont le manuscrit s'est vendu à moins de 200 exemplaires?
"Qu'il continue à travailler, à écrire. D'autres ( comme par exemple Boris Vian ) ont vécu la même chose. Qu'un catalogue se construit dans le temps et que les ventes peuvent se réveiller au détour de l'actualité et d'une communication adaptée. A Presque lune par exemple nous éditons des livres dont le sujet contient certaines résonances avec l'actualité, des livres qui nous permettent d'établir des passerelles vers d'autres domaines comme le documentaire, le cinéma ou la musique. Enfin, si l'auteur n'est toujours pas content, je lui conseillerais de manger son livre. Chez nous les auteurs sont des êtres humains comme les autres, pas besoin de les mettre sur un piédestal pour les respecter. Nous avons surtout besoin de les regarder dans les yeux. Et qu'ils nous regardent aussi dans les yeux..."
Qu'il mange son livre? Bizarre. Mais l’essentiel n’est pas là.
L’essentiel, c’est qu’à l’heure des blogs et de la publication à la demande, les petites maisons sans distributeur n’ont plus leur place. Qui va vraiment prendre la peine d’imprimer un bon de commande, de l’envoyer à la maison d’édition avec un chèque, puis d’attendre quinze jours avant de recevoir le livre? Qu’est-ce qu’un auteur a à gagner de ce système archaïque? Que la production de Presque Lune soit, ou non, de qualité ne change rien à l’affaire. Sans distributeur, un petit éditeur est voué à l’échec…
[Profitez de ce post pour découvrir ma rubrique "Ecrivains/ Editeurs en marge", quelque peu délaissée ces derniers temps].

analyse juste et pertinente ! les petits éditeurs sont pires, alors que reste-t-il ?
Rédigé par : A.L | 18 septembre 2009 à 07:53
Ah, ben il va être content de lire ça, Yann Sollier ...
2 observations rapides.
1°, pour les "petits éditeurs germanopratins puants", tu nous cite toujours les deux mêmes. Bon, on les connaît - sans compter la "publicité" récente pour EHO. Il serait plus constructif désormais d'en identifier d'autres, que tu aurais également quelques raisons de détester (fondées si possible).
2°, Il y aurait du tri à faire dans les petites maisons, non pas seulement à raison de leurs performances en termes de distribution ou de leur "intégrité", mais de leur statut. il faut me semble-t-il mettre les éditeurs associatifs à part. L'un d'entre eux, dont j'ai oublié le nom, a témoigné récement sur un de tes posts; mais étrangement il n'avait pas signalé d'emblée qu'il était organisé en association. Ca change peut-être un peu les choses.
Rédigé par : le koala | 18 septembre 2009 à 09:42
N'importe quoi EHo et Scheer cités en Petites maisons !!
Les petites structures tu en trouveras plein sur le net je ne comprends pas cet exercice de comparaison !
Quant à la diffusion il est évident que c'est le maillon faible des petits, hors justement EHO et Scheer n'ont pas ce souci.
Bref un article incongru, encore une fois...
Rédigé par : Nawak | 18 septembre 2009 à 10:00
Un "petit" éditeur, c'est un éditeur dont les publications sont généralement ignorées par les critiques des grands médias, et dont la présence dans les grandes librairies n'est pas garantie.
Héloïse d'Ormesson et Leo Scheer ne sont pas de "petites maisons" : elles obtiennent régulièrement des retombées médias sur leurs parutions, et leurs livres sont presque toujours bien mis en avant dans les Fnac, Virgin, ou Furet du Nord.
Cela dit, Wrath a raison : le gros problème des vraies petites maisons, c'est la distribution.
Je recommande cependant aux candidats à la publication de ne pas les éliminer pour autant : cette première publication PEUT SERVIR DE TREMPLIN:
> Les livres publiés chez elles peuvent tomber entre les mains d'auteurs ou de prescripteurs influents.
> Un premier livre publié chez les petits permet parfois d'être invité dans de bons petits salons où l'auteur pourra commencer à trouver des lecteurs, à nouer des amitiés qui s'avèreront utiles (Hou, hou, copinage, réseaux, passe-droit, chapelles, mafia, etc.)
> On voit aussi, parfois, ces livres obtenir de petits prix littéraires qui donneront plus de notoriété, plus de crédibilité, à l'auteur.
