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Revues littéraires

« Donner la parole à la majorité silencieuse des wannabes | Accueil | Mon papa, il est directeur du Monde! (Et il a beaucoup aimé mon roman!) »

27 janvier 2010

Commentaires

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ElsaC

"De là, une affinité avec la machine et avec Internet.". Conclusion un peu rapide AMHA... Ce n'est pas parce qu'on est familiarisé (et encore, à un certain point) avec son traitement de texte qu'on est à l'aise avec Internet.

"Si vous voulez tenir un blog, un vrai, il faut accepter les critiques. " Si vous appelez "vrai" un blog *avec commentaires*, oui, peut-être. Qui les empêche d'en tenir un sans commentaires ? (ou avec des commentaires pré-modérés, à la manière des hommes politiques qui ne laissent passer que les commentaires pas trop critiques... mais c'est davantage de boulot.)

Mon hypothèse à moi est qu'ils n'ont pas les moyens (en temps, par exemple) et ne voient pas l'intérêt de la chose.

Kz.

Pose toi la question à l'envers, wrath : pourquoi tu n'écris plus de fiction ? si tu ne passais pas chaque semaine du temps et de l'énergie dans ton blog tu aurais sans doute terminé un deuxième roman.

novi

Il y a un troisième aspect.

Les auteurs (Ecrivain,c'est encore autre chose) ne recherchent peut-étre pas forcément la proximité avec leurs lecteurs, où même le lectorat disponible.

Pour s'éviter un racolage, de devoir justifier des positions en tant qu'individu,alors que le roman permet justement de pointer du doigt sans avoir à dire...

On dit aussi -paroles d'éditeur- que ceux-ci interdisent à leurs auteurs de se répandrent sur le ouébe. Ils disent ""répandre", oui.

sirius

Heuh, quelle question difficile... tenir un blog = chronophage, ils préfèrent écrire leur roman ? C'est ça, j'ai bon ?

Nicole

A ma connaissance, il y en a au moins trois: celui de katherine-Pancol (je ne parviens pas à mettre le lien), celui d'Anne Constance Vigier;http://www.anne-constance-vigier.net/. Celui de Pierre Jourde http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/pierre-jourde En cherchant, on doit en trouver d'autres.
Mais franchement, je ne pense pas qu'il soit indispensable d'avoir un blog, qu'on soit écrivain ou pas.C'est une question d'envie pas une nécessité. Ceux qui ont "soif" de contacts se mettent sur facebook, et là je ne pense pas que cela serve leur image.

Tom Cantor

Dans la mesure où un blog digne de ce nom (héritier d'une certaine tradition du pseudonyme et du jeu) est écrit sous un... pseudonyme, ce post, d'ailleurs écrit par une fille sous pseudonyme, tombe à l'eau.

Il est fort probable que beaucoup d'écrivains s'amusent à jeter des choses sur un blog sous un pseudo. Il est fort probable (non, il est largement prouvé) que des blogueurs aient été publiés par un éditeur.

Il est fort probable qu'un blog "sous son vrai nom" n'est jamais qu'une daube crypto-journalistique de plus.

alma

bonjour nicole
j'ai jeté un oeil aux trois sites dont vous parlez (merci, au passage). Le seul qui me semble un vrai blog, avec un échange, est celui de jourde; celui de Pankol, moyennement passionnant au demeurant, permet, certes, de lui écrire, mais ne met pas en ligne de commentaires. Quant au dernier, dont je ne connaissais pas l'auteur, c'est davantage un site, non?
Dans le temps, j'aimais bien celui d'emmanuelle Pagano...
J'ai eu un blog il y a quelque temps, quand je vivais à l'étranger. Mais je n'y donnais pas mon nom, ni rien de personnel, et j'aimais beaucoup cet anonymat, qui sonnait comme une liberté. Quant à y parler de mes livres, ouhlà, ça ne me tentait pas du tout. Je croyais n'être pas trop prétentieuse, mais après tout, peut-être n'étais-je que pas très courageuse.

