Hubert Guillaud de La Feuille est à une conférence à New York, le veinard. Ce qui nous donne droit à un beau billet sur la présence de l’auteur en ligne: “Le site de l’auteur est le moyen de rassembler cette présence en ligne sur de multiples sites sociaux (twitter, facebook, shelfari, youtube…) et de lui assurer une pérennité qui ne soit pas dépendante de services 2.0 qui peuvent disparaître demain.”
En lisant ça, j’ai un peu le vertige. Comment font les écrivains qui bossent à temps plein pour entretenir un blog, un twitter, un facebook, etc? Réponse: ils font des choix (Blog mais pas Facebook, par exemple). Seuls les écrivains les plus successful peuvent se permettre de tout combiner. Un bon exemple est Tatiana de Rosnay, dont le site web liste différents réseaux, notamment Twitter. Bien sûr, ces écrivains ont les moyens d’employer des assistants qui les aident à maîtriser leur présence en ligne.
Le problème, c’est que les éditeurs français n’ont pas encore réalisé l’importance du Web 2.0. Il suffit de comparer le site préhistorique de Gallimard à celui de Simon & Schuster, avec ses petites vidéos et ses fils d’actualité. Bref, la fracture numérique ne divise pas simplement les auteurs, mais aussi les éditeurs. A part Le Diable Vauvert et (dans une moindre mesure) Léo Scheer, qui sont les éditeurs français qui bloguent et twittent? Bon courage pour en trouver…

Bragelonne facebooke régulièrement,et annonce dessus toutes leurs sorties. Et ils vendent beaucoup plus que Leo Scheer à mon avis (dans les 400 000 ouvrages, selon fantasy.fr).
cf http://www.fantasy.fr/articles/view/8554
Rédigé par : FX | 23 février 2010 à 08:14
D'un autre côté quand on voit le niveau informatif des twits du diable Vauvert (proche de zéro, on se demande s'il ne s'agit pas des posts d'un stagiaire...) on se dit que l'"hyper-présence" "online" n'a guère d'importance...
Rédigé par : Ivanovitch | 23 février 2010 à 08:52
Franchement, je préfère la sobriété de Gallimard au chaos de Simon & Schuster. Je viens d'aller regarder leur catalogue, qui fonctionne apparemment surtout avec le classement des meilleures ventes. Mais c'est déjà ce qui rend impossible toute vague recherche sur amazon! Sauf à passer par le nom de l'éditeur.
Vous êtes contraints, dans l'exploration des nouveautés, par ce que la masse de vos contemporains a commandé avant vous. Et franchement, je veux fureter dans un catalogue sans que cinq gentilles quadras/quinquas, un ado attardé et un vieux monsieur me dise ce qu'ils auraient pris à ma place. ^^
Le site d'un éditeur, c'est d'abord, et avant toute chose, son catalogue. Le reste ne compte pas. Ou peu. Sauf chez Scheer, petit éditeur qui a construit son image sur ça. Le Seuil, Flammarion, Fayard n'ont pas besoin de faire les mariolles sur tweeter! (Fayard pourrait par contre passer un coup de pinceau sur son site par contre).
Le catalogue de Gallimard est plutôt précis, complet et bien réalisé même quand on cherche quelque chose de vague (par exemple la liste précise des sorties de la bibliothèque des idées depuis 20 ans).
Mais vous devez préférer les sites sur lesquels un petit film publicitaire quelconque met en scène un écrivain quelconque.^^
Facebook pour un éditeur, ça n'a d'intérêt que comme vecteur de promotion publicitaire et franchement, c'est plutôt anecdotique comme moyen de vendre des livres.
Sauf pour Bragelonne, nous dit FX, mais Bragelonne, c'est un éditeur de fantasy, donc un éditeur pour geek. Ne pas être sur le web des réseau serait stupide de leur part ^^, ils manqueraient leur coeur de cible!
Rédigé par : Iba | 23 février 2010 à 09:00
le web des réseauX SOCIAUX :o
(désolé pour les redites de mon précédent commentaire, j'ai rédigé ça un peu vite, sans me relire)
Rédigé par : Iba | 23 février 2010 à 09:14
Léo Scheer est de loin l'éditeur dont la présence sur le web est réelle et permanente. On peut facilement converser avec lui, par exemple. On peut poster son manuscrit, essayer d'avoir des commentaires sur son travail (pour autant qu'on manifeste sa présence intelligemment). Après, l'efficacité mesurable de cette présence (en terme de ventes, d'image, de positionnement, etc.) ça c'est autre chose. (On dira simplement que c'est un peu tôt pour les mesures... Tout prend du temps et nous sommes pressés.)