> Enfin, cette première publication redonne parfois le moral aux candidats malheureux, elle leur permet de repartir à l'assaut de la "citadelle germano-pratine" avec un peu plus de conviction (je précise au passage que cette citadelle est bien plus perméable qu'on ne le dit sur le blog de Wrath : la citadelle tient plus de l'auberge qui, chaque mois, accueille de nouveaux clients. Je viens encore d'en faire l'expérience)
Des exemples ? Je pense à D'Un Noir Si Bleu (parfois présent à la Fnac), à Quadrature, dont l'animateur a récemment posté sur ce blog pour témoigner qu'il publiait régulièrement des manuscrits arrivés chez lui par la poste. C'est une excellente petite maison - et je ne vois pas en quoi son statut juridique d'association est un défaut : elle a lancé quelques bons auteurs. Emmanuelle Urien, par exemple, a été publiée chez eux avant de voir son recueil suivant publié chez Gallimard (elle l'avait, là encore, envoyé par la poste, décidément !). Françoise Guérin a été publiée chez eux avant d'être publiée au Masque. Il y en a d'autres, chez Quadrature, chez d'autres "petits", je n'ai pas les noms en tête. Mais d'autres visiteurs pourront compléter la liste.
Rédigé par : Georges F. | 18 septembre 2009 à 11:21
Bon voilà, tout d'accord avec Georges: bien sûr que les "petites" maisons d'édition sont vitales pour toutes les raisons évoquées. Les gens pas convaincus, prenez au hasard 30 écrivains un minimum reconnus pour leur écriture (en écartant, donc, les people, les copains journalistes, les confrères éditeurs etc.), et vous verrez que la grande majorité a commencé dans une "petite" maison. Pour ceux qui trouvent révoltante cette idée d'une possible "ascension" lente, je rejoins la formule de Yann Sollier qui traduit avec humour son agacement devant l'appétit impatient de grosses ventes: "si l'auteur n'est toujours pas content, je lui conseillerais de manger son livre".
Rédigé par : Marco | 18 septembre 2009 à 11:39
"C'est une excellente petite maison - et je ne vois pas en quoi son statut juridique d'association est un défaut : "
Je n'ai jamais suggéré ça Georges ! Mais ca fait une différence dans la mesure où les associations ne poursuivent pas de but lucratif: élément qui n'est pas sans rapport avec la politique éditoriale, je crois ... C'est peut-etre justement pour ça que certains petits éditeurs sont redoutablement "efficaces" en termes de détection de talents.
Rédigé par : le koala | 18 septembre 2009 à 12:31
Si ça peut rassurer Wrath, un éditeur, c'est comme un auteur. S'il n'a pas de piston ou de "bonnes relations" (du genre il a bossé 15 ans dans une grande boîte d'édition avec de créer la sienne), il ne trouvera pas de diffuseur-distributeur. Cela dit, il peut choisir de pleurer et se lamenter sur son sort (je suis un wannabe éditeur et c'est tous des cons) ou alors bien bosser et il y arrivera, même si cela prend un peu (ou beaucoup) de temps. J'aime bien ce blog, mais son côté grincheux - loin des idéaux anglo-saxons de sa patronne - est un peu saoulant à la fin. Quant aux critiques littéraires, honnêtement, à moins de faire dix couvertures dans la semaine comme Ndiaye, ils ne changeront pas grand chose à l'affaire. L'article de la Lettrine sur Scali est intéressant à ce sujet.
Rédigé par : Francois | 18 septembre 2009 à 13:23
Scheer et EHO ne sont pas de petits éditeurs : ils ont accès qux grands médias. Les petits éditeurs (comme mon Glyphe, ou Finnitude) n'ont pas accès aux médias. Il y a aussi des micro-éditeurs, encore plus petits, et très discrets. Scheer et EHO dont des éditeurs moyens.
Autre détail : si EHO est bien germanopratine, Scheer est domicilié dans le 8e.