Nicole

@Alma. Oui, le blog de Jourde est un exemple à suivre, mais le bougre a des idées et du répondant, tout le monde n'a pas les mêmes atouts (rires). Concernant le site d'Anne C Vigier, c'est à grâce à lui que j'ai pu lire ce texte inédit tout à fait bouleversant de Houellebecq, je le mets en lien http://homepage.mac.com/michelhouellebecq/textes/mourir.html

Je me suis souvenu, puisque vous parliez d'auteur vivant à l'étranger, que Muriel Barbéry donnait régulièrement de ses nouvelles sur un blog http://muriel.barbery.net/
Je me souviens bien sûr du blog d'Emmanuelle Pagano; elle l'a arrêté pour des pbs personnels, peut-être en fera-t-elle un nouveau.

coucou

" même Ph Jaenada n'en a pas (de site). Et dieu sait qu'il passe du temps sur internet!"
En lisant cette phrase, j'ai souri, spontanément. Je m'en excuse...

En langage rugbystique, on dirait: en voilà deux (Wrath et Ph Jaenada) qui ne passeront pas leurs prochaines vacances ensemble! Quoi que! Ne dit-on pas qui chatie bien aime bien!

Flem

La deuxième raison aussi est complétement bidon. C'est pas en passant 10 min à torcher un billet quotidien que ça va prendre ton temps d'écriture. C'est sur que lui, Assouline, doit passer des heures à écrire des tartines de post sur "la maïeutique du commissaire dans l'oeuvre de Simenon", c'est presque un mémoire de master à chaques fois.
Pourquoi si peu d'écrivains tiennent-ils un blog? La réponse est simple : parcequ'ils ne veulent pas s'abaisser aux niveaux de leur lecteurs ou aux niveaux des jugements de leur lecteurs. Tenir un blog est démocratique, un écrivain n'est pas démocratique, écrire un livre est une prise de pouvoir.

eleonore

il y a celui de Georges Flipo: http://georges-flipo-auteur.over-blog.com/

Robert Morlock

"Tenir un blog est démocratique, un écrivain n'est pas démocratique, écrire un livre est une prise de pouvoir."

Aïe aïe aïe...

Le mépris que je peux lire ici pour les "tartines", conjugué à la certitude qu'un bon post de blog se "torche" en dix minutes, est symptomatique de l'intérêt porté à la littérature en général.

c

bonjour
je vais etre publié debut mai, pensez vous que faire un blog est une bonne chose..? j hésite.
Par ailleurs, je tiens a preciser que mon manuscrit a été envoyé par la poste !!!
pour résumer : j'ai fait 23 envois en 2007, j'ai eu 23 refus, puis durant l'été 2009 j 'ai réécrit mais surtout opéré de tres nombreuses coupes. C'était 100 fois mieux. Résultat ; un éditeur parisien m a rapidment contacté. La recette : faire comme moi ,réclamer des critiques pour peaufiner, prendre son temps, tomber pile sur la bonne ligne éditoriale d'une maison, le manuscrit est en plus tombé entre des mains vivement intéressées et sensibilisées, et enfin le facteur chance et une actualité (non calculée de ma prt) très en ma faveur pour publier un roman. RDV au printemps..

novi

On glisserait donc sur un terrain intéressant ! Il y aurait des auteurs ne s'intéressant pas, ou mieux méprisant, les lecteurs. Au point de se refuser à correspondre ""démocratiquement""( un blog est-t-il démocratique,j'en doute)avec un lectorat qu'il juge stupide, et à qui selon notre ami ci-haut : il suffit de lancer l'oeuvre à la figure telle une prise de pouvoir - je cite.

Et aussi quelques auteurs plus rares, daignant converser de par leur blog -interposé- avec le lecteur.

De là à en déduire que les fameux wannabilibili espérent tous étre publiés et diffusés en librairie, pour échapper au contact froid et visqueux du méchant lecteur : cet inculte,cette madame Michu en puissance, cette Francoise Dousso, puisque le lecteur est une femme de nos jours.