Rédigé par : NLR | 23 février 2010 à 09:47
M'oui. Enfin, d'autre part on ne m'ôtera pas de l'idée que les lecteurs n'en ont pas grand-chose à fiche de savoir si les éditeurs sont sur Facebook ou non. Parce que Facebook existe, il faudrait que les outils plus traditionnels - catalogues papiers, sites Internet, présence dans les salons - soient soudainement frappés de ringardise. Mais la même chose, précisément, arrivera à Twitter et à Facebook demain: ils seront frappés à leur tour de ringardise et d'obsolescence à raison de l'apparition de nouvelles plate-formes plus - hum - "conviviales". Il faut donc savoir s'arrêter à un moment. Quant aux auteurs, s'ils sont obligés de faire un peu de com' pour assurer leur promotion indviduelle, on sait que l'excès en la matière dissimule le vide: un gus qui passerait son temps à dire "regardez-moi, lisez-moi", ... est précisément celui qu'il ne faut PAS lire ni même considérer sérieusement.
Rédigé par : Paulo s'terre | 23 février 2010 à 10:11
@Paulo. Mouais. Demandez-vous quand même pourquoi il peut arriver qu'en 2010, à l'heure où 95% des medias parlent du 5% de la production littéraire (pour les raisons que l'on sait), à l'heure où les éditeurs sont obligés, financièrement, de consacrer (et concentrer) leur "force de vente" sur 5% de leur production, un auteur puisse ressentir le besoin de dire humblement qu'il a écrit quelque chose. Qu'il aimerait bien qu'on jette un petit coup d'oeil... Fort de vos analyses, revenez nous dire ce que vous avez trouvé d'intéressant.
Rédigé par : NLR | 23 février 2010 à 10:40
Wrath, vous qui êtes connue sur le web, pourquoi ne profiteriez-vous pas de cette relative notoriété pour vous auto-éditer ? Il m'étonnerait que vous ne parveniez pas ainsi à vendre quelques centaines d'exemplaires de votre roman, ce qui serait largement plus que certains auteurs publiés chez de vrais éditeurs (de merde ou non)...
Rédigé par : Gros nul | 23 février 2010 à 10:44
L'édition est une activité commerciale : elle vend un objet appelé livre. Tant que ce livre sera papier, les choses bougeront peu, car le système actuel de diffusion (libraires) et de réputation (médias, prix) représente une masse d'inertie considérable. En gros, il y a ceux qui ont de bonnes critiques et de bonnes piles (10%), ceux qui n'ont presque rien (90%). Les seconds ont une très faible probabilité de trouver un lectorat large, quelle que soit la qualité de leur prose. Par exemple les ventes d'Extension du domaine de la lutte publié par Nadeau ne décollent qu'avec les Particules publié par Flammarion (et encore Nadeau n'est pas une petite pointure en terme de relations). Ce n'est évidemment pas la qualité intrinsèque d'Extension qui a changé en quelques années... juste la place relative de l'auteur dans un système (auteur qui mérite ici son nom de particule élémentaire).
En France, la plupart des éditeurs et des auteurs fuient Internet parce qu'ils n'y voient qu'une source négligeable de revenus et de réputation, voire une source de gros emmerdements – il est plus facile de fabriquer une promo en massmedia que de contrôler un buzz sur la toile, cette dernière ayant la fâcheuse caractéristique d'être imprévisible et de donner la parole à tout le monde.
Rédigé par : mon iPhone m'a tuer | 23 février 2010 à 13:23
(iba) Je suggère qu'il faut en fait se poser des questions du point de vue des acteurs concernés, dans le système papier actuel et dans le système numérique à venir. Ce que fait S&S n'est sans doute pas étranger aux accords passés avec Amazon et Apple, donc une anticipation du marché à venir.
Le point de vue des acteurs, c'est par exemple : je suis lecteur, comment se décide concrètement mon acte d'achat? Ainsi, je vais acheter Sallis tout à l'heure, parce qu'on me l'a conseillé sur ce blog (et d'ailleurs ce me fut confirmé par un autre lecteur sur le blog ELS). En achetant Sallis sur Amazon, et contrairement à vous, je vais jeter un coup d'oeil sur ce que me dit l'agrégateur ("ceux qui ont acheté ce livre ont aussi acheté..."). Tout simplement parce que lors de mon dernier achat (un livre sur Witkin), j'ai observé que deux des livres ainsi conseillés m'intéressaient bougrement et que je n'aurais bien sûr jamais pu imaginer leur existence sans cela. Si l'éditeur français de Sallis avait un site qui pense réellement à moi (lecteur), j'y trouverai sans doute des bonnes pages, des dossiers sur l'auteur et sur chacun de ses livres, des avis d'autres lecteurs, toutes sortes de choses incitant à découvrir son univers. (Idem si l'auteur Sallis avait don propre site international).
