Louis-Henri de la Rochefoucauld n’a pas aimé mon billet sur son roman “Les vies Lewis”. Le message qu’il m’a adressé montre à quel point les insiders du milieu de l’édition peuvent être déconnectés de la réalité des wannabes-qui-envoient-leur-roman-par-la-Poste. Bref, l’email de Louis-Henri peut se résumer en une phrase: non, non, non, il n’est pas un privilégié du milieu. D’ailleurs, il n’est même pas journaliste à Paris-Match, juste pigiste (ça change tout):
“Premièrement, je n'ai jamais travaillé à Paris-Match, j'y ai juste fait quelques piges. Et contrairement à ce que tu crois, ça ne m'a pas aidé. J'ai par exemple envoyé mon manuscrit à Jean-Marc Roberts (boss de Stock, comme tu le sais) qui m'a envoyé bouler sans le lire parce que j'avais descendu dans Match un auteur à lui (Camille de Peretti).
Deuxièmement, la vraie histoire avec Léo Scheer est plus amusante que ta version. Il y a deux ans, j'avais un peu moqué le premier roman de Saphia Azzeddine. Léo Scheer s'était moqué de moi sur son blog et j'avais eu un vif échange de mails avec Angie David. Puis, en effet, j'avais défendu un livre de Thomas Lélu (aucun calcul là-dedans, le bouquin était poilant). Quand je cherchais un éditeur, j'ai adressé le manuscrit à Angie David (que je n'avais jamais rencontrée auparavant) avec un mot en souvenir de notre échange de mails au sujet de Saphia Azzeddine. Si elle avait réagi comme Roberts, elle me l'aurait balancé à la gueule... Mais heureusement pour moi, elle a été moins soupe-au-lait, plus intelligente, et a eu la curiosité de le lire. Aucun renvoi d'ascenseur, donc.
Troisièmement enfin, mon roman n'a rien à voir avec le seizième arrondissement de Paris (d'où sors-tu ça ?), ça se passe en Champagne-Ardenne pendant les vendanges...
Enfin, pense et écris ce que tu veux, rien de grave. Il y a juste un vice de forme dans ta théorie du complot. Tu n'es plus et depuis longtemps une wannabe anonyme... mais une vedette du milieu littéraire (je connais plein de gens qui lisent tes billets). Tu es désormais plus connue que les auteurs débutants que tu épingles sur ton blog, ce qui devient un peu paradoxal - vu que tu expliques à chaque post que c'est grâce à leur "notoriété" dans le milieu que ces auteurs ont été publiés...”
Ma réponse à Louis-Henri tient également en une phrase: contrairement à lui (et aux Nicolas Rey & Co), je ne place aucune valeur dans la pseudo-célébrité littéraire. Si mon blog est connu, tant mieux: j’espère avoir ouvert les yeux à beaucoup de wannabes sur la réalité du milieu de l’édition. Mais je sais parfaitement que le succès de ce blog m’a complètement grillée dans un milieu où “tout le monde est très sympa” et se renvoit l’ascenseur. Et alors, me direz-vous? Etre publié(e) et vendre 200 exemplaires, quel intérêt? Je préfère encore dire ce que je pense. Un luxe que Louis-Henri et ses amis ne peuvent pas se permettre…
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