“Mauvaise Fille
” de Justine Lévy est un bouquin sidérant. L’extrait de Lire m’a clouée à mon fauteuil: comment une telle daube peut apparaître dans la deuxième sélection du Goncourt? Il est question des petits faits de la vie des people, raconté en style dégouli autofictionnel. Car Justine Lévy est bien sûr la fille de BHL, mais aussi d’un mannequin des années 60 qui a fini par mourir d’un cancer après une vie agitée. Vous avez envie d’en savoir plus, pas vrai? Eh bien, Justine va tout vous raconter: la mère qui montre sa poitrine mutilée à sa fille, le cancérologue qui fayotte auprès de BHL pour promouvoir son roman et qui en échange ne fait pas payer les consultations (sic),…
Je vous laisse juger par vous-même:
“Souvenirs de l'hôpital Saint-Louis, au début de sa maladie. On est, maman et moi, dans la salle d'attente. Toubib, le Grand Professeur, nous prend toujours entre deux rendez-vous. Je veux dire deux vrais rendez-vous, avec des Vrais Patients, des Payants, car pour nous c'est gratis, c'est une faveur qu'il fait à mon père, entre écrivains on se comprend, car oui, moi aussi je suis écrivain il nous précise à chaque fois, mais si mais si, j'ai écrit un roman, faut pas croire que je sois juste Toubib. Je l'ai lu son roman, plein d'amour, dégoulinant, papa en a dit du bien partout où il a pu, pour le flatter, pour qu'il s'occupe mieux de maman, qu'il la considère, qu'on attende un peu moins sur ce banc froid de l'hôpital Saint-Louis. […]
On sent qu'il [le toubib] est pressé, aujourd'hui. Il y a les autres patients qui attendent, les patients riches, les patients célèbres, les patients qui donnent pour le cancer, les patients des grands galas à Versailles où le dress code pingouin est de rigueur, nous on a juste un passe-droit, on s'est faufilées à cause de papa, au début maman était scandalisée, hors de question que ça se passe comme ça, cet hôpital soit-disant public, cette médecine à douze vitesses, et si ton père n'était pas là j'aurais mis combien de temps à l'obtenir son rendez-vous? et avec quoi j'aurais payé? ah non non non, elle ne voulait pas entendre parler de privilège là non plus, elle voulait être soignée comme tout le monde, comme les autres, les indigents, ses copains Rmistes du Grand Hôtel de Clermont, qu'est-ce qu'ils diraient mes copains s'ils savaient ça? J'ai réussi à la convaincre quand même, c'est vrai maman que c'est dégueulasse, je sais que tes potes n'ont pas accès à ces soins-là et dans ces délais-là, mais d'abord tu guéris et après on fera la révolution, d'accord?”
A lire ça, on se demande s’il reste un minimum de pudeur et de dignité à ces beaux-riches-puissants du milieu de l’édition. Quand vous avez un père qui vend ses critiques positives contre des traitements de faveur auprès de médecins réputés, vous évitez de le crier sur tous les toits, non? Mais Justine Lévy a toujours habité dans le 6ème arrondissement, elle vit “dans un bel appartement bourgeois rue des Beaux-Arts”, passe ses “vacances d'été à Formentera” et pas mal de [ses] week-ends dans le riad de BHL, à Marrakech”. Elle ne se rend pas compte, la pauvre chérie, que le commun des mortels n’a tout simplement pas les mêmes valeurs…
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