Rédigé par : www.facebook.com/profile.php?id=540768691 | 18 septembre 2009 à 13:33
Tout dépend, une fois de plus, du but de la manoeuvre. Si le seul objectif est de vendre pour se faire un max de thune et voir sa tronche à la télé, évidemment, les petits sont à proscrire (pour les raisons de diffusion précédemment citées). Si par contre le fait d'écrire est une passion, un besoin, un kiff grave que sais-je encore, les petits sont précisément là pour ça. Donner du plaisir à un lectorat exigeant (si on trouve un petit c'est qu'on cherche autre chose qu'une tête de gondole à frisettes, un truc rabaché partout et pour tout le pmonde, un ouvrage fait par des passionnés pour des passionnés, en toute connaissance de cause c'est à dire pour la seule beauté du geste). Des petits talentueux il y en a des tonnes (effectivement) mais leur manque de moyens en fait justement des éditeurs exigeants (sur le fond, la forme, la qualité, l'univers etc.). Avec une vision claire (s'ils veulent survivre, c'est indispensable). Quand ils réussissent, c'est grace à un lectorat fidèle qui sait trouver chez eux ce qu'il ne trouve pas ailleurs. Dans les supermarché de la culture où les courbes de ventes dictent les goûts littéraires. Je m'étonne qu'une fille aussi intransigeante sur la qualité que toi délaisse ce pan-là du monde si terrible de l'édition. Sans doute parce qu'il est aux mains d'inconnus qui le resteront. Et ne s'en portent pas plus mal ainsi... Mieux vaut vendre peu et bien (j'entends à des gens qui sauront apprécier) que beaucoup et mal (j'entends, à des consommateurs dont la seule ambition est de paraître).
Enfin, moi, je dis ça, je dis rien.
Rédigé par : En passant pas tout à fait par hasard | 18 septembre 2009 à 13:35
Encore une fois, ne confondons pas distributeur et diffuseur. Le distributeur c'est un entrepôt où sont stockés les livres qui seront dispatchés à la demande. L'élément vitale c'est le diffuseur qui est un VRP qui négocie combien de livres chaque libraire va prendre. Autant le distributeur n'est qu'une question d'argent, autant le diffuseur ne vous prendra que si vous avez déjà une valeur marchande... c'est le verrou principal pour un petit éditeur.
Rédigé par : becdanlo | 18 septembre 2009 à 14:03
En effet, Wrath confond distributeur et diffuseur. Depuis le temps qu'elle s'intéresse à l'édition, c'est coupable.
Rédigé par : www.facebook.com/profile.php?id=540768691 | 18 septembre 2009 à 16:46
et ben, il y en a des gens qui en savent sur l'économie du livre.
Savoir qu'au bout de la chaine, les livres se marchandent comme de la lessive change quoi pour un auteur en quète d'édition?
Rien.
Les petites maisons d'éditions ne sont pas à négliger et constituent surement un tremplin.
Ceci dit: recevoir une lettre de refus d'un grand éditeur est souvent moins traumatisant qu'en recevoir une d'un petit!
Rédigé par : coucou | 18 septembre 2009 à 18:01
@coucou a écrit; "Savoir qu'au bout de la chaine, les livres se marchandent comme de la lessive change quoi pour un auteur en quète d'édition?"
Petit ou grand éditeur, il y a cession de droits... c'est important de savoir à qui on cède ses droits... les céder à un petit éditeur qui n'a aucune pouvoir de diffuser votre livre ce n'est pas intéressant... pas du tout même... il vaut mieux rester en autoédition.
Rédigé par : becdanlo | 18 septembre 2009 à 19:01
Trés important la cession des droits en effet, impératif de le rappeler - bravo messieurs.
Rédigé par : novi | 18 septembre 2009 à 19:51
Je trouve que ça pourrait servir à ça, ce blog. Aller voir du côté des petits éditeurs, ceux qui sont bien distribués (il y en a), pour aider ceux qui cherchent à faire publier leur manuscrit et ont reçu des claques cinglantes de tous les gros. Par exemple, ma voisine, don j'avais parlé ici il y a quelques temps, je disais qu'elle allait être publiée en ayant envoyé son manuscrit par la poste, et en fait non (elle avait un quasi accord de Florent Massot, et au dernier moment ils l'ont envoyée paître) : hier, au parc avec les marmots, elle me demandait si j'avais des noms de petites maisons bien distribuées (elle l'a envoyé à 30 éditeurs, et a reçu 30 réponses négatives). Et à mon grand désespoir, non, je n'avais aucun nom à lui donner. J'ai des noms de petites maisons mal distribuées (ça ne sert pas à grand-chose), des noms de grosses ou moyennes maisons (elle a déjà essayé), mais des petites maisons bien distribuées (qui font par exemple partie d'un gros groupe), non. Ça, ce serait utile, Wrath. Pas juste de la hargne dans le vide. Quelque chose qui serve aux gens qui lisent ce blog.