Et que l'autoédition fait peur à ce niveau - pour vendre et étre lu, il y faut mouiller sa chemise en d'interminables joutes, diatribes, destinées à séduire ce lecteur, du moins à l'interpeller...

Intéressant pour le moins...

valy christine océany

Mes messages sont censurés aussi bien ici que chez Assouline, curieux, je ne fais que donner des adresses d'écrivains qui ont un blog, curieux, curieux !
Que veut dire tout ça ?

valy christine océany

http://ancion.hautetfort.com/
http://lexperiencedudesordre.hautetfort.com/
http://www.frederiquemartin.fr/
http://www.marclefrancois.net/
voila des écrivains, tous ont un blog.
Ca passe si je m'abstiens de dire du mal d'Assouline ? N'empêche, son billet ne tient pas la route, ah mince, je ne peux pas tenir ma langue !

Puits de science

Wrath, nous aimons vous détester. Voilà à quoi attribuer le succès de votre blog. Eussiez-vous été un rien moins caricaturale, jamais votre entreprise n'eût atteint ses objectifs. Je me demandais donc dans quelle mesure cela relevait de la stratégie. J’ai en effet bien du mal à croire qu’une élève issue d’une grande école puisse à ce point avoir mauvais goût en matière littéraire (allez, passe encore), être autant simpliste dans ses jugements (malgré parfois un fond de vérité quant aux pratiques de beaucoup de gros éditeurs), et surtout aussi aveuglément empêtrée, que dis-je, phagocytée par l’esprit du temps. Allez, sans blague, tu surjoues un peu, non ?

le koala

"J’ai en effet bien du mal à croire qu’une élève issue d’une grande école puisse à ce point avoir mauvais goût en matière littéraire "

Moi non. C'aurait certes été étonnant si elle avait fait un kâgne, et bien évidemment Normale dans la foulée. mais les goûts littéraires des diplômés d'une grande école d'ingénieurs, par contre, il y aurait sûrement beaucoup à en dire...

...ou alors rien du tout, précisément.

Puits de science

Certes, Koala, mais au point de rejoindre l'engeance béotienne... Ainsi, notre société aurait-elle vraiment touché le fond à force d'ériger en vertu le relativisme culturel ?

Puits de science

Finkielkraut, sors de ce corps, quitte ma panse !

ludivine franck

Une fois sur scène, les écrivains sont bien obligés d'accepter les critiques. C'est certainement très difficile (j'ai eu des critiques négatives de maisons d'édition), mais au final on se rend compte que les critiques négatives sont les plus constructives pour l'aboutissement d'une oeuvre. C'est sûr il faut être blindé. Philippe Jaenada en a bien parlé sur ce blog, écrire ce n'est rien, ni publier, c'est après que ça devient délicat (ou quelque chose comme ça si mes souvenirs sont bons). Et puis tenir un blog, c'est beaucoup de peine qu'on peut consacrer au roman, non?

Nicole

@Puits de science: Wrathy n'a pas si mauvais goût. Elle a plusieurs livres "cultes" dans ses goûts que je partage: "Le bûcher des vanités" de Wolfe, "Extension du domaine de la lutte" de Houellebecq, "Il faut qu'on parle de Kevin", de Lionel Shriver.
Quand elle encense Lévy par ex, c'est juste pour provoquer Jaenada et Foenkinos, parce qu'elle aime bien jouer les ados attardées;)
Ce n'est pas parce qu'elle ne s'aplatit devant les "nouvelles gloires" de saint Germain, Beigbeder, Camille Laurens & co, qu'il faut en déduire qu'elle n'est pas intelligente.
@Koala. Je connais beaucoup d'élèves de sciences po; ils sont tous très intelligents, et très malins, bref ils ont oublié d'être cons et feignants, parce que décrocher le concours n'est déjà pas une mince affaire, et beaucoup ont fait un an de khâgne pour s'y préparer...Et certains vous épateraient, par leur culture, certainement bien plus étendue que celle de bien des intervenants qui viennent donner ici des leçons de bon goût. L'an dernier, en troisième année,à Bordeaux, un des livres étudiés en profondeur dans le cours de culture générale, était "Le rivage des Syrtes", vous trouvez cela bas de gamme, comme base d'éducation littéraire ?

