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Revues littéraires

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27 septembre 2009

Commentaires

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brague

A l'appui de son "constat", présenté comme une évidence irréfutable, Miss Wrath donne deux exemples, ou plus précisément, si l'on suit les méandres de ce qui lui tient lieu de pensée, de deux cas, elle prétend inférer une règle. Passons.
Penchons-nous maintenant sur la valeur de ces exemples. Le 1er, celui d'une certaine Isabelle Candou, inconnue au bataillon, le second, celui de Nicolas Fargues, qui dit simplement qu'il "lit très peu" ("cinq ou six livres par an", littérature française ou pas — remarquons d'ailleurs que les seuls exemples de ce qu'il aime sont 1) Echenoz, 2) N'Diaye qui doivent être des écrivains colombiens si je comprends bien le raisonnement wrathien).
Résumons et reformulons l'axiome jaillantesque :
Si Isabelle Candou (c'est son 1/4 d'heure de gloire) ne lit pas de littérature française, c'est donc bien qu'en France on ne publie que des "bouses". CQFD.

PhJ

Bon, cela dit, je me mets aussi dans l'axiome : je n'ai lu qu'un livre de la rentrée, ce qui doit peut-être porter mon total sur deux ans à deux livres français.
A part ça, je vais peut-être pour une fois servir à quelque chose ici (et ce n'est même pas sûr, vous êtes peut-être déjà au courant ou bien ça ne vous intéresse pas) : le prix Bartleby couronne un roman "inachevé". Ça ne rapporte rien de vraiment concret, si ce n'est de l'attention sur son travail, ce qui n'est pas rien. Il faut rendre les textes avant le 30 septembre (oui, c'est bientôt). Et il est assez facile de contourner le truc en n'envoyant que le premier chapitre ou les cent premières pages du manuscrit achevé que vous avez sous la main. Donc voilà, si ça en intéresse certains, ça se passe là :
http://www.prixbartleby.com

www.facebook.com/profile.php?id=540768691

Il y a pourtant de bons livres français, suffit de les chercher.

PhJ

Je cherche, je cherche. En même temps, ça n'a rien de particulier à la France. La production contemporaine allemande, espagnole, américaine ou russe n'est pas plus riche (proportionnellement, je veux dire). Et c'est tout à fait normal. S'il y a deux livres formidables par an et par pays, c'est déjà beaucoup (en tenant compte de la population, disons deux en France et dix aux Etats-Unis – c'est pas rien). Le truc, c'est que plus jeune, j'ai surtout lu le passé de la littérature française, donc maintenant je lis le plutôt le passé de la littérature américaine ou autre, et presque plus de livres français. Il me semble qu'il n'y a rien de bizarre là-dedans.

Nicole

Cet extrait du roman de Chepdeville résume bien la situation:-D… http://www.ledilettante.com/fiche-livre.asp?Clef=1055 …”Je pense que ceux qui écrivent sur le sujet (l'édition), ne lisent pas. Ce sont des journalistes, des comptables, des statisticiens. Ils devraient moins en parler et lire plus, lire mieux, découvrir, au lieu de s'obliger à bouffer du formaté pour pouvoir argumenter leur papier. C'est un jeu de dupes. Le paradoxe dans ce milieu, c'est que ce sont les gens qui fabriquent les livres qui lisent le moins. Les auteurs eux mêmes, pour la grande majorité, ne lisent pas. Ils ne s'intéressent qu'à leurs livres, et ils s'étonnent toujours que les autres écrivains ne s'intéressent pas à leur travail. Ce sont souvent des gens prétentieux et nombrilistes, pas autant que les théatreux, ça c'est impossible, mais ils en tiennent tout de même une sacrée couche. S'ils s'intéressaient un peu plus aux autres, au lieu de se palucher uniquement sur leur prose, peut-être qu'on ferait un peu plus de cas de leurs écrits. Mais tout ça, c'est un faux problème. Le livre est avant tout une industrie, à l'instar du cinéma, une histoire de marchands de papier.”

AL

en tant qu'écrivain et plus encore écrivain publié,je ne me sens pas du tout concerné : je lis et m'intéresse aux auteurs contemporains. Il m'arrive régulièrement de les mettre en avant, et de me laisser, moi, en arrière. Les autres me passionnent, qu'ils écrivent ou pas. Je lis beaucoup, j'écris beaucoup, mais évidemment cela ne laisse pas beaucoup de temps pour bavarder.

novi

Il est évident que pour écrire valablement, or platitudes nombrilistes qu'on connait trop, cela passe par la description cynique ou aimante de ses contemporains, ce qui nécessite de s'y intérésser.

En tant qu'auteur ( étre publié n'est rien,c'est avoir un lectorat qui compte) je suis en perpétuelle recherche de l'écrit de l'autre qui soit de nature à me motiver.

LysNoir

Il y a eu l'an passé:

- Catherine Cusset
- Jean Baptiste Del Amo
- Jean Teulé

wrath

Il y a quelques temps, chaque fois que Pierre Jourde faisait une critique négative d'une bouse, on lui reprochait de démonter l'auteur sans avoir tout lu toute son oeuvre. Jourde répondait en substance: Ah merci, ça m'a suffi de lire ce livre nullissime, je ne vais pas me taper toute la collection en plus.

Idem pour mon post. Je ne vais pas prendre chaque écrivain un par un et lui demander s'il lit ses contemporains. Il me suffit d'avoir cotoyé suffisamment de types du milieu pour vous le dire: personne ne s'intéresse à la littérature française, pas même les écrivains. Et je ne peux pas leur lancer la première pierre.