Rédigé par : Ph.J. | 18 septembre 2009 à 20:34
Au fait, c'est un bon exemple. Ma voisine connaît très bien un type (moi) qui publie chez Grasset et qui selon Wrath est un pilier de St Germain (tu parles), et pourtant ça ne lui sert à rien. Comme quoi, hein...
Rédigé par : Ph.J. | 18 septembre 2009 à 20:36
@PhJ: combien d'articles dans la "grande presse" a reçu votre dernier chef d'oeuvre? 10? 20? quand on sait qu'un roman chez un petit éditeur a toutes les chances de ne recevoir aucun article, on a la décence de se taire.
Rédigé par : wrath | 18 septembre 2009 à 23:08
Il ne parlait pas de sa couverture presse, mais de son incapacité à pistonner quelqu'un.
Rédigé par : le koala | 18 septembre 2009 à 23:26
Oui Wrath mais si vous avez 10 ou 20 articles dans la presse mais que vous ne vendez pas bien votre livre c'est-à-dire qu'on vous lit peu ? Ca va si vous souhaitez refaire la tapisserie du salon genre egotrip avec des photocopies des articles parus sur vous, sinon, je crois que c'est franchement blessant (non, je ne suis pas vraiment un génie de la littérature pourtant qu'est-ce que je la bosse la phrase).
Rédigé par : antibella | 18 septembre 2009 à 23:29
Pour revenir à la question de départ : « A quoi servent les petits éditeurs ? », c'est simple : ils servent aux petits éditeurs à exercer une activité agréable, parfois à en vivre, sans se faire chier au métro-boulot-dodo et c'est déjà bien.
Rédigé par : www.facebook.com/profile.php?id=540768691 | 19 septembre 2009 à 00:19
François n'a pas tort : exos de charges sociales, subventions - cool la petite entreprise en Sarkozie...
Rédigé par : novi | 19 septembre 2009 à 18:24
Je m'étais juré de ne plus témoigner sur ce blog qui rassemble, me semble-t-il pas mal d'aigris qui auraient bien aimé être reçus dans les cénacles qu'ils dénoncent et qui, faute de mieux, déclarent que "les raisons sont trop verts et bons pour des goujats"
Je vais être très clair : auto-éditez vous si vous en avez envie, c'est votre droit le plus strict. Sachez aussi qu'il est des gens qui décident de jouer le jeu de l'édition (associative ou non)et qui s'en trouvent bien : ils ne doivent pas débourser d'argent et, s'ils se démènent un peu, ils peuvent en gagner tout en ayant la joie d'avoir un livre édité correctement. Les sommes qu'ils recevront en étant publié par un petit éditeur ne seront pas énormes, c'est vrai, mais ils n'auront pris aucun risque financier. J'ajoute que tout éditeur sérieux possède son réseau de distribution et que ce réseau, aussi minime soit-il, permettra à l'auteur édité d'atteindre bien plus facilement son public que s'il avait édité son livre tout seul dans son coin. (Internet permet de vendre partout, et les diffuseurs ne sont plus indispensables). Évidemment, avant ça, il faut que l'auteur soit accepté par le comité de lecture de la maison d'édition. Il faut donc que son manuscrit soit jugé intéressant et émerge des piles de manuscrits reçus par les éditeurs... Peu de manuscrits passent au travers de ce filtre et certains refusés, plutôt que de se poser des questions sur la qualité de leurs œuvres préfèrent alors mettre en cause un système qui les refuse...
Là-dessus, je m'en retourne à mon boulot passionnant d'éditeur (bénévole)perdu dans mon coin de province (même pas française, horreur suprême)... et qui vend des livres dans la France entière, n'en déplaise à certains.
Rédigé par : Patrick Dupuis | 19 septembre 2009 à 19:44
Je ne vois vraiment pas le rapport avec la presse, Wrath. Plus je vous lis, plus je me dis que la frustration a fini par vous taper sur le système. Je parle de petits éditeurs parce que je connais pas mal de gens qui essaient de se faire publier, et vous me dites que j'ai eu des papiers dans la presse ??
Rédigé par : Ph.J. | 19 septembre 2009 à 20:08
Petit éditeur bien distribué :
http://www.editionsladragonne.com/f/index.php?sp=page&c=1
Si ça aide quelqu'un.