le koala

Nicole, vous m'avez mal lu (et toc). J'avais dit en substance: SAUF ceux qui font hypokâgne et kâgne. D'ailleurs je vis avec une ancienne kâgneuse, ma maman (louée soit-elle) descendait trois douzaines de bouquins par mois au point d'en remplir la cave, et je me doute que quelques grandes écoles sont - encore pour quelques temps - des temples de la culture G (école du Louvre ou EHESS, pour ne citer que celles-là). Par ailleurs, des études de lettres en fac, ça me semble rester de bon aloi également, même si les débouchés sont problématiques.
Non, je voulais parler des écoles de commerce et d'ingénieur. Là, les "humanités" sont quand même bien liquidées. certes il faut bien qu'un "X" ait un peu de vernis, mais s'il ne se le constitue pas lui-même, ...on peut avoir là d'assez parfaits abrutis, culturellement parlant. Je dirais plus prudemment: des esprits techniques redoutables, sur un lit d'acculturation.
Et quand je vois qu'on veut supprimmer l'hstoire en terminale S, ... Avouez ! C'est bien une tendance dans laquelle on file tête baissée. Or c'est très dangereux à terme. Car l'éthique est inspirée par les sciences humaines, pas par les sciences exactes.

Bon. Cela dit moi, par exemple, je suis un peu cultivé, ben ça ne m'empêche pas d'être une véritable fripouille par ailleurs - mais c'est un mauvais exemple.

P.M.

Pourquoi, quand des primo-romanciers viennent annoncer sur ce blog qu'ils accèdent enfin à la publication (à chaque fois après l'envoi de leur manuscrit par la Poste), pourquoi, donc, ne déclinent-ils jamais leur identité ?

Nicole

@Kokoala: oui, je crois qu'il y avait confusion possible dans votre comm entre Sciences Po, où l'on étudie histoire, économie, et culture générale de haut niveau, en sus des sciences politiques, et les écoles d'ingénieurs. Le pire étant les écoles de commerce (hors HEC, où les élèves viennent de brillantes prépas) et de marketing où le niveau de culture littéraire est effondrant.
Un bémol, cependant: il y a, Dieu merci, des personnes qui font des études scientifiques et qui deviennent de fins lettrés, un exemple au hasard: ce cher Houellebecq.
Elle avait l'air chouette votre môman ^^Cela ne m'étonne pas, vu la "haute" qualité de son surgeon koalesque;)

le koala

@PM: ils gardent peut-être l'anonymat par modestie ??

@Puits de science: très très bonne question, quand vous écrivez: "notre société aurait-elle vraiment touché le fond à force d'ériger en vertu le relativisme culturel ?". Je ne sais pas si vous étiez ironique dans la formulation, mais ça me semble etre un vrai sujet.


Puits de science

@Nicole: drôle de façon de défendre les goûts de Wrath. Je me serais plutôt attendu à ce que vous citiez de vraies pointures (je n'ai pas dit "pointures médiatiques"). Ni MH ni TW ne sont des auteurs de très haut niveau, tout au plus de bons petits artisans produisant des produits destinés à la tourbe.
@Koala: non, je n'étais pas ironique et il s'agit d'ailleurs d'un sujet que j'ai récemment creusé de façon romanesque.

Nicole

@Puits de sciences. Je parle de littérature accessible à tous, pas de la poignée d'auteurs français ou étrangers qui peuvent prétendre à un Nobel. Encore que Houellebecq, de mon point de vue, est un grand écrivain; mais, ça, c'est la postérité qui départagera ses détracteurs et ses fans.

Puits de science

J'attends pour ma part la mort de Gérard de Villiers, plus quelques années de recul, avant de me prononcer sur l'importance et la qualité de son oeuvre.

