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19 janvier 2010

Commentaires

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Ivanovitch

Plutôt d'accord avec vous lorsque vous dites "Dire que Google Book Search menace la littérature, c’est comme dire que l’imprimerie a détruit la littérature." A chaque évolution technologique majeure on voit surgir ce réflexe bien français de méfiance épidermique, qui pousse parfois les choses jusqu'à l'absurde. Que n'a t-on pas dit comme sornettes lors de l'essor d'Internet dans les années 1990... Les technophobes sont légions, ils prêchent souvent comme les curés d'autrefois, sans bien savoir de quoi ils parlent. Ainsi,les services publics français de la culture passent leur temps à diaboliser Google books alors que leur contre projet de bibliothèque européenne se traine, qu'ils sont incapables de proposer un service équivalent... Avant de critiquer, messieurs, il faudrait passer à la vitesse supérieur et proposer un outil aussi performant. De là à dire que Google va proposer un "renouveau de la lecture et donc de la littérature", là franchement il y a un gouffre que vous franchissez bien allègrement Wrath.
Non, Google, numérise, plus prosaïquement, numérise, et numérise encore. En soit, cela ne révolutionnera pas la littérature mais permet déjà d'avoir accès en ligne à des millions d'oeuvres libres de droit. Quant aux ouvrages sous licence, Google propose un résumé, table des matières etc... ainsi qu'un renvoi vers les bibliothèques, librairies, proposant l'ouvrage.
Par contre, ce qui fait gueuler libraires et éditeurs comme des putois, c'est bien le lien qui renvoi aux bibliothèques proposant l'ouvrage gratuitement...

Ivanovitch

Le pauvre Didier Jacob se fait flinguer en beauté par les internautes. Il faut dire que son article est vraiment stupide, sa comparaison avec la peinture, pour le coup, franchement surréaliste... Vraiment on a l'impression d'avoir à faire à un gardien du temple, un moine copiste (le nom de la rose n'est pas loin) ou tout simplement une tortue...

marcel

Le vrai plus, c'est effectivement la possibilité que nous aurons de mettre la main sur un livre, de pouvoir savoir enfin dans quelle bibliothèque ou chez quel libraire il se cache.

Pour ce qui concerne la lecture des ouvrages sur internet c'est-à-dire coincé entre la chaise, la table et l'écran, je suis franchement dubitatif. Sauf peut-être effectivement pour la copine chercheuse de Wrath.

Le vrai sujet concerne les moyens mis en oeuvre pour cette numérisation de masse : des serveurs toujours plus puissants, des pièces climatisées pour éviter la surchauffe desdits serveurs. En terme de consommation d'électricité ça représente tous les jours l'équivalent de la production quotidienne de la dernière centrale EPR de Flamanville.
Franchement, est-ce bien raisonnable?

r1

La question à se poser lorsque quelque chose a l'air trop beau pour être vrai est toujours : "à qui profite le crime?"
Les dirigeants de Google ne sont pas connus pour être des philanthropes ni des amoureux inconditionnels des Lettres et de la Littérature. S'ils ont engagé des moyens colossaux pour numériser ainsi, c'est qu'ils en attendent un profit supérieur à leur mise de fond.
Je n'ai pas la place pour développer ici les tenants et les aboutissants mais beaucoup de choses pertinentes et d'avis argumentés ont été dits et écrits.
Par exemple :
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/LE_CROSNIER/15673
http://www.monde-diplomatique.fr/2009/03/DARNTON/16871
http://www.nytimes.com/2009/08/19/technology/internet/19google.html?_r=2&scp=3&sq=google&st=cse

Ivanovitch

@r1 : google propose déjà la même chose pour toutes les ressources que vous consultez habituellement sur le web, pages html, vidéo, images, etc... ça ne dérange personne, me semble t-il ? La seule objection qu'on peut y trouver, c'est celle de la situation de monopole de Google au niveau de la recherche web (entre autres), comme windows au niveau de l'informatique.
En ce qui concerne les intentions, je pense que ses fondateurs sont vraiment sincères lorsqu'ils disent vouloir recréer la bibliothèque de Babel, archiver le savoir de l'humanité etc... etc... ça a toujours été leur discours, même lorsque Google n'était qu'une start-up. Ils ont, comme Bill Gates, gardé un côté "illuminé" et mystique. C'est d'ailleurs cette face là qui peut paraître la plus inquiétante... Ils ont en commun avec une grande partie de leurs compatriotes de se croire "missionés" et de se considérer comme le second peuple élu. Mais c'est un autre sujet...

Melly

@Marcel : "coincé entre la chaise, la table et l'écran"?? euh... pas si vous avez un portable.

wrath

@Ivavovitch: la comparaison avec "Le nom de la rose" m'a bien fait rire. Effectivement, on nage en plein discours passéiste ("c'était mieux avant, pas vrai?")

Zapata

Il me semble que vous ratez quelque chose. En tout cas, je n'ai pas lu le billet de Didier Jacob de la même manière que vous.
Il existe, paraît-il, un proverbe japonais, qui dit "nos désirs sont comme des enfants, si on les écoute trop, ils deviennent capricieux".
Google, en rendant la lecture de tout livre lisible partout à tout moment, permet au désir de trouver immédiatement satisfaction. Or, il me semble que le propos de Didier Jacob est justement de dire que la frustration liée au désir différé fait partie de la littérature (et c'est justement parce que la littérature impose de différer le plaisir que les gens qui n'aiment pas lire, n'aiment pas lire. Avec une console de jeux, on s'éclate plus vite).
Je trouve qu'il n'a pas tort sur ce point. J'ai d'ailleurs remarqué que j'ai glané une grande quantité de ebooks sur le Net, qui dorment sur mon disque dur, parce que je n'ai pas le temps/ courage de les lire. Et pourquoi n'ai-je pas le courage ? Car à la moindre baisse de plaisir, je cherche un autre texte qui pourra stimuler mon plaisir. La quantité encourage effectivement le zapping. Et le zapping s'accomode mal du tempo lent, posé, de l'acte de lire. Va-ton vraiment continuer de prendre le temps de laisser infuser la pensée de l'auteur dans notre esprit, quand on reçoit toujours plus de suggestions de lectures, et qu'aucune barrière ne vient se mettre en le désir et sa réalisation ? Va-t-on vraiment prendre le temps de lire entouré par le chahut de désirs devenus capricieux ?
Dans la même veine "technophobe-mais-pas-si-con-quand-on-y-réfléchit", je vous conseille le fameux http://www.internetactu.net/2009/01/23/nicolas-carr-est-ce-que-google-nous-rend-idiot/
Pour le reste, il est magnifique de pouvoir consulter tous les livres que l'on souhaite. Je bosse dans l'Internet,j'adore ça, et je suis convaincu que la Toile est une Révolution à côté de laquelle l'invention de l'imprimerie sera considérée comme mineure, par les historiens du futur. Mais il n'est peut-être pas faux que les révolutions apportent, et retirent à la fois.

JC

Un article qui rejoint vos propos Wrath : http://lesseptembriseurs.blogspot.com/2009/12/la-grande-peur-de-la-numerisation.html

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