Rédigé par : Melly | 19 septembre 2009 à 20:41
Moi j'ai des noms de petits super mal distribués, ça intéresse aussi ??
Rédigé par : En rapssant, cette fois par hasard | 19 septembre 2009 à 21:30
Encore une précision : un petit éditeur peut très bien avoir des articles dans la presse. pas forcément la "grande", la parisienne, mais la régionale, voire la spécialisée. N'oublions pas non plus tous les blogs...
Un bon papier dans une édition régionale ou sur un blog est bien plus "porteur" qu'un articulet dans "Le Monde"
Rédigé par : Patrick Dupuis | 19 septembre 2009 à 21:45
Votre commentaire à l'interview de Presque lune m'a surpris sur l'utilité de la petite édition. Si vous aviez assisté à la conférence à la bibliothèque départementale de Marseille des petites maisons indépendantes et provinciales pour beaucoup d'entre elles, vous vous seriez aperçu que sans elles, tout un pan de notre culture serait sacrifiée. Qu'elles rééditent des auteurs oubliés ou découvrent justement des auteurs que les grandes maisons ne daignent même pas lire et vous en savez quelque chose, vous changeriez certainement d'avis. La plupart d'entre elles sont diffusées et distribuées ou parfois même comme à Manosque s'associent entre elles pour s'autodiffuser et s'autodistribuer. Elles éditent de 200 à 10000 exemplaires pour certaines œuvres qui ont bien marché. Le dilettante avant d'avoir découvert Anna Gavalda était une petite maison d'édition.
La plupart du temps ce sont des passionnés qui prennent un soin immense à la fabrication de leurs ouvrages et font office de découvreur, travail que ne font pratiquement plus les grosses maisons d'édition. De plus on a vraiment le sentiment de rencontrer des êtres humains ! Alors pourquoi ai-je dit aux auteurs toujours insatiables de reconnaissance et taraudés par leur égo qui les rendent aigris, de manger leur livre, tout simplement parce qu'il existe un monde off fragile qui se bat tous les jours par passion et qui a plus besoin qu'on le soutienne que l'inverse ! Bien-sûr qu'il existe aussi de mauvais livres dans la petit édition, mais en proportion elle n'a vraiment pas à rougir. Je crois qu'il est important de protéger justement ce vivier de petites maison d'édition si l'on ne veut pas tomber dans la production commercial.
Quant à internet, les études montrent que le commerce du livre reste très restreint, le livre se vend surtout en librairie. Et tant mieux ! Les petites maisons d'édition contribuent du coup à la préservation de la librairie indépendante et vice versa dans un équilibre sans cesse déstabilisé par les mastodontes de l'édition.
Rédigé par : Yann Sollier | 20 septembre 2009 à 12:02
Blabla....parlons en des petits éditeurs !
Lorsque j'ai débuté, j'ai bien pensé à eux, eu quelques réponses de maisons pas bien fameuses - savez les bandeaux rouges et le catalogue pourrave de polar bidons- mais faut bien avouer qu'entre les délais de parutions et les contrats proposés. L'autoédition numérisée est passée par là, et c'est chez eux que j'ai signé.
Une bonne centaine de buzz sur la toile et deux livres après, je m'interroge toujours sur l'impressionnante vanité des petits éditeurs, trous du cul bobos roulant en Twingo pour la plupart, inscrits en rouge chez leurs banquiers et parfois en redressement judiciaire...mais qui nantis d'une suffisance commerciale incroyable, se contentent d'attendre dans la posture du patron derriére son burlingue qu'on veuille bien leur adresser nos mansucrits ,et par la poste SVP, et sans fautes, hein !
Alors cela me met en colére, parce que je suis aussi entrepreneur dans un domaine économique autrement plus dynamique et performant que celui de cette bande de limaces, et je me dis que moi ,si je me contentais d'attendre qu'on veuille bien m'envoyer des propositions, mon CA ressemblerait sans doute aux leurs.
Si j'étais éditeur, peux vous garantir que je pratiquerais une veille intensive sur le net, à l'affut du super synopsis, et surtout que je serais le premier à prendre mon teléphone pour contacter des auteurs.
Parce qu'en vérité je vous le dis, un auteur qui fonctionne bien en autoédition n'a plus aucune raison d'envoyer un manuscrit à un éditeur.