Puits de science

Eh, javais jamais remarqué le nom de Wrath trônant au firmament de ce blog. Vraiment mignonnes et innocentes ces petites étoiles, comme un espoir de gloriole. Eh, mais je chiale ma parole ! tellement qu'c'est beau et touchant...

Marco

(Nicole et Koala: bon ce n'est pas bien grave tout ça, mais par pitié: si on évitait de généraliser sur telle ou telle institution? (en général comme par hasard les cursus qu'on connait sont bien, ceux qu'on connait "de loin" sont mal, très mal). Bref, loin de moi le désir malsain de défendre les grandes écoles de commerce (évidemment indéfendables), mais dans les études de prépas qui y mènent, il y a quand même 6 heures de culture générale hebdomadaire pendant 2 ans. Et côté lettres c'est plus Sophocle, Shakespeare, Kafka et Dostoieveski qu'autre chose.)

le koala

"en général comme par hasard les cursus qu'on connait sont bien, ceux qu'on connait "de loin" sont mal, très mal)."

Non mais on croit rêver, retenez-moi, je vais me le faire. M'accuser, moi, de mauvaise foi et de favoristisme intellectuel. Non mais. C'est un coup à se retrouver sur le pré.

Las, mon bon Marco, c'est faux. je ne recommanderais effectivement pas les études que j'ai faites (droit, pour ne pas les évoquer, même si elles laissent place à des bribes de culture G). Mais je maintiens: j'ai toujours été confondu par le niveau culturel plus que médiocre des diplômés d'écoles d'ingénieur et de commerce. c'est comme ça. Je ne suis peut-être pas tombé sur les bons. Une main invisible et titanesque aura mis tous les bourrins de côté en s'arrangeant par la suite pour qu'ils me rencontrent, je ne vois que ça. J'ai connu des incultes en droit, j'ai connu des incultes en commerce, soit; mais à tout prendre je persiste: dans la deuxième catégorie leurs effectifs sont plus nombreux encore.

D'ailleurs, ça se voit. Il n'y a qu'à considérer, tout autour de nous, ce que le marketing et la publicité font de la culture. Ce ne sont pas des gens réellement érudits qui se plairaient ainsi à jouer les fossoyeurs, même s'il y en a quelques-uns.

Maintenant, si t'as fait une école de commerce, tu peux le dire, je promet de ne pas me moquer (ici en tous cas; sur ton blog ce sera autre chose)

max léon

@nicole@koala Oui, je crois que tu es mal tombé ou que tu as vu ce que tu voulais voir. Globalement, vous tombez un peu dans les clichés classiques sur les grandes écoles (de la même manière que certains disent qu'il n'y a que des branleurs gauchistes à la fac).

De manière générale, les étudiants qui vont dans les meilleures écoles sont plutôt brillants et assez cultivés (logique puisqu'on les sélectionne pour ça). Les concours pour les écoles de commerce sont d'ailleurs assez généralistes : math, philo/culture G, français, histoire, 2 LV. En moyenne, les étudiants seront donc capables de faire une dissert correcte sur l'impératif catégorique et de triangulariser une matrice. Par contre, ils auront plus de mal avec la phénoménologie ou la théorie des cordes.

Idem pour les clichés sur les ingénieurs. Globalement, ils auront autant de lacunes sur la littérature allemande du XIXème que les agrégés de lettres modernes en mécanique des fluides (est-ce si étonnant?). Là encore, dans les meilleurs écoles, vous tomberez rarement sur des individus bêtes et/ou incultes. Après, il y a différentes formes de culture : je ne vois pas en quoi il serait plus noble de s'intéresser à la littérature ou à la philosophie plutôt qu'à l'informatique ou l'astronomie.

Par ailleurs, il y a des khâgnes qui préparent spécifiquement à Sciences-Po donc LMJ a très bien pu en faire une.

Enfin, rappelons que la suppression des heures d'Histoire en TS vise justement à revaloriser la filière littéraire...