Bref, on ne peut pas se contenter d'un jugement de valeur rapide sur la qualité des vidéos du site S&S, il faut réfléchir à tout ce qui va bouger dans la somme des micro-actions et micro-décisions formant l'économie du livre.
(Le point de vue de l'auteur et surtout du primo-auteur me paraît encore plus intéressant que celui du lecteur, vu ce que l'édition papier actuelle lui permet d'espérer, c'est-à-dire pas grand chose pour l'immense majorité d'entre eux).
Rédigé par : mon iPhone m'a tuer | 23 février 2010 à 15:29
Les auteurs estampillés : ils méprisent le net quand tout va bien pour eux, mais n'hésitent pas à venir y régler leur compte pour obtenir l'adhésion publique des lors qu'ils ont des misères avec leurs éditeurs - voir l'affaire qui occupe le microcosme du polar français avec La Baleine Édition sur tous les blogs et sites en ce moment.
Maintenant mon iPhone, les réseaux sociaux, même si c'est un peu moins truqué que les blogs et forums ( à développer), c'est malgré tout la foire d'empoigne style le grand marché du livre et du jeu à qui n'en veut de mon super bouquin...
Rédigé par : novi | 23 février 2010 à 19:31
@mon iphone m'a tuer.
Je reste extrêmement dubitatif sur le système de mise en réseau des recommandations, tel qu'il existe actuellement. J'en vois bien les potentialités, mais je crains qu'il ne soit biaisé, dès le départ, par des considérations annexes : on me propose tel ou tel auteur qui n'a aucune chance de m'intéresser, mais il intéresse la moyenne des visiteurs du site.
C'est l'amusant de la chose, et c'est aussi ce qui démontre qu'une architecture sophistiquée ne remplace pas, pour l'instant, l'intelligence humaine dans la quête de savoir et de divertissement. Je reprends le système de Simon & Schuster : le même qu'amazon. Quelques catégories fourre-tout, un top des meilleures ventes (tout aussi fourre-tout) et je louperai les livres qui m'intéressent en tant que lecteur. Après, je veux bien être une exception, mais en général, quand je veux fureter sur internet - et croyez-moi je préfère fureter dans une libraire, toucher, feuilleter, lire quelques passages, etc... - je me réfère aux éditeurs qui me plaisent, aux collections qui m'intéressent.
Par exemple, l'histoire - j'ai une vieille appétence pour cette discipline - sur le top amazon, elle est mélangée à la politique et on ne présente guère que le dernier pensum de François Hollande (remplacez par n'importe quel homme politique) et l'histoire de France par Alain Decaux en tête d'affiche. (en fait, elle ne propose pas d'Alain Decaux, mais vous voyez de quel genre de livre je veux parler). Or ce qui m'intéresse est nettement plus précis, spécifique que cela. Même les recommandations tombent souvent à côté. Le seul moyen pratique trouvé à ce jour est d'explorer, méthodiquement et régulièrement, les catalogues des éditeurs qui m'ont convaincu, pour, éventuellement, trouver ce qui serait susceptible de m'intéresser. Les algorithmes à la amazon ont beau être intéressants, ils ne me conseillent pas Rudolf Pikhoia quand j'achète John Arch Getty. Et c'est bien ce que je leur reproche. Pour l'utilisateur que je suis, c'est du gadget : livrez moi un joli pdf avec toutes vos publications, et là, je finirai bien par trouver mon bonheur...
Je ne dis pas que le système de S&S est mauvais. Il ne convient pas à tout le monde. L'idéal serait de le mixer avec l'aride catalogue par collection de Gallimard, qui pour peu sexy qu'il soit, n'en est pas moins diablement efficace. L'idéal, car j'entends bien vos remarques, serait de mixer les deux...
Après, il y a toujours une part de hasard dans la découverte littéraire. Pour l'instant, je n'ai pas l'impression qu'internet remplace le furetage dans les librairies, et encore moins la lecture. Il s'agit d'être curieux et d'ouvrir les perspectives. S&S n'en ouvre pas, de ce que je vois. Ceci dit, je n'explore pas forcément le même angle que vous dans cette question.
Rédigé par : Iba | 23 février 2010 à 21:31
(Iba) Si Getty ne donne pas Pikhoia c'est probablement... que vous n'êtes pas client Amazon! Car auriez-vous acheté les deux sur la plateforme, le robot aurait dû automatiquement repérer l'association. C'est dans les recherches plutôt éloignées des goûts "moyens" que j'ai pour ma part trouvé des associations intéressantes, pour les essais ou livres d'artistes. Et presque toujours sur l'Amazon américain, peut-être une question de masse critique.
