Les écrivains français sont devenus de simples marques, indentifiables par leur photo en couverture. La meilleure dans ce marketing de l’image est bien sûr Amélie Nothomb, avec son chapeau noir et sa panoplie d’adolescente gothique. Pas étonnant que les stands du Salon du Livre soient couverts de photos d’écrivains (jetez un coup d’oeil à ce diaporama). En clair, il s’agit que le consommateur-lecteur reconnaisse tout le suite le produit et soit tenté de l’acheter.
Le paradoxe est double:
1) Même les écrivains français “sérieux” sont vendus grâce à leur image (photo en couverture et sur les affiches). Ce n’est absolument pas le cas dans les pays anglo-saxons. Prenons l’exemple du dernier roman de Ian McEwan, le très sérieux auteur d’“Atonement.” Si vous visitez une librairie anglaise, vous chercherez en vain une photo de McEwan. Son nom est bien sûr affiché en gros, mais mettre une photo serait vu comme bien trop populaire et commercial.
En clair, les écrivains français “sérieux” sont vendus comme les écrivains populaires. Ils sont partie prenante d’un star system fondé sur du vide.
2) Or ces mêmes écrivains ne vendent pas, pour la bonne raison que leur production est illisible. Le peu que j’ai lu de Camille Laurens m’a aidé à trouver le sommeil. Je connais donc mal son oeuvre, mais je reconnais son image.
C’est un point essentiel dans la déréliction du milieu français de l’édition. Les écrivains sont devenus de simples affiches, et plus personne ne lit leurs textes. Voilà pourquoi je reçois tant d’emails d’écrivains publiés me disant en gros: “De quoi tu te plains? Tu es connue, tout le monde connait ton blog, moi j’ai publié un premier roman chez trucmuche et je suis moins connu que toi” (exemple ICI). Car dans le petit milieu de l’édition, seul le capital médiatique a de l’importance. Le livre, tout le monde s’en fiche. Seul l’image a de l’importance…


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