ElsaC

Oh, si vous voulez des blogs d'écrivains, je peux vous en lister aussi quelques uns, mais il faudrait peut-être déjà se mettre d'accord sur la notion d'écrivain (ou sur ce qu'on appelle un blog d'écrivain)... Il faut avoir été publié (roman ? nouvelle ? publié un livre ou en revue ?) ? Vivre de sa plume ? Chez quelles maisons ? Littérature "blanche" ou "de genre" aussi ? "Vu à la TV" ou pas ? etc.

Vous trouverez pas mal de blogs d'auteurs parmi les auteurs de science-fiction, par exemple. Des auteurs tout à fait inconnus du grand public, mais régulièrement publiés...

Jarnicoton

ElsaC, vous avez raison de revenir au sujet : les blogs d'écrivain.

C'est plus intéressant que les fausses différenciations de culture générale entre telle et telle grande école (La remarque de Max Léon est d'ailleurs très fondée).

Pour répondre à votre question, ElsaC, on considère généralement que les "écrivains" sont les bienheureux qui ont été publiés à plus d'une reprise chez de vrais éditeurs (pas des comptes d'auteur ou des auto-éditions).
Les autres sont des "auteurs".
S'il fallait restreindre l'appellation à "ceux qui vivent de leur plume", les salons du livre seraient plus clairsemés.
Et si l'on précisait "Ceux qui vivent exclusivement de la publication de leurs livres", ces survivants se sentiraient étrangement seuls.
Car il y a de nombreuses façons de vivre de sa plume dès qu'on devient écrivain.

Nicolas Ancion

Merci, Valy Christine Oceany de citer mon blog. J'avais laissé un message ici hier soir mais il a été censuré par le modérateur. Je ne faisais pourtant qu'y proposer de poser la question aux écrivains eux-mêmes plutôt que perdre du temps à y répondre à leur place. Pourquoi ne tiennent-il pas de blog ? Demandez-leur. Moi, j'en tiens un et je pense répondre à peu près à toutes les catégories (e ne fais que ça, je vis de ça, je publie chez des éditeurs professionnels et chez des petits éditeurs littéraires, je publie aussi en ligne). Et, non, je n'ai pas été publié par la poste. J'ai donné un manuscrit que je ne voulais pas publier à un gars très sympa qui était éditeur et a voulu le publier quand même. Il était plus têtu que moi, ce long poème est devenu mon premier roman (l'éditeur a indiqué "roman" sur la couverture).

Nicolas Ancion

Rectification : mon premier commentaire n'a peut-être pas été censuré, j'ai peut-être mal encodé le captcha sans m'en rendre compte, ça arrive... Au temps pour moi.

Ivanovitch

@ElsaC : "Vous trouverez pas mal de blogs d'auteurs parmi les auteurs de science-fiction, par exemple. Des auteurs tout à fait inconnus du grand public, mais régulièrement publiés.."
Lesquels ? et inconnus de quel grand public ? des lecteurs de littérature générale ? Savez-vous quelle est la part de marché des littératures de l'imaginaire aujourd'hui ? non ? moi non plus... Regardez la taille du rayon, dans les fnac, vous verrez qu'elle ne cesse de s'agrandir (un peu comme pour ma femme...). Dans la fnac près de chez moi, il est aussi important que le rayon polar, ce n'était pas le cas il y a 10 ans.
Et puis tous les petits wrath et wrathounettes élevés à Harry Potter, Twilight, Chroniques de Narnia, Eragon, Mondes d'Ewilan, etc... risquent fort de devenir des lecteurs de ces littératures là (en fait c'est déjà le cas).
Enfin bref, votre remarque est symptomatique de la méconnaissance des littératures de l'imaginaire de la part des lecteurs de littérature dite générale. L'inverse étant souvent vrai ^^

Monsieur MILLER

@Nicolas Ancion: Quel snobisme que cette expresion "au temps pour moi" à laquelle a également parfois recours F Martini. Je ne voudrais pas lancer un débat aussi oiseux, mais ne dit-on pas en anglais As much for me (ou un truc du genre) qui se traduirait littéralement en français par Autant pour moi ?