Cela dit, je ne suis pas fan des algorithmes, je signalais juste qu'ils donnent parfois de bons résultats (mais d'autre fois non, c'est sûr). En indiquant comme premier exemple Sallis, je signalais que le "conseil des pairs" (de l'intelligence humaine et non robotique, donc) est le filtre le plus intéressant si l'on veut observer ce qu'Internet change : mes décisions d'achat échappent un peu aux campagnes promotionnelles ou copinages critiques qui ont une telle importance dans le livre papier. Tout ne sera pas bouleversé du jour au lendemain, mais chaque part de marché grignotée par les "petits" sur les "gros" est pour moi une bonne nouvelle.
Je consomme assez peu "au hasard" : la somme de mes lectures en retard "non hasardeuses" (trouvée en référence d'une autre lecture ou après le conseil d'une personne de confiance) est déjà telle que je n'en ai tout simplement pas le temps! Mais je conçois que l'on soit plus flâneur. Encore faut-il pouvoir l'être. Depuis que je suis parisien, je vais régulièrement dans des grandes librairies (quand je suis pressé) et j'en profite pour fureter au-delà du livre que je vais chercher. Mais quand j'étais en province, plus précisément à la campagne, je m'abstenais de le faire : trouver toujours le même choix très limité dans une librairie de sous-préfecture ou le rayon culturel d'un Leclerc était trop déprimant. Et même à Paris, les librairies de quartier me font le même effet, un rayon littérature nordique ou psychologie expérimentale ou photographie avec une pauvre trentaine de livres me plonge simplement dans le désespoir. Alors certes, en littérature générale, je peux flâner un peu, mais ailleurs pas tellement.
Pour ce qui est de feuilleter par curiosité ou par centre d'intérêt, je ne doute pas un instant que le terminal numérique sera à terme bien plus efficace que la librairie, puisqu'à tout moment vous pourrez feuilleter la totalité du fond. Si vous êtes curieux sans but précis, vous pourrez lire une dizaine de pages des trente nouveaux romans français de la semaine avant de vous décider (romans venant des petits comme des grands éditeurs). Si vous êtes intéressé par un domaine précis (par exemple l'histoire de l'Union soviétique sous Staline), vous pourrez faire de même en compulsant tout ce qui existe dans ce domaine. Etc. Et cela toutes les heures du jour, tous les jours de la semaine... même si vous habitez au fin fond de la Creuse !
Rédigé par : mon iPhone m'a tuer | 24 février 2010 à 00:53
Merci d'éviter les commentaires-fleuves; ça lasse tout le monde. Si votre argument est clair, vous n'avez pas besoin de plus d'un paragraphe.
@Gros nul: oui, j'ai plusieurs projets qui vont dans ce sens. Il faut que je trouve le temps de m'en occuper.
@NLR: le problème, c'est que Léo Scheer est en situation de monopole. D'où un phénomère de "cour du roi de France" qu'on peut observer sur son blog...
Rédigé par : wrath | 24 février 2010 à 06:20
@Mon iphone m'a tuer
oui STOP
trouvé après réflexion mon exemple getty/Pikhoia bien mauvais STOP
même si passe beaucoup temps sur amazon et sites éditeurs, préfère encore librairies STOP
aime la surprise de la découverte de l'éditeur inconnu, livre inconnu STOP
n'aurait jamais découvert JJ Slauerhoff sans ma librairie préférée qui avait relégué exemplaire unique aux endroits où moi seul furète STOP
et jamais amazon n'aurait proposé slauerhoff STOP
pas faute de me servir d'amazon, mais système à mon avis pas encore vraiment au point. STOP
Aime aussi me balader dans librairies, seul plaisir du travailleur entre 12 et 14h ^^ STOP
@ Wrath
vous voyez, j'ai obéi STOP
Idées courtes, phrases sommaires, surtout pas d'argumentation, tout comme vous STOP
Rédigé par : Iba | 24 février 2010 à 12:10
(iba) oui STOP
(wrath) oui STOP
(Enfin non, Wrath, une question courte, sur quoi vous fondez-vous pour dire : "Merci d'éviter les commentaires-fleuves; ça lasse tout le monde"? Comme vous menez un combat contre les propositions fausses du monde hostile de l'édition, vous devez être attentive aux conditions de vérité de toute proposition, je suppose.)
Rédigé par : mon iPhone m'a tuer | 24 février 2010 à 14:30