Le roi est nu

Simenon a cessé de lire des romans quand il a écrit pour ne pas être influencé par le style. Il ne lisait que des ouvrages documentaires.

Hugo

"Personne ne s'intéresse à la littérature française"

Alors là, j'ai deux questions :

1. Qui est "personne" ? (je sais, au débotté, comme ça, ça fait un peu reprise d'Homère)

2. Plutôt que d'adopter la logique shadok qui consiste à toujours taper sur les mêmes (écrivaillons) pour que ça marche, pourquoi ne pas chercher des gens qui cherchent à sortir de la caricature de la littérature française ? Oui ça existe, mais ça suppose une recherche fastidieuse de... Hmm au moins un quart d'heure dans les librairies non-FNAC.

Ah et pour finir, question subsidiaire - et sans doute inutile - à Wrath : que pensez-vous de l'usage plutôt malin qu'a fait votre nouveau compatriote, puisque canadien, Joey Comeau afin de promouvoir ses écrits ?

Ivanvovitch

Bah, même à la FNAC on peut trouver de l'excellente littérature française. Il suffit de changer de rayon, c'est à dire de passer du rayon bouses germanopratines au rayon S-F. Là, un nouveau monde s'ouvre à vous : de grands auteurs, de grandes histoires, du style, du travail, très peu de paillettes. Je citerai à la volée : Alain Damasio, Thierry di Rollo, Stéphane Beauverger, Ludovic Albar et même le très prolifique Pierre Bordage plus ceux que j'oublie.
Je vous recommande sincèrement de vous essayer à la S-F, le genre est vivant, novateur, et plein de nouveaux auteurs qui bossent.

Daria

Je lis très peu de "littérature fançaise" contemporaine, deux ou trois livres par an, peut-être. Ce qui ne m'empêche pas de lire en permanence ! De la SF ou de la fantasy, en effet, où se concentre en ce moment une créativité réjouissante - le "prolifique" Bordage, comme le dit avec un peu de condescendance Ivanvovitch est autrement plus intéressant que l'écrasante majorité des publications de littérature générale…
Je lis des écrivains étrangers, et, aussi, des écrivains morts, Giono, Camus ou tant d'autres.

La question serait de se demander pourquoi les écrivains français contemporains de littérature générale sont majoritairement si ennuyeux. Fausse question : ils l'ont toujours été ! Allez donc chercher toutes les publications en littérature générale française de l'année 1951, date de sortie du Hussard sur le toit. Vous trouverez peut-être avec un peu de chance deux autres livres intéressants. Et encore…

Les bons livres sont rares. Rien d'étonnant à ce que dans une production annuelle pléthorique, on ne trouve pas grand chose à se mettre sous la dent. Mais si l'on sort du cadre franco-français et du cadre littérature générale, il y a beaucoup à déguster.

Morcheeba

"The grass is greener on the other side of..." même certains écrivains français s'y mettent (à avoir l'air "étranger") Lu ce truc cher Leo Sheer l'otr'jour, assez drôle j'essaie de mettre en lien si ça marche:

http://www.leoscheer.com/blog/2009/08/01/1069-bc-n15-depose-par-nicolai-lo-russo

Hi !

Quelqu'un a lu "Le goût de l'immortalité" ?

Une oeuvre-univers qui appartient aux genres de l'imaginaire sci-fi / fantastique, une littérature considérés par le tout médiatique comme des sous genres indignes, et pourtant on y trouve une richesse inégalée, loin des touches-nombrils égocentrés.

la prose y est fulgurante de noirceur, le mélange des genres très abouti, le style est une pure délectation.

Ivanvovitch

Oui, Catherine Dufours jouit d'une très bonne presse. Personnellement, et malgré un a priori très favorable, je ne suis jamais arrivé à lire son bouquin "le goût de l'immortalité". Trop "littéraire" et psychologique... Son "style", justement, m'a gonflé. Du reste il cache souvent l'absence de véritable propos...

Hi !

Tous les goûts sont dans la nature, je l'ai lu et relu et je le relirai,
ce n'est pas le même style que Marguerite Yourcenar contrairement à ce qu'ils disent sur les forums du "cafard cosmique", mais c'est tout aussi jouissif pour moi

par contre le suivant, "Outrage et rebellion" je n'ai pas pu le finir , complètement indigeste, ça rame à longueur.

en revanche, ses nouvelles sont très bonnes et nous montre l'étendue de son talent, les divers style auxquels elle s'essaie, et je dirai avec brio.

Hi !

Le roman ne cache rien du tout, il n'a nul besoin de propos, ce n'est pas un roman à thèse, mais plutôt une belle peinture, ayant son style, ses personnages, une oeuvre pour se détendre.

par contre si tu cherches du propos ardu, sous-jacent, du non-dit et complexe à piger, je t'oriente sur "la horde du contrevent". bonne chance

Ivanovitch

@Hi. Justement, un roman de S-F sans propos, sans vision de la société etc... ça n'a pas beaucoup d'intérêt à mes yeux. Je ne cherche pas du non-dit dans la S-F, au contraire, j'apprécie les romans engagés, qui présentent une vision de la société, des dérives technologiques et sociales, etc...(Di Rollo, Gibson, Bordage, Jean-marc Ligny...) La horde du contrevent, j'ai beaucoup aimé, même si ce n'est pas franchement de la S-F. J'avais d'ailleurs préféré "la zone du dehors" de Damasio.
Pour en revenir à Dufours, ta critique de son deuxième opus, pourrait très bien être la mienne à propos de son premier bouquin...

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