Marco

(j'écris entre parenthèses pour bien avertir tout le monde que c'est un peu hors sujet, désolé vraiment, juste une réponse rapide au koala juridique: mon cursus est comparable à celui de ta tendre épouse et il se trouve qu'actuellement je donne, je prodigue, j'inflige des cours de culture générale à de jeunes gens qui vont intégrer des grandes écoles de commerce, et les voyant de près régulièrement, j'insiste: la plupart sont curieux, bourrés de doutes, demandeurs, et j'ose le mot: plutôt humanistes. (halte à l'image des jeunes loups froids calculateurs qui ne pensent qu'à tondre les petites gens etc.). Après, je ne garantis pas, évidemment, qu' après leur passage en école de commerce et englués dans leurs premiers emplois ils garderont tous les mêmes dispositions d'esprit. Mais laisse-moi mes dernières illusions d'enseignant, je te prie ;)

Nicolas Ancion

@ Monsieur Miller : je ne vois pas ce qu'il y a de snob à écrire correctement une expression française. Quand on effectue une manoeuvre en sortant du rythme, on demande au peloton de revenir au temps (Au temps pour moi http://fr.wikipedia.org/wiki/Au_temps_pour_moi). Le snobisme, n'est-ce pas plutôt prétendre connaître l'expression dans une autre langue et croire qu'il faudrait ensuite la décalquer dans la sienne ? Allez, c'était juste pour rire ;-)

Francois Martini

Mais… qu'avez-vous contre le snobisme ? C'est un état d'esprit délicieux !

Zax

Et bien, mon cher Marco, je vais devoir casser malheureusement vos illusions: j'ai bossé plus de dix ans avec des commerciaux issus de MBA?ESSEC, HEC et autres écoles de Commerce. Et bien je peux vous dire que de manière très générale (au moins 80% certifiés) ce sont de véritables quiches en culture générale (d'ailleurs ça ne les intéresse pas). Ces redoutables machines à décerveler que sont ces écoles les ont totalement lobotomisés. Croyez-moi: c'est pas joli à voir...
Le problème c'est que cette armée de cadres déformés du ciboulot a une influence de + en + considérable sur l'ensemble de la société; ils influent énormément sur les habitudes de consommation, les tendances de ce qui se fera (= se consommera), le marketing, la communication, etc. Ce sont de véritables BUSES dangereuses.
Vite! Il faut faire quelque chose!

Monsieur Miller

@François Martini: au snobisme je préfère (et de loin) le dandysme (véritable marque de noblesse).

Marco

(merci pour votre témoignage, Zax, mais n'est-il pas possible de tenir compte du contexte? Je veux dire: vous avez cotoyé des diplomés de grandes écoles dans un cadre professionnel, cadre qui fait naturellement ressortir plus de pragmatisme (avec tout le formatage que ça implique) que de culture générale. Si vous me dites que vous avez approché intimement ces diplomé(e)s, c'est à dire que vous avez dîné au restaurant en parlant de tout sauf de boulot, que vous avez ensuite fait l'amour langoureusement et qu'au petit déjeuner, alors que vous orientiez habilement la conversation sur Homère, votre interlocuteur/trice s'est écrié(e): "Homère? Connais pas cette entreprise. En tout cas elle figure pas dans le CAC40", alors là ok, il faut immédiatement réagir et enfermer ces milliers de buses dans un cachot avec pour seule nourriture l'Iliade, à charge pour eux de l'apprendre par coeur (dans le texte). Mais sincérement, je crois qu'"évaluer" la curiosité et l'étendue culturelles d'un individu dans sa démarche professionnelle n'est pas très probant (les gens qui travaillent "dans la culture" apparaîtront plus cultivés que les autres, comme par hasard).
Après, qu'il y ait formatage excessif et entreprises de lobotomie dans ce milieu, je ne le discute pas, on peut parler à l'infini des vices du "système". Mais il n'est pas rare que je sois surpris par un étudiant, en apparence (c'est à dire en cours) l'oeil terne et animé par l'enthousiasme du petit soldat, qui tout à coup, au détour d'un dialogue "off", dévoile une pensée, des centres d'intérêt, des goûts _ et qui ne sont pas nécessairement une pensée unique, des centres d'intérêt financiers et des gouts de chiottes. )