Rédigé par : novi | 20 septembre 2009 à 12:50
novi a écrit: "Parce qu'en vérité je vous le dis, un auteur qui fonctionne bien en autoédition n'a plus aucune raison d'envoyer un manuscrit à un éditeur"
Je le crois aussi, et pour une bonne raison: l'auteur autoédité se bagarre pour son livre... alors qu'une fois édité, il estime que c'est l'éditeur qui doit faire tout le boulot... alors qu'un petit éditeur n'a pas les moyens de faire une bonne promo pour chacun des livres qu'il édite...
Rédigé par : becdanlo | 20 septembre 2009 à 13:29
@ Novi :"l'impressionnante vanité des petits éditeurs, (...) qui nantis d'une suffisance commerciale incroyable, se contentent d'attendre dans la posture du patron derriére son burlingue qu'on veuille bien leur adresser nos mansucrits, et par la poste SVP, et sans fautes, hein !"
L'incroyable vanité des petits auteurs prétentieux dont personne n'a jamais entendu parler, qui en sont réduits à s'auto-éditer, et qui viennent cracher sur des éditeurs qui font leur boulot... Parce que les éditeurs, grands ou petits, ont autre chose à faire que de courir après le futur chef-d'oeuvre de môssieur Novi et de ses comparses. Ils reçoivent les manuscrits qu'on leur adresse, ils lisent deux pages, ou dix, ou la totalité, ils font leur choix. Quant aux fautes d'orthographe, qui dénotent un manque de maîtrise de la langue, elles sont à éviter, ça me paraît évident qu'il faut les corriger avant d'envoyer son futur best-seller.
"Si j'étais éditeur, peux vous garantir que je pratiquerais une veille intensive sur le net, à l'affut du super synopsis, et surtout que je serais le premier à prendre mon teléphone pour contacter des auteurs." Avec des "si", c'est facile de se faire mousser. Faites-le donc : improvisez-vous éditeur, parcourez la Toile à l'affût du "super synopsis" ... Entre parenthèses, un roman ne se réduit pas à un synopsis, c'est le style qui fait l'auteur. Mais je suppose que la littérature vous importe peu, c'est le business qui vous attire ?
Rédigé par : Schlabaya | 20 septembre 2009 à 13:57
J'ose espérer que les assertions du dénommé Novi seront sanctionnées par le modérateur de ce blog...
Libre à chacun d'écrire ce qu'il veut, encore faut-il la manière.
Merci à Schlabaya pour sa ferme réponse.
Rédigé par : Patrick Dupuis | 20 septembre 2009 à 15:29
De rien, Patrick, je me demande ce que je suis encore venue faire sur ce blog... À plus tard !
Rédigé par : Schlabaya | 20 septembre 2009 à 15:59
Je ne connais pas encore de ""petit éditeur""ayant réussi l'exploit de trois pages de chroniques sur Google, donc quant à la qualité de ma prose.CQFD.
- D'ailleurs,je me demande ? Comment font-ils pour vendre leurs livres, eux qui ne bougent pas plus leurs culs pour renouveller leurs ouvrages, que pour promotionner un tant soit peu les malheureux auteurs leur ayant fait confiance.
N'en déplaise, on écrit pour étre lu et je trouve fort cocasse que l'on me cite un argument dont habituellement les défenseurs de l'édition classique (has been)se servent pour dénigrer l'autoédition.
SI ! Disons le ! là où l'édition, petite et grosse, est trés bonne, ce n'est point pour promotioner des livres, mais pour organiser le silence autour des ouvrages qu'elle n'avait pas vu à temps.
Si je m'excuse, au lieu de vanité,j'aurais dû parler de ridicule à l'égard de ces gens ( ce qui explique leur survie, le ridicule ne tuant pas encore ).
Patrick Dupuis ou Dupont La Joie, lorsqu'on dénonce tel un vil collaborateur de Vichy, un message libertaire...Je vous offre le calice, mais vous allez devoir le boire tout seul.
Rédigé par : novi | 20 septembre 2009 à 16:30
L'ignorance provoque très souvent de la haine attisée par l'amalgame de toute une catégorie de personnes. Et je crois que dans ce cas il est impossible d'échanger, de discuter avec ce genre de personnes. Imaginez si les petits éditeurs étaient noirs...
Rédigé par : Yann Sollier | 20 septembre 2009 à 17:09