le koala

Oui. Bon... Je sais bien, Marco, qu'il y a des cours de culture G en école de commerce.
ce qu'ils en font: c'est le vrai mystère. Car quand on les rencontre quelques années plus tard... Eh bien, je persiste. Avec une nuance: peut-être que le constat n'est pas complètement applicable à HEC en effet. reste que tous les cadres ayant évolué dans ce type de milieu peuvent citer "leur" collègue HEC inculte. On en a tous un sous le coude, si je puis dire, ce qui est troublant (mais il est vrai que ces messieurs n'ont pas la bêtise discrète). Je rejoins Zax, évidemment, mais par le petit bout de la lorgnette que constitue mon expérience personnelle: je ne fais pas de statistiques, j'observe, c'est tout. On en reparle sur ton blog ou sur le mien, ici on dérange un peu ;-)

Zax

Marco,
je précise un peu le "témoignage" (c'est important pour la culture générale de nos amis bloggueurs) des "élites du management" (on va faire simple, hein) que j'ai longuement côtoyé. Le problème ce n'est pas à proprement parler une inculture totale: ils savent à peu près réfléchir, s'exprimer, voire s'intéresser un peu à l'actualité...du standart moyen, quoi. Non, le problème, c'est que la manière dont on leur a enseigné le monde fait qu'ils ne s'intéressent pas à l'idée même de se cultiver, de s'ouvrir sur d'autres domaines, d'être curieux d'autres langages. Ils ont abdiqué leur liberté de penser. On leur inculqué autre chose: pour "réussir" (cad un max de business, de thunes et de position sociale), ils ont 10/15 ans de carrière complète, pas plus.De 28 à 40 ans pour faire leur niche dorée. Donc, pendant ce laps de temps assez considérables, ils mettent leur énergie uniquement au temps de cerveau disponible, à la course du rat d'entreprise. Ca fait de gros dégâts dans l'inconscient collectif. Je ne vous parle même pas de vision politique du monde (Le Figaro suffira).
Quand à coucher en lisant du Homère, là Marco, vous avez par trop d'imagination. Un peu de sexe lors d'un séminaire arrosé, why not, mais de l'imagination, là vous allez trop loin!
Bon, c'est vrai que ça nous éloigne assez de la littérature, tout ça...Où est-elle passée, d'ailleurs, cette salope?

le koala

Etouffée peut-être par les "élites du management" de 28 à 40 ans qui sévissent dans l'édition, et qui ont mis les "ancêtres" de côté.

Zax

Si ces cols blancs/tailleurs pénètrent l'édition en masse, sonnez le toscin, préparez la corde et croyez-moi sur parole: l'édition est foutue! Ces gens sont de véritables Attila de la culture. Rien ne repoussera (c'est dans les objectifs: syphonner un secteur de business...et passer à autre chose).

Si c'est avéré, je ne donne pas chère de ce qu'il reste de l'édition française, en terme de qualité littéraire (pour le reste il y a encore moyen de vendre du papier quelques années, mais c'est autre chose: autant investir dans la pizza.

Hugo

Juste une question : pourquoi s'attendre à ce qu'un écrivain tienne un blog ? La réponse "parce que son travail est d'écrire" me paraît un peu immature. Le blog est l'écriture d'un individu, et il ne me semble pas qu'un individu écrivain ait forcément des choses plus intéressantes à raconter qu'un individu boulanger, dentiste, sans-emploi ou employé de mairie.

Et puis bon, s'exposer aux critiques... Les commentaires de blogs ne sont pas particulièrement connus pour leur grande pertinence, me trompé